Sainte Marie l'Égyptienne
Pénitente
Résumé
Ancienne pécheresse d'Alexandrie, Marie se convertit à Jérusalem devant une image de la Vierge. Elle vécut quarante-sept ans dans le désert du Jourdain dans une pénitence absolue. Découverte par le moine Zozime, elle mourut après avoir reçu sa dernière communion, assistée miraculeusement par un lion pour sa sépulture.
Biographie
SAINTE MARIE L'ÉGYPTIENNE, PÉNITENTE
La conversion de Marie l'Égyptienne est un exemple frappant de l'heureuse influence que les saintes images peuvent exercer sur nous et de la puissance qu'elles ont pour élever vers le ciel ceux qui les regardent avec dévotion.
Mme de Broglie, Vertus chrétiennes, t. II, p. 87.
Il y a des Saints cachés que Dieu ne découvrira qu'au grand jour de son jugement ; mais il y en a dont il fait connaître la sainteté dès ce monde, pour servir d'exemple à son Église, et pour réveiller la négligence des fidèles. Sainte Marie l'Égyptienne est de ce nombre ; sa pénitence fut inconnue à tous les hommes pendant sa vie ; mais il la manifesta à sa mort par une voie extraordinaire qu'il est à propos de décrire, et qui nous fera entrer dans le détail de ses actions.
Zozime, religieux d'une éminente vertu, après avoir vécu longtemps dans un monastère de Palestine, passa, par une inspiration de Dieu, dans un autre, bâti sur le bord du Jourdain. C'était la coutume que, tous les ans, le premier dimanche de Carême, les religieux, après avoir participé aux divins Mystères, et pris un peu de réfection, sortissent et se retirassent seuls à seuls dans la vaste étendue des déserts, pour s'y appliquer plus parfaitement à la pénitence et à la méditation des souffrances de Notre-Seigneur ; ils ne revenaient au monastère que pour le dimanche des Rameaux. Ce saint homme faisait ainsi, d'année en année, ces religieuses retraites, et pénétrait dans la solitude le plus avant que le temps ne le lui pouvait permettre. Une fois, qu'il s'était éloigné de vingt journées de toute habitation des hommes, comme il faisait son oraison à l'heure de Sexte, c'est-à-dire à midi, il aperçut de loin l'apparence d'un corps humain qui marchait devant lui. D'abord, il appréhenda que ce ne fût un spectre, et se munit du signe de la croix ; mais, considérant plus attentivement ce qu'il voyait, il reconnut que c'était véritablement une personne, dont le corps, néanmoins, était tout noir et tout brûlé des ardeurs du soleil, et les cheveux, qui tombaient seulement jusqu'aux épaules, étaient blancs comme de la laine.
Il eut un grand désir de lui parler et de connaître qui elle était ; mais comme il vit qu'elle s'enfuyait, et qu'elle s'allait cacher dans le plus épais des forêts, il la poursuivit avec ardeur et lui cria : « Pourquoi me fuyez-vous, serviteur de Dieu (il ne savait pas encore que ce fût une femme) ? attendez, je vous prie, ce vieillard et ce pécheur, et ne dédaignez pas de lui parler pour l'amour de celui qui vous a fait entreprendre une si rigoureuse pénitence ». À cette parole, elle s'arrêta, et lui répondit : « Abbé Zozime, pardonnez-moi, je suis une femme pécheresse à qui la pudeur ne permet pas d'approcher de vous sans être couverte ; c'est pourquoi, si vous me voulez parler, bénissez-moi, et me jetez votre manteau pour me couvrir, et me mettre en état de jouir de votre conversation ». Zozime, fort étonné de s'entendre nommer par une personne qui ne l'avait jamais vu, reconnut qu'elle avait l'esprit de Dieu ; et désirant d'autant plus d'être informé de sa vie, il lui jeta son manteau. Cette femme s'en étant enveloppée, lui dit en pleurant : « Père Zozime, que voulez-vous de cette pécheresse que vous poursuivez de la sorte ? » — « Je vous demande », dit-il, « votre bénédiction ». — « Mais il est bien plus à propos », répondit-elle, « que vous me la donniez vous-même, vous qui êtes prêtre depuis tant d'années, et qui avez si souvent approché des saints autels ». Ce discours surprit encore plus le saint vieillard, et en même temps le fortifia dans la pensée que cette rencontre était assurément un coup de la main de Dieu ; c'est pourquoi il ne fit point de difficulté de lui répliquer, les larmes aux yeux : « J'avoue que j'ai l'avantage sur vous par le caractère de la prêtrise ; mais vous me devancez en mérites devant Dieu, puisqu'il vous a découvert qui je suis, et qu'il m'a caché qui vous êtes ; je vous prie donc de me vouloir consoler par votre bénédiction ». La Sainte dit : « Béni soit le Seigneur du ciel et de la terre, qui a un si grand soin du salut des âmes ! » Zozime répondit : Amen. Ensuite elle se retira un peu à l'écart, et se tourna vers l'Orient pour y faire sa prière, pendant laquelle elle parut élevée de terre de plus d'une coudée. Zozime en fut effrayé, et il lui revint en pensée que ce pourrait être un fantôme. Mais, l'oraison achevée, elle lui dit : « Que craignez-vous, Zozime ? je ne suis pas un esprit, mais une simple femme faite de poussière et de cendres ». Ce discours le rassura, et, après avoir béni Dieu, il s'informa qui elle était, comment elle avait vécu, et pourquoi elle faisait une si austère pénitence. La Sainte lui répondit en ces termes :
« Je suis native d'Égypte, et, dès l'âge de douze ans, fuyant les corrections de mes parents, je quittai leur maison, et me rendis à Alexandrie, où je m'abandonnai à toute sorte de libertinage, sans crainte de Dieu, ni honte des hommes. Je perdis la pudeur que les personnes de mon sexe portent sur le front, et que la nature leur a donnée pour servir de bride à leur légèreté ; et je passai plus de dix-sept ans dans les désordres de l'impureté, sans prétendre à d'autre récompense de mes crimes que les plaisirs que j'y trouvais. Enfin, je tombai dans un si grand dérèglement, que, voyant un jour à Alexandrie plusieurs personnes qui s'embarquaient pour aller à Jérusalem solenniser la fête de l'Exaltation de la sainte Croix, il me prit fantaisie de m'embarquer avec elles, dans le dessein d'engager dans le crime ceux que je pourrais gagner, et de les obliger, par ce moyen, à payer les frais de mon voyage ; si bien que plusieurs se perdirent par mes artifices ; et maintenant même que je le raconte, et que j'y pense souvent, je tremble de frayeur, et je m'étonne que la mer ne m'ait point abîmée dans ses flots, ou que la terre ne m'ait point ensevelie dans son sein, pour me précipiter toute vive dans les enfers. Arrivée à Jérusalem, je multipliai encore mes crimes, et fus plus débauchée dans cette ville sainte que je ne l'avais été à Alexandrie. Enfin, le jour de l'Exaltation de la sainte Croix étant arrivé, et chacun allant à l'église pour voir et révérer ce bois adorable, instrument de notre salut, je voulus aussi me glisser parmi la foule, et entrer en l'église avec le reste du monde ; mais lorsque j'approchais de la porte, il m'était impossible de passer plus avant, parce qu'une force secrète m'empêchait d'y entrer. Après avoir fait en vain tous mes efforts à plusieurs reprises, je commençai à penser d'où pouvait venir que, tout le monde entrant si aisément dans l'église, j'étais la seule à qui l'entrée en fût interdite ; et, sur cette pensée, mon âme fut éclairée d'une divine lumière qui, dessillant mes yeux, me fit voir qu'en cet abominable état où j'étais réduite, je ne méritais pas d'entrer en ce saint temple de Dieu. Ce sentiment me donna un grand regret de mes péchés ; je commençai à battre ma poitrine, et à pleurer à chaudes larmes ; et, ayant aperçu une image de la très-glorieuse Vierge Marie, je me tournai vers elle, et lui dis en soupirant : « Glorieuse Vierge, qui avez porté un Dieu fait homme, et qui l'avez donné au monde, je ne suis pas digne de vous regarder, et moins encore d'être regardée de vous ; car vous avez toujours été très-pure et très-chaste, et moi je ne suis qu'un égout d'impureté. Mais puisque Dieu s'est fait homme pour sauver les pécheurs, n'abandonnez pas, ô Vierge sainte, celle qui est seule, sans aide et sans autre recours ni asile que le vôtre ; permettez que j'entre dans l'église pour voir l'Arbre salutaire de notre rédemption ; et je vous promets de ne jamais plus souiller mon corps des plaisirs sensuels, et qu'en voyant la sainte Croix, je renoncerai à toutes les choses du monde, et suivrai à l'avenir le chemin du salut que vous me montrerez ». Après cette prière, j'entrai sans difficulté dans l'église, où je vis la sainte Croix, qui était publiquement exposée ; mais je la regardai avec beaucoup d'appréhension, en considérant l'énormité de mes offenses. Ayant achevé mes dévotions, je retournai à l'image de la sainte Vierge, devant laquelle j'avais auparavant fait ma prière, et lui dis : « Il est temps, ô très-sainte Vierge, que j'accomplisse la promesse que je vous ai faite ; enseignez-moi l'endroit où il vous plaît que je demeure, et ce que je dois faire ». J'entendis une voix qui me dit : « Si tu passes le Jourdain, tu y trouveras du repos ». Croyant que cette parole s'adressait à moi, je suppliai de nouveau Notre-Dame de me prendre sous sa protection, et je m'en allai vers le Jourdain avec trois petits pains. J'arrivai ce même jour au bord du fleuve, ayant arrosé le chemin de mes larmes ; je me lavai le visage et les pieds dans cette eau sanctifiée par le baptême de mon Sauveur ; et, après m'être confessée, je reçus les divins Mystères qui donnent la vie, dans un monastère de Saint-Jean-Baptiste qui n'était pas loin de là ; j'entrai ensuite bien avant dans le désert, espérant toujours en la miséricorde de ce Seigneur qui appelle les pécheurs et qui sauve ceux qui se convertissent parfaitement à lui, et j'y suis demeurée jusqu'à présent pour satisfaire, par la pénitence, aux désordres de ma première vie ».
2 AVRIL.
Après que la sainte Pécheresse eut fait ce récit à Zozime, il lui demanda combien il y avait d'années qu'elle était dans ce désert, et quelles tentations elle y avait éprouvées. Elle lui répondit qu'il y avait quarante-sept ans qu'elle y était, et que les combats que les démons lui avaient livrés étaient si terribles, que le seul souvenir qu'elle en avait la faisait encore frémir ;
qu'elle leur avait opposé la prière, les larmes, les gémissements, les veilles continuelles ; qu'elle se prosternait sans cesse la face contre terre pour implorer le secours du ciel. Elle avouait que ce n'était que par une assistance particulière de la sainte Vierge, qui était sa caution auprès de son Fils, et vers l'image de laquelle elle s'était souvent tournée en esprit, qu'elle avait persévéré dans l'exercice de sa pénitence ; que cependant ces tentations n'avaient duré que dix-sept ans ; après quoi elle avait joui jusqu'alors, c'est-à-dire l'espace de trente ans, d'une paix profonde, et reçu de Dieu de très-grandes grâces, par l'intercession de la même Vierge, sa protectrice.
Zozime, ravi de ces miracles, ne pouvait assez adorer l'excès de la miséricorde de Dieu. Mais, éclaircissant toutes choses, il lui demanda encore comment elle avait vécu, et de quoi elle s'était vêtue durant tant d'années. Elle lui dit qu'après avoir mangé ses trois pains, elle avait été dix-sept ans à ne manger que des herbes et des racines sauvages ; et que, pour des habits, elle n'en avait point eu d'autres que ceux qu'elle avait apportés au désert, qui s'étaient usés et pourris avec le temps : ce qui l'avait fait infiniment souffrir du froid, du chaud et de la faim. Mais, après cette longue épreuve, Dieu l'avait si puissamment sustentée de sa parole, et couverte de la robe de l'innocence, qu'elle n'avait plus eu besoin ni de nourriture, ni de vêtement : « parce que l'homme ne vit pas du pain seul, mais qu'il vit aussi de toute parole qui procède de la bouche de Dieu ».
Le saint vieillard s'étonnait de ce qu'elle citait la sainte Écriture : elle lui avoua qu'elle ne l'avait jamais ni lue, ni entendue, mais que Notre-Seigneur lui en avait donné par lui-même quelque connaissance.
Ensuite elle pria instamment Zozime de ne rien découvrir, pendant qu'elle vivrait, de ce qu'il avait vu et entendu, et lui dit que l'année suivante il ne sortit point de son monastère, selon sa coutume, au commencement du Carême ; mais que le soir du jeudi saint il lui fît la grâce de lui apporter la sainte Eucharistie au bord du Jourdain, où elle se trouverait, et de la venir communier. Enfin, après s'être recommandée à ses prières, avoir reçu sa bénédiction, et l'avoir averti de dire à son abbé, nommé Jean, de veiller sur sa communauté, parce qu'il s'y passait des choses dignes de correction, elle se sépara de lui, se réservant, pour un temps, le manteau qu'il lui avait prêté. Zozime baisa la terre qu'elle avait foulée de ses pieds ; et, tout baigné de larmes et rempli des sentiments d'une véritable dévotion, il reprit le chemin de son monastère.
L'année d'après il ne manqua pas d'exécuter ce que la sainte Pénitente lui avait prescrit : il ne sortit point avec les autres religieux au commencement du Carême ; mais le jeudi de la semaine sainte, ayant mis secrètement la sainte Hostie dans un calice, il s'en alla le soir vers le Jourdain, portant sur lui le pain de vie, et cet adorable instrument de notre salut : ce qui n'était pas extraordinaire en ce temps-là, où l'on permettait aux fidèles de le porter dans leurs maisons. N'y trouvant pas d'abord celle qu'il cherchait, il fut agité de diverses craintes ; et surtout il était en peine comment lui ou elle pourrait passer la rivière : mais un moment après il l'aperçut de l'autre côté, et vit qu'ayant fait le signe de la croix sur l'eau, elle la passait à pied sec. Ce prodige le surprit si fort que, tout hors de lui-même, il se voulut prosterner à ses pieds ; mais elle lui cria qu'il ne le fît pas, parce qu'il était prêtre, et qu'il portait un Dieu entre ses mains. À son arrivée, ils firent ensemble la prière, et la Sainte communia, des mains de Zozime, avec une dévotion et une abondance de larmes qui ne se peut exprimer. Ensuite, élevant les yeux et la voix vers le ciel, elle dit ces paroles du vieillard Siméon :
2 AVRIL.
« Laissez maintenant, Seigneur, aller votre servante en paix, suivant la promesse que vous lui en avez faite : parce que mes yeux ont eu le bonheur de voir votre salut ».
Zozime avait aussi apporté un petit panier de figues, de dattes et de lentilles ; il la pria de le recevoir de sa main. Elle prit trois lentilles et les porta à sa bouche ; mais elle le remercia du reste, lui disant que la grâce du Saint-Esprit était suffisante pour empêcher la mort de l'âme. Cependant elle lui demanda une nouvelle grâce, c'était de revenir l'année d'après au lieu où il l'avait vue la première fois, l'assurant qu'il aurait encore la consolation de l'y voir : ce qu'elle n'eut pas de peine à obtenir. Ils se séparèrent ensuite, s'étant mutuellement promis de prier l'un pour l'autre, comme aussi pour l'Église, pour l'empire et pour tous les pécheurs. La Sainte repassa le Jourdain comme elle l'avait passé, marchant légèrement sur les eaux comme sur la terre ferme, et l'homme de Dieu rentra dans son monastère.
Le Carême de l'autre année étant venu, il en sortit selon la coutume, et se rendit en vingt jours au lieu de leur première entrevue. N'apercevant de nul côté aucun mouvement, il en conçut beaucoup d'inquiétudes ; et adressant la parole à Dieu, il lui dit, les yeux baignés de larmes : « Découvrez-moi, je vous prie, Seigneur, ce trésor incomparable que vous avez caché dans ce désert : faites-moi voir ce prodige de pénitence que le monde n'a pas été digne de posséder ». Disant cela, il s'avança un peu plus, et vit, à la faveur d'un rayon de lumière, son saint corps privé de la vie, et couché sur la terre dans une posture fort modeste ; il lui baisa les pieds, chanta pour elle les psaumes et les suffrages que l'on dit ordinairement pour les morts, et arrosa la terre de ses pleurs. Il était en peine s'il la devait enterrer. Mais, sa peine fut aussitôt levée par ces paroles qu'il trouva tracées sur le sable : « Abbé Zozime, enterrez le corps de la pauvre Marie ; rendez à la terre ce qui lui appartient, et priez pour moi. Je suis décédée la nuit même du vendredi saint, après avoir reçu le divin aliment de la sainte Eucharistie ».
Par là, ce saint vieillard fut instruit de trois choses : premièrement, du nom de cette sainte Pénitente dont il était extrêmement en peine, et qu'il avait oublié de lui demander ; secondement, du temps de son décès qui était arrivé six ou sept heures après qu'elle eût reçu la sainte communion. Ici, nous voyons deux grands miracles : le premier, qu'en si peu de temps elle eût fait un chemin de vingt jours ; le second, que son corps soit demeuré un an entier sans corruption, et sans que les bêtes sauvages eussent osé y toucher. Enfin, il apprit que Dieu voulait qu'il lui donnât la sépulture en cette solitude. Un lion lui servit de ministre en cet office de charité : il creusa la terre avec ses ongles, et fit une fosse capable de contenir un corps humain ; et, après que Zozime y eut mis ces saintes dépouilles, il la vint recouvrir. Toute la succession de cette femme incomparable consistait dans le pauvre manteau que le saint Abbé lui avait jeté ; il en hérita comme d'un grand trésor, et le remporta à son monastère, non plus comme un meuble qui fût à lui, mais comme une précieuse relique. Il raconta aux religieux les merveilles qu'il avait vues, merveilles qui parurent d'autant plus croyables, que Jean, supérieur de cette maison, y découvrit les désordres dont la Sainte l'avait fait avertir.
Depuis, son corps a été trouvé et ses ossements distribués à diverses églises. Le pape Hormisdas, qui fut élu l'an 513, en donna quelques-uns à saint Eleuthère, évêque de Tournai. Un abbé de Calabre en apporta, l'an 1059, la plus grande partie en son abbaye, d'où le chef a été transféré à Naples. Les villes de Crémone en Italie, d'Anvers en Flandre, et de Munich en Bavière prétendent aussi en posséder quelques-unes. L'année de sa mort n'est pas certaine. Les continuateurs de Bollandus tiennent que ce fut en 421 ; leurs raisons sont fort probables. Pour le jour, il y a aussi diversité d'opinions : les Latins, mettant ce décès au premier d'avril, et les Grecs au neuvième. Nous avons suivi le Martyrologe romain, qui le met au second du même mois. Il paraît qu'elle a vécu 78 ans, à savoir : 42 ans chez ses parents, 47 ans dans le désordre et 48 ans dans la pénitence.
Pour saint Zozime, il vécut 400 ans dans une grande sainteté qui a toujours été reconnue, tant dans l'Église grecque que dans l'Église latine. Crémone possédait sa tête.
La légende de sainte Marie l'Égyptienne a été très-populaire au moyen âge : aussi la trouve-t-on encore aujourd'hui écrite sur les vitraux des cathédrales de Bourges et d'Auxerre. Un chapiteau très-curieux qui se trouve au Musée de Toulouse reproduit aussi deux scènes de sa vie.
Sainte Marie l'Égyptienne est la patronne des Repenties. — Les détails de son existence sont assez saillants pour qu'il soit facile de deviner comment elle a été représentée. — Il y a une de ses reliques à Mailly (Somme).
Voir Monumens inédits de l'apophatisme de Marie-Madeleine, etc., par M. Fabbri Fattino, édités par Migne ; Monographie de la cathédrale de Bourges, par les Pères Cahier et Martin, les Pères du désert, les Actes, etc.
Événements marquants
- Vie de débauche à Alexandrie pendant 17 ans
- Conversion à Jérusalem lors de la fête de l'Exaltation de la Sainte Croix
- Retraite dans le désert au-delà du Jourdain pendant 47 ans
- Rencontre avec le moine Zozime dans le désert
- Dernière communion et mort le vendredi saint
Miracles
- Lévitation pendant la prière
- Traversée du Jourdain à pied sec
- Connaissance surnaturelle des Écritures sans les avoir lues
- Corps resté intact un an après la mort
- Lion aidant à creuser la fosse
Citations
Laissez maintenant, Seigneur, aller votre servante en paix, suivant la promesse que vous lui en avez faite : parce que mes yeux ont eu le bonheur de voir votre salut.
Abbé Zozime, enterrez le corps de la pauvre Marie ; rendez à la terre ce qui lui appartient, et priez pour moi.