Saint Grégoire l'Illuminateur (Apôtre de l'Arménie)
Évêque et Confesseur, Apôtre de l'Arménie
Résumé
Issu de la dynastie des Arsacides, Grégoire fut l'apôtre de l'Arménie au IVe siècle. Après avoir survécu à de terribles supplices infligés par le roi Tiridate, il convertit ce dernier et le peuple arménien au christianisme. Il finit ses jours en ermite après avoir fondé de nombreuses églises.
Biographie
SAINT GRÉGOIRE L'ILLUMINATEUR, ÉVÊQUE ET CONFESSEUR,
APÔTRE DE L'ARMÉNIE (vers 323).
Grégoire, issu de la famille royale des Arsacides (dynastie des rois Parthes, fondée, l'an 255 avant Jésus-Christ par Arsace Ier, et remplacée, l'an 226 de notre ère, par celle des Sassanides), fut le premier, après l'apôtre saint Barthélemy, qui prêcha l'Évangile dans l'Arménie, sa patrie.
Ayant échappé au massacre de sa famille, il fut porté, tout enfant, à Césarée de Cappadoce (aujourd'hui Kalsarich, sur l'Halys) où il fut élevé dans la religion chrétienne et reçut le Baptême.
Dans la même ville s'était réfugié Tiridate, fils de Chouroès, roi d'Arménie (213-258), tué traîtreusement par Anach, père de Grégoire, à l'instigation de l'occupant Ardaebès Sazaan, et dépouillé de son royaume par les Perses. Connaissant le crime commis par son père, Grégoire se donna comme esclave à Tiridate, et plus tard il revint avec lui en Arménie quand les Romains lui eurent fait rendre son trône.
Tiridate voulut forcer Grégoire à honorer les idoles, et il employa contre lui tous les genres de supplices. Il le fit jeter dans un cachot fort étroit, lui mit un bâillon, le suspendit avec une corde qui lui serrait fortement la poitrine; le Martyr demeura en cet état durant sept jours.
Il subit encore une seconde suspension, attaché par un pied, la tête en bas, respirant l'odeur infecte du fumier qu'on avait apporté exprès, pendant qu'on le frappait à coups de bâtons mouillés. Durant ce supplice, Grégoire priait Dieu pour le salut de tous les peuples, en particulier pour le salut des Arméniens.
Le roi admira ce courage et redoubla ses cruautés. Il fit apporter des planches et des cordes noueuses, et comprimer les pieds du patient jusqu'à ce que le sang jaillît par les extrémités des pieds. Grégoire eut encore le visage meurtri de nombreux soufflets, la tête serrée dans un étau, et les narines remplies de sel et de vinaigre; il endura tous ces tourments et plusieurs autres, et le roi s'étonnait grandement qu'il fût demeuré vivant.
Cependant un des satrapes de Tiridate lui apprit que ce Grégoire était le fils d'Anach, le meurtrier de Chouroès. Cette découverte mit le comble à la fureur de Tiridate; il fit transporter Grégoire à Artaxat, château-fort de la province d'Ararat, les fers aux mains et aux pieds et la corde au cou, et là, il le fit jeter dans une fente de rocher, résolu de l'y laisser périr.
Cependant Dieu le délivra de ce supplice comme de tous les autres, et à la fin, Tiridate, vaincu, ouvrit les yeux à la lumière de la foi et reçut le Baptême des mains de Grégoire lui-même. Celui-ci, ayant enfin la faculté de prêcher l'Évangile en Arménie, convertit presque tout ce peuple et y fonda un grand nombre d'églises.
Suivant Eusèbe, Maximin Daza, alors César en Orient, qui avait juré une haine irréconciliable au christianisme, fut très irrité de le voir faire autant de progrès en Arménie; il vint attaquer ce pays, mais il fut repoussé et obligé de se retirer avec confusion. C'est la première guerre de religion dont il soit parlé dans l'histoire.
Saint Grégoire fut sacré évêque par Léonce de Césarée. Ce fut Tiridate lui-même qui l'envoya vers ce prélat, pour qu'il reçût de ses mains l'onction épiscopale. De retour dans sa patrie, il continua ses travaux apostoliques avec un nouveau zèle; il porta aussi le flambeau de la foi chez plusieurs nations barbares, près de la mer Caspienne, et pénétra jusqu'au mont Caucase.
Nous apprenons d'un historien arménien (Moses Chorencensis), que, s'étant retiré dans une cellule à Mania, qui est dans la province de Daranalia (Haute-Arménie), il y finit ses jours vers le temps où Constantin le Grand se rendit maître de l'Orient (315-323). Des chrétiens, obligés de s'enfuir d'Arménie, apportèrent son corps en Italie; son chef fut déposé à Naples avec les chaînes qu'il avait autrefois portées, un de ses bras se trouve dans la cathédrale de Nardo (Terre d'Otrante).
On représente saint Grégoire : 1° ayant une vision que domine la croix et qui lui fait comprendre que l'Arménie et tout le monde romain vont trouver la paix dans le triomphe du christianisme.
2° ayant à ses côtés un sanglier ou porc couronné ; une légende, rapportée par Métaphraste, prétend en effet que Tiridate, en punition de sa barbarie, fut changé en pourceau.
Propre de Rome, complété avec Godessard, les Acta Sanctorum, le Père Cahier, etc.
Événements marquants
- Échappe au massacre de sa famille et baptême à Césarée
- Se donne comme esclave à Tiridate par expiation pour le crime de son père
- Subit de nombreux supplices et un long emprisonnement dans une fente de rocher
- Conversion et baptême du roi Tiridate
- Sacre épiscopal par Léonce de Césarée
- Évangélisation de l'Arménie et des nations vers la mer Caspienne
- Retraite dans une cellule à Mania
Miracles
- Survie miraculeuse à de multiples supplices extrêmes
- Délivrance d'une fente de rocher
- Métamorphose de Tiridate en pourceau (légende)