Saint Gothard (Godard)

Évêque de Hildesheim

Fête : 4 mai 11ᵉ siècle • saint

Résumé

Moine puis abbé réformateur en Bavière, Gothard devint évêque de Hildesheim en 1020 sous l'impulsion de l'empereur Henri. Il se distingua par son zèle apostolique, la construction d'un hôpital sur un ancien marais et de nombreux miracles, dont celui des morts sortant de leurs tombes pour donner l'exemple de l'obéissance.

Biographie

SAINT GOTHARD OU GODARD, ÉVÊQUE DE HILDESHEIM (1038).

Saint Gothard, né en Bavière sur la fin du Xe siècle, fut élevé avec soin, et, après d'excellentes études où il fit de grands progrès dans les sciences et dans la vertu, il quitta le monde pour se faire moine dans l'abbaye d'Altaich. Il en devint successivement prieur et abbé, et sut y maintenir la plus édifiante régularité. Il fut ensuite chargé de réformer les abbayes de Hesfeld en Hesse, de Tegernsee au diocèse de Freisingen et de Chremmünster au diocèse de Passau, mission difficile dont il s'acquitta avec succès. Il fut élu pour succéder à saint Bernward, évêque de Hildesheim, mort en 1020 ; mais il fallut tout l'ascendant de l'empereur saint Henri pour le faire acquiescer à son élection.

Il parut bientôt que la grâce de l'ordination lui avait donné de nouvelles forces pour remplir les fonctions de son nouveau ministère, dont il s'acquitta avec le plus grand zèle, la prudence la plus éclairée et une rare confiance dans le secours de Dieu. Il établit une discipline très-régulière dans le Chapitre de sa cathédrale, au point qu'il en forma un véritable monastère. Il institua des écoles pour former la jeunesse dans la vertu comme dans les lettres, et veilla par lui-même sur ceux qu'il avait choisis parmi les autres, et qu'il élevait dans son séminaire pour le ministère des autels. Il ne négligea point non plus le culte extérieur de Dieu, il répara les églises, en bâtit de nouvelles, eut soin des fabriques, des revenus ecclésiastiques et des ornements des temples. Il fit démolir l'église qu'Otwin, dixième évêque de Hildesheim, avait élevée en l'honneur de sainte Marie et de saint Épiphane, et qui était entièrement tombée en ruines ; il fit bâtir au même endroit un couvent, qui fut achevé la troisième année de son gouvernement. Il y avait à l'extrémité de sa ville épiscopale, un marais que la terreur populaire disait être hanté par les mauvais esprits et les revenants. Notre Saint le fit dessécher et alla y planter sa tente : ce fut là aussi qu'il éleva un vaste hôpital où toutes les misères, toutes les nécessités trouvaient un soulagement : les étrangers y étaient accueillis comme les gens du pays.

En 1023, l'archevêque de Mayence convoqua un synode national auquel notre Saint fut aussi appelé. En s'y rendant, il délivra, dans les environs du château de Grüns, un possédé qui était généralement réputé pour tel. Ce miracle, que les témoins oculaires, malgré sa défense, répandirent partout, donna un nouveau lustre à sa sainteté :

Mais ce fut là le moindre de ses miracles : il en fit d'innombrables avant et après sa mort. Un entre autres frappa plus vivement l'imagination des masses et servit à le caractériser dans les estampes et les bas-reliefs. Il avait excommunié certains de ses diocésains : or, un jour qu'il se préparait à célébrer les saints mystères, il les vit entrer dans l'église, en dépit de l'excommunication. Invoquant le pouvoir de Dieu, il ordonna aux morts de se lever de leurs tombeaux et de donner l'exemple de l'obéissance aux transgresseurs de ses ordonnances : ceux-ci soulevant le couvercle de leurs sépulcres, organisèrent une procession et sortirent de l'église.

Il mourut le 4 mai 1038, et fut canonisé en 1131 par Innocent II. Plusieurs églises d'Allemagne l'honorent comme leur patron. Il a laissé des lettres qui respirent la piété et qui prouvent qu'il était un des hommes les plus instruits de son siècle.

En l'année 1132 qui suivit sa canonisation et la translation de ses reliques, on commença à bâtir un monastère de l'Ordre de Saint-Benoît, sous l'invocation de saint Gothard, et deux autels lui furent consacrés dans la cathédrale. Au XVIe siècle, on conservait dans cette dernière une chasuble lui ayant appartenu et plusieurs autres reliques qui attiraient encore la vénération non seulement des catholiques, mais encore des protestants : les femmes enceintes surtout y avaient recours au Saint.

Événements marquants

  • Entrée à l'abbaye d'Altaich comme moine
  • Réforme des abbayes de Hesfeld, Tegernsee et Chremmünster
  • Élection au siège épiscopal de Hildesheim en 1020
  • Participation au synode national de Mayence en 1023
  • Canonisation par Innocent II en 1131

Miracles

  • Délivrance d'un possédé près du château de Grüns
  • Résurrection symbolique de morts sortant de leurs tombeaux pour obéir à son ordre lors d'une messe
  • Dessèchement d'un marais réputé hanté pour y bâtir un hôpital