Sainte Praxède (Pérussette)
Vierge Romaine
Résumé
Fille du sénateur romain Pudens, sainte Praxède consacra sa vie et sa fortune au service des chrétiens persécutés sous Marc-Aurèle. Elle est célèbre pour avoir recueilli le sang des martyrs et transformé sa demeure en refuge pour l'Église et les Papes. Elle mourut paisiblement en 164, accablée par la douleur de voir le massacre de ses frères en religion.
Biographie
SAINTE PRAXÈDE, VIERGE ROMAINE
Solo virtus comes est defunctorum, solo sequitur misericordia.
La vertu seule accompagne les morts, seule la charité les suit.
S. Ambroise, Lib. VII sup. Lux
Cette sainte Vierge était fille de Pudens, un des premiers sénateurs de Rome, et de Sabinilla, son épouse, dame très-illustre. Elle avait deux frères, Novat et Timothée, et une sœur nommée Pudentienne, tous grands serviteurs de Dieu et reconnus pour Saints dans l'Église, comme nous l'avons déjà remarqué dans la vie de sainte Pudentienne, au 19 mai, où nous avons dit que ce fut le Prince des Apôtres qui instruisit dans la foi cette noble famille, et qui les reçut tous au nombre des fidèles.
Praxède fit bientôt voir avec quel esprit elle avait embrassé la religion chrétienne : elle commença dès sa jeunesse à pratiquer continuellement l'oraison, les veilles, les jeûnes et toutes sortes de mortifications, et ne quitta ces exercices qu'avec la vie. Sa charité fut admirable : elle consacra tout son bien au secours des pauvres, particulièrement de ceux qui souffraient pour la défense de la foi. Allant dans les prisons visiter ces précieuses victimes de Jésus-Christ, elle les servait dans leurs maladies, et pansait elle-même leurs plaies. Praxède les animait à souffrir avec constance ; elle allait recueillir leur sang, quand ils étaient dans les supplices ; enfin, elle prit un soin particulier, avec sa sœur Pudentienne, d'enlever secrètement tous les corps des Martyrs qu'elle pouvait avoir pour les enterrer dans un endroit de leur maison, où se trouve aujourd'hui une église qui porte le nom de Sainte-Pudentienne, au milieu de laquelle on voit le trou par où on les descendait. Cette même maison était ouverte à tous les fidèles. Comme les empereurs défendaient, sous les plus grandes peines, aux chrétiens de s'assembler, ils venaient en secret chez ces saintes vierges, pour y faire leurs prières, y entendre la messe et y recevoir la sainte communion : elle leur était le plus souvent donnée de la main des Papes, qui se retiraient aussi en ce lieu au plus fort de la persécution.
Dans l'ancien Quercy (Guyenne) on la nomme sainte Pérussette.
Mais comme cette persécution, sous l'empereur Marc-Aurèle, au lieu de s'apaiser, devenait toujours plus violente, sainte Praxède en fut si sensiblement touchée, qu'elle pria Notre-Seigneur de la retirer de cette vie : ses yeux ne pouvaient plus voir qu'avec une horreur insupportable les extrêmes misères et les grandes calamités où les chrétiens étaient réduits ; le carnage continuel que l'on en faisait était un spectacle trop sensible à son cœur. Ses désirs furent accomplis, sa prière fut exaucée : Dieu l'enleva de cette terre d'affliction et de douleur pour la placer dans le séjour d'une gloire immortelle, le XII des calendes d'août (24 juillet), l'an de Jésus-Christ 164, sous l'empire de Marc-Aurèle et de Lucius Vérus. Son corps fut enterré dans le tombeau de ses parents, par un prêtre nommé Pasteur, qui a écrit sa vie.
Il y a dans Rome une église de Sainte-Praxède, qui est un titre de cardinal fort ancien ; et saint Charles Borromée s'en estimait si fort honoré, qu'il demanda expressément permission au pape Grégoire XIII de laisser le nom de sa famille et de sa maison pour s'appeler simplement Charles, cardinal de Sainte-Praxède. Aussi l'a-t-il beaucoup enrichie de ses bienfaits. Elle est gouvernée par des religieux de Vallombreuse, qui ont pour fondateur saint Jean Gualbert. On voit au milieu de la nef un puits dans lequel elle jetait le sang des Martyrs, qu'elle allait recueillir avec une éponge. On y conserve dans la chapelle de Saint-Zénon, une partie considérable de la colonne à laquelle Jésus-Christ a été attaché pour la flagellation. Le pape saint Pascal, qui a fait réparer cette église de fond en comble, y a fait transférer le corps de notre illustre Sainte, que l'on y honore sous le grand autel. Ce même Pape a fait transporter dans cette église le corps de plus de trois mille Martyrs qu'il a fait tirer de beaucoup de lieux écartés, où ils avaient été enterrés à la hâte, et où ils ne pouvaient pas recevoir la vénération due à leur sainteté. Il y a dans ce nombre trois Papes, plusieurs évêques et un grand nombre de saints prêtres.
Du reste, tous les Martyrologes font mention de sainte Praxède, et de tous ceux de sa famille que nous avons nommés.
On la voit représentée portant d'une main une bassine et de l'autre tenant des rameaux. Les peintres ont voulu la désigner par là comme dame de charité qui va porter des remèdes ; on la peint encore recueillant le sang des martyrs ou faisant ensevelir leurs corps.
Acta Sanctorum. — Cf. Histoire de l'Église, par l'abbé Durras.
Événements marquants
- Instruction dans la foi par le Prince des Apôtres
- Consécration de ses biens aux pauvres et aux martyrs
- Soin des martyrs en prison et collecte de leur sang
- Ensevelissement secret des corps des martyrs dans sa maison
- Accueil de l'Église clandestine et des Papes durant les persécutions
- Mort après avoir prié Dieu de la retirer du monde face aux massacres des chrétiens
Citations
Solo virtus comes est defunctorum, solo sequitur misericordia.