Saint Modoald de Trèves

Évêque de Trèves

Fête : 12 mai 7ᵉ siècle • saint

Résumé

Originaire d'Aquitaine et proche de la famille carolingienne, Modoald devint évêque de Trèves sous le règne de Dagobert. Il parvint à convertir le roi à une vie plus sainte, utilisant les largesses royales pour fonder de nombreux monastères, dont celui de Saint-Symphorien dirigé par sa sœur Sévéra. Il gouverna son diocèse avec charité et simplicité pendant plus de vingt ans.

Biographie

SAINT MODOALD, ÉVÊQUE DE TRÈVES (640).

Modoald était originaire de la province d'Aquitaine. Il était allié à Pépin, maire du palais à la cour de Dagobert, roi de France. Pépin avait épousé Itte, sœur de Modoald, et de leur mariage naquit Gertrude, vierge d'une haute sainteté, honorée à Nivelle.

Modoald reçut de ses parents une excellente éducation, sous le rapport de la science, comme sous celui de la piété. Il fut reçu à la cour de Dagobert, où il rencontra plusieurs personnages d'une grande vertu, comme Arnault, de Metz, et Cunibert, de Cologne. La licence qui régnait à la cour ne lui fit rien perdre de sa piété, c'est pourquoi Dagobert le choisit pour l'élever sur le siège archiépiscopal de Trèves.

Lorsque, après la fête de saint Arnault, le roi se fut laissé aller à la vie la plus dissolue, notre Saint, tout en veillant soigneusement sur son troupeau, ne cessa pas d'avertir le roi et de le rappeler au respect de lui-même et à l'observation de la loi de Dieu. Ses conseils portèrent enfin leurs fruits, Dieu ayant touché et changé le cœur du prince, au grand avantage de la foi catholique et de la religion.

À partir de cet heureux changement, Dagobert, pleurant les fautes de sa vie passée, regarda toujours Modoald comme son père, et il l'appelle de ce nom, ajoutant, à ses marques d'affection, de riches dons destinés à l'ornement et à l'amplification de l'Église de Dieu. C'est avec ces libéralités que Modoald érigea de nombreux monastères en l'honneur du Christ et de sa sainte Mère, et qu'il en dota d'autres richement.

Il fonda aussi plusieurs Congrégations de religieuses, toujours avec les largesses de Dagobert, d'autant mieux disposé pour ce genre d'institution que lui-même avait deux filles d'une très-grande piété, et très-sélées pour la vie solitaire et religieuse. L'une d'elles, Irmine, fonda un monastère à Horren, près de Trèves, et y vécut avec d'autres vierges sous la direction de Modould. L'autre, nommée Adèle, après la mort de son époux, suivit l'exemple de sa sœur, et se renferma à Pointiolum, autre monastère de femmes.

Modould ne s'en tint pas à ces fondations ; il bâtit, sur les bords de la Moselle, un troisième monastère de filles qu'il plaça sous l'invocation de saint Symphorien d'Autun. Le saint évêque pouvait-il mieux confier la garde des chastes épouses de Jésus-Christ qu'au jeune martyr qui avait réuni tant de courage à tant d'innocence ? Il établit pour première abbesse de la communauté Sévéra, sa sœur ; et cette pieuse vierge s'y sanctifia en prenant pour modèle le saint patron de son monastère.

Là, sans verser son sang pour Jésus-Christ, elle aussi cependant fut une victime volontaire, non pas de sa foi, mais de son amour : car, chaque jour, n'immola-t-elle pas sur l'autel de la charité, par le glaive de la mortification, son corps, sa volonté, son cœur ? La fervente abbaye qu'elle gouvernait, en suivant les conseils de son frère, avec une fermeté que tempérait la plus aimable mansuétude, était simple et modeste. Au lieu de l'or et de l'argent on y voyait briller comme des pierreries, dit l'hagiographe, toutes les vertus religieuses sur lesquelles la blanche perle de la pureté virginale irradiait son doux éclat. Quel délicieux parterre aux yeux des anges que cette sainte maison où, au milieu de toutes les autres, l'admirable abbesse s'élevait comme un beau lis et s'épanouissait sous les regards de Dieu et de saint Symphorien, en exhalant son céleste parfum !

Sainte Sévéra est honorée le 20 août, et son frère, saint Modould, le 12 mai. Tous deux voulurent reposer après leur mort à côté l'un de l'autre dans l'église de Saint-Symphorien, après s'être aimés, ajoute l'historien, comme saint Benoît et sainte Scholastique. Ce monastère fut détruit pendant l'invasion des Normands.

Saint Modould parvint à une haute perfection : sa modestie, sa simplicité, sa patience, sa charité pour Dieu et le prochain étaient égales à celles des plus grands Saints. Quand il eut ainsi non-seulement pratiqué la piété pour sa part, mais qu'il eut fait faire de grands progrès à la religion dans tout son diocèse pendant plus de vingt ans qu'il le gouverna, il sortit de ce monde pour aller à Dieu.

Modould a été de tout temps honoré comme le père des pauvres et le refuge des malheureux. Son chef était autrefois gardé avec une grande vénération dans la chapelle archiépiscopale de Trèves.

On représente saint Modould avec une église sur la main, pour rappeler la fondation du monastère de Saint-Symphorien.

Propre de Trèves ; Culte de saint Symphorien, etc.

Événements marquants

  • Éducation scientifique et pieuse en Aquitaine
  • Entrée à la cour du roi Dagobert
  • Élévation au siège archiépiscopal de Trèves
  • Réforme morale du roi Dagobert par ses conseils
  • Fondation de nombreux monastères et congrégations
  • Gouvernement du diocèse pendant plus de vingt ans

Citations

Modould a été de tout temps honoré comme le père des pauvres et le refuge des malheureux.

— Texte source

Date de fête

12 mai

Époque

7ᵉ siècle

Décès

640 (naturelle)

Catégories

Attributs iconographiques

Patron(ne) de

Invoqué(e) pour

père des pauvres, refuge des malheureux

Autres formes du nom

  • Modould (fr)

Prénoms dérivés

Modoald, Modould

Famille

  • Itte (sœur)
  • Sainte Sévéra (sœur)
  • Pépin (beau-frère)
  • Sainte Gertrude de Nivelle (nièce)