Saint Paulin d'Aquilée

Patriarche d'Aquilée

Fête : 11 janvier 8ᵉ siècle • saint

Résumé

Originaire d'Alsace, Paulin fut un illustre prélat et savant sous le règne de Charlemagne, devenant patriarche d'Aquilée en 776. Grand défenseur de l'orthodoxie contre l'hérésie d'Elipand et de Félix d'Urgel, il fut une figure centrale des conciles carolingiens et un ami proche d'Alcuin. Il mourut en 804 après une vie dédiée à la réforme de l'Église et à l'évangélisation des Avares.

Biographie

SAINT PAULIN, PATRIARCHE D'AQUILÉE

Prions saint Paulin d'intercéder auprès de Dieu, pour que sa patrie, qui était française au VIIIe siècle, soit délivrée du joug prussien et rendue à la France.

Paulin, second du nom sur le siège d'Aquilée, l'un des plus doctes prélats du règne de Charlemagne, naquit en Alsace, et par conséquent en France. On ignore quelle fut sa famille et le lieu précis de sa naissance. D'Alsace, il passa en Italie où il enseigna publiquement les lettres humaines. Il s'acquit tant de réputation dans cet emploi que le roi Charles, qui protégeait les arts libéraux, se trouvant à Loredo, lui donna par une espèce de reconnaissance des services qu'il rendait au public, une terre en Lombardie. L'acte fut passé en 776, et dès la fin de l'année au plus tôt, le savoir de Paulin et la bonne odeur de ses vertus et de sa conduite, le firent élever à la dignité de patriarche d'Aquilée, dont le siège était alors à Frioul.

Bientôt le nouveau prélat devint la lumière de toute l'Italie, *lux Ausonix patrix*, comme le qualifie Alcuin. Mais il ne se borna pas à éclairer les provinces qui étaient déjà chrétiennes, il voulut porter le flambeau de la foi dans ce qu'on a depuis nommé la Carinthie, où il contribua beaucoup à la conversion des Avares. Le roi Charlemagne n'entreprenait rien que Paulin ne fût ou appelé ou consulté. C'est de quoi il nous reste d'illustres vestiges dans quelques fragments de ses lettres à ce monarque. Rien n'est plus admirable que les avis qu'il lui donne pour faire régner dans ses États le bon ordre, la justice et la vertu. Il témoigne lui-même qu'il se trouva souvent aux Conciles que ce prince assemblait presque tous les ans dans tous les pays de son obéissance. Il brilla surtout dans celui de Ratisbonne (792), et dans celui de Francfort, tenu en 794, contre l'hérésie d'Elipand de Tolède et de Félix d'Urgel. Un de nos anciens annalistes, qui ne parle qu'avec admiration de sa science et de sa sainteté, le met à la tête de cette célèbre assemblée. On croit qu'en qualité de légat du pape Léon III, il présida aussi à un autre grand Concile que Charlemagne assembla à Aix-la-Chapelle, à la fin de l'an 802.

Ce fut sans doute en ces diverses occasions que Paulin fit connaissance avec Alcuin, autre favori du roi Charles, qui l'avait attiré en France. De là se forma entre ces deux grands hommes cette sainte, intime et mutuelle amitié dont on lit tant de traits édifiants dans les lettres et les poésies d'Alcuin. Celui-ci regardait Paulin comme son père et lui portait, en cette qualité, un respect filial. Paulin de son côté avait eu Alcuin une confiance sans réserve, et une estime singulière pour son mérite.

L'écrit de Félix d'Urgel ayant été apporté en France, Alcuin, que Charles avait chargé d'y répondre, se défiant de ses propres forces, pria ce prince de l'envoyer à Paulin, comme à l'un des plus savants évêques et des plus capables de le réfuter. Paulin qui s'était déjà signalé par un autre écrit contre Elipand de Tolède, qui lui avait acquis la réputation d'auteur célèbre, *inclytus auctor*, prit encore la plume et composa trois livres contre Félix.

Tant de services rendus à l'Eglise en général, ne lui firent point négliger les besoins particuliers de son diocèse. Dès l'année 791, il tint un Concile où, après avoir condamné les erreurs qui tendaient à renouveler celles de Nestorius contre la maternité divine et celles qui enseignent que le Saint-Esprit ne procède pas du Père comme du Fils, il régla plusieurs points de la discipline qu'il voulait faire revivre dans sa première intégrité. En 803, il assembla un autre Concile à Altino, où il donna des marques de sa vigueur épiscopale en faveur des immunités de l'Eglise. Il s'agissait des violences de Jean, doge de Venise, qui avait fait mourir indignement Jean, patriarche de Grade, parce que ce prélat lui avait reproché ses scandales. Paulin écrivit une longue lettre synodale à Charlemagne pour implorer sa protection. Ce fut une des dernières actions de notre saint évêque qui mourut l'année suivante, 804, le onzième de janvier, jour auquel il est honoré dans l'Eglise. Alcuin, son ami, lui dressa l'épitaphe suivante :

« Ici, Paulin triomphant repose à tout jamais ; que ce saint père daigne demeurer en ce bercail. Que jamais l'odieux ennemi ne traverse ce temple, de peur qu'il ne désunisse aussitôt les chers amis de cœur que la charité du Christ a unis dans un tendre amour ».

## DES ÉCRITS DE SAINT PAULIN D'AQUILÉE.

La manière dont la plupart des écrits de saint Paulin ont été découverts ferait croire qu'on n'a pas encore retrouvé tous ceux qui sont sortis de sa plume. Il est au moins vrai qu'une grande partie de quelques-uns, dont on n'a que des fragments, est encore cachée ou entièrement perdue. Voici ce qui nous en reste :

Un Traité de la Trinité intitulé *Sacrosyllabus*, contre les erreurs d'Elipand de Tolède et de Félix d'Urgel.

Trois livres contre Félix, évêque d'Urgel. Saint Paulin s'appuie surtout sur l'Écriture et les Saints Pères.

Livres d'instructions salutaires à un comte.

Avis salutaires tirés des écrits des saints Pères. C'est une exhortation à la pénitence.

Actes du Concile de Frioul tenu en 791.

Lettre synodale de saint Paulin au sujet des violences de Jean, doge de Venise.

Lettres de saint Paulin.

Des hymnes au nombre de sept. Deux strophes de l'hymne des Matines de la fête de saint Pierre-aux-Lâcus, dans le Bréviaire romain, sont de saint Paulin.

L'édition la plus complète des œuvres de saint Paulin a été donnée, en 1737, par Madrisius, prêtre de l'Oratoire ; elle est reproduite dans la *Patrologie latina*, tome xcix.

« Ici, Paulin triomphant repose à tout jamais ; que ce saint père daigne demeurer en ce bercail. Que jamais l'odieux ennemi ne traverse ce temple, de peur qu'il ne désunisse aussitôt les chers amis de cœur que la charité du Christ a unis dans un tendre amour ».

Hic Paulinus ovans toto requiescit in aevo ; Hocque sub hoc pater dignus dignatur habere. Institus hoc templum nunquam pertransient hostis, Ne caros antecessores subito disjungat amicos Quos Christi caritas caros conjunxit antecessores.

Événements marquants

  • Enseignement des lettres humaines en Italie
  • Donation d'une terre en Lombardie par Charlemagne en 776
  • Élévation à la dignité de patriarche d'Aquilée fin 776
  • Participation au Concile de Ratisbonne en 792
  • Participation au Concile de Francfort en 794
  • Présidence présumée du Concile d'Aix-la-Chapelle en 802
  • Concile d'Altino en 803 contre les violences du doge de Venise

Citations

lux Ausonix patrix

— Alcuin

Hic Paulinus ovans toto requiescit in aevo

— Épitaphe par Alcuin