Bienheureuse Christine de Stommelen

Vierge, religieuse à Cologne

Fête : 24 juin 13ᵉ siècle • bienheureuse

Résumé

Religieuse à Cologne au XIIIe siècle, Christine de Stommelen subit d'effroyables persécutions physiques et spirituelles de la part du démon. Après dix-huit mois de tourments sanglants, elle retrouva la paix en 1288 et vécut ses vingt-quatre dernières années dans la tranquillité. Surnommée l'Admirable, elle est un modèle de résistance aux tentations.

Biographie

LA BIENHEUREUSE CHRISTINE DE STOMMELEN,

VIERGE, RELIGIEUSE À COLOGNE

Dieu, et il vous aime tout particulièrement. Mais voici que durant quelque temps vous n'avez rien souffert ni en votre corps, ni en votre âme : si donc vous voulez bientôt être réunie à Dieu, il faut que vous vous imposiez encore quelques souffrances corporelles ».

La veille d'un jour de communion, Christine entendit pendant la nuit une voix douce qui lui dit : « Ma chère fille, n'allez pas communier aujourd'hui ; car au moment où le prêtre vous présentera la sainte hostie, elle tombera à terre, d'où il résultera un grand trouble pour tous les assistants. D'ailleurs, vous êtes une grande pécheresse, indigne de communier ». Pour reconnaître si cette voix était celle d'un ange ou celle du démon, Christine eut recours à la prière ; et Notre-Seigneur lui fit savoir que le malin esprit, par cette ruse, avait voulu l'éloigner de la sainte communion.

Une autre fois, comme Christine voulait aller communier, elle fut renversée en route par un cheval emporté. Les circonstances prouvèrent que cet événement n'était point naturel, et que cet animal furieux n'était autre que le démon lui-même. Le cheval écumant de rage, après avoir renversé la malheureuse Christine, la foula aux pieds, la mordit et lui enleva avec ses dents une partie de la peau de la tête avec les cheveux. Christine invoqua le saint nom de Jésus, et aussitôt le démon disparut.

Le dernier supplice que Dieu permit au démon de lui infliger, ce fut, durant dix-huit mois, de la tourmenter tellement jour et nuit, que chaque matin son lit était comme trempé de sang. Le 3 juin 1288, après une bataille qui fut livrée dans le voisinage de Cologne, les tentations de Christine cessèrent subitement ; après quoi elle vécut encore vingt-quatre ans dans une parfaite tranquillité. Tel le pieux Job qui ne fut tourmenté par le démon que jusqu'au jour fixé par Dieu. Ce sont ces tentations, et la façon prodigieuse dont elle sut y résister, qui l'ont fait surnommer l'Admirable et confondre par quelques auteurs avec sainte Christine l'Admirable.

Vice des Saints, par Alban Stols.

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## XXIVe JOUR DE JUIN

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## MARTYROLOGE ROMAIN.

La nativité de saint JEAN-BAPTISTE, précurseur de Notre-Seigneur, fils de Zacharie et d'Élisabeth, qui fut rempli du Saint-Esprit dès le sein de sa mère. — À Rome, la mémoire de plusieurs saints martyrs, qui, accusés par calomnie, sous l'empereur Néron, d'avoir allumé l'incendie de Rome, furent très-cruellement mis à mort de diverses manières par l'ordre du même empereur : les uns, couverts de peaux de bêtes, furent exposés aux morsures des chiens ; les autres crucifiés, et d'autres brûlés en guise de torches pour éclairer pendant la nuit. Ils étaient tous disciples des Apôtres, et ce furent les prémices de cette troupe nombreuse de martyrs que l'Église romaine, champ fertile en ces sortes de fruits, envoya au Seigneur avant la mort des Apôtres. 64. — Au même lieu, les saints martyrs Fanate et vingt-trois autres. — À Satales, en Arménie, les sept frères martyrs Orence, Héros, Pharnace, Firmin, Firme, Cyriaque et Longin, soldats, que l'empereur Maximien priva de la ceinture militaire en leur qualité de chrétiens ; ensuite, ils furent séparés les uns des autres, emmenés en divers lieux, où, passant par toutes sortes de souffrances et de misères, ils parvinrent au repos du Seigneur. Vers 318. — À Créteil, au diocèse de Paris, le supplice des saints martyrs Aguard et Aglibert, et d'un nombre infini d'autres de l'un et de l'autre sexe. Vers 273. — À Autun, le décès de saint SÉPLICE, évêque et confesseur. Vers 420. — À Lobbea, saint Théodulphe ou saint Thion, évêque. 776. — À Sèrie, en Calabre, saint Jean, surnommé Théreste, célèbre par sa sainteté et son exactitude à garder les observances de la vie monastique.

## MARTYROLOGE DE FRANCE, REVU ET AUGMENTÉ.

A Nantes, saint Gohard ou Ganhard, évêque massacré dans son église avec un grand nombre de clercs, de religieux et de laïques, par les Normands infidèles, au moment où il chantait le *Sursum corda*. 843. — Au diocèse de Poitiers, les saintes Colombe, Materne et Pécine, vierges et martyrs. — À Auxerre, saint Erry ou Heire (Heirus), moine de Saint-Germain, personnage d'une grande sainteté. Vers 925. — Vers Transillac, près d'Aigurande, aux confins du Berry et de la Marche, saint Lupicin, reclus, dont saint Grégoire de Tours fait mention dans le livre de la Vie des saints Pères. Il rapporte que le pieux solitaire portait à son cou, pendant tout le jour, tandis qu'il chantait dans sa cellule les louanges de Dieu, une grosse pierre que deux hommes pouvaient à peine remuer ; et que la nuit, pour se mortifier davantage, il avait fixé au bout de son bâton deux épines dont les pointes étaient tournées en l'air et qu'il mettait sous son menton afin de s'empêcher de dormir. Son saint corps fut enseveli au bourg de Trésel où son tombeau est devenu illustre par un grand nombre de miracles. Vers 500. — Au diocèse d'Anch, saint Frise, martyr. VIIIe s. — À Monchy-le-Preux, près d'Arras, le bienheureux JEAN, berger, dont les reliques sont visitées en ce jour par un grand concours de peuple. On l'invoque principalement contre les bernies. XIVe s. — À Marsigny, en Bourgogne, la vénérable Raingarde, veuve et religieuse de l'Ordre de Cluny. Elle sortait d'une des plus illustres familles d'Auvergne ; ses parents lui firent épouser Maurice, comte de Montboissier, et elle devint mère de huit enfants qu'elle éleva pour le ciel ; le plus célèbre de tous fut le bienheureux Pierre de Cluny, connu sous le nom de Pierre le Vénérable, qui a écrit sa vie. Son mari étant mort, elle se fit religieuse au monastère de Marsigny, en Bourgogne, sur l'avis que lui en donna le bienheureux Robert d'Arbrissel. Elle s'y fit admirer par sa ferveur, son humilité, son esprit de componction, son attrait pour les *auscultés* et son obéissance. Elle expira sur la cendre. Quoiqu'aucun décret solennel n'ait autorisé son culte, elle est honorée dans l'Ordre de Cluny et les hagiographes d'Auvergne lui donne le titre de Sainte. 1135. — À Saint-Maur-les-Fossés, au diocèse de Paris, le pèlerinage à la chapelle de NOTRE-DAME DES MIRACLES, dans le but de célébrer le glorieux anniversaire de la mort des saints martyrs de Créteil, cités au martyrologe romain de ce jour. — À Saint-Thomas, au diocèse de Toulouse, le pèlerinage à la chapelle de NOTRE-DAME DE LA CROIX, pour demander à la sainte Vierge d'être préservée du fléau de la grêle. — Près de Rauville-la-Place, au diocèse de Coutances, le pèlerinage à la chapelle de NOTRE-DAME DE LA DÉLIVRANCE, pour remercier la Mère de Dieu des nombreux miracles qu'elle opère sans cesse dans ce sanctuaire. — À Larmor, au diocèse de Vannes, dans la chapelle de NOTRE-DAME DE LARMOR, la bénédiction annuelle du bras de mer qui sépare l'île de Croix de la terre ferme, dans le but d'obtenir que la pêche de la sardine, la seule ressource des habitants de ces contrées, soit abondante.

## ADDITIONS FAITES D'APRÈS LES BOLLANDISTES ET AUTRES HAGIOGRAPHIES.

A Carthage, en Afrique, saint Bogat, martyr, mentionné dans un ancien martyrologe de cette ville. — En Égypte, saint Géran, anachorète, et sainte Marthe, martyre. — Au diocèse de Riez, en Calabre, saint Gérasime, natif de Saint-Laurent, ville du même diocèse, dont le corps repose dans l'église Saint-Ange de Riez. — À Tuy, en Galice, saint Jean de Porto, ermite. On voyait autrefois son corps dans l'église abbatiale des Dominicains de Tuy ; notre pieux solitaire est encore en grande vénération parmi les populations de la Galice et de la Lusitanie qui l'invoquent spécialement pour la guérison des Sèvres. IXe s. — Au diocèse de Prague, en Bohême, saint Ivan, solitaire. Il fut enseveli dans une caverne d'où il avait repoussé, par la vertu du signe de la croix, toute une légion de démons qui étaient venus l'y tenter. 918. — Dans l'île de Farne, en Angleterre, saint Barthélemy, solitaire. Il porta d'abord le nom de Toste, puis celui de Guillaume ; le nom de Barthélemy lui fut donné par les frères d'un monastère d'Angleterre où il passa quelques années. Voulant ensuite mener une vie plus austère, il se retira dans l'île de Farne où il passa cinq années dans les exercices de la plus rigoureuse pénitence. Dieu le gratifia du don de prophétie et de miracles. Il fut enseveli dans un petit oratoire qu'il s'était construit, et plusieurs prodiges illustrèrent son tombeau. 1182.

non pas tant comme auteurs de l'embrasement, que comme convaincus d'être odieux à tout le genre humain ou de haïr tous les hommes. Leur mort servit de divertissement. On en revêtit quelques-uns de peaux de bêtes pour les faire déchirer par les chiens ; d'autres furent crucifiés ; il y en eut qu'un fit périr par les flammes en les couvrant de pots et de cire, et en les faisant alors servir comme de torches, pour éclairer durant les ténèbres de la nuit. Néron voulut que ses propres jardins fussent le théâtre de ce spectacle. On l'y vit paraître lui-même en habit de cocher, et conduisant des charrettes à la lueur de ces funestes flambeaux. On ne put s'empêcher de plaindre la destinée des chrétiens, parce que, tout dignes qu'ils étaient des derniers supplices, on comprit bien, néanmoins qu'ils étaient immolés à la cruauté d'un seul homme, et non pas à l'utilité publique. (Ann., liv. XV) Suétone, Dion et d'autres font le même témoignage en faveur des chrétiens. Tacite, Flavius ne craignit pas de reprocher cette action à Néron. Il existe aussi une lettre de Sénèque, qui traite de l'incendie de Rome et de la persécution qu'endurèrent les chrétiens. (Sénèque, *Epit*. 14 ; Juvénal, *Satir*. I, v, 156 ; *Satir*. VIII, v, 235.)

SAINT JEAN-BAPTISTE, PRÉCURSEUR DU MESSIE. 261

Événements marquants

  • Tentations et ruses du démon pour l'éloigner de la communion
  • Attaque par le démon sous la forme d'un cheval emporté
  • Tourments physiques nocturnes durant dix-huit mois
  • Cessation des tentations le 3 juin 1288 après une bataille près de Cologne
  • Vingt-quatre ans de tranquillité parfaite avant sa mort

Miracles

  • Disparition du démon-cheval par l'invocation du nom de Jésus
  • Cessation subite des tentations après une bataille en 1288

Citations

Ma chère fille, n'allez pas communier aujourd'hui ; car au moment où le prêtre vous présentera la sainte hostie, elle tombera à terre

— Voix du démon rapportée dans le texte

Date de fête

24 juin

Époque

13ᵉ siècle

Décès

1312 (24 ans après 1288) (naturelle)

Catégories

Autres formes du nom

  • L'Admirable (fr)

Prénoms dérivés

Christine