Sainte Catherine de Gênes
Veuve
Résumé
Issue de la noble famille Fieschi, Catherine de Gênes vécut une vie de profonde union mystique après une conversion foudroyante en 1473. Mariée à un homme difficile qu'elle finit par convertir, elle se consacra au service des malades à l'hôpital de Gênes tout en vivant des expériences spirituelles intenses. Elle est célèbre pour ses écrits sur le Purgatoire et son amour pur pour Dieu.
Biographie
SAINTE CATHERINE FIESCHI DE GÈNES, VEUVE
Un cœur blessé par l'amour divin est insurmontable, car Dieu est sa force. Maxime de sainte Catherine de Gènes.
Cette illustre veuve était de la célèbre famille des Fieschi de Gènes, si féconde en grands hommes et en héros, et qui a donné deux souverains Pontifes à l'Église : Innocent IV et Adrien V ; huit ou neuf cardinaux à la cour de Rome, deux archevêques à Gènes, et quantité de capitaines et d'excellents magistrats à sa patrie. Son père fut Jacques de Fieschi, qui mérita, par sa prudence et par sa valeur, que René, roi de Sicile et de Jérusalem, le fit vice-roi de Naples. Elle naquit en 1447. Quoique sa beauté fût ravissante et sa complexion fort délicate, elle ne laissa pas, néanmoins, de commencer, dès l'âge de huit ans, à pratiquer des mortifications très-rudes et très-austères ; car elle ne couchait que sur une simple paillasse, et elle ne se servait que d'un morceau de bois pour oreiller. Elle avait dans sa chambre une image représentant Notre-Seigneur dans l'état pitoyable où il était lorsque Pilate le présenta aux Juifs, et leur dit : « Voilà l'homme ! » Son cœur s'attendrissait tellement lorsqu'elle jetait les yeux sur cet objet de compassion, que la douleur qu'elle en ressentait intérieurement passait jusque dans les membres de son corps. Elle vivait dans une admirable simplicité et dans une très-parfaite obéissance envers ses parents ; et comme elle était très-bien instruite dans la voie des commandements de Dieu, elle avait un soin extrême de les accomplir exactement.
À l'âge de douze ans, Dieu lui accorda le don d'oraison à un tel degré, que dès lors elle éprouvait les délicieuses ardeurs du saint amour, particulièrement quand elle méditait la Passion de son Sauveur, qui était l'objet le plus ordinaire de ses pensées. Mais l'expérience lui faisant connaître qu'il était difficile de goûter ces douceurs de la grâce parmi les occupations et les entretiens du monde, elle souhaita d'être religieuse, et fit même quelques démarches pour être reçue dans un monastère de la ville de Gênes, appelé Notre-Dame des Grâces, où une de ses sœurs était déjà professe. Mais ses parents, qui voulaient la marier, refusèrent leur consentement. Elle demeura donc malgré elle dans le siècle, et elle se vit obligée d'épouser un jeune seigneur, nommé Julien Adorno, qui était aussi Génois et d'une famille très-célèbre.
Ce mari ne servit qu'à exercer sa patience et à la faire souffrir pendant dix ans ; car il la traitait comme une étrangère, et ne lui donnait aucune connaissance de ses affaires domestiques, et cependant il dissipa tout son bien en des dépenses inutiles, et se réduisit à la pauvreté ; il lui parlait rudement et n'avait aucune douceur ni cordialité pour elle. Dans les cinq premières années, elle demeura fort retirée, ne sortant que pour aller entendre la messe, et se tenant le reste du temps enfermée dans son hôtel. Les cinq autres années, voulant charmer son ennui, elle reçut et rendit des visites aux dames de sa qualité, ce qui l'engagea dans le monde un peu
plus qu'elle n'avait prétendu, toujours néanmoins dans les limites de l'honneur et sans excéder les bornes de la sagesse et de la modestie chrétienne.
Mais Dieu, qui la voulait dans une plus haute perfection, répandait insensiblement de l'amertume sur toutes les choses où elle croyait trouver du plaisir : sur la fin des dix années de son mariage, elle tomba dans un chagrin et une tristesse extraordinaires, qui lui firent souhaiter et même demander à Dieu une maladie de trois mois qui l'aît et la mît hors d'état de voir personne. Cette parole lui échappa plutôt par une surprise de la sensualité accablée d'angoisses et de douleurs que par une volonté délibérée. Toutefois, sa sœur religieuse ayant eu connaissance de ce qui se passait, lui conseilla de se présenter le lendemain au confesseur de son monastère, homme de sainte vie et très-éclairé dans la conduite des âmes. Catherine n'était guère disposée ce jour-là à se confesser ; cependant, pour donner satisfaction à sa sœur, elle vint se jeter aux pieds de ce confesseur, et lui demander sa bénédiction. Mais, à peine fut-elle à genoux à son confessionnal, qu'elle reçut au cœur une plaie d'amour pour Dieu que l'on ne peut exprimer, avec une vue si claire et si pénétrante de sa bonté divine et de ses propres misères, qu'elle en tomba presque par terre. Cette lumière et ce feu purifiaient en même temps toute sa partie affective, et lui donnèrent un si grand détachement du péché, du monde et de toute créature, qu'elle criait au fond de son âme : « Non, plus de péché, plus de monde, plus rien que Dieu ! » Et, en ce moment, si elle eût été maîtresse d'un million de personnes, elle les eût quittées et foulées aux pieds pour la gloire de son Sauveur. Comme elle ne pouvait parler, il arriva par bonheur qu'on vint chercher le confesseur pour quelque autre personne qui le demandait. Il se leva sans s'être aperçu de rien ; mais il revint aussitôt, et alors Catherine, dont la sainte blessure se dilatait toujours de plus en plus, fut obligée de lui dire, bien qu'avec difficulté, qu'elle n'était point à elle-même : « Je vous prie, mon père, d'agréer que je remette cette confession à une autre fois ». Il y consentit, et notre pénitente, s'étant retirée du confessionnal, revint promptement à sa maison, où elle donna la liberté à ce feu qui la dévorait, de s'épancher par des soupirs, des gémissements et des plaintes : « Ô amour ! » disait-elle, « ô amour ! » est-il possible que vous m'ayez touchée et appelée avec tant de tendresse ? Est-il possible que vous m'ayez découvert en un instant ce que je vois et ce que j'aperçois ? » Sa contrition était si grande pour toutes les offenses qu'elle avait commises, que si Dieu ne l'eût soutenue miraculeusement, son cœur se fût rompu, et elle eût rendu l'esprit à l'heure même. Notre-Seigneur, pour augmenter cette disposition, qui lui était souverainement agréable, se fit voir à elle chargé de sa croix, et répandant du sang de toutes ses plaies en telle abondance, qu'il lui semblait que toute la maison en paraissait inondée. Elle connut en même temps qu'il ne versait ce sang que pour ses péchés ; et cette vue produisait dans son âme un si grand accroissement d'amour et de douleur, qu'elle n'en pouvait supporter l'effort. C'est ce qui lui faisait répéter si souvent : « Ô amour ! » plus de péché ; ah ! plus de péché, divin amour ! » Elle conçut une telle haine contre elle-même, pour avoir commis le péché, qu'elle ne pouvait plus s'endurer, et qu'elle était disposée à confesser publiquement toutes ses offenses pour s'attirer le mépris et l'aversion de tous les hommes.
C'est dans cette disposition qu'elle fit sa confession générale ; bien que ses péchés, d'ailleurs légers, eussent déjà été consumés dans cette grande
fournaise qui s'alluma dans ses entrailles au moment où elle fut touchée de Dieu, elle ne laissa pas de les pleurer avec une amertume qui ne se peut concevoir. Ensuite elle fut successivement attirée aux pieds, aux genoux, à la poitrine et à la bouche sacrée de son Époux crucifié, et elle y reçut des impressions toutes divines qui opérèrent en elle une mort parfaite et une sainte transformation de son esprit. Étant appuyée sur sa poitrine, elle y aperçut son sacré cœur tout brûlant de ces flammes célestes dont elle-même était embrasée, et elle se sentit comme plongée et abîmée dans ce brasier ; ce qui lui faisait dire : « Je n'ai plus d'âme, je n'ai plus de cœur ; mais mon âme et mon cœur sont ceux de mon très-doux Amour ». Le baiser qu'elle reçut de sa bouche la lia si étroitement avec lui, qu'elle était comme perdue en sa divinité, ne vivant plus que de sa vie, n'opérant plus que par son esprit, et ne discernant plus qu'autant que la lumière de la grâce la faisait discerner.
Sa conversion étant arrivée le 22 mars, le lendemain de la fête de saint Benoît, elle fut touchée, trois jours après, savoir celui de l'Annonciation, d'un désir ardent de la sainte communion. Elle demanda donc permission de communier tous les jours, et Notre-Seigneur inspira à ceux qui la gouvernaient de lui accorder cette grâce. Il fit même connaître par plusieurs merveilles que cette dévotion lui était agréable ; car souvent, sans que Catherine s'en fût mise en peine, des prêtres l'appelaient pour communier : et lorsqu'elle ne communiait point, elle sentait une peine incroyable et un accablement de corps et d'esprit qui semblaient la devoir réduire au tombeau. Elle ne se troublait point, néanmoins, lorsqu'on la privait de cette viande sacrée pour l'éprouver ; mais elle s'abandonnait entièrement aux dispositions de la divine Providence, d'autant plus qu'elle craignait toujours de n'être pas assez pure pour participer si souvent à ce mystère, que les anges mêmes ne sont pas dignes de regarder. Elle y recevait des consolations indicibles, et qui la ravissaient quelquefois hors d'elle-même ; mais elle disait à son Époux qu'elle ne le cherchait pas pour ses caresses et pour ses consolations, mais par le seul désir de lui être parfaitement unie. Son corps en trouvait aussi du soulagement dans ses infirmités ; et, une fois qu'elle était extrêmement malade, elle fut guérie par ce précieux remède qu'on lui donna trois jours de suite. Elle n'enviait personne au monde que les prêtres, parce qu'ils avaient le pouvoir de consacrer, de toucher et de recevoir tous les jours son divin Amour, sans que personne le trouvât mauvais, et elle eût fait volontiers plusieurs lieues à pied pour n'être pas privée de ce grand trésor ; et, de fait, dans un interdit de la ville de Gênes, elle allait, tous les matins, à une demi-lieue pour le recevoir, sans en ressentir aucune lassitude, parce que son amour la portait et lui faisait trouver le chemin fort court. Lorsqu'elle entendait la messe, elle était si absorbée dans la contemplation des grandeurs et des bontés de son Bien-Aimé, qu'elle ne pouvait savoir où le prêtre en était ; mais au temps de communier, son amour la réveillait et la conduisait à la sainte table : ce qui lui faisait dire quelquefois qu'elle eût bien discerné, au goût surnaturel, une hostie consacrée d'une hostie non consacrée, de même qu'on discerne naturellement le vin d'avec l'eau.
Notre-Seigneur, redoublant ses faveurs envers elle, voulut qu'elle ne vînt plus, dans l'Avent et le Carême, que de la sainte hostie. En effet, pendant vingt-trois ans, il lui fut impossible, depuis la Saint-Martin jusqu'à Noël, et depuis la Quinquagésime jusqu'à Pâques, de rien retenir dans son estomac que cette manne du ciel. Elle prenait seulement, tous les jours,
un verre d'eau mêlée de vinaigre et de sel, pour modérer le grand feu qui la dévorait et lui consumait les entrailles. Cette conduite lui donna, au commencement, un peu de peine et de frayeur, et elle fit même, en ce temps-là, tout ce qu'elle put pour manger; elle se mettait à table avec sa famille, et elle ne manquait pas de prendre et d'avaler quelque chose pour cacher ce privilège singulier qui pouvait la faire estimer du monde; mais elle était contrainte de rejeter ce qu'elle avait pris; et si, par le respect et la soumission qu'elle devait aux ordres de son confesseur, elle se faisait quelquefois plus de violence pour le retenir, elle tombait dans un état si alarmant, qu'on croyait qu'elle allait mourir. Au reste, pendant cette prodigieuse abstinence, elle n'était pas plus faible qu'auparavant; au contraire, elle dormait mieux et se sentait plus agile et plus vigoureuse que dans les temps où elle mangeait comme les autres. Et ce qui est plus surprenant, bien loin de se tenir en repos, elle s'appliquait avec plus d'assiduité aux exercices pénibles de la charité et de la mortification, sans en ressentir aucune lassitude.
Comme l'esprit de Jésus-Christ est un esprit de pénitence, elle n'en fut pas plus tôt remplie, qu'elle se porta à des austérités et à des rigueurs extraordinaires. Elle déclara d'abord une guerre irréconciliable à tous ses sens et résolut de leur refuser tout ce qui était capable de leur donner du plaisir et de les molester de toutes les manières que la sainte haine d'elle-même lui suggérait. En effet, lorsqu'elle voyait que sa chair recherchait quelque chose, elle l'en privait aussitôt et lui faisait souffrir tout le contraire. Elle portait des cilices piquants, et se couchait sur des faisceaux d'épines et sur des planches nues, plus capables de lui briser les os que de lui donner du repos. Elle ne mangeait point de chair, ni de fruits nouveaux, ni d'autres aliments qui pussent flatter le goût ou faire une bonne nourriture, mais seulement des choses insipides et de peu de valeur. Néanmoins, comme le grand excès de son amour avait allumé dans ses entrailles un feu qui la dévorait jusqu'aux os, elle souffrait sans cesse une faim extrême. La vue, l'ouïe et la parole ne lui servaient que pour des usages nécessaires, ou pour procurer la gloire de Dieu et le salut du prochain. Dès qu'elle sentait en elle de la répugnance à une mortification, elle l'entreprenait avec une force et un courage intrépides, et ne la quittait point qu'elle n'eût surmonté cette opposition. Ainsi, si le cœur lui bondissait en voyant des cadavres en putréfaction, du pus sortant des ulcères, ou d'autres objets répugnants à la nature, elle en approchait aussitôt ses lèvres, et quelquefois même elle s'en mettait dans la bouche: ce qui la rendit victorieuse de toutes ses répugnances et mortifia parfaitement tous ses sentiments. Dieu lui faisant la grâce de reconnaître ses plus petits défauts et les moindres recherches de la nature et de l'amour-propre qui se glissaient dans ses actions, elle était admirablement prompte et exacte à les arracher et à les détruire. Tous les jours elle faisait régulièrement six heures d'oraison mentale, dans une posture très-humiliée, quelque peine qu'y eût la sensualité et quelque effort qu'elle fît pour l'obliger à y donner moins de temps. Aux autres heures on la trouvait encore le plus souvent tellement absorbée en Dieu, qu'elle ne voyait ni n'entendait rien de ce qui se passait autour d'elle.
Après quatre ans d'une vie si austère, ou pour mieux dire d'une si grande mort, elle reçut d'en-haut un esprit net, pur, libre, dégagé, et si fort rempli de la vérité première et éternelle, que nulle créature n'y avait accès. Étant même au sermon ou à la messe, elle n'avait nul discernement de ce
qui frappait extérieurement ses sens; mais elle était toute plongée dans un sentiment ineffable de la Divinité. Cependant l'Esprit de Dieu la réglait et la gouvernait tellement, qu'il ne lui laissait rien faire contre la décence; mais, lorsqu'il était nécessaire qu'elle se levât pour communier, ou pour s'en retourner, ou qu'elle répondît à ceux qui la demandaient, il la rendait à elle-même, ou lui faisait faire toutes ces choses fort à propos. Son amour était si ardent, que souvent elle ne pouvait presque parler, ni converser avec le monde; de sorte qu'elle était contrainte d'aller se cacher pour donner plus de liberté à ce grand feu. Lorsqu'on allait la chercher, on la trouvait couchée par terre, toute hors d'elle-même, et le visage couvert de ses deux mains, mais comblée de délices si ineffables, qu'il n'y en a point sur la terre qui leur soient comparables. Quelquefois elle n'entendait point quand on l'appelait, quelqu'on criât bien fort: d'autres fois elle entendait, et à l'heure même elle se levait et se rendait à ce qu'on désirait d'elle, n'ayant rien plus en horreur que la singularité et l'attachement à sa propre conduite. Quand elle revenait de ces extases, elle avait la face si vermeille, qu'elle paraissait comme un chérubin tout rempli de lumière et comme un séraphin tout couvert de flammes.
Dans un de ses transports, son amour lui donna trois règles, ou moyens de perfection, qu'elle a fidèlement observées. La première, de ne dire jamais je veux, ni je ne veux pas; ni mon ou mien; mais seulement faites, ou ne faites pas cela: notre livre, notre habit. La seconde, de ne se point excuser; mais d'être toujours la plus prompte et la plus sévère à s'accuser. La troisième, en disant l'Oraison dominicale, de prendre pour fondement de toute sa vie cette maxime: Fiat voluntas tua: « que votre volonté soit faite », en notre corps, en notre âme, en nos richesses, en notre honneur, en nos parents, en nos amis et en tout ce qui nous touche en bien ou en mal: et, en disant la Salutation angélique, de s'attacher principalement au nom adorable de Jésus, comme à une puissante sauvegarde contre toutes sortes de périls; et enfin, dans tout le reste de la sainte Écriture, de prendre le mot amour pour appui, parce que, par le moyen de cet amour, elle marcherait toujours dans la lumière et la pureté du cœur, et serait remplie d'une force et d'une vigueur célestes, qui lui rendraient les plus grandes peines de cette vie parfaitement agréables.
Ce serait une chose infinie de décrire les diverses impressions que lui donna cet esprit du pur amour, et les différents états d'action et de souffrance par lesquels il la fit passer. Elle eut d'abord un tel désir de mourir, pour aller jouir tranquillement de son Bien-Aimé, sans plus appréhender d'interruption ni de diminution de son amour, qu'elle regardait la mort comme le plus grand bonheur qui lui pût arriver, et quelquefois elle l'appelait cruelle, parce qu'elle l'épargnait et ne finissait pas assez tôt sa vie; d'autres fois, elle la traitait de douce, de belle, d'agréable, de charmante et de favorable, parce que c'était elle qui devait la mettre dans la possession de l'unique objet de ses désirs. Mais après deux ans de ces transports, elle entra dans une mort encore plus parfaite et plus précieuse, pour mourir ou ne pas mourir, selon la disposition de la Providence. Elle voyait si distinctement son néant originel, la corruption générale de sa nature par le péché, et que l'être et le bien n'appartiennent proprement qu'à Dieu seul, qu'elle était comme incapable d'orgueil, de présomption et de vaine gloire. Elle ne prononçait qu'avec regret le mot de moi, se persuadant qu'il était trop hardi pour une créature et une pécheresse; s'il arrivait qu'elle fût obligée de le prononcer dans quelque discours pour ne pouvoir parler autre- ment, elle le renvoyait aussitôt intérieurement à Dieu, comme à Celui qui est la source et le fonds de tous les êtres. L'amour divin la remplit et la posséda si parfaitement, qu'elle ne sentait plus ni corps, ni âme, ni esprit, ni volonté, ni lumière, ni opération ; mais qu'elle était toute fondue et transformée en cette bienheureuse passion. C'était elle qui la gouvernait, qui la conduisait partout, qui l'appliquait à ce qu'elle devait faire et qui la faisait agir, sans qu'elle fût obligée d'y faire réflexion et de s'en mettre en peine ; et, comme le pur amour ne se porte à Dieu que pour Dieu, sans s'attacher à ce qui sort de Dieu, elle ne recherchait ni lumières, ni consolations, ni douceurs, mais Dieu seulement, sans mélange et sans milieu. Nous lisons encore dans sa vie, qu'un docteur italien a donnée au public et dans les admirables écrits qu'elle-même a composés sur ses propres expériences, d'autres traits merveilleux de son anéantissement parfait, de sa sagesse toute céleste, de son zèle incomparable et de son union de corps et d'esprit avec Dieu. Les âmes appelées aux états surnaturels pourront les consulter, pour y connaître jusqu'où peut aller l'ardeur et l'impression du saint amour.
Cette occupation intérieure, qui ne la quittait point ni jour ni nuit, ne l'empêcha pas de se consacrer avec une charité infatigable au secours des pauvres et des malades. Au commencement de sa conversion, elle entra dans la Compagnie des Dames de la Miséricorde, et ne se contentant pas de régler avec elles, dans leurs assemblées, les aumônes qu'il fallait distribuer à ces malheureux, elle allait elle-même les visiter et les assister dans leurs maisons, leur portant ce que les dames leur avaient donné. Elle les nettoyait avec une patience et un courage surprenants, sans que ni la saleté ni la puanteur la pussent jamais rebuter. Elle emportait même chez elle leurs linges sales et leurs habits pleins de graisse et de vermine, pour les nettoyer ; lorsqu'ils étaient bien nets, elle les reportait et recommençait à leur rendre divers services. Bien qu'elle fût souvent au milieu de ces pauvres, qu'elle les changeât de ses propres mains et qu'elle prit soin de leurs haillons, on ne trouva jamais une seule vermine sur elle, Dieu ne permettant pas que sa charité apportât aucun préjudice à sa propreté. Sa sollicitude ne s'étendait pas seulement sur le temporel, elle prenait aussi un soin particulier du spirituel. Elle faisait de fortes remontrances aux pauvres en leur donnant l'aumône, pour les porter à faire un saint usage de leurs peines et de leurs misères. Elle exhortait les malades à la patience, les disposait à la confession et à la communion, les préparait à la mort et les assistait généreusement en cette dernière heure, d'où dépend la décision de l'éternité.
Son mari n'eut pas d'abord ces dévotions et ces charités pour trop agréables ; mais elle le gagna enfin tellement, qu'il s'adonna lui-même à la dévotion, qu'il consentit à ne plus vivre ensemble que comme frère et sœur, et qu'enfin il embrassa le Tiers Ordre de Saint-François, ou de la Pénitence, et en pratiqua fidèlement les exercices, sans néanmoins quitter sa maison. Il fut ensuite affligé d'une cruelle maladie, qui lui causa de violentes douleurs et le jeta souvent dans de grandes impatiences. Catherine, le voyant sur le déclin de sa vie, eut crainte que ces impatiences ne missent son salut en danger : elle se retira donc dans le secret de son oratoire, et, répandant beaucoup de larmes aux pieds de son Sauveur crucifié, elle lui disait : « Amour, je vous demande cette âme, je vous prie de me la donner, il ne tient qu'à vous de le faire, elle est entre vos mains ». Au bout d'une demi-heure, elle sentit intérieurement qu'elle était exaucée ; et
de fait, rentrant à l'heure même dans la chambre du malade, elle le trouva tout changé et si parfaitement résigné à la volonté de Dieu, qu'il était prêt à souffrir des douleurs encore plus aiguës.
Il mourut dans cette heureuse disposition, et notre sainte femme ne douta point que Dieu ne lui eût fait miséricorde. Après sa mort, quelques personnes dirent à Catherine qu'elle était délivrée d'une grande servitude et qu'elle avait assez de sujet de s'en consoler, vu les maux qu'elle endurait de l'humeur bizarre et mélancolique d'un tel mari; mais elle répondit qu'elle ne se mettait point en peine de ces maux, parce qu'elle regardait tout dans l'ordre de la volonté de Dieu, qui fait paraître les maux aussi doux et aussi agréables que les biens. Elle perdit presque en même temps ce qu'elle avait de frères et sœurs, entre autres cette sainte religieuse qui avait si heureusement contribué à sa conversion et qu'elle aimait tendrement; mais son union au bon plaisir de Dieu était si grande, qu'elle n'en fut pas plus touchée que si ces personnes ne lui eussent point appartenu.
Étant parfaitement libre, elle se consacra pour toujours au service du grand hôpital de Gênes, où les administrateurs, la voyant si charitable et si pleine de zèle et de ferveur, lui donnèrent le soin de toutes choses. On ne peut exprimer la diligence et la sollicitude avec lesquelles elle pourvoyait à tous les besoins de cette grande maison. Jamais elle n'omit rien qui fût de sa charge, jamais rien ne manqua aux pauvres ni aux malades par sa faute. Elle tenait un compte si exact des sommes considérables qu'elle maniait pour la dépense de l'hôpital, qu'on n'y trouva jamais la moindre erreur, ni dans les recettes, ni dans les dépenses. Mais ce qui est surprenant, et doit être admiré de tout le monde, c'est que ces occupations, capables de distraire les âmes les plus éminentes et les plus unies à Dieu, ne diminuaient rien de son recueillement ni de ce grand feu de l'amour divin dont elle était tout embrasée. Elle était, au milieu de tant d'affaires, dans le même goût de Dieu, dans la même mort à elle-même, dans le même état passif et dans la même suspension de son activité et de ses opérations naturelles, que lorsqu'elle vivait retirée et solitaire; l'Esprit-Saint joignant en elle l'action extérieure avec la pure dépendance de son mouvement et de son impression.
Elle était si désintéressée dans la direction de cet hôpital, qu'elle ne voulut jamais en recevoir aucune récompense pour vivre, quelque minime quelle fût; mais pour le peu qui lui était nécessaire, elle le tirait du bien qui lui était resté après la dissipation que son mari avait faite de sa dot et des héritages qui devaient lui servir de douaire. Sa générosité allait même jusqu'à servir et embrasser les malades qui étaient infectés de la peste et de toutes sortes de maladies contagieuses: un jour qu'elle aperçut une dame du Tiers Ordre de Saint-François, qui tirait à sa fin et faisait de grands efforts pour prononcer le nom adorable de Jésus, elle en conçut tant de joie que, bien qu'elle eût une fièvre pestilentielle, elle l'embrassa et lui baisa la bouche avec beaucoup d'affection. Elle gagna, par ce baiser, le mal, et elle pensa en mourir; mais Dieu lui rendit la santé pour l'employer avec une nouvelle ferveur au service des membres souffrants de son fils Jésus-Christ.
Neuf ans avant son décès, elle tomba dans une autre maladie qui lui dura jusqu'au dernier soupir. On ne peut s'imaginer les maux et les douleurs que lui causa cette visite du ciel; elle était souvent à deux doigts de la mort, n'avait que la peau et les os, souffrait des convulsions qui faisaient frémir ceux qui la voyaient, et qui l'obligeaient elle-même à jeter les hauts cris; cependant on ne pouvait dire quel était son mal. Les remèdes ne lui servaient de rien, et quelquefois, en une semaine, elle ne mangeait pas ce qui aurait été nécessaire à une autre pour un repas. Les plus habiles médecins de France et d'Italie la virent, et tous jugèrent que cette maladie ne venait pas d'un principe naturel, mais d'une opération divine. En effet, la véritable source était ce feu dévorant du saint amour dont elle était consumée. Aussi, dans la suite du temps, l'endroit de sa poitrine, au-dessus du cœur, devint jaune comme du safran, et, s'il arrivait qu'on approchait un charbon ardent ou une chandelle allumée de sa chair, elle n'en sentait point la brûlure, parce que, comme dit saint Augustin, parlant de saint Laurent, le feu qui la brûlait au dedans était plus fort et plus violent que celui qui lui rôtissait les membres. Dans cet état, elle ne laissait pas de jouir au fond de son cœur d'une joie et d'une consolation indicibles; de sorte qu'on voyait en elle l'union du paradis et du purgatoire; son âme était dans un paradis spirituel par l'abondance des délices dont elle était enivrée; son corps était dans le purgatoire par l'excès des tourments où il était plongé. Elle disait des choses si belles et si relevées de l'amour divin et des perfections de Dieu, que tout le monde en était charmé; des personnes de grande vertu, et fort éclairées dans les voies de Dieu, venaient exprès de bien loin pour lui rendre visite et jouir quelque temps du bonheur de sa conversation et ne la quittaient qu'avec étonnement et en louant la divine Bonté des merveilles qu'elle opérait en elle. Jamais le désir de la communion ne la quittait; elle était insatiable de cette viande du ciel; et dans l'extrémité de ses maux, son unique soulagement était d'en être repue. Enfin, elle passait dans l'estime de tout le monde pour une âme toute céleste, et nul ne doutait qu'elle n'eût part à cette union d'amour qui fait la bienheureuse consommation de la béatitude.
La dernière année de sa vie, on lui fit voir qu'elle devait entrer dans un martyre encore plus grand que celui qu'elle avait enduré jusqu'alors; ce fut une opération surnaturelle, par laquelle son esprit ne vivant plus qu'en Dieu et de Dieu, s'appliqua à faire mourir entièrement sa nature, à lui ôter tout ce qu'elle avait de propre, et à commencer de la spiritualiser pour se rendre parfaitement conforme à ses goûts et à ses inclinations. On ne peut décrire les angoisses et les tortures que la partie inférieure souffrit par cette opération; car il n'y a rien qui lui soit plus dur et plus insupportable que d'être privée de ses manières d'agir naturelles et sensuelles, et d'être tirée hors de son activité propre; mais Catherine soutint cet effort avec une fermeté merveilleuse, et il se fit en elle-même une telle transformation, que sa chair devint d'accord avec son esprit, et qu'elle prit, pour ainsi dire, les sentiments, les désirs et les affections de la partie supérieure.
Avant sa mort, on lui fit encore souffrir, dans son âme et dans son corps, les peines intérieures et extérieures de Notre-Seigneur Jésus-Christ crucifié: des anges lui apparurent et l'assurèrent de son bonheur. Le démon eut aussi pouvoir de se montrer à elle, mais elle le chassa honteusement, parce qu'il n'a rien à prendre sur une âme qui ne vit que du pur amour. Enfin, elle vit une étincelle de la gloire du paradis, qui augmenta encore ce brasier qui brûlait depuis tant d'années dans ses entrailles. L'auteur de sa vie a fait le récit de tout ce qui lui arriva, dans le dernier mois de sa maladie; mais il suffit de dire qu'elle mourut dans les mêmes flammes, dans lesquelles elle avait vécu, et qu'elle fut tirée de cette vie mortelle parfaitement purifiée, pour aller immédiatement jouir de Celui
qu'elle avait si parfaitement aimé. Ce fut le jour de l'Exaltation de la sainte Croix, le 14 septembre 1510. Plusieurs personnes eurent révélation de sa gloire ; son médecin, entre autres, qui dormait à l'heure de sa mort, s'éveilla en sursaut et entendit sa voix qui lui disait : « Adieu, je pars maintenant pour le ciel ».
On la représente tenant à la main un cœur percé d'une flèche.
## CULTE ET RELIQUES. — ÉCRITS.
Aussitôt que la mort de sainte Catherine fut connue, on accourut en foule à l'église de l'hôpital, pour vénérer le saint corps qui y était exposé, et des guérisons commencèrent à s'y opérer en grand nombre. Le saint corps, renfermé dans un cercueil de bois, fut enseveli dans l'église du grand hôpital : il fut placé près d'un mur, sous lequel il y avait un aqueduc que l'on n'avait pas observé. Cette sépulture n'étant que transitoire, le saint corps n'y demeura que dix-huit mois, au bout desquels il fut retiré et trouvé, malgré l'humidité du lieu, dans un état parfait de conservation. Pour satisfaire la dévotion publique, on le laissa exposé pendant huit jours, après lesquels on le plaça dans une chapelle défendue par une grille qui le laissait voir à ceux qui venaient le visiter. On enferma ensuite le saint corps dans un sépulcre de marbre que l'on avait fait ériger assez près du maître-autel. Bientôt on vit accourir de toutes parts une foule d'étrangers ; et la circulation continuelle autour du tombeau devenant de jour en jour plus bruyante et plus incommode, on fut obligé de transporter le tombeau dans une partie basse de l'église où il demeura jusqu'en 1593. À cette époque, on fit construire un tombeau neuf dans un lieu plus élevé où l'on transporta le saint corps qui fut trouvé dans un état d'incorruptibilité parfaite.
En 1642, on transféra le corps, toujours conservé dans son intégrité miraculeuse, dans une chasse d'une forme élégante et enrichie d'ornements dorés. En 1692, il fut retiré, avec la permission de la sacrée Congrégation des Rites, de cette chasse de bois, et déposé dans une arche d'argent, ornée de cristaux, afin qu'il fût visible à tout le monde. Enfin, en 1708, les habits qui le couvraient tombant en lambeaux, on le sortit, avec la permission du pape Clément XI, le 23 du mois d'août. On le dépouilla de ses vieux habits qui furent remplacés par des vêtements plus convenables, et il fut remis dans son reliquaire, où il repose encore aujourd'hui, sans aucune marque de corruption.
Sainte Catherine fut mise, de vive voix, au nombre des Bienheureux, par le pape Jules II. En 1636, le pape Urbain VIII fit informer sur ses vertus et ses miracles en général. La cause resta pendante jusqu'à l'année 1670. Alors elle fut reprise par ordre du pape Clément X, et, en 1675, on décréta de la sacrée Congrégation approuva tout ce qui avait été fait précédemment. Ce décret fut porté le 30 mars et confirmé le 6 avril de la même année par le Pape. Ses écrits furent approuvés par le pape Innocent XI, le 14 juin 1676. Après un grand nombre de miracles opérés par son intercession, Clément XII la canonisa solennellement en 1727, et Benoît XIV inséra son nom dans le martyrologe, sous le 22 mars.
Nous avons de sainte Catherine de Gênes un traité remarquable sur le *Purgatoire*, et des *Dialogues* entre l'âme et le corps, l'amour-propre et l'esprit, l'humanité et Dieu. Ces dialogues ne sont autre chose, sinon la voix de la chair qui veut retirer l'âme de la vie intérieure, et la voix de l'esprit qui lutte contre elle et qui veut suivre l'attrait divin.
Le premier auteur de cette vie a été un docteur italien nommé Jacques Glanay, qui s'est servi des mémoires de ceux qui avaient connu la bienheureuse Catherine. Les Chartreux de Bourg-Pontaine l'ont traduite en français dès le commencement du XVIIIe siècle. — Cf. *Acta Sanctorum*; *Vie de sainte Catherine de Gênes*, par l'abbé P..., vicaire général d'Évreux.
## SAINT EUCHAIRE, PREMIER ÉVÊQUE DE TRÈVES,
## ET SES SUCCESSEURS LES SAINTS VALÈRE ET MATERNE (1er siècle).
Une tradition immémoriale raconte que le culte de la sainte Vierge, conjointement avec le christianisme, fut apporté dans l'Alsace, par saint Materne, disciple de saint Pierre, et, selon plu- sieurs écrivains, le fils unique de la veuve de Naïm, que Jésus-Christ ressuscita et admit ensuite au nombre de ses soixante-dix disciples. La tradition ajoute que Materne étant mort à Elne, dans le cours de ses prédications, Euchaire et Valère, les deux compagnons de son apostolat, retournèrent à Rome exposer leur douleur à saint Pierre, que celui-ci leur donna son bâton pastoral, en leur disant de le poser sur le corps du défunt, et de lui commander de ressusciter; après quoi il continuerait sa mission avec plus de succès qu'auparavant; qu'enfin tout se passa comme l'avait dit le Prince des Apôtres; et que par Materne ressuscité et ses compagnons furent fondées les églises de Strasbourg, de Trèves, de Cologne et de Liège.
Si cet antique récit a été contredit par certains critiques, qui, offusqués des faits miraculeux qu'ils rencontrent dans l'histoire, étudient, sous l'inspiration du préjugé, les moyens de les en bannir, ou du moins de les mettre en suspicion, on ne peut disconvenir que celui-ci réunit en sa faveur des raisons et des autorités puissantes : ce sont les martyrologes des huitième, neuvième et dixième siècles, et divers écrits de la même époque, qui citent cette tradition comme admise de temps immémorial; c'est la croyance religieusement conservée en diverses Églises, malgré les grandes distances qui les séparent; c'est le respect avec lequel Cologne et Trèves ont conservé les deux moitiés du bâton pastoral de saint Pierre, qu'elles se sont partagé, et l'accord des anciens auteurs à motiver par ce miracle la coutume qu'ont les Papes de ne pas porter de crosse; c'est l'antique basilique de la Résurrection bâtie à Elne, et où la foule des pèlerins visitait dévotement le tombeau vide qui avait servi pendant quarante jours de sépulture à saint Materne; c'est le témoignage uniforme des historiens alsaciens, allemands, italiens, des siècles plus rapprochés du nôtre; c'est l'office propre du bréviaire de Strasbourg; c'est enfin, d'une part, le fait non contesté que saint Materne fut le premier apôtre de l'Alsace, de l'autre, le fait incontestable que dès le second siècle l'Alsace comptait des chrétientés florissantes.
Saint Euchaire tint le siège épiscopal de Trèves pendant vingt-trois ans, et il s'endormit dans le Seigneur le 8 décembre; Valère lui succéda, siégea quinze ans, et mourut le 29 janvier; Materne continua les travaux apostoliques de ses deux prédécesseurs immédiats et s'envola au ciel le 14 septembre, après avoir gouverné son diocèse pendant quarante ans. Leurs corps furent ensevelis hors des murs de la ville de Trèves. On voit des reliques de saint Valère dans la crypte souterraine de Saint-Mathias de Trèves; des parcelles ont été transférées à Lisbonne. L'église métropolitaine possède des ossements de saint Materne. Les peintres ont coutume de représenter saint Materne avec une église à trois tours, afin de rappeler que son diocèse comprenait primitivement les trois villes importantes de Cologne, de Trèves et d'Utrecht, qui, plus tard, à cause du nombre des chrétiens, devinrent autant de titres épiscopaux.
Tiré du Propre de Trèves; de l'Histoire des soixante-douze Disciples, par M. l'abbé Maistre; et de Notre-Dame de France, par M. le Curé de Saint-Sulpice.
Événements marquants
- Naissance à Gênes en 1447
- Mariage forcé avec Julien Adorno à l'âge de 12 ans
- Conversion mystique le 22 mars 1473
- Vingt-trois ans d'abstinence quasi-totale (jeûne eucharistique)
- Direction du grand hôpital de Gênes
- Mort le 14 septembre 1510
Miracles
- Incorruptibilité du corps constatée à plusieurs reprises
- Abstinence prodigieuse de 23 ans ne vivant que de l'Eucharistie durant l'Avent et le Carême
- Guérison de la peste après avoir embrassé une mourante
Citations
Un cœur blessé par l'amour divin est insurmontable, car Dieu est sa force.
Non, plus de péché, plus de monde, plus rien que Dieu !