Saint Héribert de Cologne

Archevêque de Cologne

Fête : 16 mars 11ᵉ siècle • saint

Résumé

Chancelier de l'empereur Othon III puis archevêque de Cologne en 999, Héribert se distingua par sa charité immense envers les pauvres et les malades. Fondateur de l'abbaye de Duitz, il est célèbre pour avoir obtenu la fin d'une sécheresse par ses prières. Il mourut en 1021 lors d'une visite pastorale.

Biographie

SAINT HÉRIBERT, ARCHEVÊQUE DE COLOGNE (1021).

Héribert naquit à Worms, ville impériale de l'Allemagne, au Palatinat du Rhin. Il eut pour père un des principaux gentilshommes du pays, et sa mère était petite-fille de Réginbaud, comte de Souabe. Il fut élevé d'abord près de ses parents dans les lettres humaines et dans la piété, et il alla ensuite achever de se former dans l'étude des saintes Règles et de la théologie à Gorze, célèbre monastère de Lorraine, au diocèse de Metz, qui passait alors pour une excellente école de vertu et de science. Il y prit si bien le goût de la vie religieuse, qu'il était résolu d'en faire profession, et de ne jamais sortir de cette sainte maison, si son père n'eût employé toute son autorité pour le faire revenir.

Lorsqu'il fut retourné à Worms, l'évêque Hildebaud, charmé de son esprit, de sa sagesse et de sa piété, le fit prévôt de son Église, et il le destinait pour être son successeur : mais sa mort prévint l'exécution de ce dessein. Quelques années après, l'empereur Othon III, qui n'avait pas encore reçu la couronne impériale, ayant été informé du mérite de Héribert, le manda à la cour, et le fit son chancelier. Ce prince, qui avait de l'amour et du goût pour les personnes vertueuses, le jugeant également propre pour le service de l'Église et de l'État, ne le laissa point en repos qu'il ne l'eût fait promouvoir aux ordres sacrés avec son cousin Brunon, qui fut depuis pape sous le nom de Grégoire V, et qui le couronna empereur l'an 996.

Cependant l'archevêché de Cologne vint à vaquer : et, après des contestations de plusieurs mois, qui formèrent une espèce de schisme dans cette Église, tout le monde fut d'accord pour choisir le chancelier Héribert. On députa aussitôt à l'empereur, qui était en Italie. Il fit venir à Bénévent, où il se trouvait, Héribert qui achevait de pacifier les peuples des environs de Ravenne. Lorsqu'il sut les desseins qu'on avait sur lui, son humilité, jointe à l'appréhension de se voir chargé d'un ministère aussi redoutable qu'est celui des pasteurs de l'Église, le fit recourir à mille moyens pour détourner ce fardeau de ses épaules. Mais il eut beau se déclarer pécheur, ignorant, incapable devant l'empereur et les députés de l'église de Cologne, personne ne l'en voulut croire. Il fut obligé de céder, dès qu'on lui donna des indices sensibles de la volonté de Dieu. Ayant été pourvu selon les formes et les cérémonies accoutumées, il passa encore deux mois, depuis son investiture, auprès du prince. Il s'en alla ensuite à Rome pour recevoir le *Pallium* des mains du pape Sylvestre II, et il partit aussitôt pour se rendre à l'église métropolitaine de Cologne, dont il prit possession la veille de Noël, l'an 999, qui fut le jour de son sacre.

Il répondit incontinent à la grâce de son ordination, par les soins qu'il prit de son troupeau : et, non content d'en faire la revue, de reconnaître ses besoins, de panser ses maux, de le nourrir du pain de vie qu'il lui distribuait lui-même par le ministère de la prédication, auquel il était fort assidu, il lui présenta encore en sa personne le modèle qu'il avait à suivre, en donnant des exemples de toutes sortes de vertus à son clergé et à son peuple, et en se rendant le nourricier des pauvres, le médecin des malades, le soutien des faibles, et le père commun de tous ses diocésains. Il demeurait toujours

16 MARS.

dans les bornes d'une humilité profonde, pour garantir son cœur de l'enflure et de l'élévation, et ne pas se laisser éblouir par le faux éclat de la grandeur qui l'environnait. Il y joignait une mortification continuelle, pour retenir toujours son corps et ses passions sous le joug de l'esprit; et jamais il ne quitta le rude cilice qu'il cachait sous un habit ordinaire et convenable à sa dignité.

Il fit réparer les églises et en bâtit de nouvelles; mais une grande famine qui affligea l'Allemagne et la France, lui fit suspendre ce qui paraissait moins nécessaire dans ces ouvrages, pour aller au-devant de la misère publique qui pressait encore plus vivement sa charité. Il ne fut pas seulement le libérateur de son pays en cette occasion, comme le patriarche Joseph l'avait été de l'Égypte; il se rendit encore le serviteur des pauvres et des étrangers, auxquels il procura par lui-même toutes les assistances possibles pour les besoins de l'âme et du corps, jusqu'à leur laver les pieds, et leur préparer à manger de ses mains. Il bâtit, en un lieu indiqué par la Sainte Vierge, un grand monastère, de l'autre côté du Rhin, vis-à-vis de Cologne, et il le dota d'un riche fonds, que l'empereur Othon III lui avait laissé peu de temps avant sa mort, ainsi qu'avec ses biens personnels. C'est celui qu'on appela de Duitz, dans la ville de même nom, et qui fut longtemps après en réputation de grande régularité, par l'excellence de la discipline que notre saint Prélat y établit. Il consacra à Cologne, près de la Porte-Haute, une chapelle à saint Étienne. Il rebâtit la basilique des douze Apôtres et y ajouta un collège. Pour détourner la peste et la famine, il institua une procession solennelle autour des murs de la cité, qui eut lieu jusqu'à la fin du XVIIIᵉ siècle, le vendredi dans l'octave de Pâques. Dans le temps d'une extrême sécheresse, après une procession à l'église de Saint-Séverin, dont l'usage s'est pieusement conservé jusqu'à nos jours, le bienheureux Prélat inclina sa tête dans ses mains appuyées sur l'autel pour implorer le Tout-Puissant, en pleurant abondamment, et, comme autrefois sainte Scholastique, il attira tout à coup du ciel une pluie torrentielle.

Comme cet excellent Pasteur n'avait rien tant à cœur que la conservation et l'accroissement du troupeau que son Maître lui avait confié, il ne pouvait se lasser d'en faire la revue par des visites pastorales continues, portant partout avec lui non-seulement la lumière de la parole de Dieu pour éclairer les esprits, le feu de la charité pour animer chacun à s'enrôler, mais encore les secours de la vie corporelle, pour remédier à la nécessité et à la misère des particuliers. Ce fut durant le cours de ces laborieuses visites qu'il fut arrêté dans la petite ville de Duitz, par une maladie dont il plut à Dieu de se servir pour finir et couronner ses travaux. Il mourut le 16 mars de l'an 1021. Son corps fut enseveli à Duitz dans le monastère qu'il avait fondé. Arnold, archevêque de Cologne, en fit la levée en 1147, le 30 août, et il repose encore en ce lieu dans un beau sépulcre.

Il est représenté avec une église sur la main; cet attribut rappelle spécialement la fondation de l'abbaye et du monastère de Duitz; nous disons spécialement, parce qu'il fit restaurer un grand nombre d'édifices sacrés dans son diocèse.

La fondation de cette même abbaye de Duitz a donné lieu de représenter saint Héribert d'une autre façon, c'est-à-dire à genoux en prière devant une image de Notre-Dame, parce que, voulant élever sa fondation dans un lieu fameux par les crimes qui s'y étaient commis, il supplia la Sainte Vierge de le purifier.

Saint Héribert, comme nous venons de le voir, obtint du ciel la fin d'une sécheresse prolongée qui menaçait d'amener une grande disette. Pendant les prières publiques ordonnées par lui pour apaiser la colère de Dieu et auxquelles il assistait, on vit une colombe voletée autour de sa tête, comme pour le signaler à la vénération des peuples. Sa commisération pour les pauvres était grande. Aussi accourait-on de France et d'Allemagne pour avoir part aux largesses de sa charité. On l'invoque pour la pluie.

Il est honoré à Duitz, et même en Lombardie, parce qu'il y accompagna l'empereur Othon III.

Voir Propre de Cologne, Baillet, et le célèbre Rupert, abbé de Duitz, qui a composé la vie du Saint dans le monastère qu'il avait fondé.

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## SAINT JEAN DE SORDI, ÉVÊQUE DE VICENCE (1181).

Jean de Sordi naquit en 1125. Son père se nommait Évangéliste et sa mère Berthe de Persici. Ils étaient alliés aux premières familles du pays, possédaient de grandes richesses et se faisaient remarquer par leur piété et leur amour de Dieu. Jean perdit son père de bonne heure et vit sa

SAINT JEAN DE SORDI, ÉVÊQUE DE VICENCE.

mère se remarier avec un homme qui lui donna son nom de Cacciafronte. Entré au monastère de Saint-Laurent de Crémone après avoir été, à l'âge de quinze ans, chanoine de cette ville, il y fut bientôt le modèle de toute la maison. Comme tous les Saints, il recherchait la mortification et passait de longues heures en oraison. Élevé au sacerdoce après avoir prononcé ses vœux en 1139, il devint d'abord prieur du monastère de Saint-Victor de Crémone, puis abbé du monastère de Saint-Laurent. Il se distingua dans la conduite de ses religieux par une douceur toute paternelle, une prudence consommée et une charité sans bornes. L'obéissance sous lui n'était pas difficile, car il accomplissait le premier ce qu'il recommandait à ses religieux. Si les besoins spirituels de ses enfants étaient sa préoccupation continue, il n'oubliait pas pour cela leurs besoins matériels; il veillait à ce que rien ne leur manquât, et quoique le monastère ne fût pas riche, il en administrait les revenus avec tant d'habileté, que chaque jour il faisait distribuer aux pauvres d'abondantes aumônes.

Dieu visite par les tribulations ceux qui lui sont chers. Les épreuves ne manquèrent pas à Jean de Sordi. Il perdit d'abord sa mère, qui, à sa grande consolation, mourut en odeur de sainteté. Il eut peu après à gémir sur les maux de l'Église qui fut, en 1139, déchirée par le schisme d'Octavien, cardinal de Sainte-Cécile. Il prit soin que le peuple de Crémone ne se laissait pas séduire par le novateur, et, pour apaiser la colère de Dieu, il obtint que des processions expiatrices fussent faites par toute la ville. Frédéric Barberousse, protecteur d'Octavien, irrité de la conduite de Jean de Sordi, l'exila de Crémone. Le Saint se soumit : il se retira dans la solitude en attendant que l'orage fût passé, et là, il se livra plus que jamais à la prière et à la mortification.

Les honneurs vinrent le trouver dans sa retraite. Sur la demande du clergé et du peuple, il fut nommé au siège épiscopal de Mantoue. Il résista longtemps, puis enfin fut contraint de s'incliner devant l'ordre formel du Pape. Il s'occupa du gouvernement de son diocèse avec l'activité et le zèle d'un bon Pasteur. Il commença par prêcher d'exemple, puis il pourvut à ce que ses prêtres menassent une vie digne de la sainteté de leur état; il donna de sages règlements afin de réprimer les abus et de faire disparaître les vices publics. Sa vie était celle d'un religieux. Ami de la pauvreté, il en retraçait l'image dans ses vêtements, dans sa nourriture et dans son ameublement. Tout l'argent qui lui venait entre les mains s'en allait en œuvres de miséricorde.

Cependant les revers avaient brisé la fierté de Barberousse et adouci son caractère. En 1177, il se réconciliait avec le pape légitime Alexandre III, à la grande joie de l'Église, à la grande joie surtout de l'évêque de Mantoue. Il écrivit au souverain Pontife pour lui témoigner toute son allégresse et le féliciter de cet heureux événement; il lui demandait en même temps le rétablissement de l'évêque Graziodore qui avait abandonné son siège pour suivre l'Antipape et s'en repentait. Le Pape céda aux prières du Saint et rendit Mantoue à l'évêque pénitent; quant à Jean de Sordi il lui donna l'évêché de Vicence, devenu vacant par la mort du titulaire.

Il fut à Vicence ce qu'il avait été à Mantoue. Les vices l'eurent pour adversaire inflexible, mais plein d'une douce charité; le clergé fut l'objet de son incessante sollicitude; les affligés, les pauvres, les malheureux trouvèrent en lui un père et un consolateur. Son peuple, édifié de sa vie sainte et austère, ne tarissait pas de louanges sur son compte et le vénérait à l'égal d'un ange.

La mort du saint Évêque fut le résultat d'une vengeance. Au XIIIᵉ siècle, les évêques, pour augmenter leurs revenus afin de pouvoir subvenir aux misères du temps ou pour se ménager des protecteurs contre les exactions d'une multitude de petits tyrans, donnaient à ferme une partie des biens de leurs églises. Les terres du château de Malo, appartenant à l'église de Vicence, avaient été affermées à un certain Piétro, qui avait fini avec le temps par ne plus payer de redevance, par se regarder comme un véritable propriétaire et par agir en conséquence. L'Évêque réclama les droits de son église; il y mit de la douceur, de la longanimité, puis, voyant qu'il n'avançait à rien, il excommunia l'usurpateur. Cette punition, loin de faire rentrer le coupable en lui-même, l'exaspéra; il forma le projet d'assassiner l'Évêque, et le réalisa le 16 mars 1181.

À la nouvelle de ce crime, la ville de Vicence tout entière fut dans le deuil et dans les larmes. Les habitants irrités voulurent tirer une prompte vengeance du meurtrier : on courut à sa maison que l'on livra aux flammes. Piétro parvint à s'échapper, et on ne sut jamais ce qu'il était devenu. Le corps de l'Évêque fut enterré dans sa cathédrale et placé ensuite dans un mausolée de marbre. Saint Jean de Sordi était depuis longtemps honoré comme Saint quand, en 1824, Léon XII approuva son culte.

Divons recueil de vies de Saints.

16 MARS.

Événements marquants

  • Études au monastère de Gorze en Lorraine
  • Nomination comme chancelier de l'empereur Othon III
  • Sacre comme archevêque de Cologne la veille de Noël 999
  • Réception du Pallium à Rome des mains de Sylvestre II
  • Fondation du monastère de Duitz
  • Obtention miraculeuse de la pluie durant une sécheresse

Miracles

  • Pluie torrentielle obtenue par la prière durant une sécheresse
  • Apparition d'une colombe au-dessus de sa tête pendant des prières publiques

Date de fête

16 mars

Époque

11ᵉ siècle

Décès

16 mars 1021 (naturelle)

Patron(ne) de

Invoqué(e) pour

la pluie, contre la famine, contre la peste

Prénoms dérivés

Héribert

Famille

  • Réginbaud (arrière-grand-père (comte de Souabe))
  • Brunon (Grégoire V) (cousin)