Saint André de Crète (le Calybite)

Martyr à Constantinople

Fête : 18 octobre 8ᵉ siècle • saint

Résumé

Moine crétois du VIIIe siècle, André se rend à Constantinople pour s'opposer à la politique iconoclaste de l'empereur Constantin Copronymie. Après avoir courageusement défendu le culte des images sacrées, il subit de nombreux tourments avant d'être tué par un pêcheur qui lui trancha le pied. Son corps, d'abord jeté avec les malfaiteurs, fut miraculeusement identifié par des possédés qui furent guéris.

Biographie

SAINT ANDRÉ DE CRÈTE, MARTYR À CONSTANTINOPLE (761).

Saint André de Crète ou le Calybite, qu'il ne faut pas confondre avec saint André de Crète, archevêque de Candie (juillet), était natif de l'île dont il a pris son surnom, et il y vivait très-saintement dans un monastère, au temps que l'empereur Constantin Copronymie (718-775) persécutait cruellement l'Église pour le culte des saintes images.

Lorsqu'il apprit l'édit par lequel ce prince défendait, sous de grandes peines, de rendre aucun honneur à ces figures sacrées qui nous représentent Jésus-Christ ou sa sainte Mère et les autres Saints, bien loin d'en être épouvanté comme plusieurs autres qui s'enfuirent pour cela hors des terres de l'empire, il vint généreusement dans la ville même de Constantinople, afin d'y combattre l'hérésie et l'impiété dans le lieu où elles faisaient plus de ravages.

Dès qu'il y fut arrivé, il ouvrit publiquement la bouche pour défendre la vérité orthodoxe, et sans craindre les magistrats ni l'empereur même, il exhorta les fidèles à demeurer constants dans la doctrine de l'Église, et les nouveaux hérétiques à rentrer dans le sein de leur mère, que la lâcheté leur avait fait abandonner.

Un jour, Constantin s'étant fait mettre un trône dans la basilique de Saint-Mammès, y étalait avec beaucoup de faste toute sa pompe impériale, et d'ailleurs il donnait des ordres très-cruels contre les orthodoxes, en faisant meurtrier les uns à coups de nerfs de bœuf, jeter les autres dans le feu, arracher les yeux à ceux-ci et couper la langue à ceux-là : André, embrasé d'un zèle divin, fendit la foule, s'adressa à l'empereur en personne et lui reprocha son impiété. Le tyran, ne pouvant souffrir cette liberté, commanda à ses archers de se saisir de lui ; et en même temps ils le prirent, lui arrachèrent son manteau, lui déchirèrent sa tunique et lui firent plusieurs autres outrages.

L'empereur ordonna ensuite qu'il fût dépouillé et fouetté avec la plus grande rigueur. Alors le martyr, levant les yeux au ciel, s'écria avec force : « Je ne mépriserai jamais votre image, ô mon Sauveur, je ne maltraiterai jamais votre figure ; que l'on déchire mon corps, que l'on m'arrache la langue, que l'on me coupe les pieds, je suis prêt à souffrir toutes choses plutôt que de manquer au respect que je dois à votre divine Majesté ».

Les gardes lui donnèrent mille coups de nerfs de bœuf et le mirent tout en sang. D'autres lui jetèrent des pierres, et chacun s'efforça de lui faire quelque outrage. Mais tous ces tourments ne purent rien diminuer de sa constance, et il parla toujours avec la même fermeté qu'auparavant.

Constantin ne voulait pas le faire mourir, pour ne pas lui donner la gloire du martyre ; mais il désirait extrêmement de pouvoir le séduire, afin que son exemple servît à corrompre les autres orthodoxes ; il le fit donc conduire en prison, et dans plusieurs conférences qu'il eut avec lui, il tâcha de le gagner par de belles promesses ; mais, le trouvant toujours aussi invincible, il le fit encore fouetter et l'abandonna enfin aux bourreaux pour être mis à mort dans le lieu des exécutions publiques.

Comme on le menait au supplice, un pêcheur courut après lui, et ayant pris un gros couteau de boucherie, il lui coupa un pied. Ce coup fut si cruel et si douloureux, qu'il ôta la vie à notre bienheureux Martyr. Son corps fut exposé dans les champs pour être la proie des chiens et des vautours ; il fut ensuite mis en terre avec ceux des malfaiteurs ; mais par un effet miraculeux de la puissance divine, une troupe de possédés vinrent au lieu de sa sépulture, et ayant ouvert la terre avec leurs ongles, ils le distinguèrent des autres corps et l'exposèrent à la vue des fidèles. Ils reçurent pour récompense la grâce d'être délivrés des démons qui les possédaient.

Ce saint corps fut inhumé avec l'honneur qui était dû à son mérite, et il s'est fait depuis plusieurs miracles à son tombeau.

Saint André de Crète est souvent caractérisé chez les Grecs par une image de la Mère de Dieu, servant à rappeler la sainte cause à laquelle il a sacrifié sa vie.

Nous avons conservé le récit du Père Giry.

18 OCTOBRE.

Événements marquants

  • Vie monastique en Crète
  • Départ pour Constantinople pour combattre l'hérésie iconoclaste
  • Interpellation publique de l'empereur Constantin Copronymie à la basilique Saint-Mammès
  • Emprisonnement et tentatives de séduction par l'empereur
  • Supplice des nerfs de bœuf et lapidation
  • Mort suite à l'amputation d'un pied par un pêcheur

Miracles

  • Identification du corps par des possédés qui creusèrent la terre avec leurs ongles
  • Délivrance des démons pour les possédés ayant découvert son corps
  • Miracles divers survenus à son tombeau

Citations

Je ne mépriserai jamais votre image, ô mon Sauveur, je ne maltraiterai jamais votre figure ; que l'on déchire mon corps, que l'on m'arrache la langue, que l'on me coupe les pieds, je suis prêt à souffrir toutes choses plutôt que de manquer au respect que je dois à votre divine Majesté

— Paroles rapportées lors de son supplice

Date de fête

18 octobre

Époque

8ᵉ siècle

Décès

761 (martyre)

Catégories

Invoqué(e) pour

délivrance des possédés

Autres formes du nom

  • Le Calybite (fr)

Prénoms dérivés

André