Bienheureux Matthieu Carrieri de Mantoue

Prêtre de l'Ordre des Frères Prêcheurs

Fête : 5 octobre 14ᵉ siècle • bienheureux

Résumé

Religieux dominicain de Mantoue au XVe siècle, Matthieu Carrieri fut un prédicateur célèbre et un réformateur de couvents à travers l'Italie. Connu pour son zèle et sa charité héroïque, il s'offrit en otage à des pirates pour libérer des captifs. Il mourut à Vigevano en 1470 après une vie marquée par des austérités et des grâces mystiques.

Biographie

LE BIENHEUREUX MATTHIEU CARRIERI DE MANTOUE,

DE L'ORDRE DES FRÈRES PRÊCHEURS (1470).

Le bienheureux Matthieu Carrieri naquit à Mantoue sur la fin du XIVe siècle. Après avoir passé sa première jeunesse dans l'innocence et la piété, il entra chez les Frères Prêcheurs, et lorsqu'il eut fait ses vœux, on le chargea d'annoncer aux peuples la parole de Dieu. Ses prédications, soutenues par une vie sainte et par de grandes austérités, produisirent les plus consolants résultats. Les nombreuses conversions qu'il opérait étendirent au loin sa réputation, et il fut obligé de prêcher dans les principales villes d'Italie pour répondre à l'invitation des évêques et à l'empressement des peuples.

Chargé par ses supérieurs de travailler à la réforme de plusieurs couvents de son Ordre, il y rétablit la discipline régulière. Il s'appliquait à préparer des sujets pour la chaire, et lui-même, au milieu de ses autres occupations, continuait de se livrer au ministère de la parole avec un fruit toujours croissant.

On cite parmi les conversions les plus éclatantes qu'il opéra celle d'une jeune dame nommée Lucine, qui avait scandalisé tout le pays par ses désordres. Un jour qu'elle s'était rendue à l'église avec tout l'étalage du luxe le plus recherché, elle fut tellement touchée du sermon du Bienheureux, qu'on la vit verser des pleurs et se frapper la poitrine. Dès le jour même le changement fut complet, et elle répara par sa pénitence les nombreux scandales qu'elle avait donnés par sa conduite. Des jeunes gens de l'un et de l'autre sexe, touchés des exhortations du Bienheureux, embrassaient l'état religieux. On cite, entre autres, la bienheureuse Stéphanie Quinzani, dont il guida les premiers pas dans les voies de la perfection.

Cependant le démon, jaloux du bien qu'il opérait, lui suscita des ennemis qui le dépeignirent en cour du duc de Milan comme un homme dont le zèle dépassait les bornes de la sagesse chrétienne. Le duc le fit venir devant lui pour l'engager à être plus circonspect dans ses prédications ; mais dès qu'il eut entendu les raisons que le Bienheureux apportait pour sa justification, il lui permit de prêcher comme il l'entendrait et se recommanda à ses prières.

Alarmé des marques de respect et de vénération qu'on lui témoignait, il sortit du Milanais pour s'y soustraire et se rendit dans les États de Venise, où Dieu continua de répandre les plus abondantes bénédictions sur ses travaux. Appelé à Gênes par les habitants de cette ville, qui désiraient entendre un prédicateur aussi célèbre, et s'étant embarqué pour Savone, le bâtiment qu'il montait fut pris par des pirates qui se disposaient à réduire en esclavage tous les passagers ; mais le bienheureux Matthieu, conduit devant le chef de ces pirates, lui parla avec tant de grâce et de dignité, qu'il en obtint sa liberté sans qu'il la demandât.

Parmi ses compagnons d'infortune se trouvaient une dame et sa fille, qui fondaient en larmes à la vue des périls dont elles étaient menacées. Le Père Matthieu, touché de leur sort, réclama leur délivrance, et comme sa demande était repoussée, il s'offrit à prendre leur place. Le barbare, frappé de cette générosité, leur rendit en sa considération la liberté ainsi qu'à tous ceux qu'il venait de faire prisonniers.

Parvenu à un âge avancé, il se retira au couvent de Vigevano, qu'il avait réformé, et là il ne s'occupait plus que de se préparer à la mort, en méditant la Passion de Jésus-Christ. Un jour qu'il priait Notre-Seigneur de lui faire partager ses souffrances, il se sentit le cœur comme percé d'une flèche et éprouva un mal si violent, qu'il en fut réduit comme à l'extrémité. On lui administra les derniers sacrements, après quoi il mourut le 5 octobre 1470. Les miracles opérés à son tombeau déterminèrent Sixte IV à autoriser son culte, qui fut approuvé par Benoît XIV en 1742.

Vie du bienheureux Matthieu Carrieri par M. l'abbé Pétin, prêtre du diocèse de Saint-Dié. — Cf. Continuateurs de Godescard.

Événements marquants

  • Entrée chez les Frères Prêcheurs
  • Prédications dans les principales villes d'Italie
  • Réforme de plusieurs couvents de son Ordre
  • Intervention devant le duc de Milan pour justifier son zèle
  • Capture par des pirates et offre de se constituer prisonnier pour libérer des captifs
  • Retraite au couvent de Vigevano
  • Expérience mystique de la Passion (cœur percé d'une flèche)

Miracles

  • Libération miraculeuse de prisonniers auprès d'un chef pirate par sa seule parole
  • Stigmatisation invisible ou douleur mystique (cœur percé d'une flèche) durant la prière
  • Miracles opérés à son tombeau après sa mort