Saint Marin d'Arbe

Tailleur de pierres, Diacre de Rimini et Solitaire

Fête : 4 septembre 4ᵉ siècle • saint

Résumé

Tailleur de pierres originaire de Dalmatie, Marin s'installa à Rimini pour aider les chrétiens persécutés avant de se retirer en ermite sur le mont Titan. Ordonné diacre pour son zèle apostolique, il fonda une communauté qui devint la République de Saint-Marin. Il est célèbre pour sa charité envers les travailleurs et sa vie d'austérité dans sa grotte.

Biographie

SAINT MARIN D'ARBE, TAILLEUR DE PIERRES,

DIACRE DE RIMINI, EN ITALIE, ET SOLITAIRE.

Vers 307. — Vacance du Saint-Siège. — Empereur romain : Galère.

Charitas via quædam est ad virtutem proclivior.

La charité est une sorte de voie qui s'incline vers la vertu.

Saint Jean Chrysostome.

Marin naquit à Arbe, en Dalmatie, de parents chrétiens, lorsque les empereurs romains étaient le plus acharnés contre la religion chrétienne. Son éducation fut toute sainte, et il commença à craindre Dieu dès ses plus tendres années. Comme il était de condition médiocre, il exerça, pour gagner sa vie, la profession de tailleur de pierres ; il se joignit pour cela à saint Léo, ou Léo, son compatriote. Le peu de dépense qu'il faisait pour sa propre personne lui laissait toujours quelque chose pour faire l'aumône ; il employait la principale partie de la nuit et du temps de son repas à la prière ; et, pour les jours destinés au service de Dieu, il les passait presque tout entiers dans des exercices de dévotion.

En ce temps-là, la ville de Rimini, en Italie, ayant été détruite, lorsqu'il s'agit de la rebâtir, saint Marin et saint Léo, espérant y faire un gain considérable, s'y transportèrent avec beaucoup d'autres de leur pays ; mais ils furent bien étonnés d'y trouver une multitude de chrétiens de grande naissance que l'on avait condamnés à ce travail, et à qui les intendants des ouvrages donnaient des tâches qui surpassaient leurs forces ; et comme ils ne pouvaient les achever, ils étaient rompus de coups de bâton et de nerfs de bœufs. Cette cruauté engagea nos Saints à les aider à tirer les pierres

4 SEPTEMBRE.

des carrières, à porter les lourds fardeaux dont on les chargeait, et à leur rendre mille autres bons services ; ils achetèrent même une bête de somme pour les soulager dans le transport des matériaux qu'on les contraignait de porter dans des hottes, sur leurs épaules. Après trois ans de cet exercice de charité, qui ne les empêchait pas de travailler de leur métier pour leur subsistance, et pour continuer leurs aumônes, saint Léo se retira sur le mont Feltro, où, depuis, on a bâti une ville épiscopale qui porte son nom, Léopole ou San-Léone.

Pour saint Marin, il demeura à Rimini jusqu'à ce que les constructions fussent achevées, continuant toujours d'assister les fidèles de toutes les manières qui lui étaient possibles. Malgré ses grandes fatigues, il ne laissait pas de s'acquitter fidèlement de ses prières et de ses dévotions ordinaires, et d'affliger son corps par de longs jeûnes et d'autres austérités peu compatibles avec un travail si opiniâtre. Mais, quand la ville fut toute rebâtie, le Saint-Esprit le remplit si abondamment de sa lumière et du don de la parole, qu'il commença à prêcher la foi pour attirer les idolâtres à la connaissance de Jésus-Christ. Sa prédication ne fut pas sans fruit : il eut le bonheur de convertir plusieurs païens, et même quelques prêtres des idoles, qui quittèrent cet exercice impie et sacrilège, pour faire profession du Christianisme. Le démon ne pouvait souffrir cet heureux succès ; voici le moyen qu'il employa pour le traverser : Une femme de Dalmatie soutint que saint Marin était son mari et qu'il devait la prendre auprès de lui. Son effronterie alla jusqu'au point de l'assigner pour cela devant le juge, et de l'accuser en même temps d'être chrétien. L'homme de Dieu ne craignait ni la mort ni les tourments ; mais, appréhendant que le préfet, par aversion de sa religion, ne l'obligeât d'habiter avec cette méchante femme, qui ne lui était rien, il s'enfuit secrètement sur le mont Titan, auquel il a donné son nom, et il y demeura caché un an entier, dans une grotte, sans voir personne, et dans une séparation complète de tout ce qu'il y avait d'hommes sur la terre.

Sa vie, dans cette caverne, fut admirable : il ne prenait que des racines et des herbes sauvages qu'il trouvait aux environs, avec de l'eau qui coulait goutte à goutte de la roche ; encore ne les prenait-il qu'après None, pour observer un jeûne continuel. Son sommeil était si court, qu'il ne méritait pas d'être appelé repos : quel repos pouvait-il prendre sur une pierre qui, bien loin de soulager son corps, le tourmentait encore par sa dureté ? Il observait à la lettre ce que Notre-Seigneur recommande dans l'Évangile : de prier toujours et de ne jamais cesser ; car, où il chantait des psaumes, où il était appliqué à la contemplation des vérités divines. Le malin esprit, ne pouvant supporter une si grande sainteté, faisait souvent paraître autour de sa porte toutes sortes de bêtes sauvages qui jetaient des cris et des hurlements épouvantables ; mais le Saint, se munissant du signe de la croix, demeurait intrépide, et contraignait, par sa constance, cet ennemi des hommes de quitter le champ de bataille. Après un an, il fut découvert par des bouviers qui le firent connaître dans la ville. La femme qui lui avait déjà fait un procès, vint le trouver pour lui réitérer ses poursuites ; mais, comme elle n'agissait que par l'opération du démon dont elle était possédée, le Saint, ayant fait sur elle le signe salutaire de la croix, et l'ayant heureusement délivrée d'un hôte si pernicieux, la renvoya toute convertie.

Sa réputation se répandit par tout le pays, et plusieurs le vinrent trouver pour recevoir de sa charité ou de l'instruction dans leur ignorance, ou du

SAINTE ROSE DE VITERBE, VIERGE. 465

soulagement dans leurs peines. Il fit de grandes conversions : un patricien, qui voulait le chasser de sa grotte, ayant été pour cela puni sur-le-champ de paralysie, il lui guérit le corps et l'âme, lui faisant embrasser la foi avec cinquante-trois personnes de sa famille. L'évêque de Rimini (Italie, légation de Forlì), touché de tant de merveilles, l'appela à la ville et lui conféra l'Ordre de diacre, afin qu'il pût baptiser solennellement ceux qu'il attirait à la religion chrétienne. Il fit aussi saint Léo, prêtre. Saint Marin s'en retourna ensuite dans sa caverne, où il continua ses exercices jusqu'à sa mort, qui arriva vers l'an 307.

Son corps fut enterré dans sa propre cellule qu'il avait changée en oratoire. On a, depuis, en cet endroit, bâti une ville que l'on appelle San-Marino ; elle n'est éloignée de San-Leone que de cinq milles. Elle est capitale d'une petite république, qui est appelée la République de Saint-Marin, dans les États de l'Église.

On y vénère les reliques de saint Marin avec une grande dévotion, dans une église qui est desservie par un archiprêtre, un maître de chapelle et dix prêtres. Ce Saint est encore honoré à Pavie, à Rimini, et dans plusieurs autres diocèses d'Italie.

Pour la grotte où il a vécu si saintement, on la nomme Pænitentia Sancti Marini : « La pénitence de saint Marin ».

On représente saint Marin : 1° Ayant près de lui le ciseau et les outils propres au tailleur de pierres ; 2° condamnant un ours, qui avait dévoré son âne, à continuer les services de cet animal qui, probablement, lui aidait à transporter des matériaux de construction.

Acta Sanctorum ; Pierre de Natalibus.

Événements marquants

  • Exerce le métier de tailleur de pierres avec saint Léo
  • Aide les chrétiens condamnés aux travaux forcés lors de la reconstruction de Rimini
  • Prédication et conversion de païens et de prêtres des idoles
  • Retraite solitaire d'un an dans une grotte sur le mont Titan pour fuir une fausse accusation
  • Délivrance d'une femme possédée et conversion d'un patricien paralytique
  • Ordination comme diacre par l'évêque de Rimini

Miracles

  • Guérison d'un patricien paralytique
  • Délivrance d'une femme possédée par le démon
  • Soumission d'un ours condamné à remplacer un âne dévoré

Citations

Charitas via quædam est ad virtutem proclivior.

— Saint Jean Chrysostome (en exergue)

Date de fête

4 septembre

Époque

4ᵉ siècle

Décès

vers l'an 307 (naturelle)

Invoqué(e) pour

pénitence, guérison de la paralysie

Autres formes du nom

  • Marinus (la)
  • San-Marino (it)

Prénoms dérivés

Marin, Marino