Saint Wasnulphe ou Wasnon d'Écosse
Apôtre de Condé, Évêque missionnaire
Résumé
Moine originaire d'Écosse, saint Wasnon devint l'apôtre du Hainaut et le directeur du monastère de Condé au VIIe siècle. Évêque missionnaire zélé, il lutta contre le paganisme avant de mourir vers 700. Ses reliques, préservées miraculeusement d'un incendie en 1430, font de lui un protecteur invoqué contre le feu et les orages.
Biographie
SAINT WASNULPHE OU WASNON D'ÉCOSSE,
PATRON DE CONDÉ, AU DIOCÈSE DE CAMBRAI (vers 700).
Les religieux habitants de Condé (Nord) honorent d'un culte particulier, depuis près de douze siècles, l'apôtre saint Wasnon, qui vint prêcher la foi à leurs pères. Il est à regretter que les Actes de sa vie, s'ils ont existé, aient été perdus : ils pourraient nous révéler bien des traits admirables de charité et de dévouement. Rappelons du moins ce qu'en ont dit les plus anciens auteurs.
Saint Wasnon était né dans les montagnes de l'Écosse, et, comme les autres missionnaires qui sortirent de ces contrées, il avait passé les premières années de sa vie dans quelque monastère pour s'y former à la science et à la sainteté. Appelé dans les Gaules par cette voix de la Providence, qui se faisait entendre alors si souvent aux fervents religieux dont était remplie l'île des
SAINT WASNULPHE OU WASNON D'ÉCOSSE.
Saints, il aborda dans les provinces du Nord qu'il allait commencer à édifier par l'exemple de toutes les vertus. D'après le récit de certains auteurs, saint Wasonn aurait accompagné Mauger, plus connu sous le nom de saint Vincent, à son retour de l'Irlande, où, dit-on, il avait été envoyé par Dagobert, et il l'aurait suivi, ainsi que les saints Fursy, Uitan, Foillan, Adalgise, Ettou et d'autres encore, dans ces contrées. Quoi qu'il en soit de ces circonstances qui précèdent son arrivée au milieu de nous, c'est bien vers le milieu du VIIe siècle qu'on le rencontre au monastère de La Celle (Belgique), qu'avait construit le vénérable saint Ghislain, venu aussi d'Athènes dans le Hainaut à la voix de Dieu. Auparavant saint Wasonn paraît avoir vécu quelque temps dans la forêt de la Thiérache, en Picardie, mais il serait difficile de dire s'il a évangélisé les peuples de ce pays. On ignore pareillement les raisons qui déterminèrent son apparition dans l'abbaye de la Celle, qui lui servit comme de retraite à l'époque où il commença ses premières prédications dans le pays de Condé. À s'en tenir aux termes vagues et peu tranchés des plus anciens hagiographes, il est visible que saint Wasonn a été l'apôtre de cette partie du Hainaut qu'il dut souvent parcourir, et que plus tard saint Amand, qui était comme le père et le maître de ces courageux missionnaires, lui confia, d'une manière spéciale, la direction du monastère de Sainte-Marie de Condé, fondé par ses soins.
Saint Wasonn est cité parmi les évêques, les missionnaires et les abbés qui se réunissaient à diverses époques dans le monastère d'Hautmont (Nord), auprès du bienheureux Vincent, pour s'entretenir pieusement des vérités de la religion et des moyens de gagner les âmes à Jésus-Christ. Il travailla avec ardeur à cette œuvre sainte jusqu'aux derniers jours de sa vie, prêchant l'Évangile avec zèle, s'efforçant de déraciner les anciennes coutumes et pratiques du paganisme, et dirigeant dans les voies de la perfection les saintes filles qui s'étaient consacrées à Dieu dans l'abbaye de Sainte-Marie, à Condé. C'est là qu'il remit paisiblement son âme à Dieu, vers l'année 700.
La fête de saint Wasonn remonte à la plus haute antiquité, et on la voit célébrée non-seulement dans l'église de Cambrai, mais encore dans celles d'Arras, de Liège, d'Utrecht et de Leuze. Nous ne parlons point de celle de Condé, qui l'a toujours honoré comme son patron spécial et le défenseur de la cité. Ses reliques, renfermées dans une châtellenie en argent, y reposaient dans le sanctuaire : elles doivent avoir été levées de terre au moins avant le IXe siècle, puisqu'on les voit transportées à Saint-Omer, avec celles de beaucoup d'autres Saints, pour les soustraire à la fureur des Normands (881). Elles y restèrent quarante ans, et furent alors rapportées dans l'église et le monastère qu'on avait relevés de leurs ruines.
Selon la coutume du moyen âge, le corps de saint Wasonn fut présent à plusieurs consécrations d'église ; entre autres à celle de l'abbaye de Saint-André, du Câteau, faite en 1021, par Gérard Ier, de Florines, évêque de Cambrai, et en 1070, à celle d'une église du pays d'Ostrevent, faite par les évêques saint Liebert de Cambrai et Radbode de Tournai. D'Outremans rapporte aussi, dans son Histoire de Valenciennes, que ces reliques assistaient avec beaucoup d'autres à la procession établie en l'honneur de Notre-Dame du saint Gordon. Hugues Doignies, suffragant de Jean de Bourgogne, évêque de Cambrai, les visita le 23 juillet 1431 : Louis de Burlaymont, archevêque de ce même diocèse, le fit pareillement le 27 mars 1586, huit ans après qu'elles eurent été profanées par les Calvinistes. Les actes qui rappellent ces deux cérémonies donnent à saint Wasonn le titre d'évêque. Si quelques expressions des anciens hagiographes expriment un doute à cet égard, on peut dire, ce semble, que la tradition de toutes les églises qui ont fait sa fête ou qui la font encore, dirime la controverse et permet de considérer ce Saint comme un des évêques missionnaires, si nombreux à cette époque dans les provinces du nord de la France.
Saint Wasonn est généralement invoqué pour la guérison des maladies ; mais on a plus spécialement recours à lui contre la foudre, l'orage et les incendies. Cette dévotion, déjà ancienne au XVe siècle, s'est surtout répandue parmi le peuple depuis le 15 octobre 1430, jour où l'église collégiale de Condé ayant été consommée par un incendie, on trouva, près du maître autel renversé, les reliques du Saint intactes et bien conservées.
Aujourd'hui encore, dans les moments de danger, le peuple de Condé et des pays voisins a recours avec confiance à saint Wasonn. On trouve dans cette ville une compagnie d'arbalétriers qui l'a choisi pour son patron. Sa fête, autrefois fixée au 1er octobre, se célèbre maintenant, dans le diocèse de Cambrai, le 11 du même mois.
Acta Sanctorum Belgii, traduction de M. l'abbé Destembes.
11 OCTOBRE.
Événements marquants
- Naissance en Écosse et formation monastique
- Arrivée dans les Gaules (provinces du Nord)
- Séjour dans la forêt de la Thiérache en Picardie
- Retraite au monastère de La Celle
- Direction du monastère de Sainte-Marie de Condé
- Participation aux réunions d'Hautmont avec saint Vincent
- Mort paisible à Condé vers 700
- Translation des reliques à Saint-Omer en 881 pour fuir les Normands
Miracles
- Préservation intacte des reliques lors de l'incendie de la collégiale de Condé en 1430