Notre-Dame de Kientzheim
Vierge Marie
Résumé
En 1466, pour protéger une statue de la Vierge de la guerre, elle fut transférée de Siegolsheim à Kientzheim. Le 7 août 1466, la statue fut vue pleurant avec celle de saint Jean, miracle attesté par de nombreux témoins. Ce pèlerinage devint célèbre, attirant l'empereur Frédéric III et produisant de nombreuses guérisons consignées dans les registres.
Biographie
NOTRE-DAME DE KIENTZHEIM, AU DIOCÈSE DE STRASBOURG (1466).
Notre-Dame de Kientzheim (Haut-Rhin, arrondissement de Colmar, canton de Keyserberg), au diocèse de Strasbourg, est un pèlerinage célèbre, qui s'établit, l'an 1466, dans l'église de Saint-Félix et de Sainte-Régule, à l'occasion de la translation qu'on y fit d'une statue de la Vierge. Cette statue avait été précédemment, avec une statue de saint Jean l'évangéliste, l'objet de la vénération publique dans l'église de Siegolsheim; mais alors la guerre qui désolait la contrée et était déjà aux portes de Siegolsheim ayant fait craindre que ces deux statues ne fussent profanées par l'ennemi, on les transporta à Kientzheim, lieu plus sûr et mieux fortifié.
A peine furent-elles installées dans leur nouveau sanctuaire, qu'elles signalèrent par un miracle frappant la compassion que leur inspiraient les calamités qui affligeaient le pays. « En l'an de grâce 1466 », dit un document authentique de l'époque, « le septième jour d'août, les deux statues de Notre-Dame et de Saint-Jean ont été vues pleurant ostensiblement à l'heure des Vêpres, par moi soussigné, notaire assermenté, assisté de témoins respectables; les larmes coulaient fraîches comme de l'eau pure des yeux de chaque statue; elles sillonnaient les joues et arrivaient jusqu'au col... ».
Cet événement, dont le procès-verbal fut signé de plus de trente témoins, dont neuf étaient prêtres, les autres des personnages éminents, landgraves, seigneurs et barons, attira à la Vierge de Kientzheim une foule de visiteurs; et le pèlerinage dès lors acquit une telle célébrité que, pour suffire à l'affluence prodigieuse des fidèles, il fallut, trois ans plus tard, agrandir l'église. En 1470, l'édifice terminé fut consacré solennellement et enrichi d'indulgences; trois prêtres y furent établis pour prêcher et confesser : encore avaient-ils peine à suffire au travail, tant était grande la multitude des pèlerins.
L'empereur Frédéric III y vint lui-même avec une suite nombreuse en 1473, dota l'église de riches présents, et y laissa, en signe de respect, son chapeau brodé d'or et d'argent. Les chapelains de Notre-Dame de Kientzheim constataient avec soin les miracles qui s'opéraient devant la sainte image, et ils les inscrivaient sur un registre. Ce registre en énumère cent quatre-vingt-sept, de 1466 à 1567; et parmi ces prodiges se trouvent des résurrections de morts, des guérisons d'aveugles, de sourds, d'estropiés, de pestiférés, de personnes délivrées de grands périls par l'invocation de Notre-Dame de Kientzheim.
S'il n'existe pas de registre postérieur à 1567, la quantité d'ex-voto, de béquilles, de chaînes et autres emblèmes qui garnissent le sanctuaire, ainsi que le grand nombre de pèlerins, prouvent que Marie s'est toujours montrée le secours des chrétiens, le salut des infirmes et la consolatrice des affligés.
Extrait de Notre-Dame de France, par M. le curé de Saint-Sulpice.
8 AOÛT.
Événements marquants
- 1466 : Translation de la statue de Siegolsheim vers Kientzheim pour la protéger de la guerre
- 7 août 1466 : Miracle des larmes sur les statues de la Vierge et de Saint Jean
- 1469 : Agrandissement de l'église face à l'affluence des pèlerins
- 1470 : Consécration solennelle de l'édifice
- 1473 : Visite de l'empereur Frédéric III
Miracles
- Larmes miraculeuses coulant des yeux de la statue le 7 août 1466
- 187 miracles enregistrés entre 1466 et 1567 (résurrections, guérisons diverses)
Citations
les larmes coulaient fraîches comme de l'eau pure des yeux de chaque statue; elles sillonnaient les joues et arrivaient jusqu'au col...