Sainte Viergue (Vierge)

Vierge

Fête : 7 janvier • sainte

Résumé

Sainte Viergue était une humble bergère du Poitou qui se sanctifia par une piété obscure. Selon la tradition populaire, elle s'était réfugiée dans les bois pour fuir les persécutions de sa famille, où elle fut nourrie par une vache. Son tombeau, situé près de Thouars, fut un lieu de miracles jusqu'à sa destruction durant la Révolution.

Biographie

SAINTE VIERGUE, VIERGE.

Sainte Viergue est appelée vulgairement sainte Vierge, et c'est le titre vénérable que porte une église paroissiale à une lieue au nord de Thouars (Deux-Sèvres), dans le diocèse de Poitiers. C'est dans cette même église que la bienheureuse Viergue fut enterrée près le grand autel ; sous la pierre du tombeau, on voit sculptée une quenouille, munie d'une poignée de chanvre avec son fuseau, pour marquer qu'elle était bergère. Au reste, l'église dans laquelle elle repose a depuis longtemps reçu d'elle le nom qu'elle porte, puisque, par sa fondation même, elle portait le titre de *Notre-Dame des Houts-Bois*, dans les Guides. Les Houts-Bois est le nom que portait le pays avant celui de Sainte-Verge. C'est ainsi que le raconte du Saussay à la fin du martyrologe de France.

Sainte Viergue était une simple bergère, qui se sanctifia comme sainte Germaine Cousin et d'autres par les vertus obscures d'une piété dont ses miracles révéleront l'éminence sur son tombeau même. Ce tombeau fut vénéré dans l'église paroissiale jusqu'à la Révolution de 1793, qui le renversa et dissipa ses cendres. Ce qui reste de son tombeau dans l'église du village de Sainte-Verge, qui compte à peu près de 1 000 à 1 200 habitants, se réduit peu à peu en poussière, les fidèles la réclamant pour en mêler les débris à l'eau d'une fontaine qui porte le nom de la Sainte, dans le parc du château voisin. Ce breuvage est donné contre la Sèvre. La Sainte aurait vécu sur le bord même de cette fontaine, qui est à 100 mètres de l'église et qui maintenant porte également son nom ; la source paraît miraculeuse, car par les années de grande sécheresse elle coule toujours avec une invariable régularité, alors que les puits eux-mêmes tarissent.

Le peuple croit encore dans cette contrée que sainte Viergue était une grande demoiselle que les persécutions de sa famille forcèrent de s'aller cacher dans les bois, où une vache la nourrit longtemps de son lait, qu'elle lui apportait chaque jour. Sa fête se fait dans la paroisse le 7 janvier.

Ceci date d'une époque reculée, sans qu'on puisse constater le temps précis. L'église dans laquelle sainte Viergue a été enterrée, probablement par les religieux habitant le cloître y attenant, est du XIe siècle, et avait pour titulaire Notre-Dame avant les miracles opérés sur le tombeau de la Sainte : le tombeau lui-même paraît être du XIIIe ou du XIVe siècle.

D'après les archives poitevines, le corps de cette bienheureuse fut transporté dans l'église abbatiale de Saint-Vincent de Metz, témoin Meurisse, évêque suffragant de Théodoric, quarante-septième évêque, en son livre III des évêques de Metz (970). Nous avons fait les recherches les plus actives pour savoir ce qu'il en était de cette translation. Sainte Viergue est complètement oubliée à Metz, et le fait de la translation paraît controuvé à un hagiographe très-compétent de l'Est de la France, M. le chanoine Guillaume, aumônier de la chapelle ducale de Nancy, que nous avons consulté à ce sujet. Il existe dans le canton de Dieuze, diocèse de Nancy, une paroisse nommée Vergaville. D'aucuns ont pensé que cette localité avait emprunté son nom à la sainte du Poitou dont les reliques auraient enrichi une abbaye qui s'élevait autrefois sur le territoire de Vergaville et sur l'emplacement de laquelle la charrue se promène depuis longtemps. Or, si l'on remonte à la charte de fondation de cette abbaye, on voit que le lieu où elle s'éleva s'appelait, avant la fondation même qui eut lieu au Xe siècle : *Widirgadesdorf*, c'est-à-dire la vierge du village. Et de fait la sainte vierge était la patronne principale de l'abbaye.

M. l'abbé Auber, chanoine historique, du diocèse de Poitiers, et M. Gouin, curé de Sainte-Verge : celui-ci a bien voulu nous traduire une ancienne légende d'un *Propre de Poitou*.

Événements marquants

  • Vie de bergère dans la piété et l'obscurité
  • Fuite dans les bois pour échapper aux persécutions de sa famille
  • Nourrie par le lait d'une vache pendant sa cachette
  • Inhumation près du grand autel de l'église de Notre-Dame des Houts-Bois
  • Destruction du tombeau et dispersion des cendres en 1793

Miracles

  • Source de la fontaine coulant régulièrement même en période de grande sécheresse
  • Guérisons obtenues en mêlant la poussière du tombeau à l'eau de la fontaine
  • Miracles posthumes sur son tombeau ayant entraîné le changement de nom de la paroisse

Citations

Widirgadesdorf, c'est-à-dire la vierge du village

— Charte de fondation de l'abbaye de Vergaville

Date de fête

7 janvier

Décès

Époque reculée (incertaine) (naturelle)

Catégories

Invoqué(e) pour

contre la Sèvre (maladie ou affliction locale)

Autres formes du nom

  • Sainte Vierge (fr)
  • Verge (fr)

Prénoms dérivés

Viergue, Verge

Famille

  • Inconnu (famille persécutrice)