Saint Philippe (Apôtre)
Apôtre
Résumé
Originaire de Bethsaïde et l'un des premiers appelés par Jésus, saint Philippe évangélisa la Scythie et la Phrygie après la Pentecôte. Il accomplit de nombreux miracles, dont la destruction d'un serpent sacré à Hiérapolis, avant d'y subir le martyre par crucifixion et lapidation. Ses reliques sont aujourd'hui dispersées entre Rome, Toulouse, Paris et Autun.
Biographie
SAINT PHILIPPE, APÔTRE
1er siècle.
Cet Apôtre, après avoir reçu le Saint-Esprit, se rendit dans la Scythie qui lui était dévolue en partage, et convertit presque toute cette nation à la foi chrétienne. Brée, remolo, 1er mai.
Bethsaïde, village situé le long de la mer Tibériade, en Galilée, a eu l'honneur de donner trois Apôtres à Jésus-Christ : saint Pierre, saint André et notre saint Philippe. Il s'appliqua, dès sa jeunesse, à l'étude des saintes lettres, et particulièrement des livres de Moïse, où il découvrit, comme sous des ombres, les belles vérités qu'il a reconnues depuis en la personne de son maître, le Sauveur du monde. Cela le disposa beaucoup à ouvrir les yeux à la lumière de l'Évangile, lorsque Notre-Seigneur l'appela à sa suite. Clément d'Alexandrie rapporte, comme un fait avéré, que saint Philippe était celui qui, ayant été appelé à la suite de Jésus-Christ, demanda la permission de retourner auparavant dans sa maison pour ensevelir son père, et auquel le Sauveur répondit : « Suivez-moi, et laissez aux morts le soin d'ensevelir leurs morts ».
Jésus-Christ, par cette réponse, ne prétendait pas condamner ceux qui rendent aux morts les derniers devoirs ; il voulait seulement faire entendre à son nouveau disciple qu'étant appelé aux fonctions sublimes d'un ministère tout spirituel, elles devaient avoir la préférence sur les œuvres corporelles de miséricorde. Il commença aussitôt à exercer les fonctions apostoliques : car, ayant rencontré Nathanaël, il lui annonça qu'il avait eu le bonheur de trouver le Messie, et l'amena vers lui.
« Nous avons trouvé », lui dit-il, « celui dont il est parlé dans la loi de Moïse et dans les écrits des Prophètes, Jésus de Nazareth, fils de Joseph ». Ces paroles ne firent pas d'abord beaucoup d'impression sur Nathanaël : il ne croyait pas que le Messie attendu put sortir de Nazareth ; mais Philippe lui dit de le suivre, de venir voir par lui-même ce qui en était. Il était persuadé qu'il n'aurait pas plus tôt vu Jésus qu'il le reconnaîtrait sur-le-champ pour le Fils de Dieu. Nathanaël fit ce que son ami exigeait de lui. Jésus le voyant approcher, dit : « Voilà un vrai Israélite, dans lequel il n'y a ni déguisement ni artifice ».
Nathanaël, surpris de ce que Jésus l'appelait par son nom, lui demanda comment il pouvait le connaître. Jésus lui répondit : « Je vous ai vu avant que Philippe vous appelât, lorsque vous étiez sous le figuier ».
Nathanaël, ainsi que l'expliquent les Pères, se rappelant alors qu'il avait été dans un lieu si retiré qu'aucun homme n'avait pu le voir, confessa que Jésus était le Fils de Dieu, le Roi d'Israël, ou, ce qui revient au même, le Messie prédit par Moïse et par les Prophètes.
Trois jours après cet événement, Philippe se trouva aux noces de Cana, où Jésus avait été invité avec ses disciples. L'année suivante, il fut mis au nombre des Apôtres par le Sauveur, lorsqu'il forma le sacré collège.
Nous lisons encore dans l'Évangile que, quand Notre-Seigneur voulut faire le grand miracle de la multiplication de cinq pains et de deux poissons, il s'adressa à saint Philippe, et lui demanda où l'on pourrait acheter des vivres pour toute cette multitude. C'était afin de lui faire mieux connaître l'excellence du prodige qu'il allait opérer, et de donner une nouvelle vigueur à sa foi.
Quelques Gentils, venus de Jérusalem, pour y adorer Dieu à la fête de Pâques, entendant parler des merveilles que faisait Jésus-Christ, et désirant le voir, s'adressèrent aussi à saint Philippe, comme à celui qu'ils jugeaient le plus propre pour leur procurer cette grâce. Enfin, lorsque le Sauveur, le soir de sa passion, eut entretenu ses Apôtres de sa génération éternelle, de sa venue au monde et de son retour à son Père, saint Philippe lui fit cette demande : « Seigneur, montrez-nous votre Père, et ce nous sera assez ».
A quoi ce divin Maître répondit : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et vous ne me connaissez pas encore ? Philippe, celui qui me voit, voit aussi mon Père ». Doctrine admirable, et qui nous découvre de grands secrets sur le mystère de la très-sainte Trinité.
Après l'ascension du Fils de Dieu et la descente du Saint-Esprit, les Apôtres se partageant les diverses provinces du monde, l'Asie supérieure fut le lot de saint Philippe. Il alla porter la doctrine de l'Évangile, qu'il confirma par la force de plusieurs miracles : guérissant les malades et chassant les démons des corps des possédés par l'imposition de ses mains. Il passa ensuite en Scythie, où il employa plusieurs années à convertir les idolâtres. Saint Isidore a dit qu'il a aussi prêché aux Gaulois ; mais on prétend à faux, selon nous, qu'il veut dire aux Galates, colonie de Gaulois, qui s'était établie dans cette partie de la Phrygie, appelée Galatie.
Lorsqu'il eut passé quelques années en Scythie, il vint à Hiérapolis, ville considérable de Phrygie, afin d'y annoncer les vérités du Christianisme. Étant entré dans un temple de cette ville, comme l'écrit Métaphraste, il y trouva une monstrueuse vipère que le peuple adorait, et à laquelle on offrait de l'encens et des sacrifices ; ayant compassion de ce peuple, le saint Apôtre se jeta par terre et pria Dieu de lui ouvrir les yeux et de le délivrer de cette tyrannie de Satan. Sa prière fut exaucée, le serpent mourut aussitôt, et le peuple se trouva tout disposé à recevoir la lumière de l'Évangile ; mais les prêtres et les magistrats ne le pouvant souffrir, se saisirent de Philippe, et, après l'avoir tenu quelques jours en prison, le fouettèrent cruellement, le crucifièrent, et enfin l'assommèrent à coups de pierres, pendant que, de son côté, il remerciait Jésus-Christ de ce qu'il lui faisait part de sa croix.
Néanmoins, avant qu'il expirât, Dieu, le vengeur des injures que l'on fait à ses Saints, suscita un si épouvantable tremblement de terre, que plusieurs grands édifices tombèrent et que les abîmes, ouvrant leur sein, engloutirent les auteurs de cette impiété. Les idolâtres, étonnés de ce prodige, reconnurent la vérité et laissèrent aux fidèles la liberté de détacher le saint Apôtre. Mais lui, qui se sentait blessé à mort, et qui ne voulait pas perdre l'honneur de mourir sur la croix, comme son maître, les empêcha de le faire ; et, après avoir prié pour toute l'assistance, il demanda à Dieu de recevoir son âme entre ses mains : Saint Philippe avait travaillé vingt ans parmi les Gentils.
Le corps de saint Philippe fut enlevé par les chrétiens, qui lui donnèrent la sépulture telle que le temps et le lieu le purent permettre à leur dévotion ; et, depuis, une partie ayant été réservée pour Constantinople, le reste fut apporté à Rome et déposé en l'église des Douze-Apôtres, bâtie par les papes Pélage Ier et Jean III, son successeur, laquelle s'appelle vulgairement les Saints-Apôtres, qui est maintenant un couvent de religieux de Saint-François.
Une partie de ses ossements fut transférée, du temps de Charlemagne, en la ville de Toulouse ; et même en la ville de Paris on voyait, tous les ans, le 4 mai, en la grande église de Notre-Dame, le chef de saint Philippe, qui lui fut donné, enchâssé en or, par Jean III, duc de Berry, fils du roi Jean. La ville de Florence, en Italie, fut aussi enrichie d'un de ses bras ; et la ville de Troyes, en France, d'une partie de son crâne, qui y fut apportée de Constantinople par l'évêque Garnier, lorsque les Français se furent rendus maîtres de cette grande ville.
De nos jours, la cathédrale d'Autun se glorifie de posséder la tête de saint Philippe qui avait appartenu aux religieux de Cluny. Cette prétention serait en contradiction avec ce que nous venons de dire au sujet de Notre-Dame de Paris ; on peut concilier les deux assertions en disant que, dans l'un et l'autre cas, il s'agit d'une partie seulement du chef de l'Apôtre.
A l'est de Jérusalem, sur le flanc de la colline des Oliviers, non loin du lieu où Jésus, montant au ciel, laissa la dernière empreinte de ses pas sur le sol terrestre, on montre encore aujourd'hui (1871), une grotte taillée dans le rocher, où douze pécheurs se réunirent pour formuler, en un symbole immortel, la foi qui devait conquérir le monde.
Saint Philippe prononça l'article : *Est descendu aux enfers*. — On le représente crucifié la tête en bas, attaché par les talons à une branche d'arbre, et les deux bras cloués à un mur. Il va de soi qu'on l'a souvent associé à saint Jacques, leur fête se célébrant le même jour. — Saint Philippe est patron de la cathédrale d'Alger.
Notre saint Apôtre s'était engagé dans l'état du mariage : il était père de plusieurs filles. Quelques-unes d'entre elles, dit Clément d'Alexandrie, embrassèrent l'état du mariage. Deux vécurent dans le célibat, moururent fort âgées, et furent enterrées à Hiérapolis, comme nous l'apprenons de Polycrate cité par Eusèbe. On lit dans Sozomène, qu'une de ces saintes vierges ressuscita un mort. Papias, qu'Eusèbe cite dans son histoire, parle aussi de cette résurrection ; mais il ne dit point qu'elle ait été opérée par aucune des saintes vierges ; il dit seulement qu'il avait appris le miracle de leur propre bouche. Polycrate fait mention d'une autre fille de saint Philippe, que la sainteté éminente de sa vie rendit fort célèbre à Éphèse, où elle fut enterrée. Il appelle ces trois sœurs les lumières de l'Asie.
On croit que la dernière est sainte Hermione ou Hermine que les Grecs honorent le 4 septembre. Ils disent qu'elle était fille de saint Philippe, apôtre ; que, après avoir beaucoup souffert, sous Trajan, lorsqu'il vint à Éphèse, elle consomma son martyre sous Adrien. Son tombeau est marqué entre les plus saints monuments de la ville d'Éphèse, où on le voyait sur une montagne.
Les Grecs disent dans l'histoire de saint Hermione, qu'Eutychia, l'une de ses sœurs, vint avec elle à Éphèse, et qu'elles gagnèrent à Jésus-Christ un grand nombre de personnes.
Ils donnent aussi à saint Philippe, apôtre, une sœur vierge, nommée Marianne ou Marie, qui, après avoir participé à ses travaux apostoliques jusqu'à sa mort, se retira en Lycaonie, où elle mourut en paix. Ils mettent sa fête au 17 de février.
Acte Sanctorum, M. l'abbé Maletre, etc. — Voir, au Supplément de ce volume, une Notice sur l'Exécution des corps des Apôtres saint Philippe et saint Jacques, en 1873.
Événements marquants
- Appel par Jésus-Christ
- Annonce du Messie à Nathanaël
- Présence aux noces de Cana
- Intervention lors de la multiplication des pains
- Prédication en Scythie et en Asie supérieure
- Destruction d'une vipère monstrueuse à Hiérapolis
- Martyre par crucifixion et lapidation
Miracles
- Mort immédiate d'une vipère monstrueuse par la prière
- Guérison de malades et expulsion de démons par imposition des mains
- Tremblement de terre vengeur lors de son martyre
Citations
Seigneur, montrez-nous votre Père, et ce nous sera assez
Nous avons trouvé celui dont il est parlé dans la loi de Moïse et dans les écrits des Prophètes, Jésus de Nazareth, fils de Joseph