Saint Baudouin (Baudoin)

Chanoine-archidiacre de Laon, et Martyr

Fête : 16 octobre 7ᵉ siècle • saint

Résumé

Frère de sainte Anstrude et fils de sainte Salaberge, Baudouin fut archidiacre de Laon au VIIe siècle. Reconnu pour son intégrité et sa défense des droits de l'Église, il s'attira la haine de puissants locaux. Il mourut assassiné à coups de fourche en 680 lors d'un déplacement à Cohartille.

Biographie

SAINT BAUDOUIN OU BAUDOIN,

CHANOINE-ARCHIDIACRE DE LAON, ET MARTYR (680).

Saint Baudoin ou Baudouin était frère de sainte Anstrude et fils de sainte Salaberge, qui l'avait dès le bas âge formé à la piété et à la vertu.

L'évêque de Laon, Sérulphe, qui apportait la plus grande attention à n'admettre dans la cléricature que des sujets reconnus aptes à l'état ecclésiastique par leur religion, leur modestie, leur éloignement de la vanité, leur application à l'étude, aussi bien que par un sens droit et un esprit porté à la réflexion, promet de bonne heure Baudoin aux ordres sacrés ; puis, remarquant avec quel soin et quel respect il s'acquittait des moindres fonctions, il le nomma chanoine de la cathédrale, et bientôt après, l'éleva à la dignité d'archidiacre, charge alors fort importante et qui demandait de celui qui en était revêtu une grande fermeté jointe à beaucoup de savoir et de prudence.

Baudoin ne parut point au-dessous de l'emploi dont on l'avait avec raison jugé digne. Il soutint avec force et persévérance les droits de son église, et rendit pleine justice à tous, sans se laisser jamais influencer par ses amis ou son entourage, détestant par-dessus tout cet esprit de coterie, qui fait souvent faire tant de fautes et commettre tant d'injustices à ceux qui ont la plus grande part dans l'administration d'un diocèse. Ce fut cette intégrité même et son zèle dans l'exercice de sa charge qui attirèrent contre lui la haine la plus acharnée de la part des méchants. Comme la conscience lui faisait un devoir de s'opposer à leurs entreprises injustes et sacrilèges, ils se liguèrent entre eux et lui dressèrent des embûches.

Un jour qu'il se rendait à pied à Cohartille, village sur la Souche, à quatre lieues de Laon, pour y présider une assemblée, il fut assassiné à coups de fourche, l'an 680, par ses ennemis cachés en embuscade. Son corps fut rapporté à Laon et remis entre les mains de sainte Anstrude, sa sœur, qui le fit inhumer glorieusement dans son monastère, comme un martyr de la justice.

Le bréviaire de Soissons célèbre sa mémoire le seizième jour d'octobre.

Notice due à l'obligeance de M. l'abbé Henri Congnet, chanoine de Soissons.

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## SAINT AMBROIS OU AMBROIX,

## ÉVÊQUE DE CAHORS ET CONFESSEUR (vers 770).

Vers l'an 752, après la mort de l'évêque saint Capuan, l'Église de Cahors fut pendant cinquante ans éprouvée par diverses calamités. Ambrois fut élu dans l'espoir qu'il remédierait à ces maux. C'était un homme à la hauteur de sa fonction, d'une vertu éprouvée, possédant la science des Écritures, embrassé de zèle pour le salut des âmes, et faisant le premier ce qu'il enseignait aux autres ; mais la dépravation des mœurs était telle qu'il ne put, ni par ses discours ni par ses exemples, ramener son peuple à un état meilleur. N'espérant donc aucun fruit de ses travaux, persécuté d'ailleurs par Walfre, duc d'Aquitaine, qui pillait les biens de l'Église, il se retira dans une caverne située près de Cahors, où il vécut caché, toujours dans les austérités de la pénitence, dans les larmes et la prière. Après trois ans il fut découvert, mais ayant refusé de reprendre son siège, sur l'offre que lui en faisait son successeur, il se rendit en pèlerinage au seuil des saints Apôtres.

De retour en France, il visita à Tours le tombeau de saint Martin, après quoi il se retira à Seris, bourg qui prit dans la suite le nom du Saint (Saint-Ambroix, Cher, arrondissement de Bourges, canton de Charost), et situé dans le Berry sur les rives de l'Auron. Il y demeura longtemps inconnu, et finit très-saintement sa vie dans la cellule qu'il s'était construite de ses propres mains. Après avoir pendant longtemps reçu en ce lieu les honneurs des fidèles, son corps, transféré à Bourges, fut déposé dans l'église des saints apôtres Pierre et Paul, près de laquelle on construisit un monastère dédié en l'honneur de saint Ambrois, monastère qui fut comblé de privilèges par Gaufroy, vicomte de Bourges, et qui exista jusqu'aux jours désastreux de la révolution française.

*Propre de Bourges.*

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## XVIIe JOUR D'OCTOBRE

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## MARTYROLOGE ROMAIN.

La fête de sainte HEDWIGE, veuve, duchesse de Pologne, qui s'endormit dans le Seigneur le 15 de ce mois. 1243. — A Antioche, la naissance au ciel de saint Héron, disciple de saint Ignace, qui fut fait évêque après lui, et, marchant sur les pas de son maître, aima Jésus-Christ jusqu'à donner sa vie pour le troupeau dont il lui avait confié le soin. IIe s. — Le même jour, le martyre des saints Victor, Alexandre et Marien. Vers 303. — En Perse, sainte Mamette, martyre, qui, ayant été convertie de l'idolâtrie à la foi, par l'avertissement d'un ange, fut lapidée par les Gentils et jetée dans le fond d'un lac. Ve s. — A Constantinople, saint ANDRÉ DE CRÊTE, solitaire, qui, ayant été souvent battu de verges pour le culte des saintes images, par l'ordre de Constantin Copronyme, eut enfin le pied coupé, et rendit l'esprit. 701. — A Orange, saint Florentin ou Florent, évêque, qui se reposa en paix, entouré de l'éclat de ses nombreuses vertus. Vers 526. — A Capoue, saint Victor, évêque, remarquable par son érudition et sa sainteté. 554.

## MARTYROLOGE DE FRANCE, REVU ET AUGMENTÉ.

Aux diocèses d'Angers et de Tours, saint Loup, évêque de ce siège et confesseur. C'est sous son épiscopat qu'eut lieu la reversion du corps de saint Martin, d'Auxerre à Tours. Vers 914. — Au diocèse d'Avignon, saint Florent ou Florentin, évêque de l'ancien siège d'Orange (Vaucluse), et confesseur, cité au martyrologe romain de ce jour. Vers 520. — Aux diocèses de Carcassonne et de Tours, sainte Hedwige, veuve, duchesse de Pologne, citée au martyrologe romain de ce jour. 1243. — Au diocèse de Chartres, fête (transférée au 12 de ce mois) de l'anniversaire de la dédicace de l'église cathédrale de cette ville. Cette dédicace se fit le 12 octobre 1260, par l'évêque de Chartres, Pierre de Minciac, en présence du roi saint Louis, qui se chargea d'élever à ses frais le portique septentrional, où il est représenté dans plusieurs verrières. — Au diocèse de Mayence, saint Lui ou Lulic, archevêque de ce siège et confesseur, cité au martyrologe romain du jour précédent. 787. — Au diocèse de Nevers, mémoire de saint Trohé, Troé ou Trèche (Troesius, Trojecius), abbé et confesseur. Il n'est connu que par le culte constant que lui ont rendu les habitants de Nevers. VIIe s. — Au diocèse de Pamiers, saint Gaïdry ou Gandry (Waldericus, Gaudericus), confesseur, cité au martyrologe de France du jour précédent, où nous avons donné quelques détails sur sa vie. Vers 990. — Au diocèse de Paris, saint Cerbon ou Carboney (Cerbonius), évêque de Piombino (Populonium, en Toscane) et confesseur, cité déjà au martyrologe des Chanoines Réguliers du 12 octobre. VIe s. — Au diocèse de Soissons, sainte ANSTRUDE, vierge et abbesse à Laon. 688. — A Trèves, saint Florentin ou Florent, évêque de Trèves et de Tougres, et martyr, cité déjà au martyrologe romain du jour précédent. Vers le milieu du IIIe s. — Dans l'ancien diocèse de Saint-Papoul (Aude), diocèse actuel de Carcassonne, les trois saintes Puelles, qui, pour avoir pris soin de la sépulture de saint Satornia, évêque de Toulouse, méritèrent la palme du martyre. — Dans l'ancienne abbaye de Saint-Pierre de Chartres, sainte SOLINE, vierge et martyre, honorée à Poitiers le 16 de ce mois. Vers l'an 80. — Au Mans, saint BÉRAIRE Ier (Berarius, Berecharius), évêque de ce siège et confesseur, cité déjà au martyrologe de France du jour précédent. 670. — Dans l'ancienne abbaye bénédictine du Mont-Saint-Michel (S. Michael in Monte Tumbd), au diocèse actuel de Coutances, saint Serge, duc, et sainte Marguerite, son épouse, qui se consacrèrent ensemble au service de ce monastère, et y moururent en paix, chargés de mérites et de bonnes œuvres. — A Tréchâteau ou Thil-Châtel, au diocèse de Dijon, saint Florent, martyr. Vers 261.

Dans l’abbaye de la Visitation de Paray-le-Monial (Paredum Monachorum), au diocèse d’Autun, la bienheureuse MARGUERITE-MARIE-ALACOQUE, vierge. 1690. — A Limoges, saint Borice II, le Jeune, petit-fils et successeur, sur le siège épiscopal de cette ville, de saint Borice Ier, l’Ancien (20 juillet). Il fut converti par saint Junien le Solitaire, et conserva toujours pour lui une singulière estime. Les biographes louent surtout sa profonde humilité, sa tendre charité envers les pauvres, sa libéralité envers les églises et tous les établissements de piété, son amour pour la chasteté et la pureté angélique de ses mœurs. Vers 253.

## MARTYROLOGES DES ORDRES RELIGIEUX.

*Martyrologe de l’Ordre de Saint-Benoît.* — A Cracovie, sainte Hedwige, duchesse de Pologne, qui, à la mort de son mari, prit l’habit des Cisterciens et s’endormit dans le Seigneur le 15 de ce mois, après avoir donné l’exemple d’une grande piété. 1243.

*Martyrologe de l’Ordre des Camaldules.* — Près du château de Frontal, au pied du mont Sauvicin, saint Dominique l’Enouirassé, confesseur, de l’Ordre des Camaldules, dont la vie, célèbre par ses vertus et admirable par l’austérité inouïe de sa pénitence, a été racontée par saint Pierre Damien. Sa naissance au ciel est marquée le 14 de ce mois. 1060.

*Martyrologe de la Congrégation de Vallombreuse.* — L’Octave de la translation de notre Père saint Jean Gualbert, abbé. 1073.

*Martyrologe de l’Ordre des Cisterciens.* — Au diocèse (primitif) de Châten-sur-Saône, la dédicace de l’église de Notre-Dame de Cîteaux, le chef et la mère de toutes les Églises de l’Ordre cistercien. XIIe s.

*Martyrologe de l’Ordre des Frères Prêcheurs.* — A Autioche, la naissance au ciel de saint Héron, disciple de saint Ignace, qui fut fait évêque après lui, et aima Jésus-Christ jusqu'à donner sa vie pour le troupeau qui lui avait été confié. IIIe s. — Le même jour, l’Octave de saint Louis Bertrand. 1581.

## ADDITIONS FAITES D’APRÈS LES BOLLANDISTES ET AUTRES HAGIOGRAPHES.

A Voie, en Afrique, plusieurs saints martyrs, que l’on comprend ordinairement sous la dénomination générale de Martyrs Volitains. Commencement du IVe s. — En Mauritanie (aujourd’hui royaume de Fez, dans le Maroc, et partie ouest de l’Algérie), les saints martyrs Niane, Victor ou Victoire, Nobilitain ou Jubilitain, Mauritain ou Marion, Luce, Cittin ou Tione, Crescentien, Ruflinien, Donat, Defenseur, Rusticien, Servilien, Socrate, Vénère, Jouvier, Muctole ou Neustule, Quintatise, Memme ou Memmie, Yritien ou Zidiaque, Maguile; et les saintes Prime, Donate, Sévère, Victoire et Basille, également martyres. Vers 304. — Au désert de Scété (Égypte-Inférieure), saint Jean Colobe, ou le Nain, ainsi nommé de sa petite taille, anachorète et confesseur, dont nous avons parlé au 45 septembre. Ve s. — A Lodi Vecchio (Laus Pompeia), en Lombardie, saint Clément, prêtre et confesseur, qui reçut, par révélation, l’ordre de faire consacrer saint Bassien évêque de cette ville. Vers 400. — En Angleterre et en Bretagne, saint Louthiern (Leuthernus), Irlandois de naissance, il fut disciple de saint Buodhan, habita avec saint Colomban le monastère de Bangor (comté de Down), et devint ensuite abbé d’Ion-Tom. Élevé plus tard à l’épiscopat dans la Grande-Bretagne, il passa en Armorique, où il paraît qu’il finit ses jours. Son corps, apporté à Paris vers 965, par Salvator, évêque d’Aleth, a été conservé dans l’église de Saint-Magloire jusqu’à la Révolution. VIe s. — Aux mêmes pays, saint Levien, évêque, et saint Esculphie (Scophulus), abbé.

tiens ensevelirent les restes de saint Florent avec honneur, et plus tard une basilique s’éleva sur son tombeau; elle fut envahie, au XVIIe siècle, par les Huguenots qui brisèrent la châsse du Martyr et jetèrent au feu ses reliques. Ce qu’on a pu en sauver se conserve dans une châsse en bois doré, surmontée de l’image du Saint, au fond du chœur et derrière l’autel de l’église de Thil-Châtel. — *Saints de Dijon*, par M. l’abbé Dupius.

412 17 OCTOBRE.

A Bénévent, ville forte du royaume d'Italie, sur le Calore, saint Zénon ou Zosime, évêque et confesseur, dont le corps repose dans l'église Sainte-Sophie (temple de la Sagesse divine) de cette ville. Il y avait autrefois, à Bénévent, une église paroissiale dédiée sous son invocation. Saint Zénon occupa le siège épiscopal pendant quarante-deux ans. Vers 585. — En Angleterre, les saints martyrs Ethelred et Ethelbert, frères, petite-neveux de saint Ethelbert ou Albert, roi de Kent, et premier roi chrétien des Angles. 670. — Encore en Angleterre, saint Nothelme, confesseur, d'abord prêtre de l'Église de Londres, puis moine de Cantorbéry et enfin archevêque de ce dernier siège. Il entretint un commerce épistolaire avec saint Boniface, archevêque de Mayence, et le vénérable Bède, moine de Jarrow, à qui il fournit des matériaux pour son Histoire ecclésiastique de l'Angleterre. 738. — Encore en Angleterre, saint Régule, évêque (ou simplement abbé), saint Damien, prêtre, saint Anéglus, diacre, et sainte Muren, vierge. IXe s. — En Italie, le bienheureux Rodolphe (Rodulphus), moine de Font-Avellane, puis évêque de Gobbio (Eugubium) ; et le bienheureux Pierre, son frère, également religieux de Sainte-Croix de Font-Avellane, et confesseur. XIe s.

Événements marquants

  • Formation à la piété par sa mère sainte Salaberge
  • Nomination comme chanoine de la cathédrale de Laon par l'évêque Sérulphe
  • Élévation à la dignité d'archidiacre
  • Défense des droits de son église contre les méchants
  • Assassinat à coups de fourche dans une embuscade à Cohartille

Date de fête

16 octobre

Époque

7ᵉ siècle

Décès

680 (martyre)

Attributs iconographiques

Autres formes du nom

  • Baudoin (fr)

Prénoms dérivés

Baudouin, Baudoin

Famille

  • Sainte Salaberge (mère)
  • Sainte Anstrude (sœur)