Saint Maximin de Trèves
Évêque de Trèves
Résumé
Né dans une illustre famille de saints du Poitou, Maximin devint évêque de Trèves en 332. Défenseur intrépide de la foi orthodoxe contre l'arianisme, il accueillit les évêques exilés Athanase et Paul. Il est célèbre pour avoir forcé un ours à porter ses bagages lors d'un voyage à Rome.
Biographie
SAINT MAXIMIN, ÉVÊQUE DE TRÈVES
Que je meure de la mort des justes et que la fin de ma vie ressemble à la leur. Num., xxiii.
Maximin naquit à Mouterre-Silly, près de Loudun, dans le Poitou, vers la fin du IIIe ou au commencement du IVe siècle. Sa famille était une des plus illustres du pays, mais c'était surtout une famille de Saints. L'Église de Poitiers considère comme tels trois frères de notre Saint : saint Maixent, évêque de Poitiers, saint Jouin de Marnes, et saint Maximin de Chinon, dont on conserve une importante relique dans cette ville ; enfin, une sœur, nommée Maxima. Notre Maximin et son frère Maixent reçurent une éducation digne de leur naissance. Comme Dieu les destinait tous deux à être pasteurs dans son Église, il inspira à leurs parents de les faire étudier, et même de leur faire apprendre les sciences divines. Maixent se fixa à Poitiers, et en fut, dans la suite, élu évêque, chargé dont il s'acquitta très-dignement. Pour Maximin, désireux d'augmenter son savoir par de solides études, il se rendit à Trèves, alors capitale des Gaules et surtout réputée par la célébrité de ses écoles. Là, il se mit sous la conduite de saint Agrice, qui en gouvernait l'église avec une réputation extraordinaire. Il ne fut pas longtemps à si bonne école sans faire paraître la solidité de son esprit, la grandeur de sa foi, l'éminence de sa vertu, et toutes les qualités héroïques dont Dieu avait orné son âme. Agrice, reconnaissant le trésor que Dieu lui avait envoyé dans Maximin, le mit au nombre des clercs et l'éleva bientôt après aux Ordres sacrés. Cette nouvelle dignité ne fit qu'augmenter la ferveur de ce saint ecclésiastique. Il remplit parfaitement tous les devoirs de cet état ; chacun jugeait qu'il n'y avait personne de plus digne que lui de succéder à saint Agrice. Un saint homme, nommé Quiric, qui priait dans l'église de Saint-Eucher, eut ordre du ciel de lui dire que la volonté de Dieu était qu'il se chargeât de ce grand ministère, après la mort de son évêque. Saint Agrice, lui-même, fut averti par un ange de l'ordonner dès lors pour son successeur. Maximin trouva, dans son humilité, beaucoup de raisons pour rejeter ce fardeau ; mais il fut obligé de céder aux instances de son maître, aux remontrances de tout le clergé, au désir du peuple, et surtout à la volonté de Dieu, qui l'avait choisi pour évêque (13 janvier 332).
Saint Jérôme, dans sa Chronique, fait connaître d'un mot la haute réputation qu'il s'acquit en cette fonction. C'était un temps fort difficile, et où, pour être un bon évêque, il était besoin d'un courage intrépide, d'une foi constante et inébranlable et d'un détachement parfait de toutes les choses du monde ; il fallait être prêt à l'exil, aux tourments et à la mort même, pour la défense de la consubstantialité du Fils de Dieu avec son Père : car les Ariens, sous la faveur du prince, persécutaient sans miséricorde tous les évêques catholiques. Cependant, ce saint Docteur nous représente saint Maximin comme un généreux défenseur de la vérité, et comme un des plus courageux évêques qui fût alors dans l'Église. Il commença ses combats pour la foi dès le temps de Constantin, en recevant chez lui saint Athanase, exilé pour cette cause. Il ne le regarda pas comme un criminel, ni comme un banni, mais comme un illustre confesseur de Jésus-Christ. Il se crut infiniment heureux de le posséder ; il l'environna de tous les honneurs dus à sa dignité de patriarche, et il ne fit point difficulté de partager ses revenus pour le faire subsister avec splendeur pendant deux ans et quatre mois qu'il demeura à Trèves.
Il accorda la même hospitalité à saint Paul, évêque de Constantinople, banni par l'empereur Constance. À ce rôle de consolateur des plus illustres affligés, notre Saint joignait celui de défenseur de la foi. À Trèves où régnait sur l'Occident l'empereur Constant, frère de Constance, Maximin fit tous ses efforts pour garantir ce prince des pièges de l'hérésie. Il combattit vaillamment pour la foi orthodoxe aux Conciles de Milan, de Sardique et de Cologne.
Dans un voyage de Rome, un ours ayant dévoré l'animal qui portait le bagage de Maximin, il lui commanda à lui-même de le porter : ce qu'il fit durant tout le chemin, par un miracle extraordinaire.
Saint Maximin ne survécut pas longtemps au Concile de Sardique. À son retour d'Illyrie, il alla à Trèves mettre ordre aux affaires de son église, puis, soit pour visiter ses parents ou ses amis, soit pour un autre motif, il s'achemina vers le Poitou. Il mourut où il était né, à Mouterre-Silly, au plus tard en 349. Le corps du Saint fut peu de temps après, sous le pontificat de Paulin, son successeur, transféré à Trèves ; il y eut beaucoup de miracles pendant cette translation. Il fut reçu à Trèves avec une magnificence incroyable : on le déposa dans l'église de Saint-Jean l'Évangéliste, où son tombeau fut depuis extrêmement fréquenté, à cause du grand nombre de guérisons surnaturelles que les malades y recevaient. Saint Hidulphe fit transférer en 667 ses reliques dans l'église abbatiale, devenue célèbre sous le nom de Saint-Maximin : elles y sont restées jusqu'à la Révolution française.
Au temps de la funeste invasion des barbares, elles furent soustraites à leur fureur, puis découvertes en 888, et ce fut à l'occasion de cet événement que s'opérèrent de nombreux miracles dont les auteurs les plus respectables nous ont transmis la relation fidèle.
L'église de Mouterre-Silly, près de Loudun, est placée sous le vocable de saint Maximin ; nous n'osons décider si ce patron est le saint évêque de Trèves, ou bien si c'est un évêque de Poitiers du même nom, et dont nous redirons plus tard les vertus. Nous inclinons cependant à penser qu'en raison de la renommée de l'hôte de saint Athanase, c'est à lui qu'il faut attribuer cet honneur.
Sa fête se célèbre à Poitiers le 29 mai, sous le rit double.
On représente saint Maximin accueillant avec charité saint Athanase et saint Paul, et ordonnant à un ours de porter ses hardes.
Voir les Œuvres de saint Athanase, de saint Hilaire ; l'Histoire des Conciles ; Dom Rivet, Histoire littéraire de France ; Dom Calmet, Histoire de Lorraine ; Grég. de Tours, De Gloria Conf., ch. 93 ; Auber, de Chargé, Sainte du Poitou.
Événements marquants
- Naissance à Mouterre-Silly
- Études à Trèves sous la direction de saint Agrice
- Élévation à l'épiscopat le 13 janvier 332
- Accueil de saint Athanase exilé pendant deux ans et quatre mois
- Participation aux Conciles de Milan, de Sardique et de Cologne
- Miracle de l'ours pendant un voyage à Rome
- Mort à Mouterre-Silly en 349
- Translation des reliques à Trèves sous le pontificat de Paulin
Miracles
- Un ours ayant dévoré sa bête de somme est contraint de porter ses bagages jusqu'à Rome
- Nombreuses guérisons surnaturelles sur son tombeau
- Miracles lors de la translation de ses reliques
Citations
Que je meure de la mort des justes et que la fin de ma vie ressemble à la leur.