Saint Ursin (Apôtre du Berry)

Premier évêque de Bourges, Apôtre du Berry

Fête : 9 novembre 1ᵉʳ siècle • saint

Résumé

Disciple du Christ envoyé de Rome, Ursin évangélisa le Berry et devint le premier évêque de Bourges. Après avoir surmonté l'hostilité de la population et converti le sénateur Léocade, il transforma le palais de ce dernier en cathédrale. Il mourut après 27 ans d'épiscopat, laissant un culte durable marqué par de nombreuses translations de reliques.

Biographie

SAINT URSIN, PREMIER ÉVÊQUE DE BOURGES,

APÔTRE DU BERRY

Temps apostoliques.

« Voilà que j'enverrai une multitude de pêcheurs, dit le Seigneur, et ils les pêcheront. »

Jérémie, XVI, 16.

Pendant que saint Front se rend dans le Périgord, saint Austremoine en Auvergne, saint Martial en Limousin, pénétrons avec Ursin au centre de la Gaule, pour assister à la naissance de l'Église de Bourges. D'après quelques légendaires de l'ancien bréviaire de Bourges, Ursin serait le même que Nathanaël, ce disciple du Christ, qui fit la lecture pendant la Cène, et que d'autres confondent avec saint Barthélemy. Ce ne fut pas sans un cruel serrement de cœur que le pieux missionnaire se vit lancé dans ces vastes solitudes peuplées de grands arbres, en compagnie de Just, son unique et fidèle disciple, qui lui-même ne devait pas tarder à le quitter, car une terrible épreuve se préparait. À neuf milles seulement du terme du voyage, près d'un petit bourg des bords de l'Auron, nommé Chambon, Just est pris d'une invincible défaillance et avertit son maître que sa fin arrive. À cette nouvelle, dont il voudrait douter, Ursin lui-même se sent faiblir, et, malgré ses prières et ses soins, ne tarde pas à recevoir le dernier soupir de son disciple. Dans son désespoir et son abandon, que va-t-il faire ? Seul et découragé, pourra-t-il continuer sa tâche dans ce pays inconnu, livré à la barbarie et au culte des idoles ? Il demande à Dieu de l'appeler également à lui ; mais une voix intérieure lui commande de surmonter sa faiblesse et de marcher en avant, avec l'intrépidité et la foi d'un soldat chrétien.

Ursin obéit. Léguant à cette terre étrangère le corps et le nom de son ami, il essuie ses larmes, reprend sa route et, sur le soir, arrive aux portes d'Avaric (Bourges), but de sa mission. En pénétrant dans cette cité inconnue, dont il devait devenir le maître, Ursin se fit humble et petit. Il se réfugia dans le faubourg, chez une pauvre famille sur laquelle il commença immédiatement son œuvre de persuasion et de charité. Le soir, au coin du feu, avant de chercher dans le sommeil l'oubli des labeurs du jour, il racontait, avec ses propres aventures, les grands événements qui venaient de se passer en Orient et qui promettaient au monde une ère nouvelle. Le lendemain, ses hôtes, moitié souriants, moitié croyants, répétaient aux voisins ce qu'ils avaient appris la veille, et les voisins voulaient entendre de leurs propres oreilles les merveilleux récits de l'étranger. La curiosité aidant, le cercle s'élargit et la maison se remplit. Après la curiosité vinrent les commentaires et les questions. Ursin avait réponse à tout. Sa parole grave et sympathique, la conviction de son regard, faisaient tomber les doutes des gens qui ne demandaient qu'à aimer et à croire. Ceux qui ne pouvaient ou ne voulaient venir, il allait les trouver et ne tardait pas à en avoir raison. C'était surtout avec les affligés du corps et de l'esprit, les déshérités des biens et des joies terrestres, qu'il obtenait ses plus grands succès, car la douleur ne demande qu'à être bercée et endormie.

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Cependant l'éternel ennemi du genre humain, effrayé des attaques dirigées contre son pouvoir, commença à machiner des scandales de toutes sortes pour détourner de son œuvre le serviteur de Dieu. Il ralluma les passions perverses, qui ne sont jamais entièrement éteintes au cœur de la foule, mobile élément soumis au caprice du dernier vent qui passe, de la dernière bouche qui parle. La raillerie, l'insulte et la calomnie se glissèrent dans les réunions, réveillèrent les préjugés et ne tardèrent pas à changer les bonnes dispositions. Les faibles et les indécis se retirèrent par crainte ou par fausse honte, et laissèrent la place aux méchants. Les cœurs et les portes se fermèrent. Dans ces rues où naguère il était habitué à rencontrer bon visage et bon accueil, Ursin ne récolta plus que mauvaises paroles et regards insolents. Enfin, un soir qu'il voulut tenter un dernier effort et rassembler les débris de son troupeau, une bande sauvage envahit le lieu de la réunion, dispersa les rares adeptes qui étaient restés fidèles, et lança contre lui les chiens du voisinage.

Forcé de prendre la fuite sous une grêle de pierres, Ursin fut escorté bien au-delà des murs de la ville, par les aboiements de la meute furieuse et par les éclats de rire de la populace. Ce fut seulement à quatre milles de là que, délivré par la fatigue de ses ennemis, il put reprendre haleine et recueillir ses esprits ; sa résolution fut bientôt prise ; sans aller plus loin, il voulut attendre sur place que, selon le cours inévitable des choses, un vent nouveau changeât le cœur de cette foule ingrate. Il s'établit donc, comme il put, en pleine campagne, dans cet endroit où plus tard une chapelle expiatoire devait perpétuer le souvenir de son séjour.

La révolution qu'il avait prévue ne tarda pas à s'opérer. Loin d'éprouver le moindre soulagement de son départ, les pauvres de Bourges retombèrent dans leur ancienne misère, sans retrouver les consolations qui endormaient leurs peines et séchaient leurs larmes. Ils se tournèrent alors contre ceux qui les avaient trompés, les chassèrent à leur tour, et vinrent, soumis et repentants, supplier Ursin de leur pardonner et de leur rendre son affection. Le saint homme ne se fit pas longtemps prier, et rentra plus puissant et plus écouté que jamais dans cette ville qui l'avait ignominieusement rejeté de son sein. La réaction fut si unanime que, dès le premier jour, l'humble retraite du faubourg ne suffit plus aux réunions, et qu'il fallut chercher un local plus vaste, en rapport avec le nombreux auditoire qui accourait de toutes parts, comme le cerf altéré vers la fontaine.

Or, en ce temps-là vivait un très-noble sénateur, nommé Léocade, qui, bien que païen, gouvernait avec sagesse, pour le compte des empereurs romains, l'Aquitaine et la province lyonnaise. À part le mandat qui le faisait vassal de Rome, il avait un pouvoir royal. Sa principale résidence était à Lyon, où il tenait sa cour ; mais il avait à Bourges un second palais, dont les écuries, situées près d'une des portes méridionales de la ville, à proximité de l'eau et des fourrages, offraient toute facilité pour l'entretien des chevaux. Ces écuries étant désertes, par suite de l'absence du maître, Ursin songea à en faire momentanément le lieu de ses prédications. Il s'en ouvrit aux représentants de Léocade, parmi lesquels il comptait quelques néophytes, et qui, à leur tour, en référèrent au prince. Jaloux de conquérir ses peuples par la douceur, et apprenant que, loin de susciter des révoltes, la religion d'Ursin recommandait de rendre à César ce qui appartenait à César, le puissant sénateur s'empressa de donner son agrément, de

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telle sorte que le patriarche put déposer dans cette église primitive le sang du protomartyr Étienne, précieuse relique apportée d'Orient, et baptiser solennellement ceux qui se rendaient à lui.

À partir de ce moment, sa tâche devint si facile, ses triomphes furent si rapides et si éclatants, que, peu de mois après, Ursin constatait avec joie l'insuffisance de son nouveau local, et songeait déjà à fonder un sanctuaire plus durable et plus digne. Mais comment, pauvre et sans crédit, réaliserait-il ce projet, qui demandait des sommes considérables et un concours tout particulier ? Malgré l'exemple de Léocade, les patriciens d'Avaric se montraient moins bien disposés que le menu peuple, et plusieurs d'entre eux avaient repoussé avec hauteur la proposition de céder un édifice convenable.

Un jour que, tout soucieux, le saint homme se lamentait de ces obstacles avec les plus âgés et les plus fervents de ses disciples, un d'eux hasarda l'opinion que le prince qui les avait déjà secourus serait de meilleure composition, et céderait peut-être son palais des Bituriges aussi facilement qu'il avait cédé ses écuries. Épouvanté à la seule émission de cette pensée, Ursin s'écria qu'il était impossible de risquer pareille demande. Cependant, à force de retourner cette idée et de s'encourager les uns les autres, on convint de faire appel aux gens de bonne volonté pour se procurer les moyens d'offrir un présent à Léocade. En effet, après bien des efforts, on parvint à réunir trois cents écus d'or, avec un vase d'argent, qu'Ursin fut chargé d'aller offrir au prince dans son palais de Lyon.

Parvenu dans cette ville, le saint homme se présenta avec son offrande devant l'illustre sénateur, qui lui demanda son nom, le lieu d'où il venait et le but de sa visite. « Je m'appelle Ursin », répondit le patriarche, « je suis un des soixante-douze disciples du Christ, envoyé de Rome par les Apôtres, porteur du sang du premier martyr Étienne, pour fonder une église dans la métropole des Bituriges, où j'ai déjà conquis à Dieu un peuple nombreux ». — « Que viens-tu nous demander encore à ce sujet ? », fit le prince. « Si vous voulez combler nos vœux, accordez-nous le palais que vous possédez à Bourges, afin que nous en fassions un temple digne de notre Dieu et du précieux sang du protomartyr Étienne ». Obéissant à l'impulsion d'en haut, le prince répondit avec bonté : « Plût au ciel que mon palais fût digne de devenir un lieu de prière et la demeure d'un dieu ! »

Encouragé par cet accueil bienveillant, Ursin exposa en peu de mots les principes de sa religion et engagea le prince à se faire chrétien. « La puissance de ton Dieu y aidant », reprit Léocade, « je pourrai me rendre à tes avis ». Puis, pour ne pas avoir l'air de mépriser l'offrande qu'on lui apportait de si loin, et peut-être aussi pour en faire un gage du contrat, il prit trois pièces d'or dans le vase d'argent et ajouta : « Retourne au pays des Bituriges avec le reste de ton présent, et dispose de mon palais, comme tu l'entendras, pour le plus grand honneur de ton Dieu et du martyr dont tu viens de me parler. En temps opportun j'irai de ce côté, et je penserai à tes conseils ».

Porteur des lettres du prince, Ursin revint tout joyeux à Avaric, où, sur la représentation de ses titres, il fut mis en possession du palais par les autorités de la ville. Aux calendes d'octobre suivantes, il procédait à la purification du nouveau sanctuaire, et le consacrait à Dieu, sous l'invocation du protomartyr Étienne, dont les reliques trouvaient enfin un lieu digne d'elles ; tandis que les écuries, premier abri de l'Église, qu'on ne pouvait rendre à leur ancien usage, étaient converties en baptistère. Il inaugurait

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aussi le culte de la Vierge, en bâtissant en son honneur, dans la capitale du Berry, un petit oratoire dont la tradition fait le berceau de l'antique abbaye de Notre-Dame de Sales.

Peu après, comme il travaillait à la vigne du Seigneur, Ursin apprit l'arrivée du prince. Il courut à sa rencontre les bras ouverts et le visage souriant, et ne le quitta qu'après avoir eu avec lui un instant d'entretien. Le lendemain, assisté de ses disciples, Ursin montrait à Léocade, dans une conférence solennelle, le chemin de la foi ; et, convaincu par ses paroles, l'illustre sénateur voulait sans retard recevoir le baptême, en compagnie de son fils Ludre, tandis que son frère Caremusel persistait à vivre dans les ténèbres et dans le culte des idoles.

Devenu chrétien, Léocade brûla d'une telle ardeur, que pour accomplir sans doute cette parole du Prophète : « Mon âme vit en Dieu et ce que j'ai semé lui appartient », il abandonna au service du culte les palais qu'il possédait dans presque tous les bourgs du pays des Bituriges, et qui, par les soins du saint patriarche, devinrent autant d'églises en l'honneur de saint Étienne.

Ursin vécut encore longtemps, ne cessant de compléter et d'embellir son œuvre, jusqu'au moment où le Seigneur, en récompense de son zèle et de ses travaux, l'avertit, par la fatigue du corps et la maladie, que l'heure de sa délivrance était arrivée. Alors il rassembla ses disciples, leur annonça sa fin prochaine, indiqua pour son successeur Sénicien, le plus fidèle et le plus fervent d'entre eux ; puis, après avoir donné ses dernières instructions, il partit pour un monde meilleur, le quatrième jour des calendes de janvier, la vingt-septième année de son pontificat.

## CULTE ET RELIQUES.

Saint Grégoire de Tours (au chap. LXXX de la *Gloire des Confesseurs*) parle ainsi des premières péripéties des reliques de saint Ursin : « Ayant quitté ce monde, il fut enseveli dans le champ commun, parmi tous les autres tombeaux ; car le peuple ne connaissait pas encore la manière dont doivent être honorés les prêtres du Seigneur. D'où il arriva que la terre venant à se bousser, on y planta de la vigne et que l'on perdit toute trace de la sépulture du premier évêque de la ville. Cela dura jusqu'à ce qu'un saint prêtre du Berry, nommé Auguste ou Août, transféra les reliques du saint apôtre dans son abbaye de Saint-Symphorien de Bourges. Il fut enseveli près de l'autel, où sa présence se manifesta depuis par des grâces nombreuses ! ».

La tradition a fixé la date de cette translation au 9 novembre 558, dont l'anniversaire est devenu, d'après le martyrologe d'Umard et le Bréviaire de 1734, la fête du premier évêque de Bourges, qui était primitivement célébrée le 29 décembre, jour présumé de sa mort. Par la suite, la basilique de Saint-Symphorien prit le nom de Saint-Ursin. Cette église n'existe plus : vendue en 1793, elle fut démolie en 1799. Il n'en reste que l'élégant portail, qui sert d'entrée au jardin de la préfecture, auprès de la porte de fer.

Une nouvelle translation des restes du Saint est lieu le 23 octobre 1239. Le vénérable Philippe Bernuyer, archevêque de Bourges, fit ouvrir le cercueil sur lequel on lisait textuellement en latin : « Ceci est le corps du bienheureux Ursin, premier évêque de Bourges ». Les reliques, dûment reconnues, furent renfermées dans un sac de cuir blanc et déposées dans une magnifique châsse d'argent, don de l'archevêque. Cette châsse, élevée sur l'antique sarcophage, au-dessus de l'autel, resta deux siècles sans être ouverte. Une troisième ouverture et vérification se fit le 25 février 1475, en présence du roi Louis XI et de l'archevêque Jean Cœur, fils de l'illustre argentier de Charles VII.

Préservé, en 1562, de la fureur des Protestants, alors maîtres de Bourges, et qui profanèrent les restes de saint Guillaume et de la bonne duchesse Jeanne de Valois, le corps de saint Ursin fut ravi à la vénération des fidèles par la tourmente révolutionnaire de 1793. Toutefois, on put encore sauver quelques restes de saint Ursin, de saint Étienne et de saint Austrépabile, contenus

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dans une boîte de plomb scellée du sceau de Mgr Phelipesux d'Herbault, et placée sur le maître-autel de la cathédrale de Bourges, lors de l'inauguration qui en fut faite le 21 décembre 1767. Depuis ce temps, ces débris s'augmentèrent de quelques ossements extraits à diverses époques de la chasse pour satisfaire à de pieux désirs. Mgr Mathieu, cardinal-archevêque de Besançon, ayant retrouvé, dans une paroisse de son diocèse, un fragment de la mâchoire du saint apôtre, en fit don, par l'entremise de Mgr de Villèle, alors archevêque, à l'église de Bourges, qui l'expose à la vénération publique le jour de la fête et dans les circonstances solennelles.

Voilà pour la ville de Bourges, qui possédait jadis la majeure partie du corps de son premier évêque. Celle de Lisieux (Calvados), au diocèse de Bayeux, possédait de saint Ursin, avant 1793 : une partie du crâne, un bras, une cuisse, une jambe, quelques côtes et d'autres ossements moins considérables. Elle avait obtenu ces reliques en 1665 et les avait déposées derrière le grand autel de l'église cathédrale, avec ceux de saint Patrice et de saint Bertivin. Plus tard ce précieux trésor, ayant été levé de terre, avait été enfermé dans une belle chasse d'argent qu'on avait élevée sur quatre grandes colonnes de bois doré, derrière le maître-autel où Guillaume d'Estauville, évêque de Lisieux, le trouva le 14 avril 1399, enveloppé d'étoffes de soie, de linge, et d'un cuir de cerf par-dessus. La dernière reconnaissance de ces reliques se fit le 5 juillet 1731.

À Lisieux et dans les faubourgs, on célébrait chaque année la fête de saint Ursin sous un rite très-solennel : une chapelle de la cathédrale, en titre de bénéfice, lui était dédiée. De nos jours encore, il se fait chaque année, le lundi de Pâques, une procession solennelle à la Croix de Saint-Ursin : cette croix se trouve près de Lisieux, sur la route qui conduit à Bourges.

Le village de la Chaussée-Saint-Victor (Loir-et-Cher, arrondissement et canton de Blois) a le bonheur de posséder, de nos jours encore, quelques reliques de saint Ursin. M. l'abbé A. Venot, secrétaire général de l'évêché de Blois, nous écrivait à ce propos, le 12 février 1872 :

« J'ai l'honneur de vous adresser un rapport sur les reliques de saint Ursin, conservées en l'église de la Chaussée-Victor, près Blois. Ce rapport a été rédigé par M. le curé lui-même de la paroisse, qui a beaucoup étudié la question des saintes reliques qu'il a le bonheur de posséder dans son église.

« L'église de la Chaussée-Saint-Victor possède : 1° une chasse de bois ouvragé et peint, renfermant deux gros paquets d'ossements de saint Ursin, plus un troisième paquet de fragments d'ossements, de poussière et de moelle ; 2° un buste en laiton doré, renfermant deux morceaux de l'os cornu ou frontal. Ces reliques ont été apportées dans la paroisse de Saint-Victor-les-Blocs en l'année 1379, par Hervé, abbé des Chanoines Réguliers de Bourg-Moyen de Blois (Augustins), ainsi que le constate cette inscription apposée sur les sachets contenant les reliques : *In hac capsula requiescunt sanctæ reliquiæ beatissimi Ursini, quæ fuerunt translatæ per Hermenum, abbatem beatæ Mariæ de Burgo-Medio Bissensis, anno Domini 1379, die dominicâ octavâ calendas Maii*.

« Ces deux reliquaires ont été ouverts pour cause de réparation, et les reliques en ont été visitées le 5 mai 1676, par M. Christophe Boillard, prêtre, chanoine théologal, prévôt de l'église collégiale de Saint-Sauveur de Blois, ainsi que par Mgr de Neuville, évêque de Chartres et de Blois. Le procès-verbal dressé par M. Boillard constate que durant tout le temps que les reliques furent en dehors de leurs reliquaires, elles répandirent une suave odeur dont toute l'église fut remplie.

« Le même procès-verbal de M. Boillard constate qu'en l'année 1562, ces reliques furent transportées à Blois, pour être ainsi soustraites aux profanations des Calvinistes, et qu'elles furent rapportées solennellement à l'église de Saint-Victor-les-Blois, par M. Delaporte, official de Blois, le 29 juin de l'année 1582, comme le porte cette inscription trouvée dans la chasse de saint Ursin : *In hac capsula requiescunt sanctæ reliquiæ beatissimi Ursini, quæ ratione hæreseos Calvinianæ ablatæ rursus per venerabilem et discretum virum Jacobum Delaporte, officialem Bissensem, translatæ fuerunt anno Domini 1582, die Festivitatis S. Petri, vigesimâ nonâ mensis Junii*. C'est en mémoire de cette seconde translation que se fait, chaque année, dans la paroisse, la procession solennelle des châsses, appelée « fête de la translation des saintes reliques », et fixée au dimanche d'après la fête de saint Pierre.

« En 1736, Mgr de Caumartin, et après lui, Mgr de Crussol, tous deux évêques de Blois, mirent au bréviaire du diocèse la légende de saint Ursin, marquée au 14 juin. En 1778, Mgr de Thémines suspendit provisoirement le culte de ces reliques, ainsi que de toutes les autres possédées par la paroisse, sous prétexte que leur authenticité lui semblait douteuse. Pendant la Révolution de 89, ces reliques furent sauvées par trois habitants de La Chaussée qui les cachèrent et les remirent, les sceaux sains et intacts, en l'an 1804, à M. Gallois, grand-vicaire de Mgr Bernier, évêque d'Orléans et de Blois. À cette occasion un nouvel examen des titres des reliques eut lieu, les objections de Mgr de Thémines furent réfutées ; et Mgr Bernier déclara, avec l'assentiment du cardinal Caprara, légat du Saint-Siège en France, les reliques de La Chaussée-Saint-Victor, parfaitement authentiques, et en rétablit solennellement le culte ».

Nous nous sommes servi, pour composer cette biographie, des *Plaines légendes du Berry*, par M. Vrillet ; d'une brochure de M. l'abbé Laffotay, intitulée : *Essai historique sur l'antiquité de la foi dans

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le diocèse de Bayeux et le culte de quelques Saints récemment introduits dans le calendrier liturgique de ce diocèse* ; de la *Vie de saint Ursin*, par M. l'abbé de Luthe ; et de précieuses Notes locales que nous a fournies, par l'entremise de M. le secrétaire de l'évêché de Blois, M. le curé de la Chaussée-Saint-Victor.

Événements marquants

  • Envoi en mission par les Apôtres depuis Rome
  • Mort de son disciple Just à Chambon
  • Arrivée à Avaric (Bourges) et évangélisation des pauvres
  • Expulsion de la ville par la foule et retraite en campagne
  • Retour triomphal à Bourges après le repentir des habitants
  • Conversion du sénateur Léocade et de son fils Ludre
  • Consécration du palais de Léocade en église dédiée à saint Étienne
  • Fondation d'un oratoire à la Vierge (Notre-Dame de Sales)

Miracles

  • Suave odeur se dégageant des reliques lors de l'ouverture en 1676

Citations

Je suis un des soixante-douze disciples du Christ, envoyé de Rome par les Apôtres.

— Réponse d'Ursin au sénateur Léocade