Le Bienheureux Thomas de Maurienne
Abbé de Farfe
Résumé
Moine originaire de Maurienne, Thomas part en pèlerinage en Terre Sainte avant de recevoir une vision de la Vierge Marie lui ordonnant de restaurer l'abbaye de Farfe en Italie. Sous sa direction, le monastère devient un centre spirituel majeur soutenu par les ducs de Spolète. Il meurt en 715 après avoir dirigé la communauté pendant trente-cinq ans.
Biographie
LE BIENHEUREUX THOMAS DE MAURIENNE,
ABBÉ DE FARFE, AU DIOCÈSE DE SPOLÈTE
10 SEPTEMBRE.
qualités avaient aussi gagné le cœur, y consentit avec joie. Ils partirent donc ensemble. Le voyage, embelli par les charmes de cette amitié véritable que la religion seule sait former, se fit sans accident, et nos pèlerins allèrent, après une longue navigation, débarquer sur les côtes de la Palestine.
Marcien et Martyrius reprirent le chemin de l'Italie, après l'accomplissement de leur vœu; mais Thomas ne put se résoudre à se séparer sitôt de cette terre chère à son cœur. Il dit adieu à ses deux compagnons, retourna à Jérusalem avec ses disciples et y passa encore trois ans, servant jour et nuit dans l'église du Saint-Sépulcre et priant Notre-Seigneur avec larmes de lui faire connaître sa volonté et de le conduire là où il pourrait le plus efficacement travailler pour sa gloire.
Une nuit, fatigué de ses prières et de ses veilles, Thomas s'endormit auprès du tombeau de Jésus-Christ. Il vit s'approcher de lui la bienheureuse Vierge Marie, qui lui dit : « Pourquoi cette tristesse et ces larmes ? Soyez constant et prenez courage ; le Seigneur a exaucé vos prières. Retournez en Italie. Lorsque, par la protection de Dieu, vous y serez arrivé, cherchez dans la province de Sabine, au lieu appelé Acutien, trois grands cyprès qui s'élèvent isolés à côté les uns des autres. Tout près est une basilique magnifique, bâtie en mon honneur ; elle m'est chère et je la visite souvent. C'est là que vous passerez le reste de votre vie. Rien n'y manquera ni à vous ni aux vôtres ; tous les biens vous y suivront et une multitude de frères, attirés par votre exemple, iront travailler avec vous à la conquête du royaume éternel ». Pendant que la Mère de Dieu parlait ainsi, elle présentait à son serviteur un pain d'une merveilleuse grandeur et d'une blancheur éclatante, et elle ajouta : « Recevez ce pain et allez sans inquiétude ; sachez qu'il ne vous fera jamais défaut et qu'il suffira abondamment pour tous les jours de votre vie ». C'était le pain de l'amour de Dieu, pain céleste qui nourrit l'âme et lui rend insipides toutes les futilités de la terre. À partir de ce moment, le Bienheureux fut tellement embrasé du feu de la charité et en même temps reçut à tel point le don des larmes, qu'il ne pouvait ni parler de Dieu, ni vaquer à l'oraison ou à la psalmodie, sans qu'elles coulassent en abondance de ses yeux ou plutôt de son cœur. La contemplation des choses divines l'élevait bien au-dessus des misérables vanités de ce monde. Continuellement uni à Dieu par l'ardeur de ses désirs, on eût dit à chaque instant que son âme allait briser les liens de chair qui la retenaient loin de son amour. La vie de Thomas devint une oraison non interrompue et comme un chant perpétuel des louanges de Dieu. C'est ainsi que l'apôtre saint Jean représente les Saints devant le trône de Dieu, les Saints de la terre comme les Saints du ciel; car pour eux la vie temporelle et la vie éternelle ne sont qu'une même vie, ils font dans la première par la foi et le combat ce qu'ils feront dans la seconde par l'amour seul et dans la gloire. De cette vallée de larmes leurs regards sont fixés sur la patrie. Ils y montent sans cesse par les divins échelons de la grâce, et quand, arrivés au sommet par la sainteté parfaite, autant que peut l'être la sainteté de l'homme, ils voient les portes éternelles tarder encore à s'ouvrir, il n'est pas étonnant qu'ils souffrent de ce retard des douleurs que nous ne connaissons pas, nous, restés parmi nos affections terrestres et nos viles passions.
En retournant en Italie pour obéir à la voix du ciel, notre Saint vint à passer par Éphèse. Il ne put résister au désir de rester quelque temps auprès du tombeau de saint Jean l'Évangéliste, l'apôtre par excellence de la charité. Il y demeura trois ans, occupé de la méditation des grands mystères
dont il venait de visiter le glorieux théâtre. Enfin, Dieu le pressant de plus en plus, il s'embarqua pour l'Italie. Son pèlerinage avait duré près de sept ans.
Dès qu'il fut arrivé en Italie, Thomas se rendit dans la Sabine. Un jour qu'il se trouvait dans un lieu appelé *Lervinaire*, il lui vint en pensée d'y offrir le saint sacrifice de la messe. Quand il l'eut achevé, se sentant fatigué, il dit à ses disciples de préparer le repas avec les provisions qui pourraient se trouver encore dans leurs sacs, et il se retira sous un arbre pour y prendre un peu de repos. Son intention était d'aller le plus tôt possible à Rome, afin d'y visiter de nouveau les tombeaux des saints Apôtres, et de reprendre ensuite le chemin de la Maurienne. Mais Dieu, qui connaissait l'obéissance de son serviteur, vint une seconde fois lui manifester sa volonté. Tandis que le Saint reposait, la Mère de Dieu lui apparut et lui dit avec bonté : « C'est ici le lieu que je vous ai promis : courage donc, mon frère, et ne vous laissez point prendre à une lâche défiance ». Et lui montrant non loin de là trois cyprès, elle ajouta : « Allez, et, près de ces arbres que vous voyez, vous trouverez la basilique dont je vous ai parlé. C'est là que vous demeurerez. Vous y jouirez du repos en Dieu ; travaillez comme un vaillant soldat, pour mériter la couronne de vie. Je serai avec vous et avec vos frères maintenant et toujours. J'en amènerai une multitude auprès de vous, afin qu'ils apprennent à servir Dieu sous votre conduite ». Ayant dit ces mots, la bienheureuse Vierge disparut.
A son réveil, Thomas raconta à ses compagnons la vision qu'il avait eue, et, regardant autour de lui, il vit en effet trois cyprès à une petite distance, du côté de l'Orient. « Voilà bien », s'écria-t-il, « les arbres qui m'ont été montrés. Levez-vous et allons où Dieu nous appelle ». Ils y allèrent aussitôt, mais non sans peine ; car ils furent obligés de s'ouvrir avec leurs couteaux un passage à travers les ronces et les épines. Parvenus au pied des cyprès, il ne leur fut pas difficile de trouver la basilique, et, y entrant, ils rendirent grâces à Dieu.
Quand ils y eurent passé quelques jours à chanter les louanges du Seigneur, les disciples de Thomas commencèrent à s'ennuyer et à dire tristement : « Que ferons-nous ici, vénérable père, lorsque les provisions qui nous restent seront épuisées ? Ce lieu, vous le voyez, ne peut être connu que des bêtes féroces et des voleurs, qui viendront nous égorger ». Thomas les consola en disant : « J'ai confiance en la générosité infinie de Dieu tout-puissant et en l'intercession de sa sainte Mère, que nous n'aurons à craindre ni la faim ni les voleurs. La bonté du Seigneur viendra à notre secours, car il l'a promis par le Prophète : « Ceux qui espèrent en lui ne manqueront de rien », et sa promesse s'accomplira bientôt à notre égard ».
Le duché de Spolète était alors gouverné par Faroald, deuxième du nom, fils et successeur de Trasemund. Ce prince, ayant le dessein d'aller à Rome, fit partir des valets et des bêtes de somme chargées de provisions, voulant lui-même les suivre le lendemain avec son escorte. Mais, pendant la nuit, la sainte Vierge lui apparut et lui dit : « Renoncez au voyage que vous projetez, car il ne vous est pas avantageux d'aller à Rome maintenant. Suivez plutôt mon conseil, qui vous sera beaucoup plus profitable. Il y a dans le territoire de la Sabine une église consacrée en mon honneur, dans laquelle des moines étrangers habitent, servant Dieu nuit et jour par la prière et le chant des hymnes. Faites-leur porter toutes les provisions qui viennent de partir, afin que par leurs prières le Seigneur vous soit propice ».
10 SEPTEMBRE.
Faroald envoya aussitôt vers la Sabine la troupe chargée de vivres. Ces hommes, étant arrivés à un endroit appelé Pompeianus, s'informèrent auprès des habitants où était l'église de la Sainte-Vierge, habitée par des moines étrangers. « Nous connaissons », dirent-ils tous unanimement, « plusieurs églises qui sont dédiées à la sainte Vierge, mais nous ne pouvons vous dire où sont ces moines. Cependant nous tenons de nos pères que leurs ancêtres avaient entendu dire que, dans la terre appelée Acutien, près de trois cyprès, il y avait une église d'une merveilleuse beauté, sous le vocable de la sainte Vierge, et que tout à côté s'élevait, du temps des Romains, un monastère de religieux. Nous ne sachions pas qu'il y ait là maintenant aucune habitation ». Et, en parlant de la sorte, ils montraient de la main dans quelle direction se trouvaient ces trois cyprès, sans que personne connût le chemin qu'il fallait suivre pour y arriver. Tout à coup les bêtes de somme, que l'on avait fait arrêter, partent d'elles-mêmes et prennent précisément la direction qui venait d'être indiquée. Les conducteurs les suivent.
Comme ils approchaient de l'église, les frères, entendant le bruit d'une troupe d'hommes et de chevaux, crurent que c'étaient des voleurs, et, courant à l'église tout effrayés, ils s'en prirent au bienheureux Thomas qui, prosterné au pied de l'autel, épanchait son âme devant Dieu, et ils lui dirent : « Voici, père, que, comme nous vous l'avons prédit, des voleurs viennent nous égorger ». Et ils s'efforçaient de fermer la porte.
Cependant l'un d'entre eux vit par un trou les gens du prince se disposer à décharger leurs montures devant l'église. Il courut tout joyeux dire à Thomas et aux autres que non-seulement il n'y avait rien à craindre, mais que des chevaux arrivaient chargés de vivres. Aussitôt tous sortirent et demandèrent aux conducteurs d'où venaient ces provisions et qui les leur envoyait. Ceux-ci répondirent : « Faroald, glorieux duc de Spolète, averti par la sainte Vierge Mère de Dieu, vous envoie ce présent et vous prie de vous souvenir de lui devant le Seigneur ». Ils déposèrent leur charge, reçurent la bénédiction des frères et reprirent le chemin par lequel ils étaient venus.
Faroald envoya souvent des présents au monastère de Farfe ; il pria même l'abbé Thomas de venir le voir à Spolète, se recommanda à ses prières et, afin d'assurer l'existence du monastère, il lui céda des terres considérables. Il écrivit ensuite au pape Jean VII pour le prier de confirmer cette donation par son autorité apostolique, et chargea le bienheureux Thomas d'aller à Rome presser cette affaire. Le souverain Pontife l'accorda volontiers ; il en fit dresser une bulle, qui fut adressée à « l'abbé Thomas, religieux prêtre, et à la congrégation du vénérable monastère de Sainte-Marie, Mère de Dieu, toujours vierge ». La lettre de Faroald et la bulle de Jean VII sont de l'année 705 ou 706. On peut les voir dans le tome II des Annales de l'Ordre de Saint-Benoît.
C'est ainsi que Marie accomplit la promesse qu'elle avait faite au bienheureux Thomas et récompensa magnifiquement sa confiance. Grâce aux libéralités du duc de Spolète, le monastère de Farfe fut bientôt reconstruit (681).
La sainte Vierge avait dit au bienheureux que ses exemples attireraient à Farfe une multitude de frères, désireux de marcher, sous sa conduite, à la conquête du royaume de Dieu. C'était une promesse en même temps qu'une prophétie. Marie tint parole. Du fond de la solitude où Thomas s'était retiré avec ses disciples de Maurienne, le bruit de sa sainteté se répandit au loin. Il en est de la vertu comme de la violette : plus elle se fait humble et petite, plus elle se cache aux regards des hommes, et plus son parfum la trahit. La douceur du caractère du saint abbé, la tendre affection qu'il portait à ses frères, sa charité prévenante envers les étrangers auxquels la porte du monastère était toujours ouverte, la ferveur toute céleste qui paraissait sur son visage et qui montrait que, ne touchant la terre que des pieds, son âme vivait au ciel, lui gagnaient tous les cœurs. Aussi vit-il accourir à lui une foule d'hommes de toutes conditions, venus des contrées voisines et même des provinces les plus éloignées. Thomas les recevait avec joie, et, à si sainte école, ils ne tardaient pas à faire de rapides progrès dans la perfection de la vie religieuse. Ses leçons étaient inspirées par cet esprit de bonté et de douce fermeté qui faisait le fond de son âme. Mais la plus efficace de toutes, c'étaient ses exemples. Il suffisait de le voir pour comprendre ce que l'on devait être soi-même.
Ennemi de la paresse, il obligeait ses religieux à défricher les forêts, à cultiver les terres que lui avait données le duc Faroald et quelques autres qu'il avait achetées lui-même, à exercer l'hospitalité, à unir la prière et la pratique de toutes les vertus aux travaux de l'agriculture. Par ce moyen, il rendit partout les chemins sûrs et renouvela complètement la face du pays.
Le saint homme passa ainsi trente-cinq ans, sept mois et cinq jours à la tête du monastère de Farfe, soupirant après l'heureux jour où il lui serait donné de partir pour la céleste patrie. Ce jour vint enfin. Le bienheureux Thomas de Maurienne rendit son âme à Dieu le 10 septembre de l'année 715, au milieu de ses disciples éplorés.
## CULTE ET RELIQUES. — ABBAYE DE FARFE.
Le bienheureux Thomas fut enseveli sous le maître-autel de l'église du monastère, à côté de saint Laurent le Syrien. Cet autel ayant été refait en 1604, les deux saints corps furent trouvés enfermés dans des urnes de marbre. On les transporta alors dans le caveau de l'ancienne chapelle des reliques, dont l'ouverture fut murée et où ils reposent encore aujourd'hui.
Un manuscrit du XIVe siècle, conservé dans les archives du monastère de Farfe et intitulé : *Lectionarium et passiones martyrum*, contient l'office de saint Thomas, au 12 de décembre. La légende est divisée en onze leçons ; Mabillon la donne textuellement dans ses *Actes des Saints de l'Ordre de Saint-Benoît*. En 1636, Grégoire de Pérouse, prieur de Farfe, supprima cet office propre, par la raison qu'il n'était pas approuvé par le Saint-Siège. Néanmoins, l'office et la fête de saint Thomas continuèrent à être célébrés et se célèbrent encore dans le monastère de Farfe, au jour indiqué, comme au commun des abbés. Un des autels latéraux de l'église de Farfe est dédié à saint Thomas. Le tableau représente l'apparition que la sainte Vierge lui fit à Jérusalem.
Nous ne pouvons terminer cette biographie sans dire ce qu'était et ce qu'est devenu, dans le cours des siècles, le monastère du bienheureux Thomas de Maurienne.
Le monastère de Farfe, dans la Sabine, au diocèse de Spolète, avait été fondé, au VIIIe siècle, par saint Laurent, syrien de naissance, qui, ayant quitté ses parents, était allé à Rome avec sa sœur, sainte Suzanne, et s'était ensuite retiré en ce lieu pour y servir Dieu dans les exercices de la vie religieuse. Il devint évêque de Spolète et est grandement loué pour sa sainte vie dans une bulle du pape Jean VII, adressée à saint Thomas et aux religieux de Farfe. Quelques années après la mort de saint Laurent, les Lombards envahirent l'Italie. Partout sur leur passage les églises furent profanées, les moines massacrés, les monastères pillés et livrés aux flammes. Ils pénétrèrent dans la Sabine ; le monastère de Farfe tomba entre leurs mains et fut complètement détruit ; l'église seule resta debout, mais dépouillée et abandonnée, jusqu'au moment où le Seigneur envoya le bienheureux Thomas restaurer l'œuvre de saint Laurent.
Telle était l'affluence de ceux qui allaient au monastère de Farfe chercher une voie plus sûre pour arriver à Dieu, qu'il fut forcé d'envoyer des colonies en divers endroits de l'Italie. Il devint ainsi le chef-lieu d'une Congrégation nombreuse et compta six cent quatre-vingt-trois églises sous sa dépendance. Il ne relevait que du Pape et de l'empereur. Louis II, Charles le Chauve, Charles le Gros, Béranger, Othon et Henri IV d'Allemagne confirmèrent ses privilèges, qui étaient fort étendus.
10 SEPTEMBRE.
Détruit par les Sarcasiques en 891, époque à laquelle il contenait huit cents religieux, il fut reconstruit, cinquante-huit ans plus tard, après l'expulsion de ces barbares. En 1009, il adopta la réforme de Cluny. En 1097, l'abbé Bérald, voyant qu'il tombait en ruines, fit bâtir un autre monastère sur la montagne, avec les revenus de l'abbaye et le secours des Romains.
A partir de cette époque, l'histoire du monastère de Forfe s'offre plus rien de remarquable, que les tracasseries des seigneurs voisins et ces alternatives de ferveur et de relâchement auxquelles n'échappe aucune société religieuse. Néanmoins, protégé par ses deux saints fondateurs, il a résisté à toutes les tempêtes et est parvenu jusqu'à nos temps, quoique bien déchu de son antique gloire. En 1819, une bande républicaine, commandée par un certain Capiccioni, a enfoncé ses portes, au nom de la liberté, chassé les religieux et emporté tout ce qui s'est trouvé d'argent, de grains et de bestiaux dans le monastère.
Nous avons tiré cette biographie de l'Histoire hagiologique du diocèse de Mauricane, par M. l'abbé Truchet, curé de Saint-Jean d'Arves.
Événements marquants
- Pèlerinage en Terre Sainte (Jérusalem) pendant trois ans
- Séjour à Éphèse pendant trois ans auprès du tombeau de saint Jean
- Vision de la Vierge Marie au Saint-Sépulcre lui ordonnant de restaurer Farfe
- Arrivée en Sabine et découverte de la basilique abandonnée près de trois cyprès
- Restauration du monastère de Farfe avec l'appui du duc Faroald en 681
- Confirmation de la donation par le pape Jean VII en 705 ou 706
- Gouvernance du monastère pendant plus de 35 ans
Miracles
- Vision de la Vierge Marie lui offrant un pain céleste inépuisable
- Guidage miraculeux des bêtes de somme du duc Faroald vers le monastère caché
- Don des larmes et extases mystiques
Citations
C'est ici le lieu que je vous ai promis : courage donc, mon frère, et ne vous laissez point prendre à une lâche défiance.