Sainte Philotée
Vierge
Résumé
Jeune fille pauvre et pieuse vivant près de Nuremberg au XVe siècle, Philotée consacra sa virginité à Dieu dès ses quatorze ans. Elle reçut plusieurs signes mystiques de son union avec le Christ, notamment des fleurs miraculeuses, un anneau apporté par les anges et une vision de l'Enfant Jésus. Elle mourut en 1430 après une vie de prière et de travail humble.
Biographie
SAINTE PHILOTÉE, VIERGE (1430).
Ô puissance de la vertu ! Voici une pauvre fille dont on ne connaît même pas le nom et qui cependant, par son amour du ciel, a laissé une mémoire dont le doux parfum a traversé les siècles !
Cette pieuse vierge, qu'on a surnommé Philotée, à cause de son ardent amour pour Dieu, vint au monde dans un village près de Nuremberg, en Allemagne. Elle était pauvre et elle était belle. Que de dangers à courir dans de pareilles conditions ! Cependant la bonne éducation qu'elle reçut de ses parents lui ouvrit les sentiers de la vertu dont, Dieu aidant, elle ne s'écarta jamais. À l'âge de quatorze ans, elle offrit au Seigneur, comme un bouquet de suave odeur, le lis de sa virginité : ce ne fut pas impunément qu'elle déclara ainsi la guerre aux passions et au démon tentateur. Satan envoya ses légions pour l'épouvanter par de grands bruits, comme autrefois saint Antoine ; mais le nom de Jésus est puissant ; Satan ne ruina ni la maison qu'habitait la sainte fille, ni l'édifice mille fois plus précieux de ses vertus.
Un jour — c'était un jour d'automne — elle se prit à désirer de savoir si le Sauveur Jésus l'aimait. Or, pendant qu'elle travaillait à son petit jardin dont les légumes la nourrissaient, elle vit tout à coup s'élever sur un coin de terre nue de belles violettes qui embaumèrent l'air et réjouirent non moins son cœur que ses yeux. Cette aimable réponse du céleste époux ne laissa pas que de la troubler quelque peu : cependant elle cueillit les douces fleurettes et les serra soigneusement afin qu'elles servissent à lui rappeler sans cesse les jardins du ciel, le paradis dont le nom veut dire : jardin de délices.
Or, plus tard, la douce enfant se prit à douter : elle craignit que les violettes ne fussent venues naturellement. Elle demanda donc au divin Fiancé un autre témoignage de son amour. Jésus ne méprisa point la prière de sa naïve amante : au lieu même où avaient poussé les fleurs miraculeuses, il fit déposer par ses anges un anneau étincelant de brillants sur le chaton duquel étaient gravées deux mains entrelacées. Ô bienheureuse Philotée, qui dira votre joie, lorsque votre regard rencontra ce présent du ciel ? Elle se mit à genoux pour recueillir l'anneau, le baisa, le mit à son doigt et ne le quitta plus jusqu'à son trépas.
Philotée se confessait souvent et communiait toutes les fois qu'on le lui permettait. Celui qui entrait dans son âme sous les espèces sacramentelles voulut donner une dernière marque de sa tendresse à cette simple enfant des champs plus heureuse dans son humble retraite que les reines de la terre en leur palais : le divin Sauveur se montra à ses yeux ravis sous la forme d'un enfant qu'elle put serrer dans ses bras et couvrir de chastes baisers. Peu de temps après, Philotée laissa sa dépouille mortelle à la terre qui la gardera jusqu'au dernier jour, tandis que son âme allait jouir au ciel, face à face, de la présence de son bien-aimé Jésus. Ce fut l'an 1430.
Divers recueils de Vies de Saints.
Événements marquants
- Vœu de virginité à l'âge de quatorze ans
- Attaques et bruits terrifiants causés par des légions de démons
- Apparition miraculeuse de violettes en automne dans son jardin
- Réception d'un anneau céleste apporté par les anges
- Vision de l'Enfant Jésus qu'elle serre dans ses bras
Miracles
- Floraison de violettes en automne sur une terre nue
- Apparition d'un anneau étincelant déposé par les anges
- Vision sensible de l'Enfant Jésus