Sainte Romule

Vierge Romaine

Fête : 23 juillet 6ᵉ siècle • sainte

Résumé

Religieuse romaine du VIe siècle, Romule vécut dans une grande pauvreté sous la direction de sainte Rédempte. Affligée d'une paralysie totale pendant plusieurs années, elle fit preuve d'une patience héroïque avant de mourir entourée de lumières miraculeuses et de chants angéliques. Ses reliques reposent à Sainte-Marie-Majeure.

Biographie

SAINTE ROMULE, VIERGE ROMAINE

*Memoria Sanctorum animam malis oppressam excitat et recreat.*

Le souvenir des Saints relève et soulage l'âme opprimée par les souffrances.

S. Jean Chrys., *Hom. xxviii sup. Ep. ad Hebr.*

La mort des justes est toujours précieuse devant Dieu, et, pour en donner des marques sensibles, cette divine Majesté a souvent pris plaisir à honorer ce précieux moment de leur triomphe par quelques faveurs et quelques merveilles extérieures que tout le monde pouvait apercevoir. Il ne serait pas à propos d'omettre dans l'histoire de la vie des Saints des morts si miraculeuses. Et puisque celle de sainte Romule est une des plus admirables, et que saint Grégoire en a parlé deux fois, savoir : dans le deuxième livre de ses *Homélies sur l'Évangile* et dans le quatrième de ses *Dialogues*, il est bien raisonnable que nous le suivions dans son zèle. Voici, presque mot pour mot, ce qu'en dit ce grand Pape :

« Lorsque j'allai me renfermer dans un monastère, il y avait une fille fort âgée, nommée Rédempte, qui demeurait dans cette ville de Rome ; après avoir renoncé à toutes les pompes du siècle, elle s'était revêtue d'un habit de religieuse pour servir Dieu avec plus de perfection et de sainteté dans un lieu qu'elle avait choisi près de l'église de la sainte Vierge (c'est celle de Sainte-Marie-Majeure). Elle avait reçu les premiers principes de la vertu dans l'école d'une autre sainte fille appelée Hérondine, que l'on dit avoir fini ses jours dans une solitude qu'elle s'était pratiquée sur les montagnes de Palestine, après y avoir mené une vie plus angélique qu'humaine. Rédempte fit choix de deux compagnes de sa retraite, lesquelles, animées du même esprit, s'estimèrent heureuses de porter un habit comme le sien et de vivre avec elle dans les mêmes pratiques de piété. L'une de ces pieuses vierges s'appelait Romule ; pour l'autre, qui vit encore, il est vrai que je la connais de vue, mais je ne sais pas son nom. Elles demeuraient donc toutes trois dans la même maison, où elles vécurent dans une grande pauvreté des biens de la fortune et dans un grand mépris des vanités du monde, pendant qu'elles faisaient tous les jours de nouveaux efforts pour s'enrichir des trésors de la grâce et pour embellir leurs âmes des plus rares vertus du Christianisme.

« Il est vrai que Romule marchait à si grands pas dans le chemin de la perfection, qu'elle eut bientôt le devant sur sa compagne. Elle avait une patience admirable ; son obéissance était sans exemple ; elle aimait extrêmement la retraite et le silence, et son occupation la plus agréable et la plus ordinaire était l'oraison. Mais le plus souvent Dieu trouve encore des taches et des défauts dans ces âmes que les hommes croient déjà toutes saintes et toutes parfaites, et sa conduite la plus ordinaire à l'égard de ses élus est de les purifier par le feu de la souffrance et de la croix ; il permit que cette illustre vierge tombât dans une paralysie qui, lui ayant entièrement ôté le libre usage de ses membres, la réduisit plusieurs années sur un lit, percluse et immobile, sans néanmoins que, dans la violence et la longueur du mal, elle se laissât aller au moindre mouvement d'impatience. Elle sut si bien profiter de sa maladie, qu'autant elle manquait de force pour les actions du dehors, autant elle avait de ferveur pour s'appliquer à la vie intérieure et à l'exercice de la prière.

« Une si éminente sainteté ne put pas demeurer longtemps sans éclater par quelque grand miracle. Il arriva qu'une nuit, Romule appela Rédempte, avec ces paroles également tendres et empressées : « Ma mère, venez ! ma mère, venez ! » Rédempte, qui avait toujours eu autant d'amour pour Romule et pour sa compagne que si elles eussent été ses propres enfants, se leva aussitôt, et, ayant pris avec elle cette même compagne, elles allèrent ensemble dans la chambre de la malade. Pendant qu'elles étaient auprès de son lit pour la secourir, bien que ce fût au plus fort de la nuit, il parut une grande lumière qui remplit toute la cellule, et dont la splendeur était si surprenante, qu'elle les jeta dans l'épouvante et les fit trembler de tout leur corps, comme je l'ai su dès ce temps-là par le témoignage qu'elles m'en rendirent. Mais leur frayeur fut bien augmentée, lorsqu'au même instant elles entendirent un certain bruit comme d'une foule de monde qui entrait dans la chambre ; car la porte était remuée et battue, comme quand des gens se pressent à qui passera le premier. Effectivement, l'on entrait : mais elles ne pouvaient pas voir les personnes qui entraient ; l'excès de la crainte leur avait troublé la vue, et le grand éclat de la lumière les avait éblouies. Peu de temps après, il se répandit dans toute la cellule une odeur si agréable et si douce, qu'elle apaisa leur crainte et leur terreur. Néanmoins, elles ne pouvaient encore supporter le brillant de cette clarté, qui ne diminuait rien de sa première force : c'est pourquoi Romule, qui souhaitait de donner une consolation entière à Rédempte, qu'elle considérait toujours comme sa maîtresse dans la vie spirituelle, lui dit d'une voix pleine de tendresse : « Ma mère, ne craignez rien, je ne suis pas encore mourante ». Ensuite cette lumière se dissipa peu à peu ; mais l'odeur resta encore les deux jours suivants dans toute sa suavité.

« Le quatrième jour, Romule appela une seconde fois sa chère maîtresse, et la supplia de lui faire donner le saint Viatique, qu'elle reçut avec une grande dévotion. Rédempte et sa compagne n'étaient pas encore retirées, quand elles entendirent une musique admirable qui se faisait dans la place, vis-à-vis la porte de la maison ; elles remarquèrent que ce concert était composé de voix des deux sexes, que les hommes faisaient un chœur et les femmes un autre, et qu'ils se répondaient alternativement avec des accords pleins de charmes. Pendant que les anges célébraient ces pompeuses obsèques, Romule rendit à Dieu sa belle âme, qui fut enlevée par ces deux chœurs célestes : à mesure qu'ils s'éloignaient de la terre, les voix se perdaient insensiblement en devenant plus douces et plus délicates, jusqu'à ce qu'enfin l'on n'entendit plus rien du tout de cette merveilleuse symphonie, et la suave odeur, qui avait embaumé la cellule de notre illustre affligée, cessa aussi de se faire sentir ».

23 JUILLET.

Voilà ce qu'en écrit saint Grégoire, qui rapporte pour témoin un de ses compagnons de sacerdoce, nommé Spéciose ; et le révérend Père Louis de Grenade n'a pas oublié cet exemple dans le *Guide des pêcheurs*, où il fait voir les avantages de la mort du juste sur celle de l'impie.

Le corps de sainte Romule fut porté dans l'église de Sainte-Marie-Majeure, où il repose avec celui de sa pieuse maîtresse Rédempte, comme l'a observé le cardinal Baronius dans ses *Annales* et dans ses doctes *Remarques sur le martyrologe romain*, où il est fait mémoire de ces trois Saintes : Romule, Rédempte et Hérondine.

On la représente écoutant un concert que lui donnent les anges au moment de sa mort.

Ribadeneira.

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Événements marquants

  • Entrée en vie religieuse sous la direction de Rédempte
  • Vie de pauvreté et de prière près de Sainte-Marie-Majeure
  • Atteinte d'une paralysie totale durant plusieurs années
  • Vision d'une lumière céleste et odeurs suaves avant sa mort
  • Réception du saint Viatique
  • Décès au son d'une musique angélique

Miracles

  • Lumière surnaturelle remplissant sa cellule
  • Odeurs suaves persistantes pendant deux jours
  • Concerts de voix d'hommes et de femmes (anges) à son trépas

Citations

Ma mère, ne craignez rien, je ne suis pas encore mourante

— Saint Grégoire le Grand, Dialogues

Date de fête

23 juillet

Époque

6ᵉ siècle

Décès

VIe siècle (époque de Saint Grégoire le Grand) (naturelle)

Catégories

Invoqué(e) pour

soulagement des souffrances, patience dans la maladie

Autres formes du nom

  • Romula (la)

Prénoms dérivés

Romule