Saint Floscel (Flocelle)
Martyr à Autun
Résumé
Jeune apôtre de douze ans à Autun sous l'empereur Valérien, Floscel fut martyrisé pour avoir affermi la foi des chrétiens. Après avoir survécu miraculeusement aux lions et au feu, il fut décapité vers 257. Ses reliques, transférées à Beaune au Xe siècle, font l'objet d'une grande dévotion.
Biographie
SAINT FLOSCEL OU FLOCELLE, MARTYR À AUTUN (vers 257).
Vers l'an de Jésus-Christ 257, Valérien, étant venu visiter la cité d'Autun, essaya d'y relever le culte des dieux et d'arrêter par le glaive les progrès de l'Évangile. Or, pendant qu'il faisait offrir des sacrifices aux idoles et blasphémer le nom du Christ, un jeune apôtre de douze ans, nommé Floscel, courait de tous côtés rassurer les chrétiens et les affermir dans la foi : « Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, sans pouvoir tuer l'âme », leur disait-il, « craignez uniquement Celui qui précipite en enfer le corps et l'âme du pécheur ».
Un traître, Camarinus, le dénonça à l'empereur, et celui-ci le fit amener au forum par des licteurs et sortit pour l'interroger : « Détestable jeune homme », lui dit-il, « quel complot oses-tu donc ourdir contre nous ? Qui te pousse à détruire le culte des dieux visibles ? » — « Persécuteur injuste et docteur d'iniquité », répondit Floscel, avec la majesté d'un apôtre, « écoute-moi : si tu veux entrer dans la maison de Dieu, prends garde de ne pas souiller l'Église de Jésus-Christ » — « Et toi de n'être pas accablé de tourments, comme le Crucifié, en paiement des perfides conseils que tu as tenté de faire prévaloir contre nous » — « Je ne crains pas tes menaces, je crains le Seigneur notre Dieu ».
Ainsi provoqué, Valérien ordonne d'étendre Floscel sur un chevalet et de le flageller. « Le Christ est ma confiance », disait le vaillant soldat, sous les verges qui déchiraient son corps ; « il est mon audace. C'est lui qui nous aide et nous soutient ». Et Valérien, irrité, criait aux bourreaux : « Tourmentez-le plus activement, car il le mérite » — « Ô folie ! tu ne tireras nul profit de mes tortures : car je crois en Dieu qui donne la force » — « Brisez-lui la mâchoire, afin qu'il cesse de nous insulter » — « Mon audace augmente avec ma confiance dans le Seigneur... » Alors, outré de colère, Valérien le fit jeter dans un cachot avec un lion. Floscel dit à Dieu : « Viens à mon secours, car vous êtes puissant ». À l'instant même, l'animal tomba mort à ses pieds ; le cachot fut miraculeusement éclairé par sept flambeaux, et embaumé de parfums très-doux, puis des anges lui apportèrent un pain mystérieux qui lui donna une vigueur nouvelle.
Cependant Valérien commanda aux licteurs de voir ce qui se passait dans la prison ; et apercevant l'éclat de la lumière, le lion étendu mort, et le jeune martyr qui chantait des hymnes, ils s'empressèrent de rapporter au prince ce qu'ils venaient de voir. Celui-ci, frappé d'un fait si merveilleux qu'il attribuait à la magie, ordonna aux bourreaux de le brûler vif. On alluma donc un bûcher, mais les flammes s'éteignirent sous des torrents de pluie occasionnée par un orage survenu tout à coup, et le martyr fut encore une fois délivré. Alors on lui perça les mains et la langue, puis on le dépouilla de ses vêtements pour le couvrir d'une tunique de lin, et on lui trancha la tête sur la place publique, en présence d'une multitude barbare et sous les yeux d'un prince plus barbare encore qui n'eut pas la bonté de verser le sang d'un enfant de dix ou douze ans.
Une tradition digne de foi désigne Pleury, près d'Autun, comme le lieu où il fut enseveli. Vers l'an 996, le 26 avril, il fut transporté dans la collégiale de Beaune (Côte-d'Or), alors du diocèse d'Autun, en même temps que saint Herné, et y devint l'objet d'un culte fervent. Le 9 novembre 1265, Simon de Brie, cardinal du titre de Sainte-Cécile, légat du Saint-Siège et depuis Pape, assisté de Girard de Beauvoir, évêque d'Autun, leva solennellement de terre les précieux restes du martyr et les renferma dans une châsse pour les présenter à la vénération publique en un lieu, dit Gagnare, plus honorable et plus décent. Son culte devint célèbre dans la ville de Beaune, et Dieu se plut à le consacrer lui-même par des miracles. On y célébrait deux fêtes en son honneur, l'une au jour de son martyre, le 17 septembre, et l'autre le 9 novembre, jour de la translation solennelle de ses reliques. Ce précieux trésor a été heureusement conservé. Aujourd'hui il enrichit les églises de Beaune et la cathédrale d'Autun : cette dernière a le bonheur de posséder un os de sa tête.
Extrait des Saints de Dijon, par M. l'abbé Duplus, et du Saint Symphorien et son culte, par M. l'abbé Binet.
LE V. ROBERT BELLARMIN, CARDINAL, ARCHEVÊQUE DE CAPOUE. 195
Événements marquants
- Dénonciation par Camarinus à l'empereur Valérien
- Interrogatoire au forum d'Autun
- Supplice du chevalet et flagellation
- Exposition à un lion dans un cachot
- Tentative de bûcher éteint par la pluie
- Mutilation des mains et de la langue
- Décapitation sur la place publique
Miracles
- Mort subite du lion dans le cachot
- Apparition de sept flambeaux et de parfums dans la prison
- Anges apportant un pain mystérieux
- Pluie soudaine éteignant le bûcher
Citations
Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, sans pouvoir tuer l'âme ; craignez uniquement Celui qui précipite en enfer le corps et l'âme du pécheur.