Sainte Aurélie (Fille de France)
Vierge et Solitaire
Résumé
Fille présumée de Hugues Capet, Aurélie s'enfuit de la cour de France pour échapper à un mariage forcé. Elle se réfugia à Ratisbonne auprès de saint Wolfgang qui lui fit construire un ermitage. Elle y vécut cinquante-deux ans dans la prière et l'anonymat avant de mourir en 1027.
Biographie
SAINTE AURÉLIE, FILLE DE FRANCE,
VIERGE ET SOLITAIRE, AU DIOCÈSE DE RATISBONNE (1027).
On dit que sainte Aurélie était fille de Hugues-Capet et sœur du pieux roi Robert, qui ont tous deux gouverné la France avec beaucoup de sagesse. Il est vrai qu'elle n'est pas marquée par les généalogistes au nombre des enfants du premier ; mais cela peut être venu de ce qu'ils n'ont eu égard qu'à ceux qui ont fait la lignée et qui peuvent servir à montrer la diversité des alliances.
Sa beauté avait tant de charmes, qu'elle se faisait admirer de toute la cour ; mais, d'ailleurs, elle était si honnête et si pudique, qu'elle ne se laissait jamais approcher par aucun homme. C'est pourquoi, ayant découvert que son père l'avait promise en mariage à un jeune prince de son sang, nommé Elwieu, et qu'on faisait déjà les préparatifs pour la solennité des noces, elle eut l'adresse de se déguiser, de sortir secrètement du palais royal et de s'enfuir en Allemagne vers saint Wolfgang, évêque de Ratisbonne.
Elle croyait qu'elle ne serait pas connue de lui dans le pauvre état où elle était, d'autant plus qu'elle lui demanda l'aumône ; mais ce grand prélat, qui avait reçu d'en haut un excellent don de prophétie pour connaître les secrets les plus cachés, s'aperçut bientôt qui elle était. Il admira sa vertu, d'avoir quitté tant d'honneurs et de richesses pour embrasser l'état humilié de la croix de Jésus-Christ, et, la voyant disposée à passer le reste de ses jours dans la solitude, il lui fit bâtir un ermitage, où il l'enferma, afin qu'étant toute à Jésus-Christ, Jésus-Christ fût aussi tout à elle.
Elle y demeura cinquante-deux ans, ignorée des hommes, mais chérie, honorée et visitée par son Époux céleste. Sa vie ne fut qu'un jeûne et une oraison continuelle. Elle se conserva inviolablement dans la pureté du corps que la nature lui avait donnée, et dans la pureté de l'âme qu'elle avait reçue au baptême. Enfin, après avoir opéré plusieurs miracles, qui étaient des marques de son éminente sainteté, elle fut appelée au ciel par son divin Amant, et elle y alla recevoir la couronne d'une gloire immortelle. Ce fut vers le 15 octobre de l'année 1027, environ vingt-huit ans après la mort de saint Wolfgang.
On porta solennellement son corps dans l'abbaye de Saint-Emmeran, où son tombeau fut élevé de terre au milieu du cloître avec cette inscription : *Hic pia florescit Aurelia virgo sepulta : quæ pænas nescit, cæli dulcedine fulta ;* c'est-à-dire : « Sous ce marbre est le corps de la vierge Aurélie, que le ciel favorisa de mille bienfaits ; elle goûte sans fin la véritable vie, pour l'éclat des faux biens que son cœur a su mépriser ».
Le martyrologe romain et celui d'Usuard mettent sa mémoire à Strasbourg ; mais si cette église cathédrale en célèbre la fête, celle de Ratisbonne, qui possède ses reliques et qui a été le lieu de son décès, l'honore depuis huit cents ans comme une de ses principales protectrices. Son ermitage a été changé en une chapelle sous le nom de Saint-André.
Nous avons su vie dans *Rocca*, *Corona, Histoire des Pères de l'Occident* ; dans Michel Roderus, *Bavière sainte*, et dans Du Saussay, *Martyrologe des Saints de France*. — Cette notice est du P. Giry.
16 OCTOBRE.
Événements marquants
- Fuite de la cour de France pour échapper à un mariage avec le prince Elwieu
- Voyage en Allemagne vers Ratisbonne
- Rencontre avec saint Wolfgang qui reconnaît sa sainteté
- Vie en recluse dans un ermitage pendant cinquante-deux ans
- Mort en 1027, vingt-huit ans après saint Wolfgang
Miracles
- Don de prophétie de saint Wolfgang pour la reconnaître
- Plusieurs miracles opérés avant sa mort
Citations
Hic pia florescit Aurelia virgo sepulta : quæ pænas nescit, cæli dulcedine fulta