Sainte Solange de Berry

Vierge et Martyre

Fête : 10 mai 9ᵉ siècle • sainte

Résumé

Bergère du Berry née à Villemont, Solange voue sa virginité à Dieu dès l'enfance. Poursuivie par Bernard de la Gothie qui voulait l'épouser de force, elle est décapitée pour sa résistance. La légende rapporte qu'elle porta sa tête jusqu'à son lieu de sépulture, devenant la sainte patronne de la province.

Biographie

SAINTE SOLANGE, VIERGE ET MARTYRE

Festa venerunt annua Quibus virgo perennis Honoratur Solangia Alleluia.

À sainte Solange Offrons en ce jour Un chant de louange, Un tribut d'amour.

Ancienne prose en l'honneur de sainte Solange qu'on chante encore aujourd'hui sur l'air O Filli et Filio.

La très-illustre vierge Solange est la patronne, et, pour ainsi dire, la sainte Geneviève du Berry. Elle naquit au bourg de Villemont, à deux ou trois lieues de la ville de Bourges. Son père était un pauvre vigneron qui menait une vie très-chrétienne ; Dieu récompensa sa piété en bénissant son mariage. Il eut une fille qui fut nommée Solange. Chez cette admirable enfant, la beauté du corps et celle de l'âme se rehaussaient réciproquement, de sorte qu'elle faisait les délices de Dieu et des hommes. Son père lui inspira, dès ses plus tendres années, une grande haine pour le péché mortel, et elle conçut, en même temps, un amour si tendre pour son Dieu, qu'elle avait aussi de l'horreur pour les plus petites fautes qui pouvaient blesser les yeux de la divine Majesté. Elle avait tant d'estime et de respect pour les leçons salutaires qu'elle recevait de ses parents, qu'elle les préférait à tous les vains discours et à tous les jeux qui font ordinairement le plaisir et la joie des enfants de son âge.

Cette éducation si sainte, cette docilité à y correspondre disposèrent le cœur de la jeune Solange à recevoir les célestes communications : elle commença, dès l'âge de sept ans, à se sentir brûler des flammes du plus pur amour. Elle avait un attrait particulier pour tout ce qui avait rapport à la vie de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Elle ne se lassait point de bénir son saint nom et de le prononcer partout avec un sentiment de piété qui faisait connaître qu'elle l'avait profondément imprimé dans le secret de son cœur. Ces transports du céleste amour ne lui permirent pas d'attendre plus longtemps pour choisir son parti ; et, comme elle avait déjà méprisé le monde avant même d'en connaître les faux attraits, elle n'hésita pas à prendre pour son unique époux, Jésus-Christ qu'elle aimait si ardemment : elle lui promit de bon cœur de garder une virginité perpétuelle. Il est vrai qu'elle avait toujours vécu dans une grande innocence, mais elle ne se fiait pas à ses propres forces ; il n'y avait point de jour, ni de nuit qu'elle ne priât Dieu de la conserver dans cette pureté angélique qu'il demande des âmes qui lui sont fidèles. Elle se plaisait à répéter souvent ces belles paroles de la vierge sainte Agnès : « J'aime Jésus-Christ qui a eu une vierge pour mère ; j'aime Jésus, puisqu'en l'aimant je demeure chaste, en le touchant je demeure pure, et en l'embrassant je demeure vierge ».

Cette chaste colombe sortait souvent du lieu de sa demeure ordinaire, je veux dire du bourg de Villemont, pour aller gémir plus librement et à loisir dans un lieu solitaire et écarté, qu'on appelle encore aujourd'hui, pour cela, le Champ de sainte Solange. On a élevé depuis, au milieu de ce champ, une croix de bois, qu'il faut souvent renouveler, car les pèlerins en coupent de petits morceaux qu'ils emportent par dévotion. Son père l'avait chargée de la garde d'un petit troupeau : aucune occupation ne convenait mieux aux goûts de Solange ; tout en veillant sur ses moutons, elle pouvait contempler son céleste Époux, qui invite les âmes à venir le trouver dans la solitude ; elle aimait surtout à se le figurer, mourant pour elle sur la croix. Elle se consacrait mille fois à lui, elle lui protestait qu'elle était prête à l'imiter, à souffrir les plus horribles tourments pour son amour. Nous verrons ses vœux exaucés. En attendant, Jésus-Christ, qui ne se laisse jamais vaincre en générosité, combla Solange de ses faveurs : de sorte que, comme une autre Geneviève, elle se rendit très-utile à toutes les populations voisines. Cette jeune bergère sut, comme Geneviève, faire la guerre aux démons, les chasser des lieux dont ils s'étaient emparés, arrêter et dissiper les vents et les tempêtes qui nuisaient aux pays d'alentour. La seule présence de cette chaste vierge faisait sortir les esprits impurs des corps des possédés. Il suffisait aux malades d'avoir le bonheur d'être aperçus dans les chemins par la Sainte, et d'en attendre du secours pour se trouver guéris de leurs infirmités. Ce don de faire si facilement des miracles, qui a été le privilège des plus grands Saints, lui a été communiqué abondamment. Son histoire assure qu'elle arrêtait et faisait disparaître par un seul acte de sa volonté, les animaux qui gâtaient et détruisaient les fruits qui étaient sur la terre ; et que, s'il arrivait que quelqu'une de ses brebis s'écartât et se jetât dans les prairies voisines qui n'étaient pas de son ressort, elle ne se servait ni de chien ni de bâton pour la faire revenir : il lui suffisait d'élever son cœur vers son Époux céleste, et de désavouer intérieurement le dégât que pouvaient causer ces animaux : ils revenaient aussitôt rejoindre le troupeau avec une docilité qui jetait dans l'admiration ceux qui en étaient les témoins.

Voici un autre prodige, qui indique de quelles lumières Dieu éclairait son âme. Si l'on en croit les leçons de l'office que l'Église lui a consacré, il paraissait le jour et la nuit, au-dessus de sa tête, une étoile qui la conduisait en ses démarches, et qui lui servait de règle en tout ce qu'elle devait faire ; cette étoile lui servait spécialement de guide et d'avertissement, lorsque le temps qu'elle avait destiné à l'oraison ou à la psalmodie s'approchait ; comme si cette lumière, qui invitait autrefois les saints rois Mages à aller reconnaître et adorer Jésus-Christ, eût été reproduite pour favoriser cette sainte épouse du même Sauveur, et lui indiquer les précieux moments auxquels le divin Époux demandait ses adorations.

La sainteté de la jeune bergère, ses vertus, sa beauté, la rendirent célèbre. Cette renommée inspira un vif désir de la voir, à Bernard de la Gothie, fils de Bernard, comte de Poitiers, de Bourges et d'Auvergne. Il monte à cheval, et, sous prétexte d'aller à la chasse, il se rend sur les terres de Villemont, où Solange gardait son troupeau. À peine l'a-t-il vue, qu'une passion violente s'empare de son cœur. Il descend aussitôt de cheval, aborde la jeune vierge ; et ayant soin de ne laisser échapper aucune parole qui puisse alarmer son innocence, il lui offre de devenir son épouse. « Par ce mariage », lui dit-il, « vous serez princesse du vaste pays où je règne, vous ferez le bonheur de vos parents aussi bien que le vôtre ».

Solange lui répond que, dès l'âge le plus tendre, elle appartient à Dieu, qu'elle lui a voué son cœur, qu'ainsi elle ne peut plus en disposer en faveur d'aucun homme. Ce refus ne fait qu'irriter le désir du jeune prince ; il résolut d'obtenir par la force ce qu'on refuse à ses prières, à ses promesses. N'écoutant donc que sa passion, il s'élance pour saisir Solange : elle lui échappe, elle fuit : il la poursuit, l'atteint, l'enlève, la met devant lui sur son cheval et l'emporte, faisant, pendant le chemin, de nouveaux efforts pour triompher de ses refus. Mais Solange, fortifiée par la grâce, et préférant la mort à la perte de sa virginité, s'arrache tout à coup des bras de son ravisseur et se jette à terre, auprès d'un petit ruisseau qui coulait en cet endroit. L'amour méprisé se change vite en haine, surtout chez les personnes violentes et brutales. Bernard, plein de honte et de fureur de se voir dédaigné, vaincu par une bergère, se précipite sur elle, l'épée à la main, et lui tranche la tête.

Cette chaste et fidèle épouse était trop chère au Sauveur pour qu'il ne marquât pas sur-le-champ, et par quelque signe miraculeux, combien ce sacrifice lui avait été agréable. Solange donc, qui avait courageusement reçu le coup de la mort, étant debout, ne perdit point cette position, quoique sa tête fût séparée de son corps ; mais, comme si elle eût reçu une nouvelle vie par le mérite du martyre, elle ouvrit paisiblement ses mains pour recevoir sa belle tête ; sa bouche prononça encore par trois fois le saint nom de Jésus, qui lui avait été si familier pendant sa vie. Elle alla ainsi jusqu'à Saint-Martin-du-Cros ; elle fut ensevelie dans le cimetière de cette église, à l'endroit où, en 1281, on éleva, en son honneur, un petit monument en forme d'autel.

On la représente gardant ses moutons, avec une étoile au-dessus de sa tête ; d'autres fois, elle est agenouillée au pied d'une croix, et entourée de son troupeau ; on aperçoit dans le lointain le comte Bernard, accompagné d'un écuyer. Enfin, on la voit, le plus communément, portant sa tête entre ses mains. Nous lisons, dans une Vie de sainte Solange, par M. Oudoul, curé dans le diocèse de Bourges, la description des anciennes tapisseries de l'église de Sainte-Solange ; c'est l'histoire iconographique de cette Sainte. Nous nous empressons de la reproduire ici : « On voit », dit-il, « dans le chœur de Sainte-Solange, six tableaux en tapisserie, d'un fort bon goût et bien exécutés, qui représentent l'histoire de la Sainte, d'après la tradition. Le premier représente sainte Solange entourée de ses brebis, au pied de la croix qui était, dit-on, au milieu du pacage commun. On voit, dans la nef de la même église et dans celle de Saint-Étienne de Bourges, un tableau qui offre le même sujet. Le deuxième représente la pieuse bergère auprès de ses moutons, et le comte, à pied, la sollicitant ; l'écuyer du prince est dans le fond, à cheval.

Le troisième représente le comte à cheval, voulant, aidé de son écuyer, enlever Solange ; dans le fond, on voit le cheval de l'écuyer. Le quatrième représente le prince levant le fer sur Solange qui, inclinée avec résignation, se prépare au martyre ; l'écuyer est derrière le comte : on voit, au haut du tableau, un ange, une couronne à la main. Au bas, on lit cette inscription en laine rouge : Cette histoire, en tapisserie, de sainte Solange, a été faite, en 1470, des deniers de la confrérie. Le cinquième représente sainte Solange debout, sa tête entre ses mains, allant à l'église de Saint-Martin, qui est dans le fond, figurée comme avant l'incendie de la flèche de la tour ; derrière la Sainte, on voit le comte et l'écuyer courant à toute bride. Il est bon d'observer que ce trait merveilleux était gravé sur la chasse de cuivre doré, dont il fut fait présent en 1511, qui, comme l'a judicieusement remarqué quelqu'un, était sur le modèle de la première ; et que, sur la chasse d'argent comme sur celle d'aujourd'hui, on fut soigneux de respecter la tradition en ce point ». Le Père Cahier, dans ses Caractéristiques, donne un croquis très-gracieux représentant sainte Solange après sa mort. La jeune fille est affaissée au pied d'un tertre surmonté d'une croix rustique. De sa main droite, elle ramasse les plis de sa robe sur sa poitrine, et de sa main gauche, qui embrasse la croix, elle tient une palme entrelacée de roses et de lis. Une dague est enfoncée dans son thorax. À côté, un agneau qui bêle ; à terre, la quenouille et le fuseau. La décollation paraît assez peu probable au Père Cahier, dans une lutte comme celle qui a dû s'engager entre la Sainte et son ravisseur. D'ailleurs rien n'empêche de supposer que la victime, percée d'une dague, ait ensuite été achevée par la décapitation.

## RELIQUES ET CULTE DE SAINTE SOLANGE.

On exhuma bientôt ses restes précieux, à cause des miracles qu'ils opéraient ; on les transféra du cimetière dans l'église de Saint-Martin, qui prit alors le nom de Sainte-Solange. Ils furent renfermés d'abord dans une chasse en bois, artistement travaillée ; et, plus tard, dans une chasse en cuivre doré. La dernière translation eut lieu le lundi de la Pentecôte, 8 juin 1511. La cérémonie fut présidée par Mgr Denis de Bar, ancien évêque de Saint-Papoul, qui, avec l'autorisation des vicaires-généraux capitulaires, consacra solennellement, dans cette circonstance, l'église de Sainte-Solange. Au XVIIIe siècle, cette chasse fut renfermée dans une autre d'argent.

En 1793, la chasse de sainte Solange fut enlevée de la paroisse du diocèse de Bourges, qui porte son nom, et ses reliques furent dissipées. Mais « en faisant ma visite d'archidiacre à Méry-ès-Bois, le 5 avril 1843, nous écrit M. Caillaud, vicaire-général, j'y trouvai des reliques de sainte Solange : un fragment du crâne, la mâchoire supérieure et une dent de la Sainte. Ces reliques appartenaient, avant la Révolution, à l'abbaye des Bernardins de Lercès et avaient été transférées avec grande pompe à Méry-ès-Bois, en 1791, lorsque les moines quittèrent le couvent ; je divisai ces reliques en deux portions à peu près égales, dont l'une reste à Méry-ès-Bois, et l'autre fut donnée à la paroisse de Sainte-Solange ».

Le diocèse de Nevers, plus heureux que celui de Bourges, a pu sauver tout ce qu'il possédait des reliques de sainte Solange ; la petite boîte qui les renferme porte cette inscription : Fragments reliquiarum sanctae Solangin, V. M., 1612.

Nous ne pouvons raconter les nombreux miracles qui se sont opérés et s'opèrent encore par l'intercession de la vierge de Villemont : les muets recouvrent la parole ; les aveugles, la vue ; les sourds, l'ouïe ; les paralytiques, le mouvement ; les boiteux, le pouvoir de marcher ; des malades de toute espèce, leur guérison ; des possédés, leur délivrance. M. l'abbé Caillaud nous écrit encore : « Les miracles continuent de s'opérer à Sainte-Solange. En 1834, une personne de la paroisse du Lys-Saint-Georges (Indre), Marie Moulin, âgée de vingt-six ans, y recouvra la parole qu'elle avait perdue depuis quatorze ans. Le 28 mai 1850, une religieuse du Bon-Pasteur, Pauline Barbery, en religion sœur Salut-Alexis, atteinte, depuis trente-huit jours, d'une inflammation de poitrine qui l'avait réduite à un état de faiblesse tel que ses compagnes et le médecin la regardaient comme mourante, fut instantanément guérie, après une neuvaine à sainte Solange ».

Les habitants de Bourges ont toujours eu recours à sainte Solange, dans les calamités publiques, et leur confiance n'a jamais été trompée. Dans ces circonstances, ils demandent qu'on porte processionnellement, dans leurs murs, la chasse qui renferme les reliques de leur sainte patronne.

« Le 31 mai 1637, Henri de Bourbon, prince de Condé, se rendit en pèlerinage à Sainte-Solange et voulut conduire lui-même, à la métropole, les saintes reliques que la population entière réclamait. Ce fut pour Bourges un jour de fête ; on jonchait de fleurs les rues par lesquelles la châsse devait passer ; le devant des maisons était tapissé ; de toutes parts on n'entendait que de pieux cantiques ».

Ces processions avaient lieu principalement dans les temps de sécheresse ; on a le procès-verbal de la dernière qui eut lieu : c'était au mois de juin 1750.

C'étaient toujours des habitants du lieu qui, dans ces processions, portaient la châsse de sainte Solange ; ils devaient être à jeun, en état de grâce, la tête et les pieds nus, couverts de couronnes et de fleurs, et communier à la messe solennelle, dans l'église Saint-Étienne. « On sait », dit le Père Giry, « que deux hommes, qui menaient une vie déréglée, s'étant présentés pour porter la châsse, il leur fut impossible, quelques efforts qu'ils fissent, et quelques secours qu'on leur donnât, de la remuer de la place où elle était. L'an 1631, la procession qui revenait, étant proche le bourg de Paracy, un des porteurs de la châsse s'étant laissé emporter à jurer avec scandale pour quelque chose qui lui déplaçait, fut puni sur-le-champ d'une manière miraculeuse et très-particulière. Un des bras du brancard, sur lequel la châsse était posée, s'appesantit si rudement et si fortement sur son épaule (l'autre bras du même brancard demeurant en l'air), que ce malheureux semblait en devoir être écrasé : ni lui, ni le peuple ne comprirent pas d'abord le mystère ; « mais le criminel », dit l'histoire, « ayant connu, par un autre miracle de la divine bonté, la faute qu'il venait de commettre, en jurant, en demanda aussitôt pardon à Dieu, à la Sainte et au peuple ; et, l'ayant obtenu par de véritables larmes qui marquaient le regret sincère de son cœur, il eut la joie de se voir admis pour continuer à porter ce précieux trésor pendant le reste du chemin : ce qu'il fit sans aucune peine ».

« Une tendre vénération », dit M. Raynal, historien du Berry, « semblable à celle qu'inspira sainte Geneviève dans le diocèse de Paris, s'est attachée au souvenir de la bergère de Villemont. On montre encore l'emplacement de la chaumière où elle est née, le sentier qu'elle suivait pour se rendre au pâturage et qui, dit-on, se couvre, chaque année, d'une récolte plus abondante, le champ où elle allait prier, la fontaine sur les bords de laquelle elle fut décapitée, le lieu où ses restes furent d'abord ensevelis. Le 10 mai, anniversaire de sa mort, le lundi de la Pentecôte, anniversaire de la translation de ses reliques et de la dédicace de son Église, une foule immense de pèlerins, de malades, de mères, tenant leurs enfants dans leurs bras, viennent invoquer son intercession et chercher autour de son église sinon la santé, au moins l'espérance ; sa châsse est portée processionnellement par des hommes revêtus d'aubes et couronnés de fleurs. Cette châsse en bois argenté, aujourd'hui vide des reliques de la Sainte, a remplacé une châsse en argent détruite pendant la Révolution et que la ville de Bourges avait offerte à la modeste église de village en 1657. Jadis, en effet, toutes les fois que régnaient de longues sécheresses, on apportait solennellement, à Bourges, les reliques de sainte Solange, et on a conservé la mémoire de plusieurs de ces processions que des pluies abondantes avaient suivies de bien près. Le pape Alexandre VIII, par une bulle du 19 mars 1658, approuva la pieuse Confrérie qui, depuis longtemps, existait sous le nom de Sainte-Solange, et lui accorda de nombreuses indulgences qui ont été renouvelées jusqu'à nos jours par divers actes du Saint-Siège. Le 8 mai 1693, Mgr Philippeaux de la Vrillière, alors archevêque de Bourges, sur la demande des habitants de la ville, décida que dorénavant la fête de la sainte bergère serait célébrée dans la ville et la septième le 10 mai de chaque année ; seulement, pour la première fois, cette fête était remise au 18 ; et, pour la rendre plus solennelle, on devait apporter, en l'église cathédrale, la châsse où reposaient les précieuses reliques. Il y a quelques années, on voyait encore, dans les vastes appartements du château de Brécy, plusieurs tableaux à fresque qui représentaient le martyre de Solange ; et cette dévotion toute populaire a même dépassé les limites de la province ; ses fêtes attirent beaucoup d'habitants des provinces voisines, surtout du Morvan, et sa mémoire est honorée dans la cathédrale de Nevers ».

Les membres de la Confrérie, les pèlerins, qui viennent aux fêtes annuelles, reçoivent le nom populaire de Cousins de sainte Solange. Il y a, à Bourges (autrefois à Saint-Pierre le Puellier, aujourd'hui à la cathédrale), à Issoudun (église de Saint-Cyr), à Châteauroux (église de Saint-Christophe), à Nevers (cathédrale), des Confréries unies à la Confrérie principale. Les souverains Pontifes ont accordé à cette Confrérie de nombreuses indulgences que Benoît XIV rejeta et confirma en 1751.

Pieuses légendes du Berry, par M. Velliat ; Hist. du Berry, par M. Raynal, t. 177, p. 313. — On trouve encore dans la Vie de sainte Solange, par le R. P. J. Afet (p. 18 et suiv.), d'intéressants détails sur le culte rendu à la patronne du Berry depuis sa mort jusqu'à nos jours, ainsi qu'un grand nombre d'hommes et de prêtres dévoués en son honneur.

10 MAI.

Événements marquants

  • Vœu de virginité perpétuelle à l'âge de sept ans
  • Vie de bergère et miracles ruraux
  • Rencontre avec Bernard de la Gothie lors d'une chasse
  • Refus du mariage et tentative d'enlèvement
  • Décapitation près d'un ruisseau
  • Céphalophorie : elle porte sa tête jusqu'à l'église Saint-Martin-du-Cros

Miracles

  • Dissipation des tempêtes et vents contraires
  • Exorcismes par sa simple présence
  • Obéissance miraculeuse des animaux
  • Étoile guidant ses pas pour la prière
  • Céphalophorie après sa décapitation
  • Arrêt de la sécheresse lors des processions

Citations

J'aime Jésus-Christ qui a eu une vierge pour mère ; j'aime Jésus, puisqu'en l'aimant je demeure chaste, en le touchant je demeure pure, et en l'embrassant je demeure vierge

— Paroles attribuées (citant Sainte Agnès)

Date de fête

10 mai

Époque

9ᵉ siècle

Décès

10 mai (IXe siècle) (martyre)

Catégories

Patron(ne) de

Invoqué(e) pour

sécheresse, calamités publiques, guérison des muets, aveugles et sourds, délivrance des possédés

Autres formes du nom

  • Solangia (la)

Prénoms dérivés

Solange

Famille

  • Inconnu (père (vigneron))