Saint Simplice d'Autun
Évêque d'Autun
Résumé
Issu d'une noble famille gallo-romaine, Simplice vécut dans la chasteté avec son épouse avant de devenir évêque d'Autun. Il fit triompher la foi chrétienne sur le culte de Cybèle et prouva sa vertu par le miracle des charbons ardents. Son épiscopat fut marqué par sa participation aux grands conciles du IVe siècle et par les invasions vandales.
Biographie
SAINT SIMPLICE, ÉVÊQUE D'AUTUN (vers 420).
Simplice était issu d'une de ces grandes et respectables familles gallo-romaines sur lesquelles la foi et la vertu attiraient l'estime et la considération générales. Deux vertus principalement le distinguèrent dès ses plus tendres années : une aimable simplicité et une charité éminemment tendre, active et généreuse.
Pour se conformer au désir de son père qui voyait l'espoir de la famille, Simplice consentit à s'engager dans les liens du mariage : la noble compagne de sa vie lui apporta outre la splendeur de sa naissance, la fortune et la grâce, un trésor mille fois plus précieux, la vertu, la piété, toutes les qualités de l'esprit et du cœur.
D'un commun accord ils prirent la résolution de vivre comme un frère et une sœur, de subvenir, par la réunion de leurs fortunes, aux besoins d'un plus grand nombre de malheureux, et de passer ensemble une partie des nuits en prières.
Cependant un certain nombre d'années s'écoulèrent, et le saint évêque d'Autun, Égémone, vint à mourir. Tous les regards alors se tournèrent spontanément vers Simplice ; nul ne fut jugé plus digne que lui de recueillir l'héritage d'un Saint, plus capable de réparer la perte que venait de faire l'Église d'Autun.
Il devint en effet un des premiers de ces éminents évêques qui commencèrent alors à jouer, non-seulement dans l'ordre religieux, mais encore dans l'ordre social et civil, un rôle si grand, si utile, si salutaire.
Toutefois, comme il avait jugé à propos de garder avec lui, après son ordination, celle qu'il regardait moins comme une épouse que comme une sœur, ne croyant pas devoir lui faire au cœur une blessure inutile, injuste et cruelle en l'éloignant de sa maison, il ne put échapper aux traits de la calomnie.
Les habitants de la cité païenne firent contre lui une manifestation tumultueuse le jour de Noël ; mais Dieu lui-même prit en main la cause de son serviteur.
Sa vertueuse épouse, effrayée, essaya d'abord de détromper le peuple, puis tout à coup, poussée comme par une inspiration céleste, elle étendit son manteau, y reçut et fit également déposer dans un pan de celui de Simplice des charbons aux yeux de toute cette foule réunie et ameutée. Le feu respecta les vêtements qui couvraient ces chastes corps ; aussitôt tout le monde cria au miracle, et plus de mille personnes converties à la vue de ce prodige demandèrent et reçurent le baptême.
Un autre miracle opéré par le saint évêque, ouvrit les yeux à un grand nombre de païens et les porta à quitter pour toujours le culte de Cybèle qui était parmi eux en grande vénération.
Simplice eut des rapports d'amitié avec saint Amateur, évêque d'Auxerre ; il signala, par la consécration d'une chapelle en l'honneur de saint Symphorien, sa piété envers ce premier martyr d'Autun.
On croit communément qu'il assista au concile de Cologne tenu contre l'arien Euphrate ; saint Athanase le compte parmi ceux qui, pour la défense de son innocence et celle de sa foi, souscrivirent au concile de Sardique ; il prit part aussi au synode de Valence, tenu en 374, pour le maintien de la discipline ecclésiastique.
Les dernières années de son épiscopat furent troublées par les affreux désastres qui frappèrent son diocèse, quand une nuée de Vandales, sortie du Nord, remplit le territoire d'Autun de ruines et de carnage.
Enfin, après un long épiscopat marqué par d'innombrables conversions qui achevèrent de rendre le pays chrétien, il mourut plein de jours et de mérites et vint prendre place auprès de ses prédécesseurs. Son corps fut déposé dans un tombeau que l'on conservait encore au dernier siècle dans l'église Saint-Pierre-l'Étrier.
On a conservé longtemps une partie de ses reliques dans l'abbaye d'Andoche et au Val-de-Grâce, à Paris.
Propre d'Autun ; — Cf. Dinet, Saint Symphorien et son culte.
Événements marquants
- Mariage et vœu de chasteté partagé avec son épouse
- Élection au siège épiscopal d'Autun après la mort d'Égémone
- Miracle des charbons ardents pour prouver sa chasteté le jour de Noël
- Destruction de l'idole de Cybèle
- Participation au concile de Sardique et au synode de Valence (374)
- Invasion des Vandales dans le diocèse d'Autun
Miracles
- Port de charbons ardents dans son manteau sans brûler le vêtement
- Conversion de mille païens suite au miracle des charbons
- Miracle provoquant l'abandon du culte de Cybèle