Bienheureux Jean de Barastre

Quinzième abbé du monastère de Saint-Éloi

Fête : 14 mars 13ᵉ siècle • bienheureux

Résumé

Jean de Barastre fut le quinzième abbé du mont Saint-Éloi au XIIIe siècle, hautement estimé par saint Louis et la comtesse Jeanne de Flandre. Administrateur exemplaire et protecteur des lettres, il fit fleurir les sciences et reconstruisit son abbaye. Il mourut en 1275 après avoir gouverné sa communauté avec piété et charité pendant vingt-sept ans.

Biographie

LE BIENHEUREUX JEAN DE BARASTRE,

QUINZIÈME ABBÉ DU MONASTÈRE DE SAINT-ÉLOI (1275).

Jean de Barastre fut l'un des plus saints prélats qui aient administré l'abbaye du mont Saint-Éloi, près d'Arras. Le roi saint Louis avait pour lui la plus profonde vénération, et il lui en donnait souvent des témoignages. Il lui donna même, en 1261, une épine de la couronne de Notre-Seigneur, et il a été le titre de cette donation dans le trésor sacré de la Gaule-Belgique. La comtesse de Flandre, Jeanne, partageait ces mêmes sentiments, et tous deux firent d'abondantes largesses à la communauté du mont Saint-Éloi, qu'ils affectionnaient d'une manière spéciale. Le pieux abbé était d'ailleurs également vénéré de tout ce qu'il y avait de plus élevé dans le pays, et il était digne entre tous de cette haute estime.

En effet, pénétré de la foi la plus vive, il était constamment appliqué aux choses de Dieu. Chaque jour, il méditait sur les mystères douloureux de la Passion du Sauveur, et il lui arrivait souvent, pendant qu'il célébrait le saint sacrifice de la messe, de verser des larmes en abondance à la pensée de l'amour de Jésus-Christ pour les hommes et au peu de retour qu'il reçoit de la plupart d'entre eux. Son émotion était plus vive encore au moment de la communion, lorsqu'il se nourrissait du corps du Sauveur. Il avait aussi une tendre dévotion envers la Sainte Vierge, envers saint Jean l'Évangéliste et sainte Catherine d'Alexandrie, dont il réclamait la protection avec ferveur.

Sa charité pour les pauvres n'était pas moins remarquable. Voyant en eux les membres souffrants de Jésus-Christ, c'est avec joie et respect qu'il leur distribuait les biens dont il pouvait disposer en leur faveur. Il leur donnait la nourriture, les vêtements, les remèdes : il leur faisait aussi l'aumône spirituelle et leur adressait les instructions et les consolations de la foi.

« Ami et protecteur des hommes de lettres », dit un de ses biographes, « il mit tous ses soins à faire fleurir les sciences parmi les religieux. Il en fit étudier plusieurs à l'Université de Paris. L'un d'eux, Étienne du Fermont, y fut reçu docteur et y enseigna la théologie ».

Jean de Barastre prit soin aussi des intérêts temporels de son abbaye. Il la fit reconstruire en grande partie ; il obtint la confirmation de tous ses privilèges ; il obtint même, en 1260, l'exemption de tout tonlieu, péage et visite, pour les choses dont l'abbaye pourrait avoir besoin. On le voit, à tous les points de vue, c'était un bon administrateur, un guide éclairé, un modèle, un père.

Le souverain pontife Grégoire X, qui connaissait l'éminente vertu et la sagesse de l'abbé du mont Saint-Éloi, l'invita à se rendre au concile général, convoqué à Lyon en l'année 1274. Le vénérable Jean, qui était déjà très-âgé, témoigna aussitôt l'émotion profonde que lui avait causée cette marque de confiance de la part de l'auguste chef de la chrétienté, puis il pria le Pape de l'excuser à cause des infirmités de la vieillesse, qui ne lui permettaient pas d'entreprendre un si long voyage. Il envoya pour le remplacer deux procureurs de son choix qui furent reçus avec distinction.

Le bienheureux Jean de Barastre mourut, dans les sentiments et l'exercice de la plus constante piété et de la plus grande charité, le 14 mars 1275. Il avait gouverné l'abbaye pendant vingt-sept ans.

Sous cette sage administration, la renommée de la maison du mont Saint-Éloi et de son abbé s'était répandue jusque dans les pays étrangers. Des rapports d'association et des liens de fraternité s'établirent entre l'abbaye et un grand nombre de couvents. Citons entre autres l'abbaye d'Anchin, celle de Jumièges, les Frères Prêcheurs et les Frères Mineurs. Rien n'était négligé par le saint Abbé pour assurer le bien spirituel de sa maison, et atteindre, avec le plus d'efficacité possible, le but suprême auquel il avait consacré tous les instants de sa digne vie.

M. le chanoine Van Drival, et M. l'abbé Destumbes, Saints d'Arras.

15 MARS.

Événements marquants

  • Donation d'une épine de la couronne de Notre-Seigneur par saint Louis en 1261
  • Obtention de l'exemption de tonlieu et péage en 1260
  • Reconstruction d'une grande partie de l'abbaye
  • Invitation au concile général de Lyon par Grégoire X en 1274
  • Mort après 27 ans de gouvernement abbatial

Citations

Ami et protecteur des hommes de lettres

— Un de ses biographes cité dans le texte