Saint Silvin

Évêque régionnaire

Fête : 15 fevrier 8ᵉ siècle • saint

Résumé

Saint Silvin était un évêque régionnaire du VIIIe siècle, disciple d'Anténer, ayant prêché en Gaule-Belgique après un pèlerinage en Terre-Sainte. Bien que ses origines soient disputées entre Toulouse et le Brabant, il mourut à Auchy en 716. Ses reliques furent l'objet d'une translation miraculeuse à l'abbaye de Saint-Bertin, où les cloches sonnèrent d'elles-mêmes pour marquer sa volonté d'y rester.

Biographie

PATRIE ET RELIQUES DE SAINT SILVIN.

Telle est la vie authentique de saint Silvin composée, comme nous l'avons déjà dit, par Anténer, son disciple, et retouchée, au XIIe siècle, par les soins de Leuthwithe, abbesse d'Auchy. Il n'est point question dans cette vie de la promotion de Silvin à l'épiscopat. Il faut supposer que, puisque l'auteur lui donne la qualité d'évêque, il fut élevé à cette dignité à Rome, après son retour de la Terre-Sainte. Les auteurs ont beaucoup varié sur ce qui regarde cet évêque. Melanus le fait naître à Thérouanne ; une ancienne vie manuscrite lui donne l'Écosse pour patrie ; les uns l'ont fait descendre de Pépin et de Plectrude ; les autres l'ont fait évêque de Thérouanne, et aussi de Toulouse. D'après M. Salvan qui croit être l'écho du sentiment généralement reçu, Silvin naquit dans le territoire de Toulouse.

Des preuves plausibles font penser aux Rollandistes qu'il naquit à Doesbourg, en Brabant. Cette ville, l'une des plus anciennes du pays, portait dans les premiers siècles le nom de Thoas, ce qui a pu la faire confondre avec Tholosa. Il est un mot, un seul, de la légende que nous voulons relever — il ne l'a pas encore été — comme allant à l'appui de cette dernière opinion : « Conduit par la main divine », dit Anténer, « il se rendit dans la partie de l'Occident, au pays de Thérouanne ». Pourquoi cette expression partie et cette autre Occident ? Thérouanne n'est pas à l'Occident de Toulouse, mais au Nord, tandis qu'elle est à l'Ouest de Doesbourg. Ce mot partie, indique bien que Silvin habitait le pays dont Thérouanne dépendait, c'est-à-dire la Gaule-Belgique. Il fut évêque régionnaire, c'est-à-dire n'ayant aucun siège particulier, mais destiné par le Siège apostolique à prêcher l'Évangile en divers lieux. On fixe sa mort au 15 février 716.

A l'époque de l'insurrection des Normands, au XIIe siècle, le corps de saint Silvin fut transporté au château d'Héristal, près de Liège, de là au château de Dijon en Bourgogne, puis dans l'abbaye de Bèze, où ses reliques demeurèrent en partie. En 951, Arnould, premier comte de Flandre, fit transporter le corps de saint Silvin du monastère de Bèze à Saint-Omer, dans l'abbaye de Sithieu ou de Saint-Bertin. L'histoire assez curieuse de cette dernière translation nous a été rapportée par Jean Iperius, abbé de Saint-Bertin. « En ce temps », dit-il, « Arnould l'Ancien apporta en ce lieu le corps du bienheureux Silvin d'Auchy ; il le reçut à titre de gage, et à cette condition que, si au jour marqué, et avant que les cloches du monastère n'indiquassent l'heure de Prime, il n'était point racheté, le corps du Saint demeurerait à Saint-Bertin. Au jour fixé, les moines d'Auchy vinrent avec le prix convenu pour racheter le sacré dépôt ; mais ils s'arrêtèrent le soir à Thérouanne, et le lendemain ne partirent qu'un peu tard. Comme ils s'approchaient de Sithieu, ils entendirent sonner pour Prime les cloches de Saint-Bertin ; ils pressèrent aussitôt leurs chevaux, arrivèrent au couvent, et offrant le prix convenu, ils

17 FÉVRIER.

réclamèrent le corps du saint évêque, tout en prétendant qu'on avait devancé l'heure de la sonnerie pour Prime. L'abbé répondit qu'il était déjà tard, que personne ne s'était rendu coupable d'une pareille fraude. Après avoir demandé quel était celui qui avait sonné les coups de Prime, on se rendit au clocher, et l'on vit les cloches s'agiter d'elles-mêmes par miracle, Dieu faisant connaître ainsi que le bienheureux Silvin avait choisi cette maison pour le lieu de son perpétuel repos. Témoins de ce prodige, les moines d'Auchy revinrent à leur monastère. Telles sont les paroles d'Iperius. D'après une autre version, les moines de Saint-Bertin se lavèrent ce jour-là plus tard qu'à l'ordinaire, et quoique les cloches eussent sonné Prime, il fut reconnu que personne ne les avait agitées. Quoi qu'il en soit de ce miracle, le monastère d'Auchy ne put recouvrer le corps de saint Silvin.

Mais le 5 août 1516, le Père Antoine de Berges, célèbre abbé de Saint-Bertin, fit la visite solennelle du corps de saint Silvin. On éleva le même jour, dans une procession solennelle, le corps de saint Tron et de saint Libert ; la messe fut chantée, au son des orgues et des cloches, en l'honneur de saint Silvin cru évêque de Toulouse. Après la messe, les portes du chœur ayant été fermées à cause du concours immense de peuple, l'abbé montra les saintes reliques. Sur les instances d'Olivier, abbé d'Auchy, on ouvrit la châsse de saint Silvin ; une suave odeur s'exhala aussitôt. On vit alors le saint corps en son entier, et l'abbé ayant détaché l'os maxillaire inférieur pour en faire hommage aux religieux d'Auchy, l'abbé Olivier se prosterna, revêtu de ses ornements sacrés, et ayant reçu ce précieux trésor au milieu des larmes de toute l'assemblée, le porta comme un riche trophée à Auchy, où saint Silvin était mort.

Les continuateurs de Godescard ajoutent que, depuis, le corps de saint Silvin fut porté à Senlis, où on le conserva dans l'église collégiale de Saint-Fraimbaul jusqu'à la fin du XVIIIe siècle.

Événements marquants

  • Voyage en Terre-Sainte
  • Élévation à l'épiscopat à Rome
  • Prédication en Gaule-Belgique comme évêque régionnaire
  • Mort à Auchy en 716
  • Translation miraculeuse de ses reliques à Saint-Bertin

Miracles

  • Cloches de Saint-Bertin s'agitant d'elles-mêmes pour retenir les reliques
  • Suave odeur s'exhalant de la châsse lors de son ouverture en 1516

Citations

Conduit par la main divine, il se rendit dans la partie de l'Occident, au pays de Thérouanne

— Anténer