Saint Séverin d'Agaune

Abbé de Saint-Maurice en Valais

Fête : 11 fevrier 5ᵉ siècle • saint

Résumé

Abbé du monastère d'Agaune en Valais au Ve siècle, Séverin était célèbre pour sa sainteté et ses miracles. Appelé à la cour de Clovis, il guérit le roi d'une fièvre incurable et rendit la santé à l'évêque de Nevers en chemin. Il finit ses jours en ermite à Château-Landon en 507.

Biographie

S. SÉVERIN, ABBÉ DE SAINT-MAURICE EN VALAIS

Que vos reins soient ceints de la pureté, et que vos mains tiennent la lampe des bonnes œuvres. Luc, XII, 33. — S. Grég., Hom. XIII.

Deux saints personnages du nom de Séverin se sont rencontrés en même temps à Paris, sous le règne de nos premiers rois chrétiens. Le premier fut un saint solitaire dont on fait la fête au 24 novembre ; le second est celui dont nous allons raconter l'histoire.

Né vers le milieu du Ve siècle, en Bourgogne, d'une des plus illustres familles de la contrée, il eut le bonheur d'être élevé dans la pureté de la foi catholique, au moment où l'arianisme régnait dans ces provinces. Il quitta de bonne heure le monde pour suivre Jésus-Christ dans la solitude, la pauvreté et la pénitence. Il embrassa l'état religieux dans le monastère d'Agaune, au diocèse de Sion, en Valais, où Sigismond, roi de Bourgogne, bâtit, quelque temps après, la célèbre abbaye de Saint-Maurice.

Séverin se rendit en peu de temps si remarquable par des jeûnes et des abstinences extraordinaires, par des prières continuelles, et surtout par une charité ardente, qu'il fut élu abbé de cette communauté, espèce de paroisse où hommes et femmes vivaient dans des cellules séparées, portant le joug du célibat librement et sans vœux solennels. Il les gouverna avec la plus grande sagesse, étant moins le premier par le commandement que par l'exemple, car il marchait toujours avant tous dans le chemin du ciel.

Comme Dieu l'avait favorisé du don des miracles, il opéra grand nombre de guérisons surnaturelles qui firent bientôt voler sa renommée jusqu'aux provinces les plus éloignées, particulièrement à la cour de Clovis, roi de France. Ce prince, depuis quelque temps, souffrait d'une fièvre qui le consumait, sans que toute la médecine y pût apporter ni remède, ni même aucun soulagement. Averti par Tranquillin, un de ses médecins, que cette maladie était incurable par les remèdes humains ; instruit, du reste, par la renommée, des miracles qu'opérait Séverin, le grand abbé de Saint-Maurice, et des guérisons qu'il avait déjà opérées, il envoya vers lui pour le prier de le venir voir. Saint Séverin ne put résister à ce désir du roi, surtout parce que, depuis peu de jours, Dieu lui avait fait connaître, par révélation, qu'il le voulait bien retirer de ce monde, et qu'il mourrait dans un autre pays que le sien. Ses religieux et ses enfants spirituels, voyant cette résolution de leur saint abbé, employèrent toutes leurs prières pour empêcher ce départ, qui allait les séparer pour jamais de son agréable compagnie ; mais l'amour de Dieu triompha en lui de toutes les autres affections et le fortifia comme un véritable fils d'Abraham : il obéit à la voix du ciel, qui lui commandait de sortir du lieu de sa naissance pour aller dans un autre qu'il ne connaissait pas. Il prit son chemin par la Bourgogne, et, passant par la ville de Nevers, il apprit de ses hôtes que l'évêque Eulade était retenu au lit depuis un an, avec de fortes douleurs, et qu'il était privé de l'usage de la parole et de l'ouïe. Notre saint voyageur demanda à le voir, et, après une longue et fervente prière qu'il fit auprès de lui, il lui commanda de parler, et aussitôt le muet proféra ces paroles : « Que le nom du Seigneur soit béni dans tous les siècles, lui qui m'a fait miséricorde par votre moyen ! » Alors Séverin le prenant par la main lui dit : « Serviteur de Dieu, levez-vous au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui vous a châtié pour vous sauver, et vous a affligé pour vous couronner. Aujourd'hui vous célébrerez avec moi au saint autel, et, selon la coutume, vous bénirez votre peuple ». L'évêque se leva, descendit à l'église, et offrit le saint sacrifice de la messe avec saint Séverin ; ensuite, l'un et l'autre passèrent toute la journée dans des actions de grâces et de louanges au Tout-Puissant, qui se rend ainsi admirable en ses Saints, en guérissant un Saint par un autre Saint ; car l'évêque Eulade est reconnu en cette qualité dans son diocèse, et le Martyrologe des Saints de France en fait mémoire le 26 août.

Le lendemain, l'abbé prit congé de l'évêque, et, poursuivant son chemin, il se rendit en peu de temps à Paris. Rencontrant à la porte un lépreux difforme, il le baisa et le guérit ; tout le monde se répandit aussitôt en acclamations et en louanges, ce qui obligea le serviteur de Dieu de se retirer à l'église, pour y faire sa prière. De là il s'en alla au palais trouver le roi, et, se prosternant à terre, il fit son oraison avec toute l'assistance, dans laquelle était la sainte reine Clotilde ; puis, se relevant, il couvrit le roi de son habit monastique : à l'heure même la fièvre cessa, et le roi se leva pour rendre grâces à Dieu du bienfait qu'il avait reçu par son serviteur Séverin. Toute la cour retentit de joie, et le roi ordonna une procession générale, afin de remercier Dieu de la grâce qu'il venait de recevoir. À l'instance du saint abbé, il mit en liberté tous les prisonniers de la ville. Ce fut l'unique récompense qu'agréa le Saint pour les bons offices qu'il avait rendus à ce prince.

Chacun, surtout le roi et la reine, eût bien désiré retenir longtemps cet hôte merveilleux, qui portait avec lui tant de bénédictions, car il guérissait toutes sortes de malades à la cour et dans Paris ; mais l'amour de la solitude qu'il avait toujours dans le cœur lui fit penser à sa retraite : d'ailleurs il avait reçu du ciel l'assurance qu'il laisserait bientôt la terre pour aller jouir de Dieu. Il prit donc congé du roi, de la reine et de toute la cour, et, quittant Paris, il s'en alla près de Château-Landon, en Gâtinais, diocèse de Sens, où il se retira en un petit oratoire bâti seulement de bois, qui était administré par deux saints prêtres nommés Paschase et Ursicin. Il n'y fut pas plus tôt entré, que, prévoyant l'approche de son heure dernière, quoiqu'il ne parût en lui aucun signe de mort, il s'y disposa et se munit des armes du chrétien, les sacrements de l'Église, qu'il se fit apporter par ces bons prêtres. Il leur recommanda son compagnon Fauste, qui l'avait suivi en France avec son disciple Vital ; et ensuite, comblé de grâces et glorieux des victoires qu'il avait remportées sur les ennemis de son salut, il fut appelé au ciel pour y recevoir la récompense de toutes les belles actions qu'il avait faites durant sa vie ; ce qui arriva le 11 février 507. À l'heure de son décès, sa chambre fut remplie d'une clarté extraordinaire, qui faisait assez paraître quelle route sa bienheureuse âme avait prise au sortir de ce monde. Les deux prêtres, avec ses religieux, levèrent son corps et l'inhumèrent en ce même oratoire, qui a été depuis illustré par beaucoup de miracles opérés par son intercession.

On représente saint Séverin : — 1° Inondé des rayons qui descendirent du ciel au moment de sa mort ; — 2° Guérissant le roi Clovis. — On l'honore comme patron à Château-Landon et à Paris. Il existe encore dans cette dernière ville une gracieuse église qui lui est dédiée.

456 11 FÉVRIER.

Événements marquants

  • Naissance en Bourgogne au milieu du Ve siècle
  • Entrée au monastère d'Agaune en Valais
  • Élection comme abbé de la communauté
  • Guérison miraculeuse de l'évêque Eulade à Nevers
  • Guérison du roi Clovis à Paris
  • Retraite à Château-Landon avant sa mort

Miracles

  • Guérison de l'évêque Eulade (parole et ouïe retrouvées)
  • Guérison d'un lépreux à l'entrée de Paris par un baiser
  • Guérison de la fièvre du roi Clovis en le couvrant de son habit
  • Clarté extraordinaire remplissant sa chambre à sa mort

Citations

Que vos reins soient ceints de la pureté, et que vos mains tiennent la lampe des bonnes œuvres.

— Luc, XII, 33 (cité en exergue)