Saint Airy de Verdun

Dixième évêque de Verdun

Fête : 1er decembre 6ᵉ siècle • saint

Résumé

Dixième évêque de Verdun au VIe siècle, Airy fut un pasteur humble et charitable, proche des rois d'Austrasie. Il est célèbre pour avoir multiplié miraculeusement le vin d'un baril pour le roi Childebert II et pour avoir obtenu la grâce de condamnés. Il mourut en 591 après quarante ans d'un épiscopat marqué par la piété et le conseil aux princes.

Biographie

SAINT AIRY, DIXIÈME ÉVÊQUE DE VERDUN (591).

Airy naquit à Harville, au diocèse de Verdun, d'une humble mais honnête famille. Étant demeurés longtemps sans enfants, ses parents l'obtinrent à force d'aumônes et de prières. Thierry, roi d'Australie (544-531), consentit à être son parrain. Dès l'âge de sept ans, ses parents le conduisirent à Verdun pour qu'il y fît ses études ; il donna de bonne heure des marques de sa future sainteté. On ne le vit jamais courir après les frivolités, les jeux et les amusements, parfois dangereux, pour lesquels se passionne l'enfance, mais toujours sérieux, réservé, modeste. Le printemps de son adolescence se couvrit des fleurs de toutes les vertus, et de bonne heure il fut admis dans les rangs de la milice cléricale. Avec son âge croissaient sa piété, son antidote à la prière ainsi qu'à l'étude des livres saints, si bien qu'il fut élevé au sacerdoce et bientôt après à l'épiscopat comme successeur de l'évêque saint Désiré qui venait de mourir (554). Il n'avait alors que trente-trois ans.

Parvenu à cette haute dignité, il ne se départit en rien de sa première pauvreté ; c'était toujours la même frugalité dans la nourriture, la même simplicité dans les meubles et les vêtements : S'adonnant tout entier à faire paître le troupeau du Seigneur par la parole et l'exemple, il ne gardait pour lui des prérogatives de sa charge que le travail et le souci. Venance Fortunat, s'étant arrêté à Verdun au retour d'un voyage de Rome, fut témoin de sa charité, et il la célèbre en ces termes :

> Sumit pauper opem, tristis opem, nudus amictum. > Omnia quidquid habes omnibus esse facis.

Entre autres miracles qui firent éclater sa sainteté, il ne faut pas oublier celui qu'il opéra à Laon sur un condamné à mort, qu'il délivra miraculeusement de ses liens et dont il obtint la grâce. Il releva de ses ruines une chapelle de Saint-Jean-Baptiste, située hors des murs de la ville, et la dédia à saint Médard, évêque de Noyon. Peu de temps après, une révélation divine lui apprit que les corps de saint Maur, de saint Salvin et saint Arateur reposaient ensevelis dans ce même lieu.

Notre saint évêque était en grand crédit auprès des princes qu'il aidait de ses conseils et de ses services dans l'administration du royaume. Sigebert, roi d'Australie (561-575), voulut qu'il baptisât son fils Childebert. Celui-ci, lorsqu'il fut élevé sur le trône, montra pour le saint évêque un respect tout filial, comme nous l'assure saint Grégoire de Tours. Une fois entre autres, traversant Verdun, il descendit à l'évêché, et là, touché des vertus de l'évêque, de son dédignement et de sa confiance en Dieu, il fit à l'église de Verdun des donations considérables en vignes et en fonds de terres. Saint Airy avait d'abord obtenu de Childebert la grâce du général Gontran-Boson qui avait manqué à ce roi ainsi qu'à la reine Brunehaut ; mais il ne put l'arracher depuis aux coups de la justice. Il vit aussi assassiner dans sa propre chapelle Bertefroi, qui s'était révolté ; ce qui le toucha surtout dans ce dernier événement fut la profanation du lieu saint. Il mourut le premier de décembre 591, la quarantième année de son épiscopat, et fut enterré dans la chapelle de Saint-Martin, qu'il avait fait bâtir, et qui, dans la suite, porta son nom. Son corps est maintenant religieusement conservé dans la cathédrale.

On conservait encore au siècle dernier, dans le trésor de la même cathédrale, la cuillère de table de saint Airy ; elle était de bois, avec un manche assez long, orné de quelques petits clous d'ivoire ; de plus, deux couteaux du même Saint, avec des manches d'ivoire gravés : les lames de ces couteaux avaient près de douze à quinze pouces de longueur ; à leur extrémité était une espèce de crochet formé de la même lame, « comme pour accrocher la viande », dit dom Calmet, « lorsqu'elle n'était pas bien coupée, ou pour attirer à soi ce qui était sur la table, afin de le distribuer aux convives ».

Le baril est, dans les tableaux, l'attribut de saint Airy, comme le dragon est celui de saint Vannes. La légende verdunoise va nous donner la clé de ce symbole. Le roi Childebert II vint

2 DÉCEMBRE.

un jour voir le saint évêque à Verdun. Or, les Francs étaient grands buveurs : chaque seigneur du cortège royal avait amené avec lui beaucoup d'hommes ; et, comme on n'attendait point ces hôtes, les provisions de la maison épiscopale se trouvèrent bientôt épuisées. Le cellérier vint, fort en peine, annonçant qu'il ne restait plus dans la cave qu'un seul baril ou petite tonne ; on ne pouvait d'ailleurs trouver en ville du vin digne de pareils convives, parce qu'alors il n'y avait point de vignoble à Verdun. Force fut donc de s'en rapporter à la Providence. On monta le baril dans la salle du repas, et saint Airy l'ayant bénit avec tout ce qu'on devait servir, on vit avec surprise qu'il était intarissable. La même chose arriva les jours suivants et tant que le roi fut à l'évêché. Le roi, apprenant par ce prodige que l'évêché manquait de vignes, lui fit présent de deux amandes au pays messin. (Ce mot, suivant les savants, signifie une pièce de vigne produisant assez de vin pour remplir un de ces gros tonneaux dits alors hamn, aujourd'hui foudres).

Propre de Verdun ; Histoire de Verdun et du pays verdunois, par l'abbé Clouët ; Histoire civile et ecclésiastique de Verdun, par Roussal.

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## II JOUR DE DÉCEMBRE

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### MARTYROLOGE ROMAIN.

A Rome, le martyre de sainte BIBIANE, vierge, qui fut si longtemps flagellée avec des cordes armées de plomb, pour le nom de Jésus-Christ, sous l'empereur sacrilège Julien l'Apostat, qu'elle mourut entre les mains des bourreaux. Vers 363. — Au même lieu, les saints martyrs Eusèbe, prêtre, Marcel, diacre, Hippolyte, Maxime, Adrias, Pauline, Néon, Marie, Martane et Aurélie, qui furent mis à mort dans la persécution de Valérien, sous le juge Secondien. 256. — Encore à Rome, saint Pontien, martyr, avec quatre autres. — En Afrique, la naissance au ciel des saints martyrs Sévère, Secure, Janvier et Victorin, qui reçurent en ce lieu la couronne de leur fidèle confession. Vers 300. — A Aquilée, saint Chromace, évêque et confesseur. Vers 469. — A Imola, saint PIERRE, surnommé CHRYSOLOGUE, évêque de Ravenne, renommé pour sa doctrine et pour sa sainteté. On fait sa fête le 4 décembre. Vers 450. — A Vérone, saint Loup, évêque et confesseur. VIe s. — A Edesse, saint Nonne, par les prières duquel la pénitente Pélagie fut convertie à Jésus-Christ. Vers 463. — A Troade, en Phrygie, saint Silvain, évêque, illustre en miracles. — A Brescia, saint Évase, évêque.

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### MARTYROLOGE DE FRANCE, REVU ET AUGMENTÉ.

Au diocèse d'Angers, fête de la réception (1839), dans l'église cathédrale de cette ville, des reliques de saint Maurice et de plusieurs de ses compagnons, martyrs de la légion thébéenne.

Valérien, farouche de la liberté avec laquelle il entendit Maxime parler contre les idoles, le fit jeter du haut d'un pont dans le Tibre. Eusèbe trouva le corps du martyr et l'enterra dans le cimetière de Cullista. Son tombeau se voyait encore dans les catacombes du temps de Baronius (1538-1607).

Adrias, Pauline et leurs enfants furent arrêtés avec Eusèbe, Hippolyte et Marcel. On les renferma tous dans la prison Mamortine d'où on les tira, trois jours après, pour les effrayer par la vue des tourments : ils les méprisèrent et restèrent inébranlables. Pauline expira entre les mains des bourreaux ; Eusèbe et Marcel furent décapités. Leurs corps furent ensevelis à un mille de Rome, sur la voie Applienne. Adrias et Hippolyte furent battus avec des fouets garnis de plomb jusqu'à ce qu'ils expirassent. Néon et Marie furent décapités.

On assure que les corps de saint Hippolyte, de saint Adrias, de sa femme et de ses enfants, sont actuellement à Rome, dans l'église de Sainte-Agnine. — Godescard, Tillemont.

MARTYROLOGES. 19

Au diocèse de Beauvais, saint CONSTANTIN, abbé. 570. — Dans plusieurs contrées de France, saint Fré (Fredus), abbé en Irlande, français d'origine. Époque incertaine. — A Rouen, saint Avitien (Avit, Avidien), héritier du siège et des vertus de saint Mellon ou Melsine de Cardiff (22 octobre 311). A la prière de Constantin le Grand, il se rendit à Arles (314), avec son diacre Nicétina, afin d'assister à ce premier grand concile des Gaules et de l'Occident. Il souscrivit les actes de cette auguste assemblée. Après sa mort, il fut inhumé dans le cimetière public, d'où son corps fut plus tard transféré dans la crypte de Saint-Gervais, qui montre encore son tombeau. 325. — En Belgique, le bienheureux Jean de Ruysbroeck, prieur de Groenendael, dans la forêt de Suignies (Hainaut). Né en 1294, il quitta sa mère à l'âge de quatorze ans et se rendit à Bruxelles, chez Jean Hinckaert, son parent, chanoine de Sainte-Gudule. Il commença ses études dans cette ville, y reçut les ordres et devint chapelain de Sainte-Gudule. En 1343, Jean et son parent renoncèrent à leurs bénéfices, quittèrent Bruxelles, et firent bâtir un monastère dans la solitude de Groenendael. Ils y vécurent en commun avec quelques compagnons qui étaient venus s'associer à leurs exercices de piété. A la prière de l'abbé de Saint-Victor de Paris, ils embrassèrent (10 mars 1348) la Règle des Chanoines réguliers de Saint-Augustin, et Jean fut nommé prieur de la nouvelle communauté, qui devint en peu de temps la plus florissante de la contrée. Le bienheureux Jean s'éteignit au milieu de ses frères, à l'âge de quatre-vingt-sept ans 1381.

## MARTYROLOGES DES ORDRES RELIGIEUX.

**Martyrologe des Chanoines Réguliers.** — A Alexandrie, saint Anien, confesseur, très-célèbre parmi les clercs réguliers pour l'observance de la vie religieuse et le don des miracles ; disciple de saint Marc et son successeur dans l'épiscopat, il propagea l'Évangile sans s'épargner aucune fatigue. Il mourut le 25 avril. Son corps repose à Venise, dans l'église de Sainte-Marie de la Charité. Vers 86.

**Martyrologe de l'Ordre des Cisterciens.** — A Rome, le martyre de sainte Bibiane, vierge, qui fut si longtemps flagellée avec des cordes armées de plomb, pour le nom de Jésus-Christ, sous l'empereur sacrilège Julien l'Apostat, qu'elle mourut entre les mains des bourreaux. Vers 363. — Le même jour, l'anniversaire solennel pour les parents et les proches défunts des moines de l'Ordre des Cisterciens.

**Martyrologe de l'Ordre des Déchaussés de la très-sainte Trinité.** — L'Octave de sainte Catherine, vierge et martyre. IVe s.

**Martyrologe de l'Ordre de la bienheureuse Vierge Marie du Mont-Carmel.** — A Imola, saint Pierre, évêque de Ravenne, surnommé Chrysologue, célèbre par sa doctrine et sa sainteté, dont la fête se célèbre le 4 décembre. Vers 458.

**Martyrologe de l'Ordre des Carmes Déchaussés.** — De même que ci-dessus.

## ADDITIONS FAITES D'APRÈS DIVERS HAGIOGRAPHES.

Chez les Frères Prêcheurs, le bienheureux Jean Armero, confesseur, de l'Ordre de Saint-Dominique. Il se présenta comme frère convers au couvent de Bacza, en Espagne (Andalousie) ; mais, à cause de son admirable sainteté, on l'obligea à prendre l'habit des frères de chœur. L'étude et l'oraison occupèrent toute sa vie, avec le ministère du salut des âmes. Il passait les nuits entières devant le Saint-Sacrement, et s'il se reposait un peu, c'était sur la terre nue ou sur une pauvre

Innocent, don d'Eusèbe, évêque d'Angers, qui l'avait apporté (XIVe siècle) du monastère de Saint-Maurice-en-Valais ; — un bras de saint Maurice, don de l'archevêque de Philippes qui l'avait obtenu (XIIIe siècle) de Constantinople ; — un os entier de la jambe d'un des soldats-martyrs, et le radius du bras gauche de saint Victor, dans Pierre, abbé de Saint-Maurice (XVIIIe siècle). — Ces précieuses reliques, déposées tout d'abord dans l'église Saint-Lô-hors-des-Murs, furent transférées solennellement dans l'église cathédrale, par Claude, évêque d'Angers. La Révolution profana ce trésor. Toutefois, grâce au zèle pieux de Charles, évêque d'Angers, plusieurs fragments des os de saint Maurice, obtenus du monastère suisse, purent être déposés dans la cathédrale, le 28 avril 1889. — Progrès d'Angers. — Cf. Vie de saint Maurice, au 22 septembre.

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chaise. Durant soixante-dix ans qu'il vécut en religion, il ne transgressa jamais un point de la Règle. Ses pénitences étaient extraordinaires. Durant sa vie et après sa mort, il a opéré un grand nombre de miracles, qui lui ont mérité de la part des fidèles les démonstrations du culte public. On a voulu poursuivre sa canonisation ; mais les révolutions survenues depuis sa mort ont empêché jusqu'à présent la réalisation de ce projet. 1566. — En Égypte, saint Héracléemon, anachorète. IVe s. — En Éthiopie, saint Eliab, confesseur. — Encore en Éthiopie, saint Siméon l'Afamarie, confesseur.

Événements marquants

  • Naissance à Harville
  • Baptême par le roi Thierry
  • Études à Verdun dès l'âge de sept ans
  • Élévation au sacerdoce puis à l'épiscopat en 554 à l'âge de 33 ans
  • Baptême de Childebert, fils de Sigebert
  • Miracle du condamné à mort à Laon
  • Miracle du baril de vin intarissable lors de la visite de Childebert II
  • Mort après 40 ans d'épiscopat

Miracles

  • Délivrance miraculeuse des liens d'un condamné à mort à Laon
  • Multiplication miraculeuse du vin d'un unique baril pour la cour royale
  • Révélation divine de l'emplacement des corps de saint Maur, saint Salvin et saint Arateur

Citations

Sumit pauper opem, tristis opem, nudus amictum. Omnia quidquid habes omnibus esse facis.

— Venance Fortunat