Saint Sturme (Sturmin)
Premier Abbé de Fulde
Résumé
Disciple de saint Boniface, Sturme fonda en 744 la célèbre abbaye de Fulde dont il devint le premier abbé. Malgré un exil injuste à Jumièges, il joua un rôle politique et religieux majeur sous Pépin le Bref et Charlemagne, notamment dans l'évangélisation des Saxons. Il mourut en 779 après avoir établi la règle bénédictine en Germanie.
Biographie
SAINT STURME, PREMIER ABBÉ DE FULDE
Nul n'est parfait s'il ne désire de l'être plus encore, et c'est faire preuve de perfection que de tendre à une perfection plus haute.
Saint Bernard.
Ce saint abbé, que les anciens ont aussi appelé Sturmin, et quelquefois Sturmon, naquit vers l'année 712 de parents nobles, dans la Bavière; comme ils faisaient profession du christianisme, ils ne tardèrent pas à présenter à Dieu ce digne fruit de leur mariage; et la réputation de saint Boniface, l'Apôtre d'Allemagne, se répandant alors partout avec éclat, le père et la mère de Sturmin crurent qu'ils ne pouvaient mieux faire que de confier ce cher enfant aux soins d'un si saint personnage, afin qu'il l'élevât dans les principes de la religion catholique.
Saint Boniface ayant reconnu le bon caractère de l'esprit du jeune disciple qu'on lui avait présenté, et ses saintes inclinations pour la vertu, jugea à propos de l'éloigner de sa famille et de l'envoyer à un monastère nommé Fritzlar; il eut le bonheur de trouver dans ce lieu un autre saint abbé, nommé Wigbert, qui, à la recommandation de saint Boniface, prit un soin très-particulier de l'éducation du jeune Sturmin; celui-ci se fit religieux en cette maison, et répondit, autant qu'on pouvait le souhaiter, aux soins de cet excellent maître; aussi bientôt notre jeune profès fit de très-grands progrès, non-seulement dans les voies de la perfection, mais aussi dans l'étude des saintes Écritures, dans lesquelles il acquit une intelligence extraordinaire qui le faisait admirer de tout le monde.
Sa vertu et ses talents déterminèrent bientôt les religieux qui composaient la communauté à l'envoyer recevoir les saints Ordres, quand il eut atteint l'âge prescrit par les canons; dès qu'il fut élevé à la dignité du sacerdoce, il se crut obligé de remplir les devoirs convenables à cet état, en s'adonnant à la prédication, et en conférant le saint baptême à ceux qu'il avait instruits et retirés de l'erreur où ils étaient auparavant. Il appliquait également ses soins, et sur ceux qui étaient plongés dans le vice et dans l'aveuglement du paganisme, et sur ceux qu'il avait déjà gagnés à Jésus-Christ ou qui travaillaient à parvenir à la perfection dans les voies surnaturelles. Il invectivait puissamment contre ceux qui troublaient la paix publique; et il avait un talent particulier pour réconcilier ceux qui conservaient des haines les uns contre les autres. Il ne négligeait rien pour abolir les anciennes coutumes des païens et pour faire voir le déplorable état de ceux qui ne se conduisaient que par des règles superstitieuses, qui les soumettaient à l'empire des démons.
Ayant passé quelques années dans ces louables occupations, il fut touché d'un très-ardent désir de se retirer dans quelque désert, où il put vaquer à Dieu seul dans l'exercice de la contemplation; il communiqua son dessein à son ancien maître saint Boniface et le pria de lui faciliter les moyens de l'exécuter; ce supérieur éclairé, ayant bien examiné les moyens
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qui faisaient agir ce sage religieux, lui accorda ce qu'il souhaitait; ce qui lui fit prendre aussitôt le parti d'aller se cacher dans la forêt appelée Buchonie, en un endroit nommé Hersfeld ou Hirschfeld, où se trouvait, dit-on, une petite église. Ce fut là que notre Saint, accompagné de deux autres religieux qu'il avait choisis, commença à mener la vie la plus rigoureuse des anciens solitaires, en macérant son corps par les jeûnes, les veilles et les autres austérités convenables au genre de vie qu'il avait entreprise.
Il résolut, d'après les conseils de saint Boniface, avec lequel il en conféra plusieurs fois, de former une communauté religieuse. Il choisit un endroit qui lui parut très-commode pour bâtir un monastère; c'était près de la rivière de Fulde; saint Boniface lui procura la protection de Carloman, roi des Français, qui lui facilita les moyens de réussir dans son entreprise; il lui abandonna, pour cet effet, le fonds d'une terre que l'on appelait Eichlohé; il y ajouta de plus une étendue de quatre mille pas du terrain qui était alentour. Tous les seigneurs voisins contribuèrent aussi à cette bonne œuvre, et saint Sturme, avec ces puissants secours, bâtit avec facilité le fameux monastère appelé de Fulde du nom de la rivière près de laquelle il est construit. Il se trouve dans le diocèse de Mayence, entre la Franconie, la Hesse et la Thuringe. Cette célèbre abbaye est devenue depuis la mère de plusieurs autres maisons qui ont donné de grands prélats à l'Église et qui se sont rendus recommandables tant par la science que par la piété. Saint Boniface dédia l'église de ce monastère sous le titre de Saint-Sauveur, et, ayant été fait évêque de Mayence deux ans après cette dédicace, il se faisait un plaisir de se réfugier dans ce saint lieu, pour s'y délasser de ses fatigues et des soins pénibles de l'épiscopat, en vaquant tranquillement aux deux exercices de la contemplation.
Saint Sturme, du consentement de saint Boniface, fut élu premier abbé de cette maison, à laquelle il prescrivit la Règle de Saint-Benoît. Les religieux vivaient dans une si grande ferveur qu'ils résolurent de s'abstenir de vin et de tout autre breuvage qui pouvait enivrer; ils travaillaient de leurs mains pour subvenir aux besoins du monastère et ne pouvaient souffrir qu'aucun étranger vint les aider dans les ouvrages les plus difficiles de leur maison. Ils interdirent absolument l'entrée de leur église à toutes les femmes et se soumirent à l'observance d'un grand nombre d'autres règles très-austères qui les firent regarder comme les plus parfaits religieux de leur temps et dont on tâchait d'imiter la conduite dans les autres monastères, même les plus réguliers. Pour mieux y réussir, ils voulaient bien, à la prière qu'on leur faisait, envoyer quelques-uns de leurs sujets dans ces autres maisons, pour y mieux introduire par leurs saints exemples l'exacte régularité de la Règle de Saint-Benoît, dont ils faisaient profession et à laquelle ils ajoutaient même plusieurs autres pratiques de mortification extraordinaire.
Saint Sturme, dont le zèle augmentait toujours et qui méditait continuellement sur les moyens les plus convenables qui tendent à la perfection, résolut, sous le bon plaisir et par le conseil de son grand maître, saint Boniface, d'aller visiter les plus célèbres monastères de l'Italie, pour en reconnaître la manière de vivre, en remarquer les plus saintes observances et les ajouter à celles qu'il avait déjà prescrites dans l'abbaye de Fulde; s'étant donc fait accompagner de deux religieux, ils exécutèrent ce dessein, et en édifiant toutes les maisons par où ils passaient par leurs bons exemples, ils trouvaient aussi, de leur côté, de quoi nourrir leurs âmes dans la conduite des plus parfaits religieux dont ils admiraient la modestie,
la régularité, l'austérité dans toutes leurs actions et l'extrême fidélité à ne se relâcher en aucune chose. Notre saint supérieur ne manqua pas d'aller aussi au Mont-Cassin, pour reconnaître tout ce qui s'y pratiquait; enfin, ce très-sage abbé ayant été jusqu'à Rome, revint plein de nouvelles lumières et animé d'un zèle encore plus ardent qu'auparavant, au monastère de Fulde, bien résolu d'y introduire, avec sa prudence et sa douceur ordinaires, ce qui pouvait perfectionner la première Règle qu'il avait déjà fait observer jusqu'alors.
Notre saint abbé observait toujours le premier ce qu'il proposait aux autres et faisait voir en sa personne la facilité qu'il y avait à pratiquer ce qu'il y avait de plus difficile; bien loin que les Règles qu'il faisait observer éloignassent les postulants de venir demander place en son monastère, on y accourait au contraire de tous côtés et les personnes de distinction y apportaient même leurs biens, pour donner les moyens de nourrir un plus grand nombre de religieux. Saint Boniface, qui prenait toujours une grande part aux œuvres de son disciple, saint Sturme, obtint aussi du pape Zacharie que le monastère de Fulde ne dépendît que du Saint-Siège, et ce grand prélat se démit quelque temps après de l'évêché de Mayence et de l'inspection qu'il avait sur les autres églises d'Allemagne, pour s'en retourner en Frise y continuer les premières fonctions de son apostolat et satisfaire au saint zèle qu'il avait de faire revenir à la vraie foi ceux qui en étaient écartés. Avant son départ, il déclara qu'il choisissait l'église de Fulde pour le lieu de sa sépulture: ce qui fut exécuté, car, trois ans après, ayant été martyrisé dans les Pays-Bas, son corps fut rapporté au lieu qu'il avait désigné.
Après la mort de cet illustre prélat, Dieu, voulant éprouver la vertu de saint Sturme, permit qu'il fût attaqué et traversé dans ses desseins et dans la réputation qu'il s'était acquise; et ce qui est particulier, la divine Providence voulut que ce fût saint Lulle, successeur de saint Boniface dans l'évêché de Mayence, qui fût le persécuteur de notre saint abbé; voici comment. Ceux qui étaient pour le prélat lui firent entendre que saint Sturme était trop ardent et trop entreprenant, et qu'il avait donné de mauvaises impressions et de la défiance à ses religieux. Trois faux frères du monastère de l'abbé, espérant quelque protection de l'évêché contre leur supérieur, dont ils étaient mécontents, se joignirent à ce prélat et allèrent même trouver Pépin, qui était roi de France, pour lui dire que leur abbé n'était point dans ses intérêts et qu'il n'était point affectionné pour le service de Sa Majesté. Sur ces fausses accusations, le roi, surpris de ce qu'on lui assurait, envoya saint Sturme en exil dans le monastère célèbre de Jumièges, au diocèse de Rouen. Notre Saint y demeura deux ans pendant lesquels il y reçut toujours toute sorte d'estime et de bienveillance de la part des religieux de ce monastère, qui reconnurent l'insigne vertu de ce grand serviteur de Dieu.
L'éloignement du saint abbé ne laissa pas de causer du changement dans le monastère de Fulde: les uns voulaient quitter leur état, les autres prétendaient qu'il fallait aller mieux informer le monarque; d'autres, plus avisés, prirent le parti de recourir à Dieu, qui tient le cœur des rois en sa main; on fit donc des prières et des jeûnes pour cet effet; et quoique saint Lulle eût déjà mis, dans le monastère de Fulde, un autre supérieur nommé Marc, néanmoins les religieux en ayant porté leurs plaintes à Pépin, Dieu, qui avait écouté leurs prières, permit que ce prince fît droit à leurs justes plaintes et qu'il leur permît d'élire un abbé du corps de la communauté;
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ce fut un des plus sages disciples de saint Sturme, nommé Preszolde, qui fut choisi pour cette fonction; il s'en acquitta très-sagement, en réunissant tous les esprits et n'omettant rien pour procurer le retour de leur ancien abbé. En effet, peu de temps après, le roi fit venir à sa cour saint Sturme, dont il apprenait tous les jours de plus en plus l'insigne mérite; il voulut qu'il demeurât en son palais avec les autres ecclésiastiques qui desservaient sa chapelle, jusqu'à ce qu'il eût disposé de son sort d'une autre manière. Dans cet intervalle, le roi, ayant trouvé le saint abbé qui était seul en prières dans la chapelle du palais, lui témoigna de la bienveillance, conféra avec lui, lui demanda pourquoi ses religieux l'avaient accusé auprès de sa personne, et quelles raisons il avait eues de ne pas lui être affectionné; sur quoi le saint abbé répondit, avec beaucoup de sagesse, qu'il était pécheur, mais qu'il n'avait jamais rien entrepris, ni rien fait contre les intérêts et le service de Sa Majesté. Le roi lui dit alors qu'il priait Dieu de lui pardonner s'il l'avait offensé, mais qu'il voulait qu'il eût toujours, dans la suite, grande part à sa bienveillance.
Cette entrevue et cette conversation de Pépin avec saint Sturme eurent d'heureuses suites; car les religieux de Fulde, ayant su que leur premier abbé était rentré dans les bonnes grâces du souverain, n'eurent pas de peine à obtenir son retour et son rétablissement dans sa charge; et non seulement le roi leur accorda cette faveur, mais il les confirma encore dans le privilège que le pape Zacharie leur avait accordé, et donna de grands témoignages d'une nouvelle protection au saint abbé. Saint Sturme fut reçu avec un respect et une joie extraordinaires de ses religieux dans son monastère de Fulde; le supérieur qui tenait sa place lui remit toute l'autorité qu'il avait; le saint abbé reprit connaissance de toutes les affaires et de l'état du temporel et du spirituel. Il fit renaître la première ferveur qu'il avait introduite avant son éloignement; il augmenta les cellules des religieux; il embellit l'église de plusieurs ornements très-riches; il fit entrer la rivière de Fulde dans l'enclos du monastère, pour la plus grande utilité des offices qui s'y faisaient.
Son histoire remarque que l'expérience lui ayant fait connaître que la première austérité qu'il avait tâché d'introduire ayant été trouvée peu supportable pour le commun des religieux, qui ne sont pas tous également forts, le saint abbé avait jugé à propos d'en retrancher quelque chose pour rendre la Règle plus douce et en cela plus conforme à celle de Saint-Benoît, qu'il prétendait suivre; il accorda donc l'usage du vin, et cette permission fut confirmée par un concile. La sage conduite de ce saint supérieur, et la modération dont il usa après être rentré dans la maison de Fulde, attira un si grand nombre de sujets, que la communauté se trouva composée au moins de quatre cents religieux, sans compter les domestiques; c'est pour cette raison que le roi Pépin, et même après lui son fils Charlemagne, firent de grandes donations à ce monastère, tant pour subvenir à la nourriture des religieux que pour marquer l'estime et le respect singulier qu'ils avaient pour celui qui en était le digne supérieur.
Charlemagne, ayant pris le gouvernement du royaume après son père, ne voulut pas donner de moindres témoignages de sa bienveillance et de son estime que son prédécesseur envers le saint abbé dont nous parlons, et il voulut bien le reconnaître et le prendre pour médiateur de la paix qu'il fit l'an 771, avec Thassillon, duc de Bavière. Il l'employa encore avec beaucoup de succès dans la grande affaire de la conversion des Saxons, que ce prince avait entrepris de faire renoncer à l'idolâtrie à laquelle ils
étaient adonnés depuis longtemps; notre pieux abbé, suivant le louable zèle de son roi, destina plusieurs religieux à cette belle œuvre; ils instruisirent ceux qui étaient dans l'ignorance et dans l'aveuglement, et donnèrent le baptême à ceux qu'ils avaient disposés à le recevoir; saint Sturme trouva même moyen de bâtir plusieurs églises dans leur pays, quoique nous ne puissions disconvenir que les barbares, qui demeurèrent dans leur opiniâtreté, retardèrent beaucoup les progrès de ces saints missionnaires. Ces infidèles, se révoltant également et contre leur prince et contre les lois du vrai Dieu, obligèrent Charlemagne à reprendre les armes contre eux et à les aller dompter de nouveau dans leur pays; il le fit heureusement; et, les ayant soumis à son autorité royale par la force des armes, notre saint abbé crut devoir retourner aussi chez les barbares pour leur faire reprendre le culte du vrai Dieu, en leur prêchant de nouveau les mystères de la vraie foi. Il était résolu d'exécuter ce dessein, et il se transporta même pour cet effet à Heresbourg, avec quelques-uns de ses religieux, pour y attendre Charlemagne, suivant l'ordre que ce prince leur en avait donné; mais la divine Providence, en disposant autrement et se contentant de la bonne volonté de notre Saint, permit qu'il fût attaqué de plusieurs infirmités qui le contraignirent de retourner à Fulde, étant accompagné d'un médecin du roi, nommé Wintar, qui fit ce qu'il put pour lui rendre la santé; mais ce fut inutilement.
Le saint abbé, qui n'ignorait pas que sa fin était proche, fit assembler ses religieux autour de lui, et leur fit une belle exhortation pour les animer à la vertu et à persévérer dans l'observance de la Règle. Il déclara hautement qu'il pardonnait à tous ceux qui lui avaient fait de la peine, dans le temps de sa disgrâce auprès du roi Pépin, et spécialement à saint Lulle, évêque de Mayence, quoiqu'il lui eût toujours été contraire pendant sa vie.
Ce célèbre abbé, plein de vertus et de mérite, mourut le lendemain, 17 décembre 779, étant âgé d'environ soixante-sept ans. Il fut regretté non-seulement de tous ses religieux, mais encore de tous les peuples d'alentour, auxquels il avait été d'un grand secours dans tous leurs besoins.
Il a été représenté dans une île déserte, priant, n'ayant d'autre attribut qu'un bâton de voyageur. — On peut représenter ce Saint : 1° visitant les moines réunis sous sa conduite; 2° dirigeant des abatis d'arbres pour la construction de son abbaye; 3° retiré au milieu des bois avec deux compagnons.
[ANNEXE: CULTE ET RELIQUES. — ÉCRITS. — ABBAYE DE FULDE.]
La réputation de ce grand serviteur de Dieu s'est toujours conservée, et tout le monde le regardait comme un Saint; quoique l'on ne remarque pas que son nom ait paru dans les martyrologes qui ont été composés après sa mort, on a néanmoins toujours été si persuadé de sa sainteté, que le pape Innocent II le canonisa solennellement, lorsqu'il tenait le Concile de Latran, en 1139; il envoya pour cet effet un bref, le 19 avril, à Conrad, qui était abbé du monastère de Fulde, et à tous ses religieux.
Ce fut Jean de Wurtzbourg qui fit, quoique longtemps après, la publication du bref du pape Innocent, le dernier dimanche du mois de novembre 1439. Il ordonna que la fête que l'on en ferait serait d'office double et chômée d'obligation dans le diocèse et dans tous les lieux qui étaient de la dépendance de l'abbaye de Fulde.
Les reliques du saint abbé se conservèrent dans l'église de ce monastère : lorsqu'on les leva de terre en 1613, on remarqua avec étonnement, à la grandeur des os, que saint Sturme avait été d'une taille gigantesque.
On a de saint Sturme un recueil divisé en deux parties. La première contient l'ordre de l'office tel qu'on le faisait au Mont-Cassin aux fêtes principales. La seconde partie regarde les exercices qui se pratiquaient dans le cloître. Ces écrits sont reproduits au tome LXXXIX de la Patrologie latine.
L'abbaye de Fulde avait autrefois une des plus belles bibliothèques, riche surtout en manuscrits précieux. Une grande partie de ces trésors périt dans la guerre des paysans et dans celle de trente ans.
L'abbé de Fulde était prince du Saint-Empire, archi-chancelier de l'impératrice romaine et primat de Germanie et des Gaules, au point qu'il disputa plusieurs fois la préséance aux archevêques de Cologne et de Magdebourg. Il résidait à Neuenhof. Sa juridiction s'étendait aux villes de Fulde, Hammelbourg, Bieberstein, Brückenau, Fürstenech, Haselstein, Makensell, Rockenstahl, Saleck et Schildech, ainsi qu'aux baillages de Heralds, Rosenfeld, Ulmbach, Vogelsberg et Weidenau. Nous voyons par l'histoire que les abbés de ce monastère ont exercé à diverses époques une grande influence dans les affaires de l'empire allemand.
En 1752, Fulde fut élevé par le Saint-Siège au rang d'évêché. En 1802, à l'époque de la déplorable sécularisation et en vertu d'un singulier arrangement, le prince d'Orange-Nassau, devenu, après la chute de Napoléon, roi des Pays-Bas, reçut ce diocèse en compensation partielle pour la perte du stathomédiat et de ses possessions aux Pays-Bas.
Après la bataille d'Iéna, Napoléon s'empara de Fulde, lui donna une administration provisoire jusqu'en 1810, où il le réunit, à l'exception du baillage d'Herbstein, cédé au grand-duché de Hesse, au nouveau grand-duché de Francfort, qui échut au prince-primat Charles de Dalberg. Le congrès de Vienne de 1815 l'attribua à l'électorat de Hesse.
Nous avons conservé le récit du Père Giry, après l'avoir revu et complété.
Événements marquants
- Naissance en Bavière vers 712
- Éducation par saint Boniface et saint Wigbert à Fritzlar
- Fondation du monastère de Fulde sur les bords de la rivière Fulde
- Voyage en Italie et au Mont-Cassin pour étudier la règle bénédictine
- Exil de deux ans à Jumièges suite à de fausses accusations
- Médiateur de paix entre Charlemagne et le duc de Bavière
- Mission d'évangélisation des Saxons
Miracles
- Découverte d'ossements de taille gigantesque lors de la levée des reliques en 1613
Citations
Nul n'est parfait s'il ne désire de l'être plus encore, et c'est faire preuve de perfection que de tendre à une perfection plus haute.