Sainte Pudentienne
Vierge et Martyre
Résumé
Fille du sénateur romain Pudens, sainte Pudentienne consacra sa vie et sa fortune au service des chrétiens persécutés au IIe siècle. Avec sa sœur Praxède, elle offrit l'hospitalité aux Papes et assura la sépulture des martyrs avant de mourir vers l'an 160. Ses reliques, transportées en France, sont à l'origine de nombreux miracles.
Biographie
SAINTE PUDENTIENNE, VIERGE ET MARTYRE
IIe siècle.
Pudens était un des plus illustres sénateurs de Rome, et il eut l'honneur de recevoir et de loger chez lui le prince des Apôtres, saint Pierre, lorsqu'il vint prêcher l'Évangile aux Gentils dans cette capitale du monde. Il avait épousé une femme de sa condition, appelée Sabinilla, et il en eut quatre enfants : deux fils, Novat et Timothée, et deux filles, Praxède et Pudentienne. Ils furent tous chrétiens et grands serviteurs de Dieu. On pourrait dire avec justice qu'ils sont les enfants spirituels de saint Pierre, puisque ce fut par son ministère qu'ils arrivèrent à la connaissance de la vérité, et que, selon toutes les apparences, quelques-uns d'entre eux reçurent le Baptême de ses propres mains. Cependant, Pudens est appelé plus expressément disciple de saint Paul ; et l'on croit que c'est de lui que parle cet Apôtre, en son seconde Épître à Timothée, chapitre IV. Le Martyrologe romain lui donne aussi cette gloire, qu'ayant été baptisé par les Apôtres, il a gardé sans aucune tache, jusqu'à la mort, la robe d'innocence qu'il avait reçue par ce Sacrement de la régénération spirituelle.
Pour sa sainte fille, dont l'Église fait aujourd'hui la mémoire en son office, se voyant maîtresse de ses biens par la mort de ses parents, elle les vendit pour en donner l'argent aux pauvres chrétiens, qui étaient dans une extrême misère durant les persécutions. Elle eut aussi tant de pouvoir, par l'exemple admirable de sa vie, sur l'esprit de ses domestiques, qui étaient
SAINTE PUDENTIENNE, VIERGE ET MARTYRE.
près d'une centaine, qu'ils se firent baptiser. Et comme les empereurs défendaient, sous de grandes peines, aux chrétiens de s'assembler, et qu'ils ne le pouvaient faire publiquement, les Papes se retiraient secrètement chez elle pour y célébrer la messe et y administrer les Sacrements aux fidèles, qui les venaient y trouver. La Sainte, avec sa sœur Praxède, les y recevait tous avec une parfaite charité et avec beaucoup de joie, et leur fournissait tout ce qui leur était nécessaire. Outre tant de bons offices que ces deux saintes sœurs rendaient aux vivants, elles n'oubliaient pas les défunts : elles en prirent au contraire un si grand soin, que c'est principalement en cette bonne œuvre de miséricorde que l'une et l'autre se sont rendues recommandables devant la postérité. Aussi est-ce dans la pratique d'une action si chrétienne qu'elles ont fini leurs jours, comme nous le verrons plus amplement dans la vie de sainte Praxède, que nous devons donner le 21 juillet. Sa sœur Pudentienne mourut quelque temps avant elle, à savoir : le 19 mai de l'année 160, ou environ, sous le pontificat de saint Pie Ier, comme il est marqué dans ses Actes. De là nous inférons nécessairement, ou que ces deux Saintes ont vécu fort longtemps, ou qu'elles n'étaient pas encore au monde quand leur père fut baptisé par saint Pierre, puisque cet Apôtre fut martyrisé avec saint Paul près de quatre-vingt-dix ans auparavant, à savoir : l'an 69. Peut-être y a-t-il quelque erreur dans leur chronologie ; mais il est difficile de décider quelle elle est.
Le corps de sainte Pudentienne fut inhumé dans le sépulcre de ses parents, au cimetière appelé de Sainte-Priscille. Ce n'est pas la sainte Priscille dont il est parlé dans les Actes des Apôtres et dans les Épîtres de saint Paul, ni celle dont il est fait mention dans les Actes de saint Marcel, pape ; mais une autre, femme de Punicus, mère de saint Pudens, et grand-mère de nos saintes Pudentienne et Praxède, comme l'a judicieusement remarqué Bosio, auteur du livre intitulé : *la Rome Souterraine*, l. IV, c. 28, quoique le cimetière qui porte son nom ne soit pas différent de celui que saint Marcel fit faire par l'autre Priscille, dont nous venons de parler : car, ce qu'il fit faire ne fut qu'une augmentation et un ornement pour la commodité des sépultures.
Depuis, les saintes reliques de cette servante de Dieu sont venues honorer la France par leur présence, et elles y reposent encore aujourd'hui (1872), dans l'Église de Châtillon-sur-Loing, autrefois du diocèse de Sens, et maintenant de celui d'Orléans ; elles y ont opéré de nombreux miracles.
Sainte Pudentienne a donné son nom à un faubourg de Châlons-sur-Marne où l'on a élevé une chapelle sous son invocation, et où s'est établi un pèlerinage fort célèbre. Un miracle s'y est opéré en 1864. Une jeune fille de Bergère-les-Vertus, Félicie Bonnet, âgée de vingt-trois ans, percluse d'une jambe depuis vingt-cinq mois, fut guérie subitement dans la chapelle de la Sainte où on l'avait transportée. Cette grande Sainte a toujours été singulièrement honorée à Rome, et le sanctuaire qui porte son nom dans la ville éternelle, a été déclaré par l'Église romaine le plus ancien du monde.
On représente sainte Pudentienne donnant la sépulture aux corps des martyrs, ou tenant la lampe pleine d'huile des vierges sages. Cette lampe a souvent la forme de bassinoire, des crois-yeux de nos campagnes, suspendue par une chaîne.
19 MAI.
Événements marquants
- Vente de ses biens pour aider les pauvres chrétiens
- Conversion et baptême de ses cent domestiques
- Accueil des Papes et des fidèles pour la célébration des sacrements
- Sépulture donnée aux corps des martyrs
- Mort sous le pontificat de saint Pie Ier
Miracles
- Guérison subite de Félicie Bonnet, percluse d'une jambe, en 1864
- Nombreux miracles à Châtillon-sur-Loing