Saint Lucain d'Aquitaine

Martyr à Paris

Fête : 31 octobre 5ᵉ siècle • saint

Résumé

Originaire d'Aquitaine, saint Lucain fut un missionnaire zélé parcourant les Gaules pour prêcher l'Évangile. Arrêté à Paris, il subit de cruels supplices avant d'être décapité pour sa foi. La tradition rapporte qu'il ramassa sa tête et la porta sur une demi-lieue avant de rendre l'âme.

Biographie

SAINT LUCAIN D'AQUITAINE, MARTYR À PARIS (Ve siècle).

L'auteur des Antiquités de Paris dit que saint Lucain vint des parties de l'Orient, en Poitou, et qu'il fut baptisé par saint Hilaire, évêque de Poitiers ; mais cela ne peut s'accorder avec le temps de son martyre, que l'on met sous Antonin ; de plus, il paraît, par le Bréviaire de Paris imprimé en 1640 et que nous suivons ici, qu'il était originaire d'Aquitaine.

Son zèle pour la gloire de Dieu lui fit quitter son pays afin de porter la lumière de la foi dans diverses provinces des Gaules. Comme il déclamait hautement contre le culte des faux dieux et qu'il excitait partout les peuples à embrasser la religion chrétienne, il fut poursuivi à Orléans et enfin arrêté à Paris, où il s'était rendu pour continuer le ministère de la prédication de l'Évangile.

Le juge le fit aussitôt amener devant son tribunal et lui commanda de renoncer à la foi et de sacrifier aux dieux du pays ; mais le généreux missionnaire, bien loin de consentir à cette impiété, entra dans un saint emportement contre la superstition païenne et exhorta le tyran à y renoncer lui-même et à adorer Jésus-Christ, sauveur de tous les hommes, dont il lui annonçait le grand mystère.

Ces paroles irritèrent tellement cet idolâtre que, pour récompense du salut éternel qu'il voulait lui procurer, il le fit tourmenter en sa présence d'une horrible manière, n'y épargnant aucun instrument de supplice. Lucain endurait tous ces tourments avec une constance invincible et même avec tant de tranquillité que, dans ses plus grandes douleurs, il exhortait sans cesse les spectateurs de ses tortures à reconnaître la vérité du christianisme.

Enfin, le juge, voyant que plusieurs, touchés de son courage qui ne pouvait venir que du ciel, détestaient les idoles et protestaient qu'ils voulaient être chrétiens, donna contre lui une dernière sentence de mort et le condamna à avoir la tête tranchée.

Elle ne fut pas plus tôt abattue que Lucain se leva sur ses pieds, la reprit entre ses mains et la porta comme en triomphe à une demi-lieue de l'endroit où il avait été exécuté ; il la mit sur une pierre qui, en mémoire d'un si grand prodige, a été depuis appelée la Pierre de Saint-Lucain. Là, son corps cessa de donner des marques de vie et se reposa sur la terre.

Ses précieuses dépouilles furent enlevées par les fidèles et enterrées avec grand soin, dans le temps de la persécution. Depuis (1666), elles furent mises avec beaucoup d'honneur dans une chasse couverte de lames d'argent, et placées sur le maître-autel de la cathédrale de Paris. On descendait cette chasse et on la portait en procession, dans les nécessités publiques, avec celles de saint Marcel et de sainte Geneviève. Aujourd'hui, Notre-Dame de Paris ne possède plus ce trésor.

Nous avons conservé, en l'actualisant, le récit du Père Giry.

VIES DES SAINTS. — TOME XIII.

31 OCTOBRE.

Événements marquants

  • Originaire d'Aquitaine
  • Prédication dans diverses provinces des Gaules
  • Poursuivi à Orléans
  • Arrestation à Paris
  • Comparution devant le tribunal et refus de sacrifier aux idoles
  • Supplices et exhortation des spectateurs
  • Décapitation
  • Port de sa propre tête sur une demi-lieue jusqu'à une pierre

Miracles

  • Céphalophorie : après avoir eu la tête tranchée, il se lève et la porte sur une demi-lieue jusqu'à une pierre.

Date de fête

31 octobre

Époque

5ᵉ siècle

Décès

Ve siècle (selon le titre), ou temps d'Antonin (selon certaines sources citées) (martyre)

Invoqué(e) pour

nécessités publiques (processions historiques)

Prénoms dérivés

Lucain