Saint Mamert de Vienne

Archevêque de Vienne

Fête : 11 mai 5ᵉ siècle • saint

Résumé

Archevêque de Vienne au Ve siècle, saint Mamert est célèbre pour avoir institué les Rogations afin d'apaiser la colère divine face aux calamités naturelles. Il sauva sa ville d'un incendie majeur par ses prières la nuit de Pâques. Ses reliques, transférées à Orléans, furent détruites par les protestants au XVIe siècle.

Biographie

S. MAMERT, ARCHEVÊQUE DE VIENNE EN DAUPHINÉ

Si les frénés sont entre les mains de Dieu la verge qui abâtit les hommes, la prière est entre les mains de l'homme la force qui peut apaiser Dieu et faire descendre ses bienfaits sur la terre.

L'antiquité nous a laissé peu de détails sur la vie de saint Mamert. Mais il s'est rendu fort célèbre par l'établissement des Rogations. Ce n'est pas qu'il soit le premier auteur de ces processions saintes, que l'on fait pour attirer les bénédictions de Dieu sur les fruits de la terre ; mais, de son temps, elles étaient presque tombées en désuétude, ou bien se faisaient sans dévotion. Mamert les rétablit, et, y ajoutant le jeûne à la prière, il ordonna

SAINT MAMERT, ARCHEVÊQUE DE VIENNE EN DAUPHINÉ. 435

qu'on les ferait les trois jours qui précèdent l'Ascension. Cette pieuse réforme fut d'abord reçue de toutes les Églises de France, suivant le décret du premier Concile d'Orléans, tenu sous Clovis le Grand, et le fut ensuite de l'Église de Rome, par l'autorité de Léon III.

Voici à quelle occasion saint Mamert eut cette pieuse pensée : il occupait dignement le siège archiépiscopal de Vienne, dans lequel il avait succédé à saint Simplicius, dans le milieu du Ve siècle. Outre les calamités publiques de toutes les Gaules, qui étaient alors exposées aux irruptions des nations barbares, spécialement des Huns et des Goths, la ville et le pays de Vienne se virent affligés par des malheurs particuliers qui les menaçaient d'une désolation universelle : cette ville était souvent ébranlée par de si effroyables tremblements de terre, que ses habitants étaient contraints de l'abandonner, de peur d'être accablés sous ses ruines ; d'ailleurs, certains feux s'embrasaient sous terre, et, faisant fumer les montagnes et les forêts, en chassaient les cerfs, les ours, les sangliers et les autres bêtes sauvages, qui se sauvaient tout épouvantés dans les bourgs et dans les villes, où leur présence répandait la terreur. Le vigilant pasteur consola, encouragea son peuple par d'éloquents discours : il fit voir dans ces malheurs autant de coups de verges d'un père courroucé, dont il fallait implorer la clémence par la soumission et par des prières ferventes et continuelles.

Il arriva de plus que, la nuit de Pâques, le feu prit à un édifice public de Vienne, et y continua avec tant de violence, que chacun s'attendait à un embrasement général. Mamert, qui avait déjà opéré des prodiges semblables, se prosterna devant l'autel, et ses larmes, ses prières, arrêtèrent l'incendie. Saint Avite dit expressément que les flammes s'éteignirent d'une manière miraculeuse.

Ce fut dans cette nuit épouvantable que Mamert conçut, devant Dieu, le projet des Rogations, en régla les psaumes et les prières ; il y ajouta le jeûne, la confession des péchés, les larmes, la componction du cœur. Quant au but de ces processions salutaires, le voici, d'après une homélie que l'on croit être de saint Mamert, et qui se trouve parmi les sermons attribués à Eusèbe d'Émèse : « Nous y prierons », dit-il, « le Seigneur, de nous délivrer de nos infirmités, de détourner ses fléaux de dessus nous, de nous préserver de tout malheur, de nous garantir de la peste, de la grêle, de la sécheresse et de la fureur de nos ennemis ; de nous donner un temps favorable pour la santé des corps et pour la fertilité de la terre, de nous faire jouir de la paix et du calme, et de nous pardonner nos péchés ».

Tel est à peu près tout ce que l'on sait de saint Mamert. Saint Avite le nomme son parrain : *spiritualem a baptismo patrem*. Il bâtit à Vienne une nouvelle église en l'honneur de saint Ferréol, martyr, dont il avait transféré le corps, après l'avoir découvert. On voit un évêque Mamert au concile d'Arles de 475. C'est vraisemblablement notre Saint. Il mourut, dit-on, en 477. Son corps, inhumé à Vienne, fut ensuite, par l'ordre du pape Jean III et du roi Gontran, transporté à Orléans et déposé en la cathédrale de cette ville, où il était en grande vénération. Les protestants le brûlèrent dans le XVIe siècle.

## LE MOINE MAMERT CLAUDIEN.

Saint Mamert avait un frère plus jeune que lui. Ce fut Mamert Claudien, moine, puis prêtre et coopérateur fidèle de l'évêque de Vienne. Il vivait au milieu du Ve siècle et mourut entre 470 et 474. Sidoine Apollinaire le regardait comme le plus beau génie de son siècle. Il était à la fois

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poète, philosophe et théologien : il pouvait répondre à toutes sortes de questions et combattre toutes les erreurs ; mais sa modestie et sa vertu le rendaient bien plus recommandable encore que son savoir. Il enseigna au clergé de son frère les saintes Écritures, le chant ecclésiastique et la liturgie, qu'il enrichit de plusieurs hymnes, entre autres de celle du dimanche de la Passion :

Pango, lingua, gloriosi Lauream certaminis.

Rude, et ma langue, Du Christ souffrant le combat glorieux.

Son ouvrage le plus important est son traité en trois livres sur la Nature de l'âme. Le but de Mamert Claudien est de réfuter Faust de Riez, en Provence, qui niait l'incorporéité des anges et des âmes humaines et n'admettait que l'incorporéité de Dieu. Il dédie son écrit à Sidoine Apollinaire, encore laïque. On n'avait point encore si bien raisonné sur la nature du corps, sur celle de l'âme et sur la distinction de ces deux substances. L'auteur y enseigne clairement l'ami-anième : « L'âme est la vie du corps en cette vie ; elle est également dans tout le corps et dans chacune de ses parties ; elle n'est point locale, elle est autant dans chaque partie du corps que dans le tout ». Il prouve, par dix syllogismes excellents, que l'âme est incorporelle. On ne parle guère plus solidement ni plus clairement aujourd'hui que la science psychologique a fait d'incontestables progrès.

Événements marquants

  • Succession à saint Simplicius sur le siège de Vienne
  • Rétablissement et institution des Rogations les trois jours précédant l'Ascension
  • Extinction miraculeuse d'un incendie à Vienne la nuit de Pâques
  • Participation au concile d'Arles de 475
  • Translation de son corps à Orléans par ordre du pape Jean III et du roi Gontran

Miracles

  • Extinction miraculeuse d'un incendie violent par la prière et les larmes devant l'autel
  • Cessation des tremblements de terre et des incursions de bêtes sauvages par l'institution des Rogations

Citations

La prière est entre les mains de l'homme la force qui peut apaiser Dieu et faire descendre ses bienfaits sur la terre.

— Texte hagiographique

Date de fête

11 mai

Époque

5ᵉ siècle

Décès

477 (naturelle)

Catégories

Patron(ne) de

Invoqué(e) pour

protection contre les incendies, protection contre les tremblements de terre, fertilité de la terre, préservation de la peste et de la grêle

Autres formes du nom

  • Mamertus (la)

Prénoms dérivés

Mamert

Famille

  • Mamert Claudien (frère)