Saint Mesmin (Mémiers) et ses compagnons
Martyrs
Résumé
Diacre de Troyes envoyé par l'évêque saint Loup auprès d'Attila pour épargner la ville, Mesmin et ses compagnons furent massacrés par les Huns à Brolium. Malgré un miracle de guérison opéré par Mesmin sur un serviteur du roi, il fut décapité. Ses reliques, sauvées de la Révolution, reposent en partie à Saint-Mesmin.
Biographie
SAINT MESMIN OU MÉMIERS ET SES COMPAGNONS
MARTYRS À BROLIUM, AUJOURD'HUI SAINT-MESMIN, AU DIOCÈSE DE TROYES
SAINT MESMIN OU MÉMIERS ET SES COMPAGNONS, MARTYRS. 547
quentent tes écoles lui seront adjoints comme victimes. Quand le barbare ennemi approchera de la ville, tu lui enverras ceux que je t'ai désignés, portant avec eux la croix et le texte des Évangiles. Ne t'effraie point de leur mort; c'est ainsi que Dieu les appelle au séjour des bienheureux». Après ces mots, l'ange disparut.
Saint Loup s'éveille; il rend grâces à Dieu et passe le reste de la nuit en prières. Au point du jour, il assemble ses disciples et leur fait part de sa vision céleste. Ses yeux s'humectent de larmes, car il pense à la mort cruelle qui attend ses enfants; mais eux, pleins d'un intrépide courage, et enflammés par la perspective d'un glorieux martyre, font résonner les airs de leurs chants d'allégresse.
Quelques jours se passent encore; puis bientôt arrive l'heure du sacrifice. L'ennemi campe à Méry-sur-Seine; il faut obéir à l'ordre du ciel. Les généreuses victimes sont prêtes: Mesmin et ses compagnons, parmi lesquels certains auteurs comptent deux diacres, du nom de Félix et Sensatus, et un sous-diacre, Maximien, ont revêtu leurs aubes les plus précieuses; le peuple se presse autour d'eux et les accompagne au chant des psaumes jusqu'aux portes de la ville, où ils donnent à tous le baiser de paix et reçoivent du Pontife ému sa dernière bénédiction.
Ils arrivent à Brolium, aujourd'hui Saint-Mesmin, sur la rive de la Seine. Attila, monté sur un coursier fougueux, est environné de ses farouches guerriers. Mesmin s'avance respectueusement pour s'acquitter de son message; Attila l'aperçoit et vient au-devant de lui. Tout à coup, un tourbillon s'élève et lance un nuage de poussière dans les yeux des barbares. En même temps, la blancheur éclatante des aubes des lèvres, le miroitement de l'or qui environne le texte des Évangiles effraient le cheval ombrageux d'Attila, qui renverse son cavalier. Attila se relève aussitôt, mais la colère enflamme son visage: « Qui sont ces gens? » s'écrie-t-il irrité. « Seigneur », dit Mesmin, « nous sommes envoyés par Loup, notre évêque, pour vous supplier de sa part de ne point réduire en captivité la ville de Troyes ». L'un des officiers du roi des Huns prend alors la parole: « Ces gens », dit-il, « sont cause de l'accident qui vous est arrivé: ce sont des magiciens; ordonnez qu'ils périssent par le glaive ». — « Vous me donnez un bon conseil », répond le roi; « allez, faites-leur trancher la tête ».
Aussitôt les soldats fondent sur les jeunes clercs sans défense, et en font un affreux massacre. Mesmin allait aussi tomber sous les coups de ces furieux, quand Attila les arrêta par ces paroles: « Ne frappez point celui-ci », dit-il en montrant le chef de l'ambassade; « qu'il s'en retourne et qu'il annonce dans sa ville ce qui vient de se passer. Brisez les vases qu'ils portaient comme les instruments de leur magie, et brûlez-en une partie ».
Les flammes dévoraient l'image de la croix, quand un fragment, se détachant, sauta dans l'œil d'un serviteur qui tomba en poussant de grands cris. Mesmin dit alors à Attila: « Si vous croyez en mon Dieu, il est assez puissant pour guérir ce jeune homme ». Et faisant en même temps un signe de croix sur l'œil du blessé, il lui rendit l'usage de la vue.
Ce miracle n'opéra nullement la conversion du prince, car, cédant aux instances de l'officier qui déjà avait conseillé le massacre des jeunes lévites, il ordonna la mort de Mesmin. Celui-ci demanda quelque temps pour prier, et, lorsqu'il eut conjuré le ciel d'accepter son sang pour le salut de sa patrie: « Achevez ce que vous avez commencé », dit-il à ses bourreaux. Aussitôt sa tête roula sur le sol et fut jetée à la rivière.
Cependant un des sept avait échappé au carnage. À la faveur des buissons qui bordaient la Seine en cet endroit, il avait pu attendre la nuit, profiter des ténèbres pour couvrir de branchages les corps des martyrs et retourner à la ville. Grande fut la consternation des citoyens, quand il raconta ce qui s'était passé. Saint Loup ne put retenir ses larmes; toutefois il bénit le Seigneur et ses conseils mystérieux, et s'imposa une rude pénitence, comme s'il eût été la cause de ce malheur.
## CULTE ET RELIQUES.
Saint Mesmin et ses nobles compagnons furent inhumés à Brollum, et quand Attila se fut momentanément éloigné de la terre qu'il dévastait, saint Loup vint avec plusieurs personnes, fit jeter des filets dans la rivière, et en retira la tête du saint martyr Mesmin, qui fut réunie à son corps. Il eût désiré remporter dans sa ville épiscopale les restes précieux du chef de l'ambassade; mais un obstacle invisible s'opposait à ce dessein. Saint Loup comprit alors que le diacre martyr voulait être inhumé au lieu même de son triomphe, et le corps reçut à Brollum les derniers honneurs. On en conserve encore aujourd'hui une partie considérable dans l'église paroissiale de Saint-Mesmin.
Visitées, en 1544, par Mgr Louis de Lorrzine, plus connu sous le nom de cardinal de Guise, ces saintes reliques le furent de nouveau, le 30 septembre 1828, par l'un des vicaires généraux de Mgr de Seguin des Hons. Elles avaient été sauvées des fureurs révolutionnaires, en 1792, par Jacques Porentru, Jean-Baptiste Berthier et Étienne Berlaison, habitants de Saint-Mesmin.
Quant aux reliques des jeunes compagnons de saint Mesmin, elles reposèrent longtemps dans l'abbaye de Saint-Martin-ès-Aires sous le nom de Reliques des saints Innocents. La Révolution en a fait perdre la trace.
Aucun monument, après l'église de Saint-Mesmin, ne rappelle aujourd'hui le souvenir du diacre martyr. Mais autrefois, une chapelle, dont les ruines forment un petit tertre gazonné que surmonte une croix, existait sous le vocable du Saint, dans la contrée du pays qui s'appelle encore la Chapellette. Une autre chapelle, à l'ouest de village, près de la station actuelle du chemin de fer, a également abrité, plus tard, les corps des saints Martyrs; mais, comme la première, elle a depuis longtemps disparu.
Nous avons emprunté cette biographie à la Vie des Saints de Troyes, par l'abbé Defer.
## SAINT ANSERY OU ANSERIC D'ÉPAGNY,
## VINGTIÈME ÉVÊQUE DE SOISSONS ET CONFESSEUR
552. — Pape : Vigile. — Roi de France : Childebert Ier.
Si quis innocentum retinut, et nihilominus humilitatem jungit, is geminum animæ possidet decorem. Celui qui a gardé l'innocence du cœur, et qui sait y joindre l'humilité, possède les deux beautés de l'âme. Saint Bernard.
Ansery (Ansericus) naquit à Epagny, village situé à quatre lieues de Soissons, de parents pieux, auprès desquels il apprit, dès son enfance, à aimer et à servir le Seigneur. Après la mort de l'évêque Landulphe, le clergé et le peuple furent unanimes pour élire Anseric. Il résista longtemps, et ne donna son consentement que pour ne pas se mettre en opposition avec la volonté de Dieu, qui venait de se manifester. La dignité
épiscopale, loin de l'éblouir et de l'enfler d'orgueil, ne lui inspira que des sentiments de la plus profonde humilité. Il ne changea rien à sa manière de vivre qui l'avait rendu, pendant sa cléricature, l'objet de la vénération des Soissonnais. Il redoubla même ses austérités et ne fut que plus assidu à la prière. Aussi sa parole, ses conseils, ses exhortations, et au besoin ses réprimandes, étaient toujours écoutées et reçues avec respect et désir de s'y conformer; on savait qu'il ne prescrivait rien dont il ne donnait le premier l'exemple. Les populations étaient avides de le voir célébrer les saints mystères ou administrer les sacrements, tant il s'acquittait de ces fonctions avec une modestie, une piété, un recueillement qui ravissaient les plus indifférents. Sa sainteté fut récompensée plus d'une fois par le don des miracles et la guérison des maladies.
Au lieu de sa naissance, à Epagny, par ses prières et sa foi vive, il fit jaillir une source abondante qui existe encore et est toujours appelée Fontaine du pied de saint Ansery, parce que le Saint, ayant mis le pied sur un roc, s'écria : « Au nom du ciel, qu'il y ait ici une fontaine ». Cette eau a eu souvent la vertu de rendre la santé aux malades.
Saint Anseric parut avec honneur à la cour de Clotaire II et de Dagobert Ier, son fils. Il ne pouvait y inspirer que l'horreur du vice et l'amour de la religion et des bonnes mœurs. Anseric était lié d'amitié avec plusieurs saints évêques ou laïques : saint Arnoul de Metz, saint Faron de Meaux, saint Éloi de Noyon, saint Ouen de Rouen, travaillaient tous, par leurs exemples et leurs exhortations, à rendre de plus en plus chrétiennes des populations qui conservaient encore quelques restes de coutumes païennes et barbares.
Saint Anseric aimait et favorisait en toute occasion les communautés religieuses de son diocèse; sa générosité à leur égard ne connaissait pas de bornes. Il allait même jusqu'à se dessaisir en leur faveur d'une partie de ses droits épiscopaux. C'est ainsi qu'il sollicita et obtint du pape saint Grégoire le Grand la confirmation du Privilège de saint Médard, de Soissons, privilège qui soustrayait ce célèbre monastère à la juridiction et visite de l'ordinaire, le constituait chef de tous les monastères des Gaules, le plaçait sous la protection du roi et sous l'autorité immédiate du Saint-Siège, lui donnait la liberté d'élire ses abbés, etc.
Saint Anseric n'avait pas moins de zèle pour restaurer ou bâtir les églises destinées au service des paroisses. Le nombre des fidèles s'étant considérablement accru à l'extrémité du faubourg de Crouy, au-delà du faubourg de Saint-Waast et de l'abbaye de Saint-Médard, il construisit en ce lieu une nouvelle église qu'il dédia à saint Étienne, et qui prit plus tard le nom de Saint-Paul. Il y adjoignit une communauté de clercs, à qui il donna de sages règlements. Anseric venait s'y retirer pendant des semaines entières, soit pour y vivre lui-même dans la solitude et le recueillement, soit pour instruire les jeunes clercs dans les saintes Lettres et les initier aux pratiques de la vie sacerdotale.
Un grand événement de l'épiscopat de saint Anseric est une translation des reliques de saint Crépin et de saint Crépinien, martyrs de Soissons. Après avoir séjourné longtemps dans un oratoire de la rue actuelle de la Congrégation, leurs reliques avaient été renfermées dans la crypte de la basilique de Saint-Crépin le Grand, élevée au faubourg de ce nom. La pratique constante de l'Église de Jésus-Christ a toujours été de conserver précieusement les corps des Saints et de n'ouvrir leurs tombeaux que dans des circonstances assez rares. Anseric assembla son clergé et demanda son
avis; consulta plusieurs évêques, ordonna des jeûnes et des prières pour connaître la volonté de Dieu et obtenir la faveur de reconnaître le précieux trésor, caché depuis longues années aux yeux des fidèles. Après avoir pris ces sages précautions, il fixa au 10 juin la solennité de l'ouverture du tombeau et de la translation des corps. Plusieurs de ses collègues s'y rendirent avec empressement, entre autres saint Éloi, saint Faron et saint Ouen. La crypte ayant été ouverte, une suave odeur sortit des deux cercueils et se répandit dans toute l'enceinte sacrée : des larmes de joie sortaient de tous les yeux. Les pontifes baisèrent avec respect les saints ossements, mirent à part les deux têtes des martyrs, enveloppèrent dans la soie le reste des reliques et les renfermèrent dans la magnifique châsse travaillée par saint Éloi lui-même. Les évêques la portèrent sur leurs épaules et la déposèrent au-dessus de l'autel principal de la basilique. Le chef de saint Crépin fut placé dans les archives ou trésor de l'église ; celui de saint Crépinien fut donné à saint Éloi. Plusieurs miracles s'opérèrent pendant cette translation. Les relations du temps citent surtout la guérison instantanée et complète d'une femme de Paris. Horriblement tourmentée par le démon, elle s'était en vain adressée à la très-sainte Vierge pour en être délivrée ; Dieu, par un dessein tout particulier de sa Providence, voulant exciter la confiance dans l'intercession de nos saints martyrs. Elle entre dans le chœur, aussitôt les accès de son mal redoublant, les prélats et le peuple en sont effrayés ; tous se prosternent en gémissant devant la châsse de saint Crépin et de saint Crépinien ; la femme, avec humilité et confiance, se traîne auprès des saintes reliques : à peine elle les a touchées qu'elle se sent entièrement délivrée du malin esprit qui la possédait.
Anseric ne s'occupait pas tellement du bien spirituel de ses ouailles, qu'il négligeait leurs affaires temporelles : de graves difficultés s'étaient depuis longtemps élevées entre les habitants de Soissons, au sujet de la mesure du vin : l'évêque fit un dernier effort pour apaiser cette vieille querelle. Ayant convoqué le clergé et le peuple, il leur parla avec tant d'onction et de charité que tous s'en rapportèrent, sur ce point litigieux, à sa décision. Sur-le-champ, il fit faire une mesure de cuivre appelée depuis demi-setier, pour servir de type et d'étalon. Cet instrument s'est conservé pendant plusieurs siècles dans le trésor de la cathédrale, et à certains jours le peuple le venait baiser avec respect, comme ayant servi à établir la paix et la concorde dans la ville.
Une maladie contagieuse ravageait la ville de Soissons et ses environs, Anseric se mit en prière pour conjurer le fléau. Tout à coup une voix se fit entendre dans les airs : « Quel mal pouvons-nous faire à cette ville ? à la porte de l'Orient reposent les corps de saint Crépin et de saint Crépinien ; du côté de l'Occident est le lieu où ils ont versé leur sang ; dans l'enceinte de ses murailles il y a la poussière et le lieu de leur sépulture ; nous ne pouvons plus rien ici, il faut laisser la ville sous leur tutelle ». Après ces paroles, la maladie contagieuse disparut entièrement.
Cependant Anseric avançait en âge et se préparait à rendre compte de son administration à Celui qui juge les princes de l'Église aussi bien que les simples fidèles. Il se prépara avec foi et confiance au dernier passage. Sa vie avait été tout entière consacrée à travailler à sa propre sanctification et au salut de son peuple. Il demanda les derniers sacrements et rendit le dernier soupir entre les bras de ses clercs, vers 552. Après sa mort il apparut à sainte Salaberge de Laon : « Me reconnais-tu ? » lui dit-il en s'avançant vers elle. « Non », répondit-elle. « Je suis Anseric, évêque de Soissons ;
## SAINT CLOUD OU CLODOALD, FILS DE FRANCE,
## PRÊTRE ET RELIGIEUX
des lieutenants. Mais Childebert, roi de Paris, leur oncle, qui convoitait le royaume d'Orléans, leur héritage, invita Clotaire, roi de Soissons, à partager son infâme dessein. Il s'agissait de faire mourir leurs neveux ou de les reléguer dans un cloître. Clotaire opina pour la mort. Ces oncles barbares égorgèrent de leurs propres mains les deux aînés, Thibault et Gonthaire. Cloud, par une protection spéciale de la Providence, échappa au massacre. Bientôt après, il se coupa lui-même les cheveux, cérémonie par laquelle il déclarait qu'il renonçait à la royauté. Depuis, il trouva diverses occasions de recouvrer les États de son père ; mais il ne voulut point en profiter. La grâce lui avait ouvert les yeux sur la vanité des grandeurs terrestres. Il préféra une vie humble et tranquille dans les rigueurs de la solitude, à une vie éclatante, mais périlleuse dans un palais royal et au milieu d'une foule de courtisans ; il se consacra entièrement au service de Dieu. Son étude ne fut plus que la lecture des livres sacrés ; son plaisir, de coucher sur le cilice, et sa joie de mortifier son corps par des austérités continuelles.
Après avoir distribué aux églises et aux pauvres les biens que ses oncles n'avaient pu lui ravir, il se retira auprès d'un saint religieux, nommé Séverin, qui menait une vie solitaire et contemplative dans un ermitage aux portes de Paris. Le jeune prince reçut de ses mains l'habit religieux, et demeura quelque temps en sa compagnie, pour s'y former à toutes les vertus monastiques. Childebert et Clotaire ne purent pas ignorer que c'était lui ; mais, comme ils le virent sans prétention, ils le laissèrent en liberté et lui donnèrent même quelques héritages pour vivre plus commodément dans le lieu de sa retraite. Cependant, ne se croyant pas assez solitaire, ou pour quelques raisons que son histoire ne marque pas, il quitta les environs de Paris et se retira secrètement en Provence, hors de la vue et de l'entretien de toutes les personnes de sa connaissance. Pendant qu'il se construisait, de ses propres mains, une petite cellule, un pauvre se présenta devant lui et lui demanda l'aumône. Il était lui-même si pauvre, qu'il n'avait ni or, ni argent, ni provisions qu'il put lui donner ; mais il se dépouilla généreusement de sa propre cuculle et lui en fit présent. Cet acte de charité fut si agréable à Dieu, que, pour en découvrir le mérite, il rendit la nuit suivante cette cuculle toute lumineuse entre les mains du pauvre qui l'avait reçue. Les habitants des environs furent témoins de ce miracle, et reconnurent par là que saint Cloud était un excellent serviteur du Christ. Ils le vinrent donc trouver pour honorer sa sainteté et pour recevoir ses instructions ; mais leurs trop grandes déférences leur firent perdre un si précieux trésor : car saint Cloud, voyant qu'il n'était pas plus caché en Provence qu'à Paris, s'en retourna dans son premier ermitage. Peut-être que l'appréhension d'être élevé à la prélature l'avait fait fuir, et que le sujet de sa crainte était passé par l'élection d'un autre à cette dignité.
À peine fut-il revenu qu'Eusèbe, alors évêque de Paris, l'ordonna prêtre à la sollicitation du peuple, qui ne put souffrir un si saint homme dans un Ordre inférieur. Les exemples des vertus qu'il fit paraître dans cette dignité, le firent encore plus respecter qu'auparavant. On admirait en lui le pouvoir de la grâce, qui, d'un prince, ou pour mieux dire d'un roi légitime, avait fait un humble serviteur de la maison de Dieu. On louait hautement son humilité, sa modestie, son détachement des choses du monde, son amour pour la pénitence et sa charité incomparable. Ce grand homme ne put souffrir longtemps ces honneurs, et, pour les éviter, il se retira sur une montagne, le long de la Seine, à deux lieues au-dessous de
Paris, en un lieu que l'on appelait Nogent, mais qui, depuis, a changé de nom pour prendre celui de Saint-Cloud. Après y avoir vécu quelque temps solitaire, il y fit bâtir un monastère qu'il dota des biens que les rois, ses oncles, lui donnèrent. Il le fit dépendant, avec son église et tous ses revenus, de l'église cathédrale de Paris, dont il était le prêtre, comme ils en dépendaient encore en 1685. Il y gagna plusieurs personnes à Jésus-Christ, qui furent ravies d'y vivre religieusement sous sa conduite. Enfin, il y mourut saintement le 7 septembre, vers l'an 560. Sa mort, qu'il avait prédite avant qu'elle arrivât, fut suivie de plusieurs miracles. On enterra son corps dans le même monastère, qui, depuis, a été changé en collégiale. Cette église est aujourd'hui paroissiale, et l'on y garde encore quelques-unes des reliques du Saint.
Les quatre Martyrologes ordinaires font une honorable mention de ce bienheureux prince. Les Parisiens célèbrent sa fête avec beaucoup de piété ; et, durant toute son octave, il y a un grand concours de peuple qui visite son église.
On peut voir dans toute son histoire, que ce que le monde appelle infortune est souvent le chemin du vrai bonheur, et que Dieu sait admirablement tirer le bien du mal, l'élévation de la plus grande humiliation. Ainsi, la véritable prudence est de s'abandonner entièrement à la conduite de sa divine Providence, et d'aimer les états, même les plus bas et les plus humiliés, où il lui plaît de nous mettre.
On le représente çà et là comme solitaire, agenouillé devant une croix, et la couronne à terre près de lui.
Saint Grégoire de Tours, Hist. Franc. ; Mabillon.
Événements marquants
- Vision de Saint Loup annonçant le martyre de ses disciples
- Ambassade auprès d'Attila pour sauver la ville de Troyes
- Accident de cheval d'Attila provoqué par l'éclat des aubes et des Évangiles
- Guérison miraculeuse d'un serviteur d'Attila
- Décapitation de Mesmin et massacre de ses compagnons à Brolium
- Inhumation et réunion de la tête au corps par Saint Loup
Miracles
- Guérison de l'œil d'un serviteur d'Attila par un signe de croix
- Obstacle invisible empêchant le transfert du corps hors de Brolium
Citations
Si vous croyez en mon Dieu, il est assez puissant pour guérir ce jeune homme