Sainte Ermelinde (Hermelinde)

Vierge et Recluse

Fête : 29 octobre 7ᵉ siècle • sainte

Résumé

Issue d'une illustre famille du Brabant, Ermelinde consacra sa vie à Dieu dès l'enfance, refusant tout mariage pour vivre en recluse. Après avoir fui les avances de prétendants, elle s'établit à Meldert où elle mena une vie d'austérités extrêmes jusqu'à sa mort au début du VIIe siècle. Ses reliques, honorées par saint Pépin, font l'objet d'une grande dévotion dans le diocèse de Malines.

Biographie

SAINTE ERMELINDE, VIERGE ET RECLUSE A MELDERT,

AU DIOCÈSE DE MALINES (vers 595).

Sainte Ermelinde (ou Hermelinde) était d'une famille si illustre, que saint Pépin, duc de Brabant et père de sainte Gertrude, se faisait gloire d'en être issu. Son père se nommait Ermenold, et sa mère Ermesende. On lui donna une éducation conforme à sa qualité ; mais, bien loin de se laisser prendre le cœur par les attraits de la vanité ou par l'éclat de la grandeur, elle ne respirait dès l'enfance que la retraite, l'oraison et la parole de Dieu. Elle ne voulait jamais écouter aucune proposition de mariage, et pour détourner ses parents de pouvoir l'y engager, elle fit vœu de virginité, se coupa elle-même les cheveux, renonça hautement à la pompe du siècle, et entreprit une vie étroite et mortifiée. Bientôt ces austérités ne lui suffirent plus ; il lui fallait la solitude pour ne vivre qu'avec Dieu seul. Elle quitta la maison paternelle, la seigneurie de Terdonck, près du village de Lovenjoul, aux environs de Louvain, et les biens qu'on lui offrait pour sa subsistance, et alla se cacher dans une bourgade nommée Bevec. Là, méprisant sa noblesse, elle allait, les pieds nus, à l'église, où elle passait les jours et les nuits en prières. Elle affligeait sa chair pour en faire une hostie vivante digne des yeux de son Époux, et elle n'avait point d'autre ambition que d'être une humble servante de Notre-Seigneur.

Avertie par un ange que deux jeunes seigneurs tendaient des pièges à sa vertu, elle abandonna Bevec et se rendit à Meldrik, appelé depuis Meldaert ou Meldert (Meldradium), au diocèse actuel de Malines. Ce fut là qu'elle passa le reste de ses jours, ne vivant que d'herbes sauvages et pratiquant des austérités qui rappelaient celles que les anciens solitaires les plus mortifiés ont pratiquées dans les déserts. Enfin, après y avoir vaincu le monde, la chair et le démon dans plusieurs combats, il plut à Notre-Seigneur, qu'elle avait aimé uniquement sur la terre, de l'appeler à lui pour la couronner dans le ciel. Elle mourut le 29 octobre, au commencement du VIIe siècle. Les anges eux-mêmes prirent soin d'enterrer son corps en cet endroit et de chanter des hymnes et des cantiques à ses obsèques. Quarante-huit ans après, les prodiges qu'il opéra le firent découvrir ; et, ayant été levé de terre par la piété de saint Pépin, il fut mis dans un monastère de vierges qu'il fonda pour cet effet et enrichit de très-grands revenus. Depuis la ruine de cette maison religieuse, ces revenus ont été annexés aux chanoinesses de Saint-Barthélemy, à Liège.

Dans les représentations de sainte Ermelinde de Brabant, on voit des anges qui entourent son cadavre et président à ses funérailles. — On l'invoque spécialement pour solliciter la guérison des maux de bras et de jambes (l'onomatopée joue ici le rôle principal : Eros ou Arm signifie bras, et par extension, jambes).

On croit que sainte Ermelinde fut ensevelie près de sa cellule. Plus tard (vers 643), une chapelle fut bâtie sur son tombeau, et de nombreux miracles commencèrent à s'y opérer. Notre sainte recluse est honorée depuis plus de douze siècles dans tout le diocèse de Malines, mais tout particulièrement à Meldert et à Lovenjoul. Il y avait à Tielement (diocèse de Malines), dans l'église collégiale de Saint-Germain, un autel dédié en son honneur. Sainte Ermelinde est honorée aussi à Moergestel (diocèse de Bois-le-Duc) et jusque dans la Bohème. — De Meldert où elles reposaient, les reliques de notre sainte recluse furent transférées deux fois (en 1705 et en 1744) à Louvain pour les soustraire aux profanations des impies. Remises à Meldert, elles furent enfouies sous terre pendant les troubles de 1792 ; on les retrouva en 1883, le jour de la Pentecôte. Déposées tout d'abord dans l'oratoire de Saint-Quirin (à l'extrémité de la paroisse), elles furent ensuite replacées avec honneur dans l'église paroissiale. Visitées en 1848 et en 1849, elles furent renfermées à cette dernière époque dans une magnifique châsse de cuivre doré.

Urbain VIII (1623-1644) avait accordé une indulgence plénière à tous les fidèles qui, le 29 octobre, visiteraient l'oratoire de Sainte-Ermelinde ; Pie IX a renouvelé et multiplié ces indulgences. Il a autorisé aussi (1849) le rétablissement de l'ancienne confrérie de Sainte-Ermelinde : cette association est aujourd'hui très-florissante.

Nous avons complété le récit du P. Giry avec les Acta Sanctorum, tome XII d'octobre, pages 843-872.

Événements marquants

  • Vœu de virginité et renoncement au mariage
  • Fuite de la maison paternelle pour la solitude
  • Retraite à Bevec puis à Meldert
  • Vie d'austérités et d'oraison
  • Mort et funérailles présidées par des anges
  • Élévation des reliques par saint Pépin 48 ans après sa mort
  • Translation des reliques à Louvain en 1705 et 1744
  • Redécouverte des reliques en 1883

Miracles

  • Avertissement d'un ange concernant des pièges à sa vertu
  • Anges enterrant son corps et chantant des hymnes
  • Prodiges opérant la découverte de son corps 48 ans après sa mort
  • Nombreux miracles sur son tombeau

Date de fête

29 octobre

Époque

7ᵉ siècle

Décès

29 octobre, au commencement du VIIe siècle (vers 595) (naturelle)

Catégories

Invoqué(e) pour

maux de bras, maux de jambes

Autres formes du nom

  • Hermelinde (fr)

Prénoms dérivés

Ermelinde, Hermelinde

Famille

  • Ermenold (père)
  • Ermesende (mère)
  • Saint Pépin (parent (issu de la même famille))