Sainte Hélène de Troyes
Vierge
Résumé
Vierge originaire d'Orient et fille du roi de Corinthe, sainte Hélène est la patronne du diocèse de Troyes où son corps fut transféré après la quatrième croisade. Elle est célèbre pour ses miracles, notamment la transformation d'un vase de bois en argent et la protection de Troyes contre un incendie en 1538. Ses reliques, sauvées partiellement de la Révolution, reposent avec celles de sainte Mathie.
Biographie
SAINTE HÉLÈNE, VIERGE HONORÉE À TROYES.
L'évêque de Troyes, Garnier de Traihel, suivit la quatrième croisade comme aumônier de l'armée latine. Quand les croisés se furent rendus maîtres de Constantinople, la ville opulente en richesses de toutes sortes fut livrée au pillage ; les églises possédaient de précieuses reliques que les seigneurs se réservèrent afin de les transporter avec eux en Occident.
Garnier avait été chargé de la garde de ces reliques, et pour cela il en eut une large part. Parmi celles qui lui furent attribuées, se trouvait un corps saint et entier, celui de sainte Hélène, vierge, qui, depuis, est devenue patronne du diocèse de Troyes. La joie fut grande à Troyes quand les saintes reliques arrivèrent ; cependant cette joie ne tarda pas à être troublée. Quelle était cette sainte Hélène ? Garnier était mort emportant avec lui les détails qu'il avait pu recueillir sur les lieux. Le nouvel évêque envoya en Orient pour prendre des informations, mais cette démarche n'amena pas grande lumière, car les faits que rapporta l'envoyé étaient tellement entachés d'anachronisme qu'on ne pouvait ajouter grande foi à son récit.
Hélène, d'après ce récit, était née dans la petite ville de Naturas, non loin de la mer de Constantinople. Le roi de Corinthe était son père ; l'évêque du lieu lui avait donné au baptême le nom d'Hélène. Elle s'adonna de bonne heure à la piété, et Dieu la récompensa de son amour et de sa ferveur par le don des miracles. Elle en opéra de très-nombreux pendant sa vie, et ses reliques en opérèrent de fort remarquables après leur arrivée à Troyes. La jeune fille fit son premier miracle à douze ans. Un jour, une mendiante l'aborda près d'une fontaine et lui demanda l'aumône. Hélène la pria de lui offrir à boire dans le vase de bois qu'elle tenait à la main et, quand après avoir bu, elle le lui rendit, ce vase était devenu un vase d'argent. Plusieurs fois, le simple attouchement de son voile guérit les malades et procura aux pécheurs une contrition profonde de leurs fautes. On ne connaît pas l'année de sa mort. C'est en 1211 que le culte de sainte Hélène fut autorisé dans le diocèse de Troyes. Il est des auteurs qui ont prétendu que cette sainte Hélène était la même que l'impératrice Hélène, mère du grand Constantin, mais rien n'est moins probable. La chasse magnifique, dans laquelle était enfermé le corps de sainte Hélène, fut brisée à la Révolution et les reliques livrées aux flammes. Il en a été sauvé quelques restes qui ont été placés dans la chasse de sainte Mathie, patronne aussi du diocèse, et les deux fêtes se font maintenant le même jour. Au XIVe siècle, il était défendu de travailler aux champs le jour de la fête de sainte Hélène. À la même époque, l'évêque devait entretenir jour et nuit un cierge allumé devant le tombeau de la vierge venue des rivages aimés du soleil.
Le 4 mai 1538, la présence du corps de la Sainte suffit pour arrêter soudain les ravages d'un incendie formidable qui menaçait de détruire toute la ville de Troyes.
Les reliques de la vierge sainte Hélène furent reconnues à la cathédrale de Troyes le 24 avril 1521 : il y en a des parcelles dans plusieurs paroisses du diocèse.
L'église d'Auxerre a fait sa fête de 1600 à 1728.
Cl. Sainte du diocèse de Troyes, par M. l'abbé Defor ; Propre, etc.
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VE JOUR DE MAI
MARTYROLOGE ROMAIN.
À Rome, saint PIE V, pape, de l'Ordre des Frères Prêcheurs, qui s'appliqua avec autant de succès que de courage à relever la discipline ecclésiastique, à déraciner les hérésies, à réduire les ennemis du nom chrétien, et gouverna l'Église catholique par sa vie sainte autant que par ses saintes lois. 1572. — Encore à Rome, sainte Crescentienne, martyre. — Au même lieu, saint Sylvain, martyr. — À Alexandrie, saint Euthyme, diacre : mis en prison pour Jésus-Christ, il s'y endormit paisiblement dans le Seigneur. — À Thessalonique, la fête des saints martyrs Irénée, Pérégrin et Irène, consumés dans les flammes. — À Auxerre, le martyre de saint Javinien, lecteur. — À Alicate, en Sicile, saint ANGE, prêtre, de l'Ordre des Carmes, qui fut massacré par les hérétiques pour la défense de la foi catholique. Vers 1225. — À Jérusalem, saint Maxime, évêque et confesseur, que Maximien-Galère César avait condamné aux mines, après lui avoir fait arracher un œil et brûler un pied avec un fer chaud, 350. — À Edesse, en Syrie, saint EULOGE, évêque et confesseur. Après 381. — À Arles, en Gaule, saint HILAIRE, évêque, illustre par sa science et par sa sainteté. 449. — À Vienne, saint Nicet ou Nixier, évêque, personnage vénéré pour sa grande sainteté. 392-395. — À Bologne, saint Théodore, évêque, d'un mérite éclatant. Vers 540. — Le même jour, saint Sacerdos ou Serdon, évêque de Sagonte, aujourd'hui Murviedro. Vers 530. — À Milan, saint Géronce, évêque. 470. — Au même lieu, la conversion de saint Augustin, évêque et docteur de l'Église, à qui saint Ambroise fit connaître la vérité catholique, et qu'il baptisa en ce jour. 387.
## MARTYROLOGE DE FRANCE, REVU ET AUGMENTÉ.
À Vienne, saint Nectaire, troisième évêque de cette ville. 361-375. — Au même lieu, saint Florent II, successeur du précédent. 375-392. — À Trèves, saint BRITTON, évêque, qui souscrivit au premier concile de Valence, et eut pour successeur Félix, au sacre duquel assista saint Martin. 386. — À Tours, saint AVERTON, chanoine régulier de la Congrégation de Saint-Gilbert d'Angleterre, patron de Bougival, au diocèse de Paris. 1180. Sa fête est le 15 mai à Tours. — À Sarlat, sainte Mondane, veuve et martyre, mère de saint Sacerdos, évêque de Limoges, fêté le même jour. Vers 530. — À Chinon, au diocèse de Tours, saint Jean, solitaire, qui fut visité par sainte Hadégonde. VIe s. — À Douai, saint MAURANT ou MAURONT, abbé de Breuil, sur la Lys, fils de sainte Biotrode. 702. — À Metz, sainte VALDRADE ou VALDREE, vierge et abbesse de Saint-Pierre-aux-Nonnains. (Voir sa vie au Supplément de ce volume.) — À Gap, fête de saint Anige ou Arey, évêque. — À Saint-Maximin, l'invention du corps de sainte Madeleine. — À Mayence, saint Gothard, évêque de ce siège. — Dans le diocèse de Châlons-sur-Marne, saint Pétron, solitaire. Il était irlandais d'origine et passa dans les Gaules avec saint Gibrien, saint Hélain et trois autres de ses frères, ainsi que sainte Franche et ses deux autres sœurs. Tous sont honorés d'un culte public. VIe s. — À Nivelle, en Flandre, la bienheureuse Ide, épouse de saint Pépin de Landen et mère de sainte Gertrude. 652. — Dans le diocèse de Nevers et d'Auxerre, saint Jovinien, lévite et martyr, l'un des compagnons de saint Pélierin, évêque d'Auxerre : sa tête et un de ses bras furent donnés, en 1071, au monastère de la Charité-sur-Loire.
## MARTYROLOGES DES ORDRES RELIGIEUX.
*Martyrologe des Chanoines réguliers.* — À Milan, la conversion de saint Augustin, notre Père...
*Martyrologe des Frères Prêcheurs.* — À Rome, saint Pie V...
*Martyrologe des Carmes.* — À Alicate, en Sicile, saint Ange, prêtre, de l'Ordre des Carmes, qui fut tué par les hérétiques pour la défense de la foi. 1225. — À Rome, saint Pie V...
*Martyrologe des Augustins.* — À Milan, la conversion de saint Augustin, notre Père...
*Martyrologe des Hiéronymites.* — À Milan, la conversion de saint Augustin, évêque. — *Le deuxième dimanche de mai.* — La fête de la bienheureuse Marie, Vierge des Grâces, accordée à notre Congrégation par le pape Pie VI.
## ADDITIONS FAITES D'APRÈS LES BOLLANDISTES ET AUTRES HAGIOGRAPHES.
À Constantinople, la mémoire de sainte Irène, martyre, fille d'un petit roi du nom de Licinius, « Elle fut », dit-on, « convertie par saint Timothée, disciple de saint Paul ». Ses Actes sont très-obscurs, mais sa mémoire est illustrée dans tout l'Orient, et les temples que Constantin le Grand et après lui Justinien firent élever en son honneur, témoignent assez de la célébrité de son culte. La basilique de Sainte-Irène, élevée par ce dernier, a été comparée aux diamants dont on orne un bracelet : le bracelet, c'était Constantinople. 1er a. — En Afrique, les saints Grégoire, Archélas, Félicissima, martyrs. — À Vérone, sainte Teuthérie et sainte Tusque, vierges, dont les corps furent retrouvés, en 1161, dans une église qui leur avait été dédiée dès l'année 750. — À Bova, en Calabre, saint Léon, moine, de l'Ordre de Saint-Basile. — À Orio, dans les États de l'Église, saint Lande, martyr. Vers le vie a. — À Corinthe, saint Athanase, archevêque. xe a. — À Culnie, en Prusse, sainte Oita ou Jutta, veuve, qui embrassa la pauvreté volontaire et se consacra au service des lépreux. Quand son indigence et la leur les privaient de lumière la nuit, Dieu permettait que le corps de sa servante en éclairât les ténèbres comme au soleil éclatant. 1261. — Dans le territoire d'Otrante, sainte Hérine, vierge, qui a donné son nom à une église de Lecce, où elle est honorée en ce jour. — Au même lieu, sainte Vénère ou Venérande, vierge, suivante de sainte Hérine. — À Constantinople, saint Galen et saint Gaius, martyrs, qui étaient autrefois honorés dans l'église de Saint-Côme. — À Tortone, saint Aribert, évêque de cette ville.
## S. BARSÈS, S. EULOGE ET S. PROTOGÈNE
IVe siècle.
Cette parole de l'Apôtre contient un grand sens : Les Saints sont les premiers en ce monde.
Comm. sur la Pe aux Cor., vi, 3.
Saint Barsès, dont le Martyrologe romain fait mention au 30 janvier, saint Euloge qui est cité aujourd'hui, et saint Protogène qui le sera demain, furent tous trois évêques, les deux premiers d'Edesse, et le troisième de Carrhes au IVe siècle, à une époque où les Ariens rendaient la vie dure aux évêques catholiques.
Barsès et Euloge avaient d'abord été solitaires. Lorsque le premier fut porté sur le siège épiscopal d'Edesse, le second vint dans la même ville exercer les fonctions du ministère pastoral. Et lorsque saint Barsès fut rélégué aux extrémités de la Mésopotamie, où il mourut, loin de son troupeau, saint Euloge en prit soin, comme étant le bras du saint évêque, et le maintint dans le droit sentier de l'orthodoxie catholique.
Comme on avait choisi un loup, selon l'expression de Théodoret, c'est-à-dire un évêque arien, pour occuper le siège de saint Barsès, le peuple, à qui on avait aussi ôté les églises, ne voulut point communiquer avec lui, et tint ses assemblées à la campagne. Il se produisit dans cette occasion un fait qui honora trop la mémoire de ce saint pasteur et la foi de ses ouailles, pour n'être pas détaillé ici. C'est d'après Socrate, Rufin, Sozomène et Théodoret que nous l'allons rapporter.
L'empereur Valens étant venu à Edesse pour voir la célèbre église où reposaient les reliques de saint Thomas, apôtre, fut extrêmement irrité de trouver les catholiques assemblés en grand nombre, et, dans le feu de sa colère, il frappa du poing le visage du préfet, appelé Modeste, qui était à son côté, lui reprochant de ne pas les avoir chassés comme il le lui avait commandé. Il lui ordonna en même temps de rassembler tous les archers de la ville et les gens de guerre qui se trouvaient sur le lieu, pour disperser ce peuple à coups de bâton et de massue, et même de se servir de traits et d'épées s'il en était besoin.
Quoique Modeste fût tout dévoué aux volontés de l'empereur, il ne laissa pas d'avoir horreur de cet ordre, dont il remit l'exécution au lendemain; de plus il en fit avertir secrètement les catholiques, afin qu'il ne trouvât personne qu'il pût maltraiter. Il sortit donc dès le matin avec beaucoup de bruit et de tumulte, faisant de grandes menaces par ses gens pour sauver les apparences; mais il fut fort surpris lorsqu'il s'aperçut que les catholiques, bien loin de se cacher, accouraient en foule au lieu de l'assemblée. Dans son étonnement il hésitait sur ce qu'il avait à faire; et cependant il s'avançait vers l'endroit, quand il vit tout à coup sortir d'une maison une pauvre femme avec son enfant entre les bras, qui n'avait pas même pensé à se couvrir la tête, ni à fermer sa porte, et qui fendait la presse des officiers, dont il était précédé, courait pour joindre les autres.
Il se douta bien de son dessein, et pour mieux s'en assurer, il se la fit amener, et lui dit : — « Malheureuse femme, où courez-vous sans voile et avec tant de précipitation ? » — « Je me hâte », lui répondit-elle, « de me rendre où les autres vont ». — « Mais ne savez-vous pas », lui dit Modeste, « que le préfet a ordre de l'empereur de massacrer tous ceux qu'il y trouvera ? » — « Je le sais », répondit la femme, « et c'est afin qu'il m'y trouve aussi que j'y cours ». — « Et pourquoi portez-vous aussi cet enfant », répliqua Modeste ? — « C'est », dit-elle, « afin qu'il ait le bonheur de souffrir le martyre avec moi ».
Le préfet comprit par le courage intrépide de cette femme, qu'il n'en devait pas moins attendre des autres catholiques, et étant retourné sur-le-champ vers l'empereur, il lui raconta ce qu'il avait vu, et lui représenta qu'il fallait ou laisser les catholiques en repos, ou se déterminer à les faire tous périr, ce qui ne pouvait que lui attirer la honte d'avoir exercé une cruauté sans exemple.
L'empereur se rendit en partie à ses persuasions, et commanda néanmoins de faire appeler ceux qui tenaient le premier rang entre les fidèles, c'est-à-dire les prêtres et les diacres, et de leur ordonner de sa part de communiquer avec l'évêque arien qu'il avait mis à la place de saint Barsès, ou de les reléguer bien loin, s'ils refusaient d'obéir. Saint Euloge était le chef de ce respectable clergé, et Protogène était le premier après lui. Euloge avait pratiqué, comme nous l'avons dit, la vie solitaire près de Carrhes. Modeste les ayant donc assemblés, leur représenta, en montrant beaucoup de modération, que c'était une témérité de leur part de s'opposer aux volontés d'un prince qui commandait à tant de peuples, eux qui n'étaient qu'une poignée de gens sans pouvoir, et les exhorta à lui obéir.
Ils l'écoutèrent en silence, et le préfet voulant avoir quelque réponse s'adressa à saint Euloge, et lui demanda pourquoi il ne disait rien. « Je ne croyais pas devoir répondre, lui dit le Saint, puisque vous ne m'interrogiez pas ». — « Il y a pourtant longtemps que je parle, dit le préfet, et que je vous exhorte à choisir le parti qui vous est le plus avantageux ». — « J'ai cru, répliqua Euloge, qu'ayant parlé à tous en général, je ne devais répondre qu'avec tous les autres; mais si vous voulez savoir mon sentiment en particulier, je ne vous le cacherai pas ». — « Communiquez donc avec l'empereur », répondit le préfet. À quoi Euloge répondit par une fine raillerie : — « L'empereur voudrait-il ajouter la dignité d'évêque à la puissance impériale ? »
Le préfet sentit la raillerie, et y répondit par des injures en homme vivement piqué; ensuite il ajouta : « Je ne vous ai pas dit cela, rustre et stupide que vous êtes, j'ai voulu seulement vous porter à communiquer avec ceux qui sont de sa communion ». Mais Euloge lui ayant dit qu'ils étaient déjà soumis à un pasteur, le préfet fit arrêter quatre-vingts ecclésiastiques et les relégua tous en Thrace.
Le bruit s'en répandit bientôt, et il y eut presse dans leur route pour les voir, les habitants des villes et des bourgs accourant au-devant d'eux pour les combler d'honneur, et les féliciter de leur constance et des victoires qu'ils remportaient sur l'hérésie. Leurs ennemis en furent jaloux, et firent entendre à l'empereur qu'ayant voulu les déshonorer par cet exil, ils en avaient acquis plus de gloire; ce qui détermina ce prince à les séparer et à les envoyer deux à deux, les uns en Thrace, les autres en Arabie et d'autres dans la Thébaïde. On porta même la cruauté jusqu'à séparer ceux d'entre eux qui étaient unis par les liens du sang, et d'emmener les frères, l'un d'un côté et l'autre de l'autre.
Mais Dieu, qui fait servir la malice des hommes à ses fins, et qui en tire sa gloire, permit que saint Euloge et Protogène son second, fussent relégués à Antinoé pour le salut de plusieurs. Ils y trouvèrent à la vérité un évêque catholique, et assistèrent aux assemblées ecclésiastiques. Mais voyant que le nombre des fidèles était petit, et ayant appris avec douleur qu'il restait encore beaucoup de païens, ils ne se contentèrent pas d'en gémir devant Dieu, et résolurent de travailler à leur conversion. Saint Euloge s'enferma dans une cellule, où il priait jour et nuit, afin que Dieu bénît son entreprise; et Protogène, qui possédait les belles-lettres, et était en même temps un habile sténographe, ouvrit un école où il montrait à écrire aux enfants, et les instruisait des saintes Écritures, leur dictant surtout les psaumes et les endroits des écrits des Apôtres qui leur étaient plus convenables.
Un miracle qu'il fit dans ce temps-là donna du crédit à sa sainte doctrine et hâta la conversion de plusieurs. Un de ses écoliers tomba malade. Il alla le visiter, et le prenant par la main il le guérit par la force de sa prière. Le bruit s'en répandit aussitôt : de sorte que, quand il y avait quelque enfant malade, les parents l'appelaient pour le guérir; mais comme il leur disait qu'il ne pouvait prier Dieu pour eux qu'ils n'eussent reçu auparavant le baptême, ils y consentaient sans difficulté, et ainsi il leur donnait la santé de l'âme et du corps.
Théodoret dit aussi que, quand il avait converti quelque païen, il le conduisait à saint Euloge pour recevoir de lui le sceau du Seigneur. Et comme le Saint se plaignait de ce qu'il venait interrompre sa prière, il lui répondait que le salut de ceux qui sortaient de l'erreur pressait davantage. Du reste, ajoute cet historien, tout le monde admirait Protogène qui, ayant reçu de Dieu le don de miracles et de lumière pour faire connaître la vérité à tant de gens, se regardait pourtant comme inférieur à Euloge, et lui amenait ceux qu'il avait gagnés au Seigneur, ce qui donnait une très-haute idée de sa grande vertu.
Enfin, le calme ayant été rendu à l'Église, ces deux Saints retournèrent dans leur patrie; mais ce ne fut pas sans regret de la part de ceux qu'ils quittèrent, car ils les accompagnèrent avec beaucoup de gémissements et de larmes, et surtout l'évêque du lieu, qui se voyait privé par leur départ des secours qu'il en retirait pour le bien de son diocèse. À leur retour, saint Euloge fut mis en la place de saint Barsès, qui avait passé de cette vie à une meilleure. Et quant à Protogène, on le chargea du gouvernement de l'église de Carrhes, où il y avait beaucoup à travailler, à cause du grand nombre de personnes qui y étaient encore engagées dans les erreurs du paganisme : aussi ne pouvait-on mieux confier qu'à lui un champ si hérissé, pour ainsi dire, de ronces et d'épines. Saint Euloge fut placé sur la chaire d'Édesse par saint Eusèbe, évêque de Samosate. Ce fut avant le concile d'Antioche, auquel il assista en 370, ainsi qu'à celui de Constantinople en 381.
Vies des Pères des déserts d'Orient.
Événements marquants
- Naissance à Naturas
- Premier miracle à l'âge de douze ans (vase d'argent)
- Translation de son corps de Constantinople à Troyes par Garnier de Traihel en 1204
- Autorisation du culte dans le diocèse de Troyes en 1211
- Reconnaissance des reliques en 1521
- Arrêt d'un incendie à Troyes en 1538
- Destruction de la chasse à la Révolution
Miracles
- Transformation d'un vase de bois en vase d'argent à l'âge de douze ans
- Guérison de malades par l'attouchement de son voile
- Cessation d'un incendie à Troyes en 1538 par la présence de son corps