Saint Thomas (Apôtre)

Apôtre

1ᵉʳ siècle • saint

Résumé

Après son martyre aux Indes, le corps de saint Thomas fut conservé à Méliapour avant d'être partiellement transféré à Édesse puis à Ortona. En 1522, les Portugais redécouvrirent ses restes et les transportèrent à Goa. Des reliques insignes, comme sa main droite, furent également honorées en France à Saint-Denis et Chartres.

Biographie

CULTE ET RELIQUES.

Les disciples de saint Thomas enlevèrent son corps et l'enterrèrent dans l'église qu'il avait fait bâtir; ils mirent dans son sépulcre le fer de la lance dont il avait été percé, le bâton dont il se servait dans ses voyages, et une urne pleine de terre teinte de sang.

Depuis ce temps-là, la foi s'est conservée fort longtemps dans le pays, de sorte que les évêques des Indes étaient même appelés aux Conciles généraux de l'Église. Mais, dans la suite des siècles, elle s'affaiblit tellement et admit tant d'erreurs, qu'elle était en danger d'être entièrement ruinée, si un Syrien de grand mérite, nommé Maritome, c'est-à-dire seigneur Thomas, ne s'y fût transporté, par une inspiration de Dieu, et s'y eût rétabli la religion presque abolie.

Le bien qu'il y fit fut merveilleux, et le Christianisme y devint si florissant par son moyen, qu'il en sortit des missionnaires pour la conversion des autres nations orientales; et c'est ce qui donna le nom de patriarche des Indes au métropolitain de l'Inde et de la Chine. Cependant le Nestorianisme entra dans la suite dans ces Églises, et avec le Nestorianisme un étrange mélange de toutes ses erreurs, qui ont donné sujet dans le XVIe siècle aux rois de Portugal d'y envoyer des missionnaires pour purger l'aire du Seigneur.

Ils y trouvèrent, en 1522, les ossements sacrés du saint Apôtre, dans un ossuaire qui subsistait encore parmi les ruines de la ville de Méliapour, et ils les transportèrent à Goa, avec une pompe et une solennité merveilleuses. La ville de Méliapour changea alors de nom par l'ordre du roi Jean III, et prit celui de Saint-Thomas. On mit dans sa chapelle, au fond de l'autel, la pierre sur laquelle il avait été massacré.

Comme nous trouvons dans tous les martyrologes deux translations du corps de saint Thomas beaucoup plus anciennes : l'une, des Indes à Édesse, en Syrie; l'autre, d'Édesse à Ortona (Abruzzes Citeriore), qui ont donné sujet de lui bâtir des églises fort magnifiques, et dont le pèlerinage a toujours été très-célèbre, il faut dire, avec le cardinal Baronius, que les saintes reliques de cet Apôtre ont été partagées, et qu'une partie est demeurée dans les Indes où elle a été découverte en 1523, et l'autre transférée fort anciennement à Édesse. Et ces parties différentes ont fait dire que le corps de saint Thomas était en ces différents endroits.

La France ne fut pas entièrement privée d'un si grand trésor : car on montrait, avant la Révolution, à Notre-Dame de Chartres, un notable ossements d'un bras de cet Apôtre; et à Saint-Denis, la main droite qu'il porta dans le côté de Notre-Seigneur. Le reliquaire où elle était enfermée fut donné par Jean, duc de Berry, troisième fils du roi Jean; on y grava cette inscription : *Hæc est manus beati Thomæ, apostoli, quam posuit in latus Domini nostri Jesu Christi*.

Ce récit est du Père Giry; mais nous l'avons revu et complété.

Événements marquants

  • Inhumation par ses disciples dans une église qu'il avait bâtie
  • Rétablissement de la religion par Maritome
  • Découverte des ossements en 1522 à Méliapour
  • Translation des reliques à Goa par les Portugais
  • Translation ancienne à Édesse puis à Ortona

Citations

Hæc est manus beati Thomæ, apostoli, quam posuit in latus Domini nostri Jesu Christi

— Inscription sur le reliquaire de Saint-Denis