Saint Siméon de Jérusalem

Évêque de Jérusalem et Martyr

Fête : 18 fevrier 2ᵉ siècle • saint

Résumé

Cousin de Jésus et successeur de saint Jacques comme évêque de Jérusalem, saint Siméon guida la communauté chrétienne à Pella durant la destruction de la ville sainte. Dernier survivant des témoins oculaires du Christ, il fut crucifié à l'âge de 120 ans sous l'empereur Trajan après avoir subi de cruels tourments.

Biographie

SAINT SIMÉON, ÉVÊQUE DE JÉRUSALEM ET MARTYR

La plus vénérable de toutes les vieillesses n'est pas celle qui compte le plus d'années ; mais celle qui, à ses cheveux blancs, joint l'honneur d'une vie sans reproche et sans faiblesse ; car, dit encore le Seigneur, il est trois choses que je déteste pardessus toutes : un pauvre orgueilleux, un riche vaniteux et un vieillard fait et insensé.

Sap., IV, 8 ; Eccl., XXV, 4.

Saint Siméon eut pour père Cléophas, autrement dit Alphée, frère de saint Joseph, et pour mère, Marie, qui eut le bonheur d'accompagner la très-sainte Vierge au Calvaire. Les plus habiles interprètes pensent qu'il est le même que ce Simon, frère de saint Jacques le Mineur, de saint Jude et de Joseph, dont il est parlé dans l'Évangile. Il naquit huit ou neuf ans avant le Sauveur ; et l'on ne peut douter qu'il ne se soit mis de bonne heure à sa suite avec son père, sa mère et ses trois frères. Il ne paraît pas moins certain qu'il reçut le Saint-Esprit le jour de la Pentecôte avec la sainte Vierge et les Apôtres, et qu'il était du nombre de ceux qui sont désignés sous le titre général de frères du Seigneur.

Lorsque les Juifs eurent massacré, en 62, saint Jacques le Mineur, premier évêque de Jérusalem, saint Siméon eut le courage de leur reprocher cette horrible cruauté. Il n'ignorait pas le danger auquel il s'exposait ; mais il était animé de cet esprit de force qui rend supérieur à tout sentiment de crainte. Quelque temps après, les Apôtres et les disciples, s'étant assemblés à Jérusalem pour donner un successeur à saint Jacques, élurent Siméon tout d'une voix. On croit qu'il avait auparavant aidé son frère dans le gouvernement de son église.

Les Romains, lassés des révoltes continuelles des Juifs, résolurent enfin de détruire Jérusalem ; ils se mirent donc en marche pour exécuter leur dessein : mais Dieu, qui voulait sauver ses serviteurs, les avertit miraculeusement de sortir d'une ville sur laquelle il allait déployer ses vengeances de la manière la plus formidable. Les chrétiens, dociles à la voix du ciel, partirent avec leur évêque et se retirèrent dans la petite ville de Pella, située au-delà du Jourdain. Ceci arriva l'an 66 de Jésus-Christ et avant que Vespasien eût formé le siège de Jérusalem. Les fidèles repassèrent le Jourdain après la ruine de cette malheureuse ville et vinrent habiter au milieu de ses débris. On y vit bientôt refleurir l'Église.

18 FÉVRIER.

Dieu s'en déclara visiblement le protecteur, et il la glorifia par tant de prodiges qu'un grand nombre de juifs embrassèrent le christianisme. Les choses restèrent en cet état jusqu'aux dernières années d'Adrien, qui fit entièrement raser Jérusalem.

La joie qu'avait saint Siméon de voir tous les jours les disciples de Jésus-Christ se multiplier, fut troublée par la naissance de deux hérésies : celle des Nazaréens et celle des Ébionites. Les Nazaréens se rapprochaient en plusieurs points des juifs et des chrétiens, quoique dans le fond ils détestassent les uns et les autres. Ils regardaient à la vérité Jésus-Christ comme le plus grand des Prophètes ; mais ils niaient en même temps qu'il fût Dieu. Ils observaient les jours du sabbat et du dimanche, et faisaient un alliage monstrueux des cérémonies de l'ancienne et de la nouvelle loi. À toutes ces erreurs, les Ébionites en joignaient d'autres qui leur étaient particulières : ils enseignaient, par exemple, que le divorce était licite et qu'on pouvait se livrer sans scrupule à des crimes infâmes. L'auteur de cette dernière secte dogmatisa d'abord dans le village de Cocabe, au-delà du Jourdain ; il passa depuis en Asie, et vint jusqu'à Rome. Les hérétiques, jusqu'alors timides, n'osèrent répandre leurs erreurs en public durant l'épiscopat de saint Siméon, qui vécut plus longtemps qu'aucun des disciples du Seigneur. Mais Dieu ne l'eut pas plus tôt retiré de ce monde qu'on vit sortir de l'enfer une multitude effroyable de doctrines impies qui attaquèrent ouvertement la pureté de la foi.

La Providence avait permis que notre Saint échappât aux recherches que Vespasien et Domitien firent faire de tous ceux qui étaient de la race de David : mais Trajan, par une détestable raison d'État, persécutait non-seulement les chrétiens comme ennemis de ses dieux, mais aussi tous les Juifs qui descendaient de la race de David, parce qu'il avait ouï dire qu'un prince devait naître dans cette famille royale, qui délivrerait son peuple de la servitude et se rendrait redoutable à toute la terre.

Siméon, âgé de cent vingt ans, fut donc accusé et amené devant le tribunal d'Atticus, personnage consulaire et lieutenant de l'empereur. L'accusation fut fondée sur deux chefs : l'un était sa religion, l'autre sa naissance. Atticus entra en conférence avec Siméon, pour lui persuader de renoncer à la foi de Jésus-Christ et d'obéir à César ; mais, voyant qu'il travaillait en vain, il le fit fouetter plusieurs fois, et l'exposa à d'autres cruels tourments, que le saint vieillard souffrit avec un tel courage et avec tant de résolution, que le juge et les assistants étaient surpris de voir un corps usé par les années résister à des douleurs si atroces. Mais Dieu, qui avait donné à un si grand nombre d'innocentes vierges et à de petits enfants la force d'endurer la rigueur des éléments et de mépriser les peines que la rage des barbares inventait tous les jours pour les persécuter ; Dieu donna à ce vénérable vieillard le courage de souffrir constamment et de mourir enfin sur une croix comme le Sauveur. Sa mort arriva le 18 février, l'an de Notre-Seigneur 107 ou 109, sous l'empire de Trajan.

C'est à sa mort que se terminent les temps dits apostoliques, c'est-à-dire que saint Siméon passe pour le dernier survivant de ceux qui avaient eu le bonheur de voir Jésus-Christ sur la terre.

Dieu permit que les dénonciateurs du disciple de son Fils tombassent eux-mêmes dans les filets qu'ils lui avaient tendus. Les juges romains trouvèrent ou feignirent de trouver qu'ils étaient aussi de la race royale : ils payèrent de leur tête le crime de leur naissance, mais sans avoir la consolation de mourir pour Jésus-Christ, comme saint Siméon.

Les Grecs honorent sa mémoire le 27 avril, et les Latins le 18 février.

Quelques églises d'Occident, celles de Brindes et de Bologne, en Italie, celle de Bruxelles, en Belgique; celle de Torrelaguna, près de Madrid, possèdent, dit-on, quelques-unes de ses reliques.

Blodphere Calixte a écrit son martyre, et le martyrologe romain, avec les autres, fait mémoire de lui.

Événements marquants

  • Naissance environ 8 ou 9 ans avant Jésus-Christ
  • Réception du Saint-Esprit le jour de la Pentecôte
  • Élection comme second évêque de Jérusalem en l'an 62
  • Retraite à Pella en l'an 66 avant le siège de Jérusalem
  • Retour à Jérusalem après sa ruine
  • Lutte contre les hérésies des Nazaréens et des Ébionites
  • Arrestation sous Trajan comme chrétien et descendant de David
  • Martyre par crucifixion à l'âge de 120 ans

Miracles

  • Avertissement miraculeux de quitter Jérusalem avant sa destruction

Citations

La plus vénérable de toutes les vieillesses n'est pas celle qui compte le plus d'années ; mais celle qui, à ses cheveux blancs, joint l'honneur d'une vie sans reproche

— Introduction du texte (inspiré de Sap., IV, 8)

Date de fête

18 fevrier

Époque

2ᵉ siècle

Décès

18 février, l'an 107 ou 109 (martyre)

Autres formes du nom

  • Simon (fr)

Prénoms dérivés

Siméon, Simon

Famille

  • Cléophas (Alphée) (père)
  • Marie (mère)
  • Saint Joseph (oncle)
  • Saint Jacques le Mineur (frère)
  • Saint Jude (frère)
  • Joseph (frère)