Saint Érasme (Elme)

Évêque et Martyr

Fête : 2 juin 4ᵉ siècle • sainte

Résumé

Évêque d'Antioche au IIIe siècle, Érasme survit miraculeusement à de nombreux supplices sous Dioclétien et Maximien, notamment une chaudière bouillante et une cuirasse ardente. Guidé par des anges, il évangélise l'Italie avant de mourir à Formies en 301. Il est devenu le saint patron des marins sous le nom de saint Elme.

Biographie

SAINT ÉRASME, ÉVÊQUE ET MARTYR

Martyr mortam vitam contemnat, ut vitam mortu custodiat. Un martyr condamne la vie par la mort, afin que la mort lui conserve la vie. S. Cyprien, De laude mort.

Saint Érasme s'étant retiré dans une solitude sur le Mont-Liban, pour implorer le secours de Dieu en faveur de l'Église persécutée par les empereurs Dioclétien et Maximien, y fit beaucoup de prodiges. Les anges descendaient du ciel pour s'entretenir avec lui ; les bêtes les plus sauvages venaient à sa cellule, se prosternaient à ses pieds et lui rendaient les services qu'il souhaitait, et un corbeau lui apportait à manger. Il ne laissait pas, néanmoins, de se rendre de temps en temps à la ville d'Antioche, dont il était évêque : il y chassait les démons des corps des possédés, et convertissait par ses exhortations et baptisait beaucoup d'infidèles.

Dioclétien le fit d'abord battre de verges, puis frapper de fouets garnis de plomb avec une horrible cruauté ; mais ces tourments ne l'ayant pas ébranlé, on prépara une grande chaudière, remplie de résine, de poix, de soufre et de cire bouillante, dans laquelle on le jeta sans que, par la permission de Dieu, il en reçût aucun mal. Frappés d'étonnement à la vue de ce miracle, les païens qui étaient accourus pour jouir du spectacle de ses souffrances, détestant leurs faux dieux, se convertirent à Jésus-Christ.

Mais le tyran, plein de rage, ordonna qu'on enfermât le Martyr dans un cachot, et qu'on l'y laissât mourir de faim, menaçant de mort quiconque serait assez hardi pour lui porter à manger.

Au milieu de la nuit, une lumière admirable éclaira la prison, que remplit bientôt un parfum céleste, et un ange adressa ces paroles au saint Martyr : « Lève-toi vite, Érasme, et suis-moi, car tu dois convertir encore beaucoup d'âmes à Jésus-Christ ».

Érasme se lève et suit son guide, qui le conduit à Lucrinum, ville d'Apulie, où, par ses miracles, par ses éclatantes vertus, par sa parole inspirée de Dieu, il arracha aux ténèbres du paganisme un très-grand nombre d'habitants de ces contrées.

La gloire de ses conquêtes se répandit au loin : l'empereur Maximien le sut et il accourut, non pour s'assurer de ces prodiges, mais pour s'en venger. Il fait venir Érasme à son tribunal et lui dit : « Quelle religion professes-tu ? »

Le saint Martyr, levant les yeux au ciel, lui demandait la force et la grâce de répondre avec fermeté aux questions du tyran. Maximien s'en aperçut et lui fit donner des soufflets. « Prends garde à toi », ajouta-t-il, « et sacrifie aux dieux ».

Bientôt on fit rougir au feu une cuirasse de fer, et quand elle fut bien ardente, on en revêtit le Martyr comme d'un vêtement. Mais Notre-Seigneur, qui avait préservé les trois jeunes gens dans la fournaise, préserva encore son serviteur des atteintes du feu. Il sortit de cette fournaise de fer, sans que son corps portât la moindre trace des flammes qui le devaient dévorer.

Le tyran, dont la colère allait jusqu'à la rage, fit remplir une chaudière de plomb, de poix, de résine et d'huile. On les fit fondre et bouillir ensemble, et on y jeta le saint Martyr. Mais tout obéit à la main de Dieu ; la chaudière fumait, bouillait, écumait ; elle roulait le Martyr dans ses flots bouillonnants, sans pouvoir attaquer sa vie. Le tyran vaincu ordonna en frémissant qu'on le retirât de la chaudière, et le fit enfermer dans un cachot obscur, en attendant qu'il eût inventé quelque supplice bien cruel pour s'en délivrer. Mais cette nuit-là même, un ange apparut encore à saint Érasme ; il le délivra de ses liens, le conduisit sur le rivage de la mer, où une barque les attendait ; ils y montent ensemble, et l'ange le débarqua à Formies, ville de Campanie, située près de Gaëte. Là encore, par ses miracles, ses vertus, ses prédications, il gagna un grand nombre d'âmes à Jésus-Christ.

Dieu enfin voulut récompenser son courage et ses travaux. Un jour que le saint Martyr était tout absorbé dans sa prière, il entendit une voix du ciel qui lui dit : « Érasme, bon et fidèle serviteur, puisque tu as combattu le bon combat, viens recevoir la couronne de gloire que je t'ai préparée ».

Il leva les yeux et aperçut en effet une couronne très-précieuse que les anges lui apportaient ; alors il dit en inclinant la tête : « Seigneur, recevez mon esprit ». En prononçant ces paroles, son âme s'échappa de son corps sous la forme d'une colombe d'une éclatante blancheur : elle fut entourée aussitôt d'une troupe céleste, et présentée à son Créateur, qui l'avait fortifiée au milieu de ses tourments, arrachée à tant et de si redoutables périls.

Ce saint évêque mourut, au rapport de Baronius, l'an de Notre-Seigneur 301.

Son corps, au rapport de saint Grégoire le Grand, fut enterré à Formies, où il a demeuré jusqu'au VIe siècle dans l'église cathédrale ; mais après la destruction de cette ville par les Sarrasins, il a été transféré à Gaëte (842), où il est encore maintenant en grande vénération. Saint Benoît, patriarche des religieux d'Occident, était si dévot à ce bienheureux Martyr, qu'il fit bâtir deux basiliques en son honneur : l'une à Rome, et l'autre à Vérulle.

On représente saint Érasme avec un ange. Cela rappelle le fait de sa délivrance et de son voyage en Italie. Ce voyage miraculeux du Saint sur mer a donné naissance à la dévotion qui a pris ce Saint pour patron des marins. Les Italiens appellent saint Érasme, saint Elme ; les Espagnols ont transporté ce nom à saint Pierre Gonzalez, un de leurs saints qu'ils ont pris également pour patron des gens de mer.

Le pape Gélase II, étant moine au Mont-Cassin, écrivit la vie de saint Érasme, comme l'assure Pierre Diacre, au recueil qu'il a fait des hommes illustres de ce monastère. Les Bellandistes pensent que les actes de saint Érasme ont été attirés et qu'on lui a attribué plusieurs faits qui se rapportent à d'autres saints. — Cf. AA. SS., 2 juin.

Événements marquants

  • Retraite sur le Mont-Liban
  • Épiscopat à Antioche
  • Supplices sous Dioclétien (verges, chaudière bouillante)
  • Délivrance miraculeuse par un ange vers Lucrinum
  • Supplices sous Maximien (cuirasse ardente, chaudière de plomb et d'huile)
  • Transport miraculeux par mer vers Formies
  • Mort paisible après avoir entendu une voix céleste

Miracles

  • Nourri par un corbeau sur le Mont-Liban
  • Inviolabilité dans une chaudière de résine et de soufre
  • Délivrance de prison par un ange
  • Inviolabilité dans une cuirasse de fer rougie au feu
  • Transport miraculeux en barque vers Formies
  • Âme s'échappant sous forme de colombe

Citations

Martyr mortam vitam contemnat, ut vitam mortu custodiat.

— S. Cyprien, De laude mort.

Érasme, bon et fidèle serviteur, puisque tu as combattu le bon combat, viens recevoir la couronne de gloire que je t'ai préparée

— Voix céleste citée dans le texte