Sainte Sigrade

Veuve et Religieuse

Fête : 4 aout 7ᵉ siècle • sainte

Résumé

Mère de saint Léger d'Autun, Sigrade fut persécutée par Ebroïn qui confisqua ses biens et fit mourir ses fils. Reléguée à l'abbaye Notre-Dame de Soissons, elle y embrassa la vie religieuse avec ferveur. Elle est honorée pour sa piété et sa résilience face aux tragédies familiales.

Biographie

SAINTE SIGRADE, VEUVE ET RELIGIEUSE,

MÈRE DE SAINT LÉGER, ÉVÊQUE D'AUTUN (680).

Sigrade, mère de saint Léger, illustre évêque d'Autun et martyr, était honorée comme sainte le quatrième jour du mois d'août, dans l'abbaye des religieuses de Notre-Dame de Soissons. Reléguée dans ce monastère par ordre d'Ebroïn, qui persécutait toute cette noble famille, elle avait vu ses biens confisqués, l'un de ses fils, le comte Goérin ou Guérin (Gérinus), lapidé, et saint Léger soumis aux plus cruelles tortures, en attendant la consommation de son martyre. Adorant dans l'excès du malheur Celui qui l'éprouvait pour la purifier, elle embrassa la vie religieuse à Notre-Dame de Soissons, avec une ferveur qui lui laissa moins sentir ses disgrâces que celles de ses enfants.

Pour la consoler, saint Léger lui adressa, du monastère de Fescamp, une lettre qui est venue jusqu'à nous. C'est un monument précieux de son éloquence et de sa haute piété. Après lui avoir montré les avantages des souffrances par l'autorité des saintes Écritures, il lui parle de ceux de la vie religieuse. « Nulle langue », lui dit-il, « ne peut exprimer la joie que vous devez ressentir dans le Seigneur. Vous avez quitté ce qu'il fallait abandonner. Le Seigneur a exaucé vos prières, il a vu les larmes que vous avez répandues en sa présence. Il vous a retranché ce qui paraissait vous retarder dans la voie du salut, afin que, dégagée des liens qui vous attachaient au monde, vous viviez désormais à Dieu, en goûtant combien le Christ est doux. C'est lui qui est notre Dieu, notre Roi, notre Rédempteur ! C'est lui qui est la voie, la vérité et la vie !... O heureuse mort qui donne

la vie ! Heureuse perte des biens, qui mérite les richesses éternelles ! Heureuse tristesse, qui procure la joie des anges ! Vous avez déjà éprouvé les miséricordes du Seigneur, il vous a inspiré le mépris du monde pour vous faire pratiquer les observances d'une sainte règle. Il a délivré vos enfants des misères du siècle, et leur a donné l'espérance d'une vie éternelle ; au lieu que vous auriez dû les pleurer comme morte, si, en mourant, vous les eussiez laissés sur la terre ».

Le reste de la lettre de saint Léger est plein des plus beaux traits de fermeté dans l'affliction, d'amour pour les ennemis, et de détachement des choses créées.

Nous ignorons l'époque de la mort de sainte Sigrade. On conservait ses reliques avec celles de saint Guérin, son fils, à Notre-Dame de Soissons. Un oratoire, situé dans une vallée du Morvan, est dédié à sainte Sigrade.

Extrait du Légendaire d'Autun.

## IXe JOUR D'AOUT

### MARTYROLOGE ROMAIN.

La Vigile de saint Laurent, martyr. — À Rome, saint ROMAIN, soldat, qui, touché de la fermeté de saint Laurent à confesser la foi, lui demanda le Baptême : aussitôt, présenté au juge, il fut meurtri à coups de bâton, et ensuite décapité. 258. — En Toscane, la naissance au ciel des saints martyrs Secondin ou Secondien, Marcellien et Vérien, qui, au temps de l'empereur Dèce, par ordre du consulaire Promote, furent meurtris, étendus sur le chevalet, déchirés avec des ongles de fer, et brûlés aux Boves. Enfin, en perdant la tête, ils obtinrent la palme du martyre. 261. — À Vérone, les saints martyrs Fien et Rustique, au temps de l'empereur Maximien. — En Afrique, la mémoire de plusieurs saints Martyrs, qui, durant la persécution de Valérien, encouragés par les exhortations de saint Numidique, gagnèrent la couronne du ciel par le feu, où ils furent consumés ; pour saint Numidique, quelqu'un eût été jeté avec les autres dans le brasier, et qu'on l'eût ensuite accablé de pierres, ayant néanmoins été tiré de dessous ce monceau par sa fille, il fut trouvé avec encore un peu de vie. On eut soin de le panser, et, après sa guérison, il mérita par sa vertu d'être fait prêtre de l'Église de Carthage par saint Cyprien. IIIe s. — À Constantinople, les saints martyrs Julien, Marcien et huit autres, qui, pour avoir élevé une image du Sauveur sur la porte d'airain, furent décapités après plusieurs tourments ; par l'ordre de l'empereur Léon. 730. — À Châlons-sur-Marne, saint DOMITIEN, évêque et confesseur. IIe s.

### MARTYROLOGE DE FRANCE, REVU ET AUGMENTÉ.

Au diocèse de Limoges, saint Martin de Brive-la-Gaillarde (Briva Curion), au diocèse de Tulle, martyr. Il naquit en Espagne, vers la fin du IVe siècle, de parents très-distingués par leur extraction, mais idolâtres. Il fut baptisé dès sa tendre enfance, passa en Italie et de là dans les Gaules, et séjourna un temps assez considérable dans le Périgord. À Brive, il entra dans le temple des faux dieux, au moment où les idolâtres leur offraient quelqu'un de leurs abominables sacrifices, et ren-

versa les autels des sacrificateurs. La foule se rua sur lui et l'accabla de pierres : un furieux, se détachant de la troupe, lui trancha la tête d'un coup de cimeterre. Il fut enterré à Brive et une belle église s'éleva bientôt sur son tombeau : on conserve avec grand soin dans cette église les reliques de saint Martin : elles sont renfermées dans un buste fort bien fait et qui représente un jeune homme d'environ vingt-cinq ans. Vers 407. — À Rouen, saint MAUBILLE, archevêque de ce siège et confesseur. 1067. — À Metz, saint AUTRUR (Adinctor), troisième évêque de ce siège et confesseur. Ve s. — À Tours, saint Euphrone, archevêque de ce siège et confesseur, dont nous avons donné la vie au 4 août. 573. — À Soissons, saint BANDRY, évêque de ce siège et confesseur. 566. — À Saint-Bertrand de Comminges (Lugdunum Convenarum, Haute-Garonne), au diocèse actuel de Toulouse, saint Afrique (Africanus), quatrième évêque connu de cet ancien siège et confesseur. Nous avons donné la vie au 28 avril, jour où il est honoré à Rodez. 540. — À Marseille, saint SÉRÉNUS ou SÉRÈNE, évêque de ce siège et confesseur. 604. — À Troyes, mémoire de la translation d'une parcelle de la couronne de Jésus-Christ, qui fut donnée à cette ville, en 1239, et qui, sauvée des mains des sacrilèges en 1794, se trouve aujourd'hui dans la cathédrale. — À Avignon, saint AUSPICE, premier évêque de l'ancien siège d'Apt (Apta Julia, Vaucluse) et martyr. Son décès est marqué au martyrologe de France du 2 août. 122. — Au diocèse de Coutances, saint Spire ou Exupère, dont nous avons donné la vie au 1er août. 140. — Au diocèse d'Arras, saint Vietrice, archevêque de Rouen et confesseur, dont nous avons donné la vie au 7 août. 407. — Aux diocèses de Cologne, Lyon, Marseille, Meaux, Metz, Reims, Versailles et Viviers, mémoire de la Vigile de saint Laurent, diacre et martyr, et de saint Romain, martyr, cités au martyrologe romain de ce jour. — Aux diocèses d'Ajaccio et de Reims, saint Emygée, évêque et martyr, dont nous avons donné la vie au 5 août. 304. — À Cologne, sainte Marguerite, vierge et martyre, dont nous avons donné la vie au 20 juillet. 275. — Au diocèse de Viviers, saint Venance, évêque et confesseur, dont nous avons donné la vie au 5 août. 544. — Au diocèse de Versailles, saint Yen, prêtre et martyr, déjà nommé au martyrologe de France du 5 août, et cité au romain du 22 septembre. — À Lyon, la Vigile de sainte Blandine, vierge et martyre, dont nous avons donné la vie au 2 juin. 177. — Au diocèse de Mayence, sainte Afre et ses compagnons, martyrs, dont nous avons parlé au 5 août. — Dans les solitudes du Passais (Orne), au diocèse primitif du Mans, saint ERNÉE et ses compagnons ALNÉE, BOHAMAD, AUVRIL, FRONT, GAULT ou GAL et BRICE, solitaires. VIe s. — Au diocèse de Mans, saint DÉMÉTRIUS, confesseur, compagnon de saint Martin, évêque de Tours. Époque incertaine. — En Franche-Comté, les saints Amour et Viateur, martyrs, que l'on croit avoir été officiers de la fameuse légion Thébéenne, mais dont la vie est fort peu connue. La petite ville de Saint-Amour (Jura) se glorifie d'avoir possédé des reliques de ces saints Martyrs.

## MARTYROLOGES DES ORDRES RELIGIEUX.

**Martyrologe de l'Ordre de Saint-Benoît.** — La Vigile de saint Laurent, martyr. — Saint Etienne, abbé, et les religieux ses compagnons, martyrs, dont il est fait mention le 6 août.

**Martyrologe des Cisterciens.** — La Vigile de saint Laurent, martyr. — Les saints martyrs Cyriaque, diacre, Large et Smaragde, avec vingt autres, dont la fête se célèbre la veille de ce jour. 383.

**Martyrologe des Frères Prêcheurs.** — À Florence, le bienheureux Jean de Salerne, confesseur, de l'Ordre des Frères Prêcheurs, qui reçut l'habit des mains de saint Dominique, imita ses vertus, et, envoyé en Étrurie pour y répandre notre Ordre, combattit beaucoup pour la foi, à Florence, surtout contre l'hérésie des Patarins. 1242.

**Martyrologe des trois Ordres de Saint-François.** — La Vigile de saint Laurent, martyr. — Le même jour, saint Vincent de Paul, qui s'endormit dans le Seigneur le 27 septembre, mais dont on fait la fête le 19 juillet. 1660.

**Martyrologe de l'Ordre des Frères Mineurs.** — La Vigile de saint Laurent, martyr. — Saint Vincent de Paul, confesseur, dont la mémoire se célèbre le 19 juillet. 1660.

**Martyrologe de l'Ordre de la bienheureuse Vierge Marie du Mont-Carmel.** — La Vigile

de saint Laurent, martyr. — Saint Gaétan de Thiène, dont la naissance au ciel se célèbre le 7 de ce mois. 1547.

**Martyrologe de l'Ordre des Ermites de Saint-Augustin.** — La Vigile de saint Laurent, martyr. — À Ascoli, dans la Marche d'Ancône, saint Emygée, évêque et martyr, qui, sacré évêque par le pape saint Marcel et envoyé dans ce pays pour prêcher l'Évangile, reçut, en confessant Jésus-Christ, la couronne du martyre sous l'empereur Dioclétien. Sa fête se célèbre le 5 de ce mois, mais on l'honore aujourd'hui dans notre Ordre. 304.

## ADDITIONS FAITES D'APRÈS LES BOLLANDISTES ET AUTRES HAGIOGRAPHES.

À Paderborn, en Westphalie, le bienheureux Hathomar, appelé aussi Hadomar et Harimur, premier évêque de ce siège et confesseur. Il fut du nombre des douze enfants des premières familles que les Saxons, soumis par Charlemagne, livrèrent à leur vainqueur. Instruit de bonne heure dans les sciences et la piété par les soins de ce grand conquérant, il mérita bientôt d'être ordonné prêtre, puis d'occuper le siège épiscopal de Paderborn. Il affermit son troupeau dans la connaissance du Christianisme, extirpa la superstition païenne, bâtit des églises et y mit des prêtres propres à consolider la foi dans le cœur des fidèles. 815 ou 816. — En Orient, les saints martyrs Crescentien, Large, Tibère, Amie, Tibérien, Théodote, Numédien, Laudaque, Julien, Polycarpe, Prime, Xiste, Agatope, Félicissime, Carpofore, Zémaraçale, et vingt et un autres, cités par saint Jérôme. — À Alexandrie, les saints martyrs Onion, Tiburtin, Valérien, Denys, Félix, Enticien, Gage, Melciade, Etienne, Urbain, Lucius, Mamore, Sautire, Mimida, Ladique, Julien, Polycarpe, Magne et Silvain, cités par le même. — Chez les Grecs, saint Antonin, martyr. Natif d'Alexandrie, il eut le bonheur de recevoir le Baptême. C'en fut assez pour que les idolâtres s'emparassent de lui et l'obligeassent à sacrifier aux idoles. Antonin refusa généreusement. Les païens le suspendirent alors à une croix où on lui fit subir mille outrages : enfin il fut jeté dans un bûcher où il expira dans les flammes. — À Constantinople, saint Samuel, prêtre de l'Église d'Édesse et confesseur. Gennade (prêtre de Marseille et historien, 495) dit qu'il composa des écrits pour renverser la doctrine des ennemis de l'Église, particulièrement des Nestoriens, des Eutychiens et des Timothéens. Il mourut à Constantinople, où il fut enseveli. Ve ou VIe s. — Dans la Calabre, province d'Italie, les saints Finques (Faïrus) et Nicolas, ermites. XIVe s. — À Venise, les bienheureux Jean Plébain et Léon Bembo, dont les corps furent retrouvés (1503) dans l'église Saint-Laurent de cette ville. 1348. — En Italie, le bienheureux Jean de Fermo, confesseur, de l'Ordre des Frères Prêcheurs. Il habita longtemps les solitudes du Mont-Alverne, dans les Apennins : aussi l'appelle-t-on quelquefois Jean du Mont-Alverne. 1312.

## SAINT ROMAIN, SOLDAT, MARTYR À ROME

258. — Pape : Sixte II. — Empereurs romains : Valérien et Gallien.

Le foi et le baptême sont deux moyens de saint inséparables l'un et l'autre.

Saint Augustin.

Romain était soldat de la garde de l'empereur Valérien, et, en cette qualité, il fut obligé d'assister aux interrogations et aux différents supplices de saint Laurent. Il remarqua donc la constance et la joie avec lesquelles il endurait tous les tourments que la cruauté de l'empereur faisait exercer sur son corps, et il ne pouvait assez admirer qu'un homme composé de chair et d'os comme lui, pût être rompu avec des cordes plombées, et déchiré avec des scorpions sans ouvrir la bouche pour se plaindre. Comme il était dans cet étonnement qui le disposait insensiblement à la foi, il aperçut, devant le bienheureux archidiacre, un jeune homme d'une grâce et

d'une beauté incomparables, qui, un mouchoir à la main, essuyait la sueur qui coulait de son visage et le sang qui coulait de ses plaies. Un spectacle si merveilleux augmenta l'admiration de Romain. Il reconnut par là que la religion de Laurent était la seule véritable, et que les chrétiens, pour un moment de peines et d'afflictions en cette vie, se procuraient une éternité de bonheur en l'autre. Étant donc éclairé de cette lumière, il s'approcha du saint Martyr, et, lui déclarant ce qu'il voyait, il le supplia de ne le point abandonner, mais d'avoir la bonté de le recevoir au nombre des fidèles. Laurent n'était point en état de lui conférer le Baptême, ayant les pieds et les mains liés, et tout le corps étendu sur le chevalet. Mais Dieu changea aussitôt son état : car, l'empereur se voyant vaincu par sa constance, le fit détacher du poteau où il était lié, et ramener en prison. Alors Romain, qui brûlait du désir de se voir chrétien, l'alla trouver, et, lui présentant une aiguière pleine d'eau, il le supplia de ne point différer de lui conférer le sacrement de la régénération. Il se mit donc à genoux, et Laurent ayant béni l'eau, le baptisa : ce qu'il ne fit pas par immersion, comme on le faisait alors quand la commodité le pouvait permettre, mais par infusion, comme on le fait maintenant, et comme on le faisait dès ce temps dans la nécessité. L'empereur fut bientôt informé de la conversion de Romain, parce qu'en effet le serviteur de Jésus-Christ ne cherchait pas à se cacher, mais voulait que tout le monde sût qu'il était chrétien. Ainsi, il le fit arrêter, et commanda qu'on l'amenât devant son tribunal à coups de bâton.

Le Saint y vint avec plus de constance qu'il n'en avait jamais eu en combattant les ennemis de l'empire : et, sans attendre qu'on l'interrogeât, il s'écria, dès qu'il fut devant le tribunal : « Je suis chrétien ! je suis chrétien ! » Cette confession fut cause de son martyre : car Valérien, sans autre forme de procès, l'envoya décapiter : ce qui fut fait hors la porte Salaria, le neuvième jour d'août de l'année 258, veille du martyre de saint Laurent.

Le corps de saint Romain fut enlevé la nuit par un saint prêtre nommé Justin, et enterré au champ Véran, dans une cave. Ses reliques furent depuis transférées à Lucques, et elles s'y gardent sous le grand autel de l'église de son nom. Il est particulièrement honoré dans quelques églises de France, comme à la Ferté-Gaucher, en Brie, dont il est le patron.

On le voit çà et là dans des verrières consacrées à la légende du saint diacre Laurent. Le soldat s'approche de lui en présentant un vase d'eau pour recevoir immédiatement le baptême, pendant que saint Laurent est en proie aux bourreaux.

Une de ses reliques est conservée aux Ursulines d'Abbeville. Cf. Arza Borborum.

9 AOUT.

Événements marquants

  • Confiscation de ses biens par Ebroïn
  • Relégation au monastère de Notre-Dame de Soissons
  • Perte de ses fils Goérin (lapidé) et Léger (martyrisé)
  • Réception d'une lettre de consolation de saint Léger depuis Fécamp
  • Profession religieuse à Soissons

Citations

Heureuse perte des biens, qui mérite les richesses éternelles ! Heureuse tristesse, qui procure la joie des anges !

— Lettre de saint Léger à sa mère

Date de fête

4 aout

Époque

7ᵉ siècle

Décès

Après 680 (naturelle)

Catégories

Prénoms dérivés

Sigrade

Famille

  • Saint Léger (fils)
  • Goérin (ou Guérin / Gérinus) (fils)