Saint Maximin (Mesmin) de Verdun
Deuxième abbé de Micy
Résumé
Neveu de saint Eusèbe de Verdun, Mesmin devint le second abbé de Micy au VIe siècle. Reconnu comme un grand thaumaturge, il est célèbre pour avoir terrassé un dragon dévastateur et multiplié les vivres durant une famine. Il mourut vers 520, laissant derrière lui une communauté florissante et une réputation de charité immense.
Biographie
SAINT MAXIMIN OU MESMIN DE VERDUN,
DEUXIÈME ABBAE DE MICY, AU DIOCÈSE D'ORLÉANS (vers 520).
Saint Eusèbe, prêtre et archidiacre de l'église de Verdun, après avoir porté le roi Clovis à pardonner à cette ville rebelle, qu'il tenait assiégée (498) et qu'il avait dessein de saccager, gagna tellement les bonnes grâces de ce prince, qu'il obtint aisément tout ce qu'il voulut lui demander. Clovis le mena avec lui à Orléans, où il lui céda le territoire de Micy pour y bâtir un monastère.
Mesmin, neveu de saint Eusèbe, suivit son bienheureux oncle à Orléans : il y fut ordonné diacre et ensuite élevé à la dignité sacerdotale par Eusèbe, évêque de cette ville. Notre jeune prêtre sut assembler en fort peu de temps, conjointement avec saint Eusèbe, un grand nombre de religieux d'une piété et d'une ferveur admirables : le monastère de Micy fut fondé.
Deux ans après cette fondation, le bienheureux Eusèbe s'endormit dans le Seigneur : Mesmin en eut tant de douleur, que l'évêque Eusèbe fut obligé d'aller exprès à Micy, de l'emmener même dans son palais et de l'y retenir plusieurs jours pour le consoler de cette perte. Étant retourné dans son abbaye, ses vertus y parurent avec encore plus d'éclat qu'auparavant. Il était un parfait modèle d'humilité, de patience, de douceur, d'affabilité et de toutes les autres perfections religieuses ; il joignait tellement l'étude de la contemplation avec la sollicitude pastorale, que l'une ne nuisait point à l'autre, et que, sans perdre l'esprit d'oraison ni la présence de Dieu, il pourvoyait sagement à tous les besoins de ses religieux. Sa communauté grossissait de jour en jour, parce que chacun s'empressait de se mettre sous sa conduite, que les solitaires même quittaient leurs déserts, et les moines leurs abbayes, pour venir se soumettre à la direction d'un homme si éclairé. Sa charité envers les pauvres n'avait point de bornes, et son monastère s'étant extrêmement enrichi par le soin qu'il prenait de faire cultiver les terres que le roi lui avait données, il répandait abondamment sur les nécessiteux les biens qu'il recevait de la main libérale de Dieu. Le don des miracles lui fut conféré d'une manière très-excellente. Il apaisa, par sa seule parole, une tempête qui allait faire périr des bateaux de blé qu'il avait sur la Loire. Il multiplia du vin et du froment dans une famine, afin d'avoir de quoi continuer ses aumônes envers le peuple affligé et presque consumé de la faim. Il fit mourir un horrible dragon qui empestait, par son haleine, tout l'Orléanais, en lui dressant un bûcher où il le contraignit de se brûler. Il délivra un possédé qui ne méritait pas cette grâce, parce qu'il était fort libertin. Il rendit la vue à deux aveugles, dont un l'avait perdue pour avoir coupé malicieusement un arbre qui appartenait à son monastère. Enfin, il fit quantité d'autres prodiges qui le firent respecter comme le thaumaturge de son siècle.
Sa vie ne fut pas fort longue, parce qu'il fut bientôt mûr pour l'éternité. Il mourut entre les bras de ses enfants, plein de mérites et de gloire, vers l'année 520. Son corps fut enterré, ainsi qu'il l'avait ordonné, au même endroit où il avait vaincu le monstre dont nous venons de parler : c'est le lieu où est à présent l'église paroissiale de Saint-Mesmin (Loiret, arrondissement et canton d'Orléans). Plus tard, on le transporta dans une église plus proche de la ville, que saint Avit avait fait bâtir en son honneur ; mais dans la suite, sous Jonas, évêque d'Orléans (821-843), il fut rendu à son abbaye de Micy, qui a pris son nom.
La simple lecture de la vie de saint Mesmin suggérera facilement ses caractéristiques principales.
Ce récit est du Père Giry.
Événements marquants
- Suit son oncle Eusèbe à Orléans
- Ordination comme diacre puis prêtre par l'évêque Eusèbe d'Orléans
- Fondation du monastère de Micy avec son oncle
- Devient le deuxième abbé de Micy à la mort d'Eusèbe
- Victoire contre un dragon qui empestait l'Orléanais
Miracles
- Apaisement d'une tempête sur la Loire par sa parole
- Multiplication du vin et du froment pendant une famine
- Destruction d'un dragon par le feu
- Délivrance d'un possédé
- Guérison de deux aveugles