Saint Barthélemy, Apôtre et Martyr
Apôtre et Martyr
Résumé
Apôtre de Galilée, saint Barthélemy évangélisa l'Arabie, l'Inde et l'Arménie après l'Ascension. Il convertit le roi Polymius avant d'être martyrisé par son frère Astyages, qui le fit écorcher vif puis décapiter. Ses reliques, après avoir transité par Lipari et Bénévent, reposent principalement à Rome sur l'île du Tibre.
Biographie
SAINT BARTHÉLEMY, APÔTRE,
MARTYR DANS LA GRANDE-ARMÉNIE.
Vers l'an 71. — Pape : Saint Lin. — Empereur romain : Vespasien.
*Ambigitur regali an sis in marica natus,* *Sed te purpureum nullus obisse negat.*
On agite la question de savoir si vous êtes né dans la pourpre royale; mais, ce que personne n'ignore, c'est que vous êtes mort empourpré de votre sang. *Fasti mort.*
Saint Barthélemy était Galiléen d'origine, comme les autres Apôtres. Quelques auteurs anciens et modernes se sont imaginés qu'il était le même que Nathanaël, qui fut amené à Notre-Seigneur par saint Philippe, Apôtre, et dont ce divin Maître fit cet excellent éloge : « Voilà un vrai Israélite, dans lequel il n'y a point de malice ». Cela, néanmoins, n'est pas confirmé, au sentiment de saint Ambroise, de saint Jean Chrysostome, de Théodoret et de plusieurs autres Pères, qui disent que le Fils de Dieu ne choisit point pour ses Apôtres des Docteurs de la loi, tel qu'était Nathanaël, mais des hommes sans lettres et de pauvres ignorants. Saint Augustin et saint Grégoire rejettent ouvertement cette opinion dans leurs Commentaires sur l'histoire de la vocation de Nathanaël. D'autres écrivains ont avancé que saint Barthélemy était Syrien, et de la race des rois Ptolomée ; qu'il marchait, revêtu d'un habit bordé de pourpre et orné de plusieurs pierres précieuses, et que ce fut à son occasion que les Apôtres discutèrent entre eux qui de leur compagnie était le plus grand, parce qu'ils appréhendaient que sa noblesse ne le fît préférer aux autres dans les séances du royaume des cieux : mais, toutes ces choses n'ont point de vraisemblance ; car, premièrement, nous apprenons du livre des Actes, que tous les Apôtres étaient Galiléens, et non pas de Syrie, si ce n'est peut-être en tant que la Galilée faisait partie du gouvernement de Syrie. De plus, il est certain que les Ptolomée n'ont jamais régné dans cette province asiatique, mais seulement en Égypte, où les rois, ayant quitté le nom de Pharaon, qu'ils avaient porté durant plusieurs siècles, prirent celui de Ptolomée. D'ailleurs, si Notre-Seigneur n'a pas pris pour ses Apôtres des Sages du Monde, ni des Docteurs de la loi, il n'a pas pris non plus des hommes considérables pour leurs biens, leur noblesse et leurs alliances ; « mais », comme dit saint Paul, « il a choisi ce qui était le plus faible, pour confondre ce qui était le plus fort ; et ce qui était méprisable, ou plutôt ce qui n'était point du tout, pour écraser et détruire ce qui semblait être quelque chose ». Enfin, c'est une erreur de croire que le nom de Barthélemy tire son étymologie de Bar, c'est-à-dire fils, et de Ptolomée, comme si Barthélemy était la même chose que fils de Ptolomée ; mais il la tire de Bar et de Tholmai, qui est un nom assez commun parmi les Hébreux, et signifie proprement fils de Tholmai, comme Baronius l'a remarqué dans ses Notes sur le Martyrologe.
Saint Barthélemy, dans l'Évangile de saint Matthieu, se trouve placé le sixième dans le catalogue des Apôtres. Comme eux, il fut témoin de la glo-
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rieuse résurrection et des principales actions de Jésus-Christ sur la terre. Il est nommé parmi les cent vingt Disciples assemblés pour prier après l'Ascension. Le Saint-Esprit, à la descente duquel il s'était préparé avec tant de ferveur, le remplit de zèle, de charité et de toutes les vertus. Revêtu, ainsi que les autres Apôtres, d'une force surnaturelle, il ne pensa plus qu'à faire connaître Jésus-Christ et à porter son nom jusqu'aux extrémités du monde.
Après s'être préparé dignement à l'exercice des fonctions de l'apostolat, saint Barthélemy commença d'abord par aller porter l'Évangile dans l'Arabie-Heureuse, dans le pays de Hus; puis, remontant vers l'Inde septentrionale et Cis-Gangétique, il s'avança vers l'Orient le plus reculé, parcourut l'Asie centrale, qui est l'un des plus beaux pays du monde. Il y passa plusieurs années, et après y avoir converti un grand nombre de personnes, il leur laissa un exemplaire de l'Évangile composé par saint Matthieu. Lorsqu'il eut fondé des Églises en différents lieux, il reprit sa direction vers l'occident de l'Asie, visita la Perse, la Babylonie, la Petite-Arménie, l'Asie-Mineure.
« Saint Barthélemy », dit Nicétas le Paphlagonien, « porta chez les Indiens et chez les Éthiopiens orientaux, la lumière de la vraie science, la doctrine de la vie éternelle, et leur annonça Jésus-Christ clairement et dans leurs propres langues. Sa prédication était accompagnée de miracles. Il mettait en fuite les démons qui attaquaient les hommes, guérissait toutes sortes de maladies et d'infirmités par la seule invocation du nom de Jésus. Par la puissance du même nom, il rendit la vie à plusieurs morts. Tous les jours, de nouveaux croyants venaient, à sa parole, grossir la multitude innombrable des fidèles; il les instruisait, les purifiait par le bain de la régénération, et enfin enflammait leurs cœurs en leur communiquant les dons du Saint-Esprit. Ceux qui, parmi eux, étaient les plus dignes et les plus remplis de la grâce céleste, il les consacrait évêques ou prêtres. Pontife admirable, il leur apprenait les rites sacrés que doivent connaître ceux qui ont reçu cette consécration. Il leur enseignait les saintes Lettres, la science des mystères évangéliques et la doctrine parfaite du salut. Des églises nouvelles et sans tache s'élevaient par ses soins dans les différentes provinces et dans les villes qu'il parcourait ». Tels sont les faits de saint Barthélemy dans les Indes.
Il avait vieilli dans l'accomplissement de ce ministère apostolique. Ses membres et tout son corps étaient enfin fatigués. Il souhaitait recevoir de Jésus-Christ, pour prix de ses laborieuses courses, la possession du repos glorieux de son royaume. Voulant marcher sur les traces de Jésus-Christ, son maître et son modèle, qu'il savait être entré dans sa gloire par la voie des souffrances, il désirait, après avoir été semblable à lui pendant sa vie, la couronner par une fin semblable, par le martyre. Le Fils de Dieu, qui voit les pensées des cœurs, ne tarda pas à lui fournir l'occasion de rendre témoignage à la vérité par l'effusion de son sang. Saint Barthélemy revint vers l'Asie-Occidentale après avoir accompli une grande quantité de prodiges et de conversions dans les vastes contrées de l'Orient. Plût à Dieu que le souvenir de tant de belles actions nous eût été conservé ! Mais il n'y avait personne pour les écrire. Nous connaissons un peu mieux celles qu'il a faites dans l'Asie-Mineure et dans l'Arménie, parce qu'elles ont été rapportées et écrites en partie par les premiers fidèles de ce pays, qui étaient beaucoup plus lettrés que ceux des autres peuples de l'Orient.
Il évangélisa quelque temps dans l'Asie-Mineure, et notamment dans la
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Mysie, la Lydie et la Phrygie; ce fut alors que Jésus-Christ l'avertit d'aller au secours de l'apôtre saint Philippe qui combattit fortement l'idolâtrie dans la ville d'Hiérapolis, en Phrygie. Il contribua par sa présence et par ses prédications à la ruine du culte impie, enraciné dans le cœur de ce peuple. Après la mort de saint Philippe, il rétablit l'ordre dans l'église d'Hiérapolis; et quand il eut raffermi les fidèles de la Lycaonie, il partit pour la Grande-Arménie, où il devait consommer son martyre.
Dès qu'il fut entré dans le temple de la capitale, où demeurait le roi Polymius, avec toute sa cour, le démon, qui y rendait des oracles, par la bouche d'une idole nommée Astaroth, et qui guérissait aussi beaucoup de malades qu'on lui présentait, devint entièrement muet et dans l'impuissance de faire aucune guérison. Les Arméniens, étonnés de son silence, consultèrent une autre idole, appelée Bérith ou Beireth, pour en apprendre la cause. Il répondit que c'était la présence de Barthélemy, Apôtre du vrai Dieu, qui forçait son compagnon de se taire; que jamais il ne pourrait parler tant qu'un si saint homme serait dans leur ville, parce qu'il fléchissait les genoux cent fois le jour et cent fois la nuit pour prier; qu'il était toujours accompagné d'une troupe d'anges, et qu'il annonçait la vérité en prêchant que les honneurs divins n'étaient dus qu'au seul Créateur du ciel et de la terre. Sur cette réponse, les prêtres d'Astaroth cherchèrent de tous côtés le saint Apôtre, non pas pour honorer sa vertu ni pour recevoir hautement ses instructions, mais pour décharger sur lui la rage où ils étaient de se voir frustrés, par sa présence, du gain sacrilège que leur produisait le culte impie de leur idole. Toute leur diligence eût été inutile si Barthélemy ne se fût produit de lui-même; mais il ne le fit que par la délivrance des possédés, par la guérison des malades et par d'autres prodiges qui remplirent les infidèles d'admiration, et ôtèrent à ces prêtres le pouvoir de le maltraiter comme ils prétendaient. Le roi même, dont la fille était tourmentée par un démon furieux, qui avait pris possession de son corps, étant informé de ces merveilles, le fit venir dans son palais et le supplia de secourir cette affligée, en la délivrant d'un si mauvais hôte. Barthélemy le fit sur-le-champ, avec une autorité souveraine; ce qui ravit tellement de joie le prince, que, pour reconnaître un si grand bienfait, il lui envoya, peu de temps après, des chameaux chargés d'or, d'argent, de pierres précieuses et de vêtements riches.
Le Saint ayant connu, par révélation, ce que le roi devait faire, se tint si bien caché, jusqu'à ce que les présents eussent été reportés au palais, qu'il fut impossible de le trouver; ensuite il se vint présenter lui-même devant Polymius, dans sa chambre, sans qu'on en eût ouvert les portes, et lui dit que ce n'était ni l'or ni l'argent qui l'avait amené dans son pays, mais le zèle du salut des âmes; qu'il lui demandait, non pas de lui donner des richesses, mais de se rendre lui-même digne des trésors éternels, en quittant l'abominable superstition de l'idolâtrie et en reconnaissant le vrai Dieu, qui est le seul auteur de notre vie et le souverain Seigneur de toutes choses. Il ajouta que, pour le convaincre de la vérité de sa doctrine, il lui offrait de faire confesser au démon, qui l'avait trompé jusqu'alors, ses méchancetés et ses impostures. En effet, Polymius l'ayant mené au temple, Astaroth, qui parlait ordinairement dans l'idole, avoua qu'il n'était pas Dieu, mais un misérable esprit condamné aux flammes éternelles; que les oracles qu'il avait prononcés n'avaient été que des tromperies, parce qu'il ne prédisait que le mal qu'il voulait faire, ou le bien qu'il ne voulait pas empêcher pour engager plus fortement à le croire, et que les guérisons qu'il
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avait opérées n'avaient été que des prestiges, parce que c'était lui-même qui causait les maladies par sa malice, afin qu'en cessant de les causer, on crût qu'il faisait des miracles et on continuât de lui rendre les honneurs divins qui ne lui étaient pas dus. Sur cette confession, l'Apôtre lui commanda de briser toutes les idoles du temple et de se retirer pour jamais dans un lieu où il ne put nuire à personne. Il fut contraint d'obéir, et la ruine de toutes ces idoles fit un si grand effet sur l'esprit de Polymius et de tout son peuple, qu'ils se convertirent à Jésus-Christ et demandèrent instamment le saint Baptême. Douze villes du même royaume imitèrent l'exemple de leur prince : elles reçurent l'Évangile du salut de la bouche de saint Barthélemy, crurent en Jésus-Christ, se soumirent aux lois du Christianisme, et la plupart des habitants ayant été baptisés, le saint Apôtre en choisit un petit nombre pour en faire des prêtres, des diacres et des ministres de l'Église.
Cependant les princes des ténèbres ne pouvant souffrir la ruine de leur empire et l'établissement de celui du Sauveur, excitèrent contre Barthélemy les sacrificateurs des idoles ; ces derniers n'espérant pas pouvoir corrompre l'esprit du roi Polymius, qu'ils voyaient trop bien affermi dans la foi et l'amour de Jésus-Christ, s'adressèrent à son frère aîné, nommé Astyages, qui régnait aussi dans une partie de l'Arménie, et lui remontrèrent qu'il était nécessaire qu'il fît périr ce nouveau prédicateur, s'il ne voulait bientôt voir la désolation générale de la religion de ses ancêtres. Astyages, touché de ces remontrances, envoya saisir Barthélemy, soit qu'il fût venu de lui-même prêcher dans ses États, soit qu'il l'eût attiré sous quelque espérance de conversion. Lorsqu'il fut devant lui, il lui demanda si ce n'était pas lui qui avait perverti Polymius et détruit les dieux de sa nation. « Il n'y a point d'autre Dieu de toutes les nations », répondit l'Apôtre, « que le souverain Créateur qui règne dans les cieux avec son Fils unique Jésus-Christ. Tous ceux que vous adorez ne sont que des démons qui ne méritent point les honneurs divins. Aussi, je n'ai détruit le culte d'aucun Dieu, mais seulement la vaine superstition de l'idolâtrie et de l'adoration des démons. Pour ce qui est du roi Polymius, je ne l'ai point perverti ; mais je lui ai montré le chemin de la vie éternelle, hors duquel personne ne peut être sauvé ». Astyages, aigri de ces paroles, et de ce qu'en même temps une idole qu'il adorait tombât par terre, fit fouetter rudement le saint Prédicateur ; ensuite, par une barbarie qui surpasse tout ce que les hommes ont jamais inventé de cruel, il le fit écorcher tout vif, depuis la tête jusqu'aux pieds ; de sorte que, n'ayant plus de peau, on ne voyait en lui qu'une chair toute sanglante et percée horriblement de ses os.
Enfin, comme, après ce supplice, dont le récit même fait frémir, il respirait encore, il lui fit couper la tête. Pierre de Natalibus dit qu'il fut écorché le 24 août et décapité le 25, et que c'est pour cela qu'en certaines Églises on célèbre sa fête le 24, et dans d'autres le 25. Cette exécution de l'homme juste fut châtiée par ceux-là mêmes qui en avaient été les instigateurs ; car les démons se saisirent d'Astyages et des prêtres complices de son crime, et, après les avoir tourmentés durant trente jours, ils les étranglèrent, pour continuer éternellement de les tourmenter dans les enfers. Pour Polymius, on dit qu'il fut le premier évêque d'Arménie, et qu'il travailla pendant vingt ans avec un zèle infatigable à maintenir ce que l'Apôtre y avait fait, et à accroître le christianisme par la conversion continue des infidèles. Le corps écorché du Martyr, et sa peau toute sanglante, furent enterrés avec beaucoup d'honneur dans Albana, ville de la Haute-Arménie, qui est maintenant détruite.
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On trouve saint Barthélemy représenté portant sa peau sur un bâton ; mais, le plus souvent, on se contente de lui mettre à la main le couteau qui a servi à son cruel supplice, ou bien une croix triomphale.
## CULTE ET RELIQUES.
Quelque temps après son décès, une nouvelle persécution s'étant élevée contre l'Église de Jésus-Christ, les païens prirent ces saintes reliques, les enfermèrent dans un coffre de plomb et les jetèrent dans la mer, disant au Saint : « Tu ne tromperas plus désormais le peuple » ; mais que ce coffre, nageant sur l'eau, vint heureusement aborder dans l'île de Lipari, voisine de la Sicile ; que les chrétiens, par révélation divine, les y reçurent avec beaucoup de dévotion, et que, dans la suite de temps, on y bâtit une grande église sur son sépulcre. En 838, les Sarrasins s'étant saisis de cette île, ce riche trésor fut transporté à Bénévent par un religieux (839), à qui saint Barthélemy apparut, pour lui découvrir ce que ces infidèles en avaient fait. Othon de Freisingen assure que, en 983, l'empereur Othon II, s'étant rendu maître de Bénévent, la priva de cette bénédiction, en faisant transporter à Rome le corps de ce saint Apôtre. Son dessein était d'enrichir l'Allemagne ; mais, étant mort la même année, il ne put exécuter ce projet : de sorte que la châsse de porphyre qu'il lui avait fait faire, avec le trésor qu'elle contenait, demeura à Rome, dans l'île du Tibre, où l'on bâtit un temple en l'honneur du saint Apôtre. Robert du Mont, dans la continuation de Sigelbert, ajoute qu'en l'année 1157, ce cercueil fut découvert par une inondation du Tibre, et que le corps entier, excepté la peau qui était demeurée à Bénévent, y fut trouvé avec une lame de cuivre qui faisait foi, en caractères grecs et latins, de sa translation par l'empereur Othon. Depuis ce temps-là, la dévotion envers saint Barthélemy s'est beaucoup accrue dans Rome. Son église a été augmentée, et l'on y voit tous les ans, durant l'octave de sa fête, un grand concours de monde qui va honorer un si illustre défenseur de l'Évangile. Le cardinal Baronius croit que cette translation à Rome se fit le 25 août, et que c'est pour cela que la fête s'y fait en ce jour, au lieu que, dans d'autres pays, comme en France, on la célèbre le 24. Le pape Innocent III a ordonné que chaque diocèse observerait en cela son ancienne coutume. Les Grecs mettent sa fête au 14 juin.
Saint Denis l'Aréopagite parle très-honorablement de saint Barthélemy dans son livre de la *Théologie mystique*, et lui attribue cette belle sentence : « que la théologie est de grande et de petite étendue, et que l'Évangile est fort ample et fort succinct ». Il courait, dans les premiers siècles, un Évangile sous le nom de saint Barthélemy, de même que d'autres sous les noms de la plupart des autres Apôtres ; mais le pape Gélase les a tous rejetés comme apocryphes, excepté les quatre célèbres Évangiles selon saint Matthieu, saint Marc, saint Luc et saint Jean. L'historien Nicéphore, après Théodore le lecteur, fait mention de quelques reliques du même Apôtre, trouvées par l'empereur Anastase dans le château de Bora, sur les confins de l'Arménie et de la Perse, à la suite d'une apparition de lui-même à cet empereur, où il lui déclara que ce château était sous sa protection particulière et qu'il en gardait les murs. Procope dit que Justinien fit bâtir une église au même lieu pour les placer avec plus de décence. La France ne fut pas privée de la participation d'un si grand bien : on porta à Toulouse, dans l'église de Saint-Sernin, le chef de saint Barthélemy que l'on a renfermé dans un buste de bois doré, dans la crypte supérieure de l'église ; dans l'abbaye de Gersi, au diocèse de Paris, un de ses bras encore couvert de sa chair, mais dépouillé de sa peau. La cathédrale de Versailles possède un des bras de saint Barthélemy, provenant de l'une des abbayes du voisinage, détruite en 1790. La ville de Paris a toujours été très-dévote à saint Barthélemy, et elle n'a pas plus tôt connu Jésus-Christ qu'elle a honoré ce fidèle ouvrier de son Évangile, en bâtissant une église sous son nom. C'est la paroisse de Saint-Barthélemy, que l'on croit être la plus ancienne église de la Cité. Il y a encore des reliques du saint Apôtre, au monastère de Charmes, ville située sur la Moselle ; à Naples, en Italie ; dans un monastère de Saint-Benoît, à Bordeaux ; et dans d'autres églises, en Belgique, en Allemagne, en Espagne.
À quelque distance de Nakchivan, ville de l'Arménie russe, à trois lieues de mont Ararat, et à sept de Souve Aras, sur les frontières de la Perse et de la Turquie, se trouve un bourg assez important, nommé Kisouz, qui est très-célèbre parmi les Arméniens ; car la tradition de ces pays porte que saint Barthélemy a été martyrisé en ce lieu, et les chrétiens arméniens disent qu'ils possèdent encore quelques reliques du saint Apôtre. Dans ce lieu, il s'est fait tant et de si éclatantes guérisons, par l'intercession du glorieux Barthélemy, que les Mahométans eux-mêmes y viennent en dévotion, et principalement ceux qui ont les fièvres et d'autres maladies.
Il y a dans ce bourg trois établissements ou couvents, desservis par des religieux, pour recevoir charitablement les chrétiens qui viennent de l'Europe. La plupart des Arméniens de ces contrées sont catholiques romains ; lorsque l'archevêque de Nakchivan est élu, il se rend à Rome, où le Pape confirme son élection.
Nous nous sommes servi, pour compléter cette biographie, de l'*Histoire des Apôtres*, par l'abbé Maistre ; de l'*Hagiologie Niocrnaise*, par Mgr Crounier, et de *Notes locales*.
Événements marquants
- Vocation par Jésus-Christ parmi les douze Apôtres
- Prédication en Arabie-Heureuse, Inde et Asie centrale
- Évangélisation de la Grande-Arménie
- Conversion du roi Polymius et de douze villes
- Supplice de l'écorchement vif suivi de la décapitation sur ordre d'Astyages
Miracles
- Délivrance de la fille du roi Polymius possédée par un démon
- Silence imposé à l'idole Astaroth
- Destruction miraculeuse des idoles du temple
- Guérisons de malades par l'invocation du nom de Jésus
Citations
La théologie est de grande et de petite étendue, et l'Évangile est fort ample et fort succinct.