Sainte Wivine

Vierge et Fondatrice

Fête : 17 decembre 12ᵉ siècle • sainte

Résumé

Issue d'une noble lignée, sainte Wivine refusa le mariage pour se consacrer à Dieu. Après une vie d'ermite près de Bruxelles, elle fonda l'abbaye de Bigarden sous la règle de saint Benoît, qu'elle dirigea avec une grande austérité et humilité jusqu'à sa mort en 1179.

Biographie

SAINTE WIVINE, VIERGE,

FONDATRICE DE L'ABBAYE DE BIGARDEN, AU DIOCÈSE DE MALINES

jours de nouveaux progrès dans la vertu, et s'y affermissait de plus en plus; ses lumières augmentaient aussi à proportion. Elle eut à peine atteint l'âge de quinze ans qu'elle connut tous les dangers où on est exposé dans le monde, et combien il est difficile d'y vivre avec quelque agrément et d'en être flatté sans y puiser toutes ses fausses maximes et sans s'éloigner de celles que prescrit l'Évangile; elle n'appréhendait rien de plus, et elle gémissait déjà d'y être comme engagée par sa naissance. Sa rare beauté, qui lui attirait les regards de toute la jeunesse la plus florissante du pays et des provinces voisines, lui devint suspecte; tous les autres dons de la nature qui se trouvaient réunis en elle avec ceux de la fortune, lui avaient déjà paru des biens fragiles et très méprisables; mais elle commença à les craindre. Rien cependant ne l'effraya tant que cette guerre intérieure que nous sentons en nous-même, et que l'Apôtre appelle la Loi du péché: notre Sainte prit la généreuse résolution de prévenir cet ennemi domestique, et de le surmonter avant d'en être attaquée. Elle s'arma donc contre sa chair innocente, et l'affligea dans un âge si tendre par les jeûnes et les veilles. Elle cachait sous ses habits précieux de rudes cilices et tous les autres instruments de pénitence qui pouvaient l'affaiblir. L'infirmité de son corps faisait toute sa force, et elle continua ainsi dans la pratique d'une sévère pénitence tout le reste de sa vie.

Ce n'était pas assez à notre Sainte de vivre comme un ange au milieu du monde corrompu, elle voulut encore suivre l'exemple du saint patriarche Abraham, et sortir de la maison de son père pour se retirer dans quelque lieu que la Providence voudrait lui préparer. Elle prévoyait bien que l'exécution de ce dessein serait très difficile; sa grande jeunesse, le danger de s'exposer toute seule ou de s'ouvrir à quelques-unes de ses compagnes sans être découverte, la difficulté de se soustraire à la garde des personnes chargées de veiller sur elle; toutes ces choses étaient autant d'obstacles qui devaient lui paraître insurmontables. Elle savait d'ailleurs que ses parents seraient inconsolables et qu'ils feraient de si grandes recherches dans le moment qu'elle aurait disparu, qu'il serait presque impossible qu'elle échappât à leurs diligences; mais Wivine était déjà remplie de l'Esprit qui avait animé le saint patriarche, qu'elle s'était proposée d'imiter. Elle espéra contre toute espérance, pour nous servir des termes de l'Écriture, et crut que Dieu qui lui avait inspiré le dessein de se retirer, lui fournirait tous les moyens nécessaires. Elle avait auprès d'elle une sainte fille qui la servait avec beaucoup d'affection, qui ne l'abandonnait point, et en qui elle mettait toute sa confiance. Souvent elles s'entretenaient ensemble du néant des grandeurs humaines, de la fausseté des plaisirs et des dangers où on est exposé dans le monde. Un jour elle lui fit part du dessein qu'elle avait conçu de se retirer; Enteware, c'était le nom de cette vertueuse fille, fut sans doute surprise; mais elle n'osa contredire sa maîtresse. Elle avait d'ailleurs de l'inclination pour la retraite et pour la pénitence, ainsi elle n'eut pas de peine à se déterminer et elle lui promit de favoriser son dessein et de l'accompagner.

Le monde, qui appréhendait les suites d'une résolution si généreuse, se servit de ses artifices ordinaires pour en empêcher l'exécution; mais sainte Wivine était inébranlable et ferme comme un rocher. Un jeune seigneur du pays, appelé Richward, eut un amour si violent pour elle qu'il ne pensait le jour et la nuit qu'aux moyens de satisfaire sa passion brutale. Il ne négligea aucune occasion pour captiver son cœur, et lui fit faire des propositions très avantageuses, que les parents semblaient assez disposés à accepter, ce qui rendait encore la tentation plus violente. Il la sollicita enfin lui-même, et lui parla dans des termes qui étaient capables d'attendrir les cœurs les plus insensibles; mais toutes ces démarches déplurent fort à notre Sainte. Elle n'en fit cependant rien paraître, et se contenta de lui faire comprendre qu'il demandait une chose impossible et que toutes ses démarches seraient inutiles. « Je suis », disait-elle, « l'épouse de Jésus-Christ, je me suis engagée à lui dès ma plus tendre jeunesse, et je n'aurai point d'autre époux. Vous ne pouvez donc penser à moi sans l'offenser, car c'est un époux jaloux ». Ces paroles étaient accompagnées d'une grande douceur, quoique proférées avec beaucoup de fermeté; mais elles furent comme un coup de foudre pour le jeune seigneur. Il se retira sans insister davantage, et conçut un si grand chagrin de ce refus qu'il tomba malade à l'extrémité peu de jours après. Il était déjà abandonné des médecins, quand sainte Wivine fut informée de sa maladie. Elle en parut vivement touchée, et comme si elle eût été coupable du dérèglement de son cœur, elle s'imagina être la cause unique de son malheur; alors elle répandit un torrent de larmes, jeûna au pain et à l'eau, redoubla toutes ses austérités ordinaires, et passa plusieurs jours et plusieurs nuits dans une prière continuelle pour obtenir au moins sa conversion. « J'espère, Seigneur », disait-elle, « que vous m'exaucerez, quoique j'en sois indigne; car vous ne voulez point la mort du pécheur, mais qu'il se convertisse et qu'il vive ». Richward sentit bientôt les effets de cette humble et fervente prière, et se vit en fort peu de temps hors de danger. Son esprit fut éclairé, il pleura ses dérèglements, la grâce s'empara de son cœur et étouffa les flammes impures dont il était embrasé. Il aima sainte Wivine d'un amour chaste, et se fit gloire de devenir son disciple. Car à peine fut-il rétabli, qu'il suivit le conseil salutaire qu'elle lui donna de se retirer dans quelque solitude pour y pleurer ses égarements.

Le danger auquel notre Sainte venait d'échapper fit d'étranges impressions sur son esprit. Elle ne pouvait penser sans frémir aux poursuites importunes dont elle avait été l'objet. Les ressorts diaboliques qu'on avait fait jouer pour la séduire, lui formèrent une idée si affreuse du danger où sa chasteté avait été exposée, qu'elle n'osait plus paraître devant un homme, appréhendant plus que la mort de semblables attaques. Un regard léger, une parole indifférente, une visite inutile, tout lui devint suspect; et sans penser aux grandes victoires qu'elle avait remportées dans cette occasion, elle ne s'occupait que de sa faiblesse, attribuant tout à la grâce de Dieu dont elle se trouvait très indigne. D'un autre côté, l'exemple de celui qu'elle venait de voir à deux doigts de sa perte et sa vie pénitente, lui firent faire de sérieuses réflexions sur sa conduite, et furent de nouveaux motifs qui la déterminèrent à exécuter sans délai ce qu'elle avait depuis longtemps résolu. Quoiqu'elle n'eût encore que vingt-trois ans, elle s'accusait de lâcheté d'avoir tant différé, et s'imagina qu'elle résistait à l'attrait du Saint-Esprit. Ne pouvant enfin demeurer davantage dans un état si violent, elle quitta la maison de son père et sortit avec Enteware, pour s'abandonner le reste de ses jours aux soins de la Providence, pour s'unir plus intimement à son Époux, et le servir dans un parfait dégagement de toutes les choses terrestres.

Sainte Wivine et sa compagne s'arrêtèrent auprès d'une fontaine dont les eaux ont été depuis ce temps très salutaires pour toutes sortes de maladies, dans un lieu très solitaire, quoique peu éloigné de la ville de Bruxelles. Comme ce lieu était environné de bois, elles y bâtirent un petit ermitage avec des branches d'arbres, où elles demeurèrent l'espace de trois ans, inconnues et sans avoir aucun commerce avec les hommes; elles y passaient les jours et les nuits dans l'exercice presque continu de la prière et de la pénitence; ce lieu conserve encore aujourd'hui le nom de Grand-Bigard.

Notre Sainte aurait bien voulu passer ainsi le reste de ses jours dans l'obscurité; mais Dieu avait d'autres vues: une vie si pure et si austère fut bientôt connue aux environs, et on vint en foule à son ermitage. Les pieux visiteurs furent d'abord effrayés de son extrême pauvreté, car elle n'avait apporté de la maison de son père qu'un psautier que l'on conserva dans son monastère: elle n'avait aucun meuble, et la terre lui servait de lit. Elle ne se nourrissait que d'herbes et de racines qu'elle trouvait dans les bois, et elle ne buvait que de l'eau qu'elle puisait dans la fontaine dont nous avons déjà parlé. On remarquait cependant encore, sous un extérieur si sauvage en apparence, quelques vestiges de sa grandeur. Elle avait un air majestueux qui la faisait respecter; ses paroles étaient des paroles de vie, et elle les accompagnait toujours d'une si grande douceur, même en déclamant contre le vice, qu'elles produisaient toujours quelques effets dans les cœurs même les plus endurcis. Ceux qui venaient pour l'entendre, ne s'en retournaient jamais sans être consolés; il y eut quantité de filles de tout âge et de toute condition qui, la première fois qu'elles l'eurent vue et entendue, ne purent se résoudre à s'en séparer, et, sans consulter leur faiblesse, lui proposèrent de suivre son exemple.

Quelque attrait que sainte Wivine eût pour la solitude et pour l'exercice de la contemplation, elle souffrait avec patience ce grand concours de peuple, parce que sa charité pour le prochain était sans bornes. Loin de rebuter ces filles dont nous venons de parler, elle voulut profiter de leurs bonnes dispositions pour les gagner à Dieu et les retenir auprès d'elle. Il fallait pour cela bâtir un monastère, et le lieu paraissait assez convenable; mais cette entreprise lui paraissait hardie pour une fille qui avait renoncé à tout! c'était d'ailleurs rentrer en quelque façon dans le monde qu'elle détestait. Elle prévoyait encore qu'elle serait obligée de sortir de temps en temps de la solitude, d'aller à Bruxelles où était la cour, de se présenter au prince pour lui demander son consentement et sa protection.

Enteware, qu'elle ne regardait plus comme une servante, mais comme sa propre sœur, l'encouragea dans cette occasion; elles firent ensemble des prières extraordinaires, et jeûnèrent pendant trois jours pour s'assurer davantage de la volonté de Dieu. Enfin la résolution fut prise, et sainte Wivine sortit avec sa compagne pour la première fois, après une retraite de trois années entières. Elles se rendirent à Bruxelles, auprès de Godefroid le Barbu, comte de Brabant. Celui-ci, ayant déjà entendu parler de nos deux solitaires, fut charmé de les voir, et leur accorda le lieu qu'elles demandèrent pour bâtir un monastère; mais il voulut de plus faire lui-même tous les frais de la construction du nouvel édifice; il lui assigna à cet effet de grands revenus, et permit à la Sainte de faire de nouvelles acquisitions.

Les lettres de fondation ayant été expédiées, sainte Wivine revint promptement au Grand-Bigard, jeta les fondements de son monastère, et disposa, à mesure que les ouvrages avançaient, tout ce qui était nécessaire pour y établir une étroite régularité. Mais comme elle se défiait beaucoup de ses propres lumières, elle ne voulut rien établir avant d'avoir consulté quelque personne de probité, et qui eût l'expérience de la vie monastique. L'abbé d'Afflighem lui parut tel. Elle obtint du comte la permission de se mettre sous sa conduite et de soumettre son monastère sous sa discipline. Peu de temps après elle fit profession de la Règle de Saint-Benoît, et toutes ses filles suivirent son exemple.

Il semble que Dieu ait voulu récompenser notre Sainte au centuple de ce qu'elle avait tout quitté pour se consacrer à son service, en la mettant à la tête d'une sainte et nombreuse communauté. Cette dignité qu'elle n'avait point recherchée n'amena aucun changement dans sa conduite: elle fut également pauvre dans ses habits et dans la cellule, également humble et détachée, également pénitente. Nous avons déjà remarqué qu'elle ne vécut dans sa retraite que de fruits sauvages ou de racines; elle vécut à peu près de même étant abbesse. Elle se contentait tous les jours d'un peu de pain d'orge, et ne buvait que de l'eau: quelquefois même elle passait des jours entiers sans prendre de nourriture. De tels exemples faisaient une grande impression sur toutes les religieuses; elles tâchaient de l'imiter, et menaient une vie plus angélique qu'humaine. Cependant notre Sainte crut qu'il ne suffisait pas à une supérieure d'instruire seulement par des exemples celles que la Providence lui avait confiées, mais qu'elle était encore obligée de les instruire par ses paroles; ce qu'elle fit avec grand zèle, les nourrissant des vérités que Dieu a daigné nous révéler dans la sainte Écriture.

Pendant le gouvernement de sa communauté, elle sut si bien disposer son temps, qu'elle en trouvait toujours pour la prière, sans parler de celui qu'elle dérobait à son repos; et même dans les occupations qui dissipent ordinairement davantage, elle conservait toujours la présence de Dieu. C'est à cet esprit de prière et d'oraison que nous devons attribuer la profonde humilité de cette Sainte; car c'est dans la prière que nous nous entretenons avec Dieu, et qu'en contemplant les grandes perfections de cet être infini, nous sommes pénétrés de notre néant et de la vanité de tout ce qui est au-dessous de lui.

L'humilité de sainte Wivine n'avait point de bornes, elle ne pouvait supporter les marques de respect et de déférence que lui donnaient quelquefois les personnes les plus distinguées, ni comprendre la soumission aveugle que toutes les religieuses faisaient paraître, dans toutes les occasions, à tout ce qu'elle semblait exiger d'elles. Elle avait un si bas sentiment d'elle-même, qu'elle ne prenait point de repas, quelque léger qu'il fût, qu'elle ne s'accusât de gourmandise et de sensualité. Si son corps exténué par des jeûnes presque continuels, et affaibli par quelque long travail, semblait succomber et demander du repos, ce besoin lui paraissait lâcheté; en un mot, elle trouvait de grands motifs d'humiliation dans ses actions les plus innocentes.

Dieu voulut éprouver notre Sainte pendant quelque temps, et, en effet, il aurait manqué quelque chose à sa vertu, si elle n'avait point été exercée par quelque épreuve. Il permit que l'esprit de division se glissât dans sa sainte maison, où jusqu'alors la charité avait toujours régné. Elle remarqua de l'éloignement dans quelques-unes de ses filles, et un défaut de confiance. Elles désapprouvaient ses grandes austérités, disant qu'elles étaient excessives, que leur abbesse avec toute sa vertu manquait de discrétion; que cependant cette vertu est la mère des autres, que c'est le sel mystique figuré dans l'Écriture par celui qui était nécessaire aux sacrifices, et qu'enfin il était impossible qu'une si grande ferveur fût de quelque durée. Elles ne faisaient pas attention qu'il y avait déjà plusieurs années que notre Sainte soutenait le même genre de vie, que sa première retraite, tout ce qu'elle avait fait depuis, et toutes les autres circonstances de sa vie depuis sa naissance, avaient eu quelque chose de surnaturel, ce qui faisait bien voir qu'elle ne se conduisait que par l'inspiration de Dieu; et qu'enfin sa docilité, la défiance qu'elle avait d'elle-même, sa profonde humilité en étaient des preuves bien sensibles.

Sainte Wivine avait assez de lumière pour s'apercevoir d'abord que tous ces murmures venaient du prince des ténèbres qui voulait la troubler et arrêter tous les avantages qu'elle remportait chaque jour sur lui. Elle en avertit ses filles avec beaucoup de douceur, les exhorta à se défier d'elles-mêmes, et pour leur persuader que c'était une illusion, elle leur disait: « Dieu nous a soutenues jusque à présent, mes très chères sœurs, dans nos saintes pratiques, je n'ai rien établi avant d'avoir pris conseil des personnes vertueuses et expérimentées dans la vie spirituelle; ne nous arrêtons point à ces mauvaises pensées, qui nous font considérer ce que nous faisons pour notre Époux, mais regardons-nous comme des servantes inutiles; les douceurs dont il ne cesse de nous combler tous les jours nous dédommagent amplement des petits sacrifices que nous lui faisons. Vous aviez tant de ferveur dans les commencements: pourquoi arrêtez-vous ce grand zèle, et, après avoir été si soumises, vous abandonnez-vous à des murmures indignes d'épouses de Jésus-Christ; reprenez votre première vigueur et retournez à l'heureux état dont vous êtes déchues ». Ces paroles firent quelque impression sur l'esprit des plus modérées; mais Dieu voulut les convaincre toutes, et leur faire voir par un miracle éclatant, en changeant de l'eau en vin, qu'il approuvait la conduite de sa fidèle servante.

Sainte Wivine eut bien d'autres assauts à soutenir contre ce prince des ténèbres; mais elle en triompha toujours. C'est ce qu'il fut contraint d'avouer, dans un transport de désespoir, à un saint solitaire qu'il avait cru pouvoir séduire dans sa cellule. Il ajouta de plus, qu'il avait parcouru toute la terre sans trouver personne qui lui fût si opposé que Wivine et sa compagne, qu'elles le désolaient et qu'elles lui lançaient de temps en temps comme des flèches aiguës qui le pénétraient jusqu'au vif. Il éteignit un jour toutes les lampes de l'église, pour troubler au moins une fois les saints offices de la nuit; mais notre Sainte avait déjà prévenu l'heure, selon sa coutume, et rendit ses mauvais desseins inutiles par l'efficace de sa prière, qui eut la force d'allumer une chandelle de cire qui servit à rallumer toutes les autres.

Il y avait déjà trente-quatre ans que sainte Wivine était abbesse du monastère qu'elle avait fondé, lorsqu'il plut à Dieu de la retirer de ce monde pour lui donner la récompense due à ses mérites. Elle fut attaquée d'une fièvre lente qui la mina peu à peu, et sentant enfin approcher sa dernière heure, elle fit venir toutes ses filles, et avec un visage assuré, et qui semblait plus gai qu'à l'ordinaire, parce qu'elle regardait la mort avec les yeux de la foi, elle tâcha de les consoler en leur inspirant une grande confiance en Dieu. Elle leur recommanda sur toutes choses de conserver une grande union entre elles, et cette charité fraternelle qui fait le caractère des vrais chrétiens. Ayant ensuite reçu les derniers sacrements avec de grands sentiments de dévotion, elle passa de cette vie à une plus heureuse, le 17 décembre 1179, à l'âge de soixante-dix ans.

Sainte Wivine est représentée: 1° avec une église sur la main, comme fondatrice d'église; 2° tenant un livre et un cierge qu'allume un ange; le diable s'enfuit.

17 DÉCEMBRE.

[ANNEXE: CULTE ET RELIQUES.]

La mort précieuse de sainte Wivine fut suivie d'un grand nombre de miracles. Les aveugles, les muets, les sourds, les boiteux, en un mot, des personnes atteintes de toutes sortes de maladies vinrent en foule à son tombeau et y obtinrent leur guérison.

Avant d'être inhumé, son corps fut longtemps exposé à la vénération des peuples qui accouraient de toutes parts et même des contrées les plus éloignées ; il exhalait un parfum céleste des plus doux et des plus agréables. Sainte Wivine fut ensevelie avec beaucoup de solennité dans l'église inachevée de son monastère, à côté du grand autel. Cet édifice ayant été terminé vers l'an 1177, Alard, évêque de Cambrai, le consacra la même année. Après la cérémonie de la dédicace, il chargea l'abbé d'Afflighem, Arnoul, de faire l'élévation du corps de notre Sainte le dimanche suivant.

La translation de ces précieuses reliques se fit au milieu d'un grand concours de fidèles, et fut accompagnée de plusieurs miracles éclatants, qui inspirèrent à tous une nouvelle confiance dans les mérites de la Sainte. En 1804, ces précieux ossements ont été déposés dans l'église de Notre-Dame-au-Sablon, à Bruxelles.

Sainte Wivine était particulièrement invoquée contre les fièvres ardentes, les enflures de gorge, la peste, la pleurésie, les maux d'yeux, et toutes sortes d'infirmités et de maladies, et aussi contre les maladies des chevaux, vaches et autres animaux. Un grand nombre de miracles sont venus confirmer les fidèles dans leur croyance en la protection puissante de leur sainte patronne.

Une Confrérie fut érigée sous son invocation, dans le but de pratiquer diverses œuvres de piété et de charité, d'être mieux en état de participer aux mérites de la Sainte, et d'obtenir son puissant secours dans les maladies. Le pape Urbain VIII a accordé plusieurs indulgences aux membres de cette Confrérie.

Tiré d'une brochure fort ancienne, imprimée à Bruxelles, sous ce titre : *La vie et les miracles de sainte Wivine*, par une religieuse de Sigarden.

Événements marquants

  • Vœu de virginité à 15 ans
  • Refus du mariage avec le seigneur Richward
  • Fuite de la maison paternelle à 23 ans avec Enteware
  • Vie érémitique de trois ans au Grand-Bigard
  • Fondation de l'abbaye de Bigarden sous la règle de Saint-Benoît
  • Gouvernement de la communauté pendant 34 ans

Miracles

  • Guérison de Richward par la prière
  • Changement de l'eau en vin pour convaincre ses religieuses
  • Cierge allumé miraculeusement pour l'office de nuit
  • Parfum céleste exhalé par son corps après sa mort

Citations

Je suis l'épouse de Jésus-Christ, je me suis engagée à lui dès ma plus tendre jeunesse, et je n'aurai point d'autre époux.

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