Saint Drausin de Soissons

Évêque de Soissons et Fondateur

Fête : 5 mars 7ᵉ siècle • saint

Résumé

Né à Soissons d'une famille illustre, Drausin devint évêque de sa ville natale en 638. Grand bâtisseur, il fonda les monastères de Rethondes et de Notre-Dame de Soissons, tout en se distinguant par son austérité et son zèle pastoral. Son tombeau devint un lieu de pèlerinage célèbre, fréquenté par ceux cherchant la victoire dans les combats.

Biographie

SAINT DRAUSIN, ÉVÊQUE DE SOISSONS

FONDATEUR DE L'ABBAYE DE NOTRE-DAME

Drausin était Soissonnais de naissance ; son père s'appelait Leudomare, et sa mère Rachilde ou Richilde, l'un et l'autre d'une famille très-illustre qui s'était alliée aux plus grands seigneurs de la cour, depuis que la ville de Soissons était devenue la capitale d'un royaume, par la division de la France en tétrarchies, en faveur des enfants de nos premiers rois. Mais leur

éminente vertu les rendait encore plus considérables, car ils passaient leur vie dans des exercices continuels de piété ; l'église était le lieu qu'ils fréquentaient le plus ; leur maison était la retraite ordinaire des pauvres et des voyageurs. Ils cherchaient les affligés pour les consoler, ils étaient ravis de trouver des nécessiteux afin de les secourir, ils visitaient souvent les malades et les prisonniers, pour les exhorter à faire un bon usage de leurs peines. Il ne faut donc pas s'étonner, dit l'auteur qui a écrit cette histoire, si un si grand Saint naquit d'un père si vertueux et d'une si sainte mère : ce fut pour récompenser le mérite de leur sainte vie que Dieu leur donna un enfant, qui, en suivant leurs bons exemples, devait être un excellent modèle de sainteté dans toute l'Église.

Il est aisé de juger par là quelle fut l'éducation de notre Saint, et quel soin ses parents prirent de lui inspirer de bonne heure la crainte de Dieu et l'amour de la vertu. Aussi commença-t-il, dès ses plus tendres années, à travailler à la perfection, et à donner des marques d'une sainteté extraordinaire. On admirait en lui, lorsqu'il n'était encore qu'aux petites écoles, une patience extrême à souffrir les injures et les mauvais traitements que lui faisaient quelquefois ses compagnons ; une humilité profonde à se soumettre à tout ; une fidélité inviolable à faire ses exercices de dévotion, une modestie, une douceur et une affabilité qui gagnaient le cœur de tout le monde. Enfin, comme si Dieu lui eût donné les sciences par infusion, il apprit, presque en un moment, ce que les autres ne peuvent apprendre qu'en plusieurs années.

De si heureux commencements dans la pratique de la vertu et dans la connaissance des lettres, déterminèrent ses parents à le mettre sous la conduite de saint Anseric, évêque de Soissons. Ce prélat ne fut pas longtemps sans remarquer dans le jeune Drausin de grandes dispositions à la piété ; c'est pourquoi il s'appliqua avec beaucoup d'affection à cultiver son cœur aussi bien que son esprit, en imprimant dans l'un l'amour divin et le zèle pour la gloire de Dieu ; dans l'autre, les lumières de la foi, et celles des saintes Écritures et des sciences humaines. Notre Saint fit de si grands progrès sous un tel maître, que Bettolen, qui succéda à ce bienheureux évêque, le fit d'abord son archidiacre ; et, ayant ensuite renoncé à l'épiscopat pour rentrer dans son cloître, après avoir déclaré, en présence du clergé et du peuple, qu'il n'avait pas été élevé à cette suprême dignité par une voie légitime, il fit en sorte que saint Drausin fût élu en sa place : ce choix causa une extrême joie, non-seulement aux habitants de Soissons, mais encore au roi et à toute sa cour (638).

Dès qu'il fut sacré, le zèle, ce feu spirituel qui brûle dans le cœur d'un vrai ministre de Jésus-Christ, lui fit entreprendre, avec une ardeur et un soin infatigables, la conduite de son diocèse : il retrancha les abus qui s'y étaient glissés ; il soutint la discipline ecclésiastique ; en un mot, il n'épargna rien pour satisfaire aux obligations de sa charge. Et, parce que l'évêque doit être la lumière et comme le soleil de son peuple, il crut qu'il devait éclairer et échauffer tous ceux que Dieu lui avait confiés. Il s'occupa donc sans cesse à gagner des âmes à Jésus-Christ, soit par ses prédications, qu'il faisait avec une ferveur incroyable, soit par ses exhortations familières, dans lesquelles, par une adresse merveilleuse, il portait les personnes les plus insensibles à l'amour de la dévotion. En effet, il était difficile de résister à la force de sa parole, puisqu'elle était confirmée par l'exemple de ses vertus. Il employait les revenus de son église à secourir les pauvres dans leurs misères, à revêtir les nus, à rassasier les faméliques et à recevoir les

pèlerins. Son temps se passait à consoler les affligés, à visiter les malades et à exhorter les prisonniers; et, après avoir été occupé durant le jour à ces pieux devoirs, il passait les nuits à prier et à chanter les louanges de son Dieu. Son abstinence était si grande, qu'on peut dire que sa vie n'a été qu'un jeûne continuel. Il eut une patience admirable, non-seulement dans les accidents fâcheux qui lui arrivèrent, mais encore dans des maladies très-aiguës dont il fut tourmenté presque toute sa vie; car, bien loin qu'il se plaignît au plus fort de ses douleurs, l'on n'entendait sortir de sa bouche que des actions de grâces à la majesté de Dieu, et il se réjouissait de ce qu'il avait le bonheur de souffrir quelque chose pour son amour; aussi, non content de ses infirmités, il affligeait encore sa chair par plusieurs genres de mortifications; de sorte qu'on peut lui appliquer ces paroles de l'Apôtre : « Que plus il était infirme, plus il faisait paraître de courage ».

Cependant, ces fréquentes maladies n'empêchaient point cet admirable serviteur de Jésus-Christ de veiller incessamment sur son troupeau; et, pour faire fleurir de plus en plus, dans son diocèse, la sainteté et la perfection évangélique, il résolut d'y faire construire deux monastères, l'un de religieux et l'autre de religieuses, comme des lieux d'asile ouverts contre les tempêtes du siècle, à ceux qui voudraient se consacrer à Dieu, et afin que la vie de ces anges de la terre attirât sans cesse les bénédictions du ciel et la grâce de la sanctification sur tout son peuple. Pour cet effet, il acheta à Bettolen, dont nous avons parlé, et qui était abbé de Choisy, un lieu appelé Rethondes, situé le long de la rivière de l'Aisne, où il fit bâtir le monastère de religieux auquel il assigna de très-grands revenus. Cet édifice ne fut pas plus tôt achevé qu'il fut rempli d'un grand nombre de personnes qui s'y retirèrent pour se donner entièrement à Jésus-Christ.

Pour le monastère de religieuses, il eût bien souhaité de le faire bâtir dans l'enceinte de sa ville épiscopale; mais, n'ayant pu exécuter ce dessein, parce que Soissons, séjour ordinaire d'un des rois Francs, se trouvait trop rempli de monde, il fut obligé de chercher une place dans les faubourgs. Leutrude, femme d'Ebroïn, maire du palais, l'aida beaucoup, soit en obtenant de son mari la permission nécessaire pour bâtir près de la ville, soit en l'engageant à fournir à la dépense des bâtiments. Cette maison ne fut pas longtemps non plus sans être peuplée par de vertueuses filles, qui ne voulurent point avoir d'autre Époux que celui des vierges, sous l'abbesse Ethérie, que l'on avait tirée de Jouarre pour gouverner cette nouvelle communauté.

L'odeur de leurs vertus attira un si grand nombre de religieuses, que le lieu se trouvant trop petit pour les contenir toutes, et étant d'ailleurs extrêmement incommode et exposé aux fréquentes inondations de la rivière, saint Drausin pensa à faire bâtir un autre monastère dans la ville : il exécuta heureusement ce dessein, grâce à la générosité et à la libéralité d'Ebroïn, que Leutrude engagea, par ses prières et par ses larmes, à cette pieuse entreprise. Saint Ouen, archevêque de Rouen, qui se trouvait alors à la cour, ne contribua pas peu, par ses sollicitations, à l'y faire condescendre. En

effet, ce ministre qui, d'ailleurs, était bien aise de donner des marques d'une piété, au moins apparente, accorda ce que notre Saint demandait, et offrit même son palais pour en faire une maison religieuse. Un historien soissonnais, qui vivait il y a plus de neuf cents ans, dit que cela ne fut exécuté que quatre ans après la mort de saint Drausin ; mais il est certain que cet écrivain s'est trompé, comme le montre fort bien l'auteur de l'Histoire de Notre-Dame de Soissons.

Dès que le nouveau monastère fut achevé, le saint Évêque y transféra la plus grande partie des religieuses qui demeuraient dans celui du faubourg. Afin de rendre cette cérémonie plus auguste, il invita plusieurs prélats à être témoins de cette action, et à assister à la dédicace de l'église, qui se fit fort solennellement et sous l'invocation de Notre-Dame, l'an 664, le dixième du règne de Clotaire III. Il fit aussi construire deux autres églises, suivant la coutume de ces temps-là d'en bâtir trois dans les grandes abbayes : l'une à l'honneur de saint Pierre, pour les religieux qui dirigeraient la communauté ; l'autre, à l'honneur de sainte Geneviève et de tous les Saints, pour les religieuses malades, pour les hôtes et pour les pauvres qu'on recevait dans le monastère. Cette nouvelle colonie de vierges ne fut pas plus tôt établie dans Soissons, que plusieurs personnes nobles, attirées par leurs bons exemples, demandèrent à être reçues en leur compagnie ; de sorte que l'on vit, en ce lieu, des princesses du sang renoncer aux vains amusements du siècle, pour ne s'occuper que de l'affaire de leur salut. Il semble que saint Drausin ne restait au monde que pour donner la dernière perfection à ce grand ouvrage : car, après avoir achevé l'établissement de cette maison religieuse, tant pour le temporel que pour le spirituel, il alla recevoir dans le ciel la récompense de ses travaux, passant de cette vie à l'immortalité, le 5 mars, vers l'an 674.

Le bruit de sa mort jeta la consternation parmi le peuple : on entendit un gémissement universel par toute la ville, chacun croyant avoir perdu en lui ce qu'il avait de plus cher au monde. Les veuves et les orphelins le pleuraient comme leur protecteur ; les pauvres, comme leur père ; les ecclésiastiques, comme leur chef ; les religieux, comme leur bienfaiteur. En un mot, il n'y eut personne qui ne fût touché de la perte d'un si saint homme.

On invoque ce grand Saint lorsqu'on est obligé de combattre contre les ennemis de la Foi, de l'Église ou de l'État. Saint Thomas, archevêque de Cantorbéry, eut recours à lui avant de s'en retourner en Angleterre, où il prévoyait, par un esprit prophétique, qu'il devait endurer le martyre pour la défense des libertés ecclésiastiques ; il espérait obtenir, par son intercession, les grâces et les forces qui lui étaient nécessaires dans un tel combat. On dit que ceux qui passaient la nuit en prières, devant son tombeau, devenaient invincibles à tous leurs ennemis. Aussi, jadis les Italiens et les Bourguignons, lorsqu'ils avaient la guerre dans leur pays, faisaient souvent ce pèlerinage pour triompher de leurs adversaires : Robert de Montfort y passa la nuit en oraison, avant de livrer bataille à Henri, comte d'Essex.

## RELIQUES ET CULTE DE SAINT DRAUSIN.

Son corps sacré fut inhumé avec pompe dans l'église de l'ancien monastère, ainsi qu'il l'avait désiré. Mais s'il abandonna ses filles pour quelque temps, il fit paraître, dans la suite, que ce n'était qu'afin de leur donner des marques plus sensibles de sa protection : car les miracles que Dieu opéra à son tombeau y attirèrent tant de malades et de pèlerins, que l'église ne pouvant qu'à peine

les contenir, les religieuses du nouveau monastère, qui, d'ailleurs, étaient extrêmement affligées de se voir éloignées de leur saint fondateur, engagèrent Lentrude à procurer la translation de son saint corps dans la nouvelle église, pour qu'il y fût honoré avec plus de décence. Pour cet effet, Adalbert, un quatrième évêque de Soissons (que quelques-uns confondent à tort avec Dattolen, prédécesseur de notre Saint, et d'autres avec Aubert, qui ne fut jamais évêque de cette ville, mais seulement abbé de Saint-Médard), Adalbert, dis-je, se transporta au tombeau de saint Drausin, et fit la cérémonie de cette translation. Son corps fut trouvé frais et entier, et sans nulle apparence de corruption, quoiqu'il y eût plus de quatre ans qu'il fût enterré. Cette translation, qui se fit le deuxième jour de juin, environ l'an 680, fut si auguste et accompagnée de tant de miracles, que l'église de Soissons en a célébré depuis la mémoire.

Parmi les merveilles qui y arrivèrent, on raconte qu'une femme voulant, par dévotion, avoir quelque relique du Saint, lui tira une dent, et qu'aussitôt il sortit du sang du même endroit : ce qui étonna tellement les assistants, que, n'osant plus s'exposer à rien prendre d'eux-mêmes, ils supplièrent humblement qu'au moins on leur donnât, ou quelques-uns de ses cheveux, ou des rognures de ses ongles, tant était grande la confiance qu'on avait en son intercession.

Les miracles ont continué à son tombeau, dans l'église du nouveau monastère. Une infinité de malades y ont reçu une parfaite santé. Un aveugle de Reims y recouvra la vue, après avoir su, par révélation, qu'il ne devait recevoir cette grâce qu'au sépulcre du Saint. La lampe ardente qu'on y entretenait à son honneur s'est quelquefois rallumée miraculeusement à la vue des religieuses. L'huile s'y est vue aussi fort souvent multipliée. L'on a encore plusieurs fois aperçu, sur ce saint lieu, une lumière si éclatante, qu'elle éblouissait les yeux de ceux qui la regardaient. Enfin, l'on a vu sortir des vapeurs qui répandaient une odeur très-douce. Tous ces prodiges, ajoute l'historien de sa vie, sont autant d'illustres témoignages de l'ardente charité dont le grand saint Drausin semblait encore tout embrasé, même après sa mort.

Renseignements fournis par M. Henri Coagnet, chanoine titulaire de Soissons, le 30 novembre 1863 :

1° Translation des reliques de saint Drausin.

Pendant plusieurs siècles, l'église de Soissons, par reconnaissance pour les nombreux miracles opérés lors de la translation des reliques de saint Drausin, crut devoir célébrer la mémoire de cette translation, au jour anniversaire où elle avait eu lieu (2 juin). Ce qui est certain, c'est que D. Michel Germain, ce bénédictin qui a écrit savamment l'histoire de l'abbaye royale de Notre-Dame de Soissons, et l'a fait imprimer en 1675, en un vol. in-4°, atteste formellement que l'église de Soissons faisait la mémoire de cette translation le 2 juin. — En dernier lieu, l'abbaye de Notre-Dame seule faisait cette translation le 18 juin, comme on peut s'en convaincre en consultant le manuscrit n° 99, qui se trouve à la bibliothèque communale de Soissons.

Néanmoins, ou bien il faut dire avec Baillet que cette fête était particulière à l'abbaye, ou bien qu'elle était tombée en désuétude par le laps des temps, puisque, dans la même année 1675, époque où l'évêque Charles de Bourbon édita son bréviaire, réformé ad normam Breviarii romani, il n'est fait mention de cette mémoire, ni dans le calendrier, ni dans le corps du volume, au 2 juin. — Il en est de même dans le bréviaire nouveau, publié en 1742 par l'évêque François de Fitzjames qui avait pris à tâche cependant de ne laisser périr aucun des anciens usages. Le Propre Soissonnais, approuvé en 1851 par la sacrée Congrégation des Rites, n'a conservé aucune trace de cette ancienne coutume.

2° Son culte actuel. Sa fête, qui n'était que du rit semi-double, de 1675 à 1851, depuis le retour à la liturgie romaine, se célèbre du rit double.

3° Des trois églises de l'abbaye : Saint-Pierre, au parvis, Sainte-Geneviève, et la grande église, il ne reste que la collégiale dite de Saint-Pierre, au parvis de Notre-Dame, laquelle était desservie par un collège de chanoines. Encore n'est-elle pas entière : on en a démoli le chœur et l'abside. Il reste le portail et sa façade, ainsi que la nef. C'est le plus ancien et le plus curieux monument de Soissons, style roman dans son ensemble, dans ses fenêtres, frise, etc. Le portail appartient à l'époque de transition, et l'ogive commence à y apparaître. — Ce bâtiment est loué par l'administration municipale, pour servir à un magasin de marchandises ; mais on veille à sa conservation. — De l'église de Sainte-Geneviève, aucun vestige.

Quant à la grande église dont le portail, donnant sur la Grande-Rue ou rue du Commerce, était surmonté de deux belles tours, dans le genre de celles de Notre-Dame de Paris, elle a été démolie entièrement pendant la Révolution. Sur son emplacement se tient, une fois la semaine, le marché Saint-Pierre. — Il reste cependant deux magnifiques arcades ou fenêtres romanes, sculptées avec soin. Elles sont conservées, parce qu'elles appartiennent à un particulier. Les archéologues et les touristes ne manquent pas de les visiter.

Les bâtiments servant à l'usage de la communauté avaient été reconstruits dans les années qui ont précédé immédiatement la Révolution de 1789. C'est aujourd'hui la grande caserne de la ville.

4° « Le tombeau de saint Drausin », dit l'auteur de l'Histoire de l'abbaye de Notre-Dame, « est une des plus rares pièces d'antiquité qui restent dans le pays. Il est fait d'une grande pierre fort dure, autant creusée qu'il fallait pour contenir le corps d'un homme, et revêtue au dehors d'ouvrages travaillés à l'antique, et bordés de feuillages de vigne. Au milieu est le nom de Notre-Seigneur en lettres grecques. Aux deux côtés sont plusieurs histoires de l'Ancien et du Nouveau Testament. La longueur du tombeau est de cinq pieds et demi. Il est soutenu de deux piliers de marbre noir hauts de quatre pieds, et est couvert d'une autre pièce en forme de ciel et travaillée aussi à l'antique. Ce tombeau fut placé dans la chapelle qui porte le nom du Saint ; mais le corps fut enfermé dans une chasse artistement travaillée, que l'on mit au-dessus de la grande grille du chœur ».

La chasse qui renfermait le corps de saint Drausin a été détruite à la grande Révolution.

Ses reliques ont été dispersées à la même Révolution. Il n'en reste rien.

Mais le tombeau gallo-romain dont nous venons de parler, après avoir fait partie du musée des Petits-Augustins, à Paris, se trouve aujourd'hui au musée du Louvre, où chacun peut le visiter facilement.

5° Peut-être vous sera-t-il agréable de savoir que cinq débris de la grande église de l'abbaye de Notre-Dame sont aujourd'hui à la cathédrale de Soissons, savoir :

Le tabernacle, en marbre blanc, surmonté d'un dôme soutenu par des colonnes de marbre très-précieux.

Deux belles statues, en marbre blanc, représentant l'Annonciation. La Vierge est du côté de l'Exemple, l'ange du côté de l'Épître, aux deux coins de l'autel majeur ;

Deux belles statues en marbre, l'une en marbre blanc, l'autre noir, représentant deux abbesses de Notre-Dame. Ce sont deux chefs-d'œuvre de sculpture. Elles sont placées en dedans de l'église, sous les orgues.

Soissons, le 30 novembre 1862. Henri Congnet, chanoine titulaire.

La mémoire de saint Drausin est très-célèbre en la ville de Soissons, et plusieurs martyrologes de France et de Flandre en font une honorable mention le 5 mars. Nous avons tiré ce que nous en avons dit, de sa vie écrite par un Soissonnais qui vivait au Xe siècle, et que le continuateur du Bollandus rapporte au premier tome de mars. On y peut voir le beau privilège que notre Saint accorda à l'abbaye de Notre-Dame ; il n'avait été communiqué que très-imparfaitement à ce savant historien, lorsqu'on imprimait le premier volume de ce mois ; mais il le rapporte bien au long dans le supplément qu'il a ajouté à la fin du même tome. Dom Michel Germain, bénédictin de la congrégation de Saint-Maur, nous l'a donné en sa pureté, dans l'histoire qu'il a composée de cette sainte maison, par l'ordre d'Armandes-Insuriette de Lorraine-d'Harmont, digne abbesse ; 10-4°, 1675. Cet auteur montre, avec beaucoup d'érudition, que l'abbaye de Notre-Dame de Soissons est une des plus anciennes que l'Ordre de Saint-Benoît ait possédées jusqu'à présent dans la France. Il y a neuf cents ans qu'on la mettait en parallèle avec la fameuse abbaye de Corbie, et Paschanc Retbert, qui florissait alors, témoigne que, de son temps, on ne trouvait aucune communauté qui lui fût comparable en sainteté et en prérogatives. — Cf. Annales du diocèse de Soissons, 2, 10-5°, 1863.

Événements marquants

  • Éducation sous saint Anseric
  • Nomination comme archidiacre par Bettolen
  • Élection à l'épiscopat de Soissons en 638
  • Fondation du monastère de religieux à Rethondes
  • Fondation du monastère de Notre-Dame de Soissons
  • Dédicace de l'église Notre-Dame en 664
  • Translation de son corps en 680

Miracles

  • Apprentissage des sciences par infusion divine
  • Multiplication de l'huile de la lampe de son tombeau
  • Guérison d'un aveugle de Reims
  • Corps trouvé frais et entier quatre ans après sa mort
  • Écoulement de sang d'une dent arrachée après sa mort

Citations

Plus il était infirme, plus il faisait paraître de courage

— Allusion à l'Apôtre citée par l'auteur

Date de fête

5 mars

Époque

7ᵉ siècle

Décès

5 mars, vers l'an 674 (naturelle)

Invoqué(e) pour

combats contre les ennemis de la Foi, combats contre les ennemis de l'État, invincibilité face aux adversaires, guérison des maladies, aveugles

Prénoms dérivés

Drausin

Famille

  • Leudomare (père)
  • Rachilde (ou Richilde) (mère)