Saint Jérôme de Strido

Prêtre et Docteur de l'Église

Fête : 30 septembre 4ᵉ siècle • saint

Résumé

Saint Jérôme de Strido est un prêtre et Docteur de l'Église célèbre pour sa traduction latine de la Bible et ses nombreux commentaires scripturaires. Grand défenseur de la virginité et de l'orthodoxie, il a produit une œuvre immense incluant des traités polémiques, des biographies d'ermites et une vaste correspondance. Son style, bien que parfois sec dans les commentaires, est reconnu pour sa noblesse, son érudition classique et son éloquence.

Biographie

ÉCRITS DE SAINT JÉRÔME.

Nous parlerons des ouvrages de saint Jérôme suivant l'ordre qu'ils tiennent dans l'édition de ce Père par les Bénédictins.

Le tome Ier contient la Bibliothèque sacrée, c'est-à-dire tous les livres de l'Écriture que saint Jérôme traduit en latin d'après le grec ou l'hébreu.

Le tome II contient : 1° Le livre *Des noms hébreux*. Le saint docteur y explique les étymologies des noms propres qui se rencontrent dans l'Ancien et le Nouveau Testament ; viennent ensuite quelques *fragments grecs* du même livre, traduit en latin ; 2° le dictionnaire *Des lieux hébreux*, ou géographie sacrée pour l'intelligence de l'Écriture. Le fond de l'ouvrage est d'Eusèbe de Césarée ; mais saint Jérôme se l'appropria, pour ainsi dire, en le perfectionnant ; 3° le livre des *Questions hébraïques sur la Genèse*. On y trouve les sentiments de quelques Juifs et de plusieurs interprètes, tant grecs que latins, sur divers endroits de ce livre de l'Écriture ; 4° seize *Lettres* sur quelques endroits difficiles de l'Ancien Testament ; 5° le *Commentaire sur l'Ecclésiaste*, vers l'an 388 ; 6° traduction des deux *Homélies d'Origène sur le Cantique des Cantiques*, vers l'an 383. Cette traduction fut faite à la prière du pape Damase, auquel elle est dédiée ; 7° suivent plusieurs ouvrages attribués à saint Jérôme, qui ont aussi l'Écriture sainte pour objet.

Le tome III renferme les *Commentaires* du saint Docteur sur les Prophètes, qui furent écrits en différents temps.

Le tome IV renferme : 1° Le *Commentaire sur l'évangile de saint Matthieu*, vers l'an 398 ; 2° plusieurs *Lettres* où le saint docteur explique quelques difficultés relatives au Nouveau Testament ; 3° *Commentaires* sur les épîtres de saint Paul aux Galates, aux Éphésiens, à Tite et à Philémon.

La seconde partie du tome IV contient les *Lettres* de saint Jérôme, qui sont divisées en plusieurs classes, et dont plusieurs sont de véritables traités, ainsi que ses ouvrages ascétiques et polémiques. Nous nous contenterons d'indiquer les principaux :

1° Les *Vies* de saint Paul, ermite, de saint Hilarion et de saint Marc ; 2° le *Catalogue des écrivains illustres*, écrit en 392, et divisé en trente-cinq chapitres. Dans le dernier, saint Jérôme parle de ses propres ouvrages ; mais il n'est, à l'en croire, qu'un avorton, et le dernier de tous les chrétiens ; 3° le *Livre contre Helvétius*, qui soutenait que la sainte Vierge, après la naissance de Jésus-Christ, avait eu d'autres enfants de saint Joseph, et qui en était venu jusqu'à enseigner que la virginité n'avait aucun avantage sur le mariage. Cet ouvrage fut écrit vers l'an 384 ; 4° les deux *Livres contre Jovinien*, qui ont aussi pour objet la défense de la virginité, vers l'an 392 ; 5° *Apologie* du saint docteur touchant ses livres contre Jovinien, vers l'an 393 ; 6° le *Livre contre Vigilance* ; 7° dialogue contre les *Lucifériens* ; 8° ouvrages de saint Jérôme contre Rufin ; 9° les *Dialogues contre les Pélagiens*.

Dans le tome V, on a mis les ouvrages attribués à saint Jérôme et un recueil de pièces qui ont rapport à l'histoire de ce saint docteur.

SAINT JÉRÔME DE STRIDO, PRÊTRE ET DOCTEUR DE L'ÉGLISE. 579

Le style de saint Jérôme, dans ses commentaires sur l'Écriture, est pur, simple et clair, mais accompagné d'une certaine sécheresse. Il croyait que la dignité des divins oracles se suffisait à elle-même. Il n'en est pas ainsi de ses autres ouvrages; le Saint s'efforçait de donner à son style toute la politesse dont il était capable. Ses pensées sont nobles, ainsi que ses expressions. On remarque dans son discours une variété de tours aussi agréable que surprenante; il sait employer les figures avec beaucoup d'art, et il n'est pas moins heureux dans l'usage qu'il fait des subtilités de la logique. Il amène avec goût les plus beaux traits des philosophes et des auteurs classiques, et il possède le talent d'embellir ses ouvrages de ce qu'il y a de plus curieux dans les arts et dans les sciences. L'assortiment de toutes ces parties est si parfait, que chacune paraît être à sa place; et l'on peut comparer son discours à ces ouvrages de marqueterie, où toutes les pièces sont si artistement unies ensemble, qu'elles paraissent faites l'une pour l'autre. Il faut cependant convenir que cette manière d'écrire annonce quelquefois un peu trop d'affectation. Le judicieux Fénelon dit aussi que le style de saint Jérôme n'est pas toujours selon les règles; mais il ajoute en même temps que quelques fautes dans lesquelles il est tombé ne doivent pas empêcher qu'on ne le préfère pour l'éloquence à ceux qui tiennent une place distinguée parmi les orateurs.

Outre les ouvrages que nous avons de lui, il en composa encore plusieurs autres qui ne sont pas venus jusqu'à nous, et dont la perte est inestimable. Cassiodore les avait tous dans sa bibliothèque, savoir: un livre des Hérésies, dont parle saint Augustin, témoignant de la douleur de ne l'avoir pu trouver; un traité de la Résurrection, qu'Orose rapporta en Occident, et qui était adressé à Océanus; trente homélies sur l'Évangile de saint Luc; vingt-huit traduites du grec d'Origène; sept traités sur les Psaumes; un volume sur les quatre Évangélistes; une exposition sur le Jugement de Salomon, sur l'Apocalypse et une Épître adressée à Antius, où il éclaircissait beaucoup de questions difficiles. Il est bon, en parlant des œuvres de ce grand Saint, d'avertir ici le lecteur que, parmi celles qui sont imprimées sous son nom, il s'en est glissé plusieurs qui ne sont pas de lui: les plus dangereuses sont les Commentaires sur les Épîtres de saint Paul, dont Pélage est l'auteur.

D. Martianay, bénédictin de la congrégation de Saint-Maur, a donné à Paris une édition des Œuvres de saint Jérôme en cinq volumes in-folio, dont le premier parut en 1693, et le dernier en 1706. Le Livre des noms hébreux et les autres ouvrages critiques du saint docteur avaient été jusque-là horriblement défigurés, même dans les éditions d'Érasme et de Marianne Victorius. Cave et d'autres savants ont donné de grands éloges au travail de D. Martianay, quoiqu'il n'ait pas le degré de perfection qu'il pourrait avoir. Ce religieux y montre, à la vérité, plus de jugement et d'érudition que dans quelques-uns de ses traités; mais il s'en faut de beaucoup qu'on puisse le comparer aux Malallou et aux Constant. Il a laissé encore un grand nombre de fautes dans le texte de saint Jérôme, et ses notes ne sont pas toujours exactes. L'ordre qu'il a suivi dans l'arrangement des lettres du saint docteur y jette une telle confusion, qu'on ne sait comment s'y prendre pour les trouver ou les citer. Il n'a point donné la chronique de saint Jérôme, non plus que le martyrologe qui lui est attribué dans quelques anciens manuscrits, quoique ce Père n'ait fait que le traduire en latin, comme nous l'apprenons de Bède et de Walfrid Strabon. Ce martyrologe a été publié par D. Luc d'Achéry, *Spécil.*, t. IV.

Martianay mit une vie de saint Jérôme dans le cinquième tome des Œuvres de ce Père; mais il la redonna en français, avec des additions, en 1706. Il y défend le saint docteur contre Baillet, qui, en parlant de lui, emploie des expressions fort dures, et encore quelques autres critiques qui n'ont point assez mesuré les termes dont ils se servaient. Barbayrac a aussi maltraité saint Jérôme, et l'a calomnié, en lui imputant une doctrine qu'il n'enseignait point; mais il a été solidement réfuté par D. Ceillier, *Apologie des Pères*, p. 308-311.

Vallarsi, oratorien d'Italie, donna à Vérone, en 1728, une nouvelle édition des Œuvres de saint Jérôme, en 10 vol. in-folio, avec une vie de ce Père et des notes fort utiles. Il fut aidé dans ce travail par plusieurs savants, et notamment par le marquis Scipion Maffei; mais on lui a reproché, comme à Érasme et à quelques autres critiques, d'avoir corrigé le texte de son auteur d'après ses propres conjectures, et sans l'autorité des manuscrits, ce qui diminue beaucoup l'utilité de son entreprise. En 1706-1728 parut à Vérone une nouvelle édition des Œuvres de saint Jérôme par MM. Vallarsi et Maffei. M. Migne l'a reproduite dans sa *Patrologie latine*, du tome XII au tome XXX.

Les Épîtres choisies ont été publiées en 1815, à Lyon, d'après l'édition de Canisius et de Martianay, un volume in-8°; à Milan, en 1833, in-8°; à Paris, chez Lecoffre, en 1855, un volume in-8° et un volume in-12. La Lettre à Népotien, avec des notes de Catalan, parut en 1781, un volume in-8°. Quelques lettres ont paru dans la petite Bibliothèque des Pères latins, publiée à Rome, en 1839, par le Père Ventura. Les commentaires de saint Jérôme sur l'Évangile de saint Matthieu se trouvent dans les classiques chrétiens de M. Gaume, en deux volumes, in-12. MM. Collombet et Graguire ont traduit en français les œuvres choisies de saint Jérôme, avec notes et commentaires. Le texte latin est en regard. La traduction est suivie de dissertations sur divers sujets d'archéologie chrétienne, par M. l'abbé Greppo, vicaire général du diocèse de Belley, Lyon, Périsse, dix volumes in-8°. Les Lettres choisies se trouvent aussi dans les Chefs-d'œuvre des Pères, avec traduction par M. l'abbé Orsini et M. X. et texte en regard, onzième volume de la

30 SEPTEMBRE.

collection. La Bibliothèque choisie des Pères, tome XX, contient un assez grand nombre de morceaux traduits par l'abbé Guillou. Plusieurs ouvrages de Saint se trouvent traduits en français dans la Bibliothèque à l'usage des Dames chrétiennes. Le Panthéon littéraire contient les œuvres de saint Jérôme, traduites en français par Matougues, sous la direction de M. Aimé Martin, Paris, Aug. Desrez, 1536, grand in-5°.

Voir Tillemont; Guillier; les Vers du Saint, par Martianay et Villaret. — Cf. le Père Dolei, *Hieronymus vitae sum scriptor* : c'est une vie du saint docteur, extraite de ses écrits.

Événements marquants

  • Traduction de la Bible (Bibliothèque sacrée) d'après le grec et l'hébreu
  • Rédaction du Commentaire sur l'Ecclésiaste (vers 388)
  • Traduction des Homélies d'Origène à la demande du pape Damase (vers 383)
  • Rédaction du Catalogue des écrivains illustres (392)
  • Lutte polémique contre Helvétius (384), Jovinien (392) et Vigilance

Citations

Il n'est, à l'en croire, qu'un avorton, et le dernier de tous les chrétiens

— Catalogue des écrivains illustres