Bienheureuse Angeline de Marsciano
Veuve, Fondatrice de l'Ordre des Tertiaires de Saint-François
Résumé
Née en 1377 près d'Orviéto, Angeline de Marsciano consacra sa vie à Dieu malgré un mariage forcé qu'elle vécut dans la virginité avec le consentement de son époux. Devenue veuve, elle fonda de nombreux monastères du Tiers Ordre de Saint-François à travers l'Italie, notamment à Foligno. Elle est reconnue pour son humilité, ses miracles et son rôle de première abbesse générale de sa congrégation.
Biographie
LA BIENHEUREUSE ANGELINE DE MARSCIANO
VEUVE, FONDATRICE DE L'ORDRE DES TERTIAIRES DE SAINT-FRANÇOIS
1435. — Pape : Eugène IV. — Roi de France : Charles VII, le Victorieux.
Gloriaeum domus Dei est divitius et delicias hujus saeculi abjicere.
C'est un don glorieux du Seigneur de se dépouiller des richesses et d'abjurer les douceurs de ce monde.
S. Pierre de Blois.
Angeline naquit en 1377, à Monte-Giove, près d'Orviéto, en Italie. Son père, Jacques de Montemarte, comte de Corbara, et sa mère Anne Burgari, de la noble famille de Marsciano, lui firent donner au saint baptême le nom d'Angeline, qu'elle mérita de bonne heure par sa vertu angélique. À l'âge de douze ans, elle perdit sa mère, digne et sainte femme qui n'avait cessé de l'encourager dans ses sentiments de dévotion et de piété. C'est
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alors qu'elle commença à réfléchir sur la vanité des biens de ce monde, sur les ennuis et les fatigues dont ils sont inséparables. Elle fit vœu de ne point choisir son fiancé sur cette terre, et de s'offrir à Jésus-Christ. Parmi les vertus qui brillèrent en elle dès son jeune âge, il faut signaler son amour du prochain, qui la portait à soulager tous ceux qu'elle voyait dans le besoin, et particulièrement les pauvres. Il n'y avait pas de jours qu'elle ne mît de côté une partie de son repas ; le lendemain, elle allait de grand matin aux portes des églises, et distribuait aux indigents des portions de pain et de viande. Un jour qu'elle s'était rendue à la cuisine, et y avait pris pour les malheureux une partie de la provision destinée au repas, elle demanda ensuite au maître d'hôtel s'il s'était aperçu qu'il lui manquait quelque chose, et comme celui-ci lui répondait négativement, elle lui dit : « Vous voyez qu'on peut, à peu de frais, soulager bien des besoins, puisque j'ai nourri aujourd'hui plusieurs pauvres sans que nos provisions en paraissent amoindries ».
Lorsqu'elle eut quinze ans, son père voulut la marier avec Jean de Terni, comte de Civitella, petite ville des Abruzzes, dans le royaume de Naples. Son vœu de chasteté lui défendait d'accepter une pareille union ; mais son père se courrouça violemment à ce refus d'obéissance, et lui donna huit jours pour se décider. Dans cette perplexité, elle se jeta entre les bras de Dieu, qui l'avait inspirée au moment de son vœu, lui demandant de lui donner la force et les moyens de l'observer fidèlement. Au milieu de ses craintes mêlées d'espérances, une voix d'en haut lui conseilla d'obéir à son père, et de s'en remettre pour le reste au soin de la divine Providence. Dès lors, tranquille avec sa conscience, elle déclara à son père qu'elle était prête à faire selon son désir. Celui-ci, rempli de joie, fit venir le jeune comte, qui échangea avec Angeline l'anneau des fiançailles. Confiante dans les décrets de Dieu, elle ne se troubla point à ce moment suprême ; cependant, après la cérémonie, elle ne fut point sans inquiétude sur la manière dont elle allait concilier ses vœux avec les événements. À genoux dans sa chambre, aux pieds d'un crucifix, elle s'unit avec son divin fiancé dans une ardente prière, lui exposa le danger qui la menaçait d'une manière si imminente, et lui demanda avec plus d'instance que jamais de ne pas l'abandonner. En ce moment un ange lui apparut, qui la rassura pleinement dans ses appréhensions et lui promit que tout irait selon ses désirs.
Le lendemain, lorsqu'elle se trouva seule en face du jeune comte, elle se jeta tout à coup à ses pieds, les mains suppliantes et les yeux pleins de larmes ; elle lui ouvrit son cœur sans détour, lui raconta les vœux qu'elle avait formés en se consacrant à Dieu, l'apparition céleste qui l'avait confirmée dans ses saintes résolutions et le ferme espoir qu'elle avait conçu de n'y point faiblir. Le jeune homme, profondément ému de tant de vertus et d'une si grande franchise, s'inclina respectueusement devant elle, et lui répondit : « Devant le Roi des rois, tout autre fiancé doit s'humilier et disparaître ; soyez en paix, et ne croyez point que je veuille jamais attenter à la pureté de vos résolutions ; celle qui a reçu le nom d'Angeline conservera sa chasteté d'ange ; ne voyez en moi que l'humble serviteur de la fiancée de Jésus-Christ. Ô ma sœur, la chaste affection que je vous ai vouée, je la conserverai pure et fidèle avec l'aide de Celui que j'aime et respecte comme vous l'aimez et le respectez vous-même ». À ces paroles, Angeline ne put comprimer un élan de reconnaissance envers le Seigneur, qui la délivrait d'un si pressant danger, et aussi envers le jeune comte, qui se montrait l'instrument si docile des décrets de la Providence. Ils confondirent leurs
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âmes dans une prière commune, et renouvelèrent au pied de la croix les promesses qu'ils s'étaient faites mutuellement et qu'ils juraient devant Dieu d'observer jusqu'à la mort. Après la cérémonie du mariage, ils partirent pour Civitella, où ils vécurent simplement, répandant autour d'eux les bienfaits d'une grande charité et l'exemple de leurs hautes vertus. Il y avait à peine deux ans qu'ils étaient mariés, lorsque le comte mourut après une courte maladie. Libre des liens du monde, Angeline aspira plus ardemment que jamais vers le ciel ; elle renvoya toutes les servantes de sa maison, et échangea ses richesses contre l'habit du Tiers Ordre. L'aumône, le soin des malades et des orphelins partagèrent tous ses loisirs. Dieu lui témoigna souvent la satisfaction que lui causait ses bienfaits par les faveurs quelquefois miraculeuses dont il se plaisait à les récompenser. Plusieurs des malades auxquels elle donnait ses soins, guérissaient contre tout espoir, des âmes perdues par les mauvais instincts et gangrenées par le vice, revenaient aussi subitement à Dieu, converties par son exemple, par ses pieux enseignements et ses constantes prières. Elle allait parcourant le pays des Abruzzes, s'arrêtant dans les villes et dans les moindres villages, prêchant partout les bienfaits de la foi catholique et l'amour du Seigneur, encourageant surtout les jeunes filles à offrir à Dieu le sacrifice de leur vie et à se consacrer à lui sous l'habit du Tiers Ordre. Tant de zèle pour le service de Dieu devait lui attirer l'envie et la persécution des moins fervents. Elle fut accusée auprès de Ladislas, roi de Naples et de Sicile, de chercher à détourner les jeunes gens du mariage et de prêcher le mépris de ce sacrement. Des personnes malintentionnées allèrent jusqu'à la faire passer aux yeux du roi pour un émissaire de l'hérésie, et prétendirent la convaincre d'être du nombre des ennemis les plus acharnés de l'Église. Le roi, un moment trompé par ces délatons, la fit rechercher dans le pays des Abruzzes, prêt à lui faire expier sur le bûcher les doctrines impies qu'elle était censée professer.
La sainte femme dut se mettre en mesure de se présenter devant le roi, ne sachant pas pourquoi elle était ainsi recherchée ; mais Dieu lui dévoila miraculeusement les noms de ses ennemis, en l'assurant de sa protection, et lui ordonna de comparaître devant le prince, un réchaud ardent à la main, prête à faire le sacrifice de sa vie si elle était condamnée. Elle se rendit donc à Naples, munie de la sainte communion, et parut devant le roi, en présence d'une cour nombreuse de princes et de grands seigneurs, disposée, disait-elle, à mettre le feu à ses vêtements si justice ne lui était faite. Le roi fut frappé de son air résolu et de ses déclarations pleines de franchise. Après un court interrogatoire, il resta convaincu que cette femme n'avait jamais attenté aux lois établies du mariage, mais seulement fait comprendre aux jeunes filles les avantages et les douceurs de la vie monastique. Loin de la blâmer, il la complimenta, devant toute sa cour, de son zèle pour le triomphe de la foi, et la renvoya avec de grands témoignages de respect et de gratitude. Elle demeura quelque temps à Naples, remerciant le Seigneur qui avait dévoilé son innocence d'une manière aussi éclatante, visitant les églises et les couvents de la ville.
Pendant son séjour, le fils d'une pauvre femme vint à mourir, et quelques personnes qui avaient entendu parler des mérites d'Angeline et des faveurs qu'elle recevait constamment du ciel, vinrent lui demander si elle ne pourrait point venir en aide, par ses prières ou par ses soins, à la malheureuse mère. Angeline protesta de son impuissance, et se rendit néanmoins au chevet du défunt qu'elle essaya vainement de ramener à la vie. Alors
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elle fit une ardente prière, et après avoir donné un peu d'espoir à la mère, elle lui recommanda de ne point laisser enterrer son fils avant le lendemain, et, dans cet intervalle, de s'approcher de la Table sainte ; elle-même reçut la communion, après quoi elle se rendit de nouveau à la chambre mortuaire. Là, après un instant de suprême recueillement, elle ordonna tout à coup au jeune homme de se lever, et au même moment il se leva comme au sortir d'un profond sommeil, à la grande admiration des assistants et à la suprême joie de la mère. Ce miracle fut bientôt connu dans toute la ville de Naples où Angeline fut entourée du respect universel ; son humilité, qui en souffrait, la fit aussitôt quitter la ville. Ainsi s'accomplissent les desseins de Dieu : une femme qui avait été appelée dans la ville sous le coup des accusations les plus graves, la quittait quelques jours après honorée des marques de l'estime et de l'admiration de tous ; et, sur le point de perdre la vie, c'était elle, au contraire, qui arrachait à la mort une de ses victimes.
Elle reprit le chemin de Civitella, continuant partout sur son passage la pieuse propagande qu'elle avait entreprise dans les Abruzzes. De retour dans sa ville natale, elle se dévoua plus que jamais à l'éducation des jeunes filles qui venaient en foule prendre ses conseils et se décidaient souvent à abandonner les joies du monde pour la règle du cloître. Le même intérêt mondain qui l'avait déjà fait poursuivre devant le roi, souleva bientôt contre elle de nouvelles tempêtes. Les parents des jeunes filles qu'elle instruisait, des familles nobles et puissantes aveuglées sur l'intérêt de ces enfants, se plaignirent plus amèrement que jamais des actes de cette sainte femme. Les plaintes allèrent de nouveau jusqu'au roi qui, obsédé de pareilles instances sans cesse renouvelées, se laissa arracher l'ordre d'exiler Angeline avec ses fidèles adeptes. Celle-ci supporta courageusement cette persécution nouvelle ; sa voix trop faible devant le concert des accusations portées contre elle dut se réduire au silence ; elle rassembla ses compagnes autour d'elle et vendit tous ses biens dont elle distribua une partie aux pauvres, réservant l'autre pour les frais de son voyage. Mais où allait-elle porter ses pas ? qui la guiderait dans une région plus hospitalière ? Selon son habitude, elle s'en remit à Dieu, qu'elle pria ardemment de lui faire connaître sa volonté. Au milieu d'une fervente prière, elle entendit une voix qui lui ordonna de se rendre à Assise pour aller gagner les grandes indulgences à l'abbaye de la Portiuncule. Elle quitta donc Civitella, au grand regret des âmes pieuses qu'elle édifiait par son exemple. Elle alla dire adieu à son père, qui l'entretint longuement avant de la quitter, essayant de la retenir auprès de lui ; mais il n'y réussit pas : Dieu lui avait montré le chemin, elle devait le suivre. Partout sur son passage, dans les villages et dans les villes, elle s'arrêtait un instant avec sa petite troupe pour y faire quelque bonne action et répandre dans les âmes pieuses le parfum de ses grandes vertus. Elle arriva enfin à Assise, en 1395, et y reçut de la part de tous le plus touchant accueil. Après y avoir visité les églises et les couvents de Saint-François et de Sainte-Claire, elle se rendit le 1er août à la célèbre abbaye de la Portiuncule, où elle pria pendant plusieurs jours pour son prochain, pour ceux qui l'avaient exilée et surtout pour les compagnes fidèles qui l'avaient suivie. Elle demanda de nouveau au Seigneur ce qu'elle devait faire, et dans une sainte extase, un ange lui révéla qu'elle devait se rendre à Foligno pour y fonder un couvent de l'Ordre de Saint-François.
On la vit donc se remettre courageusement en route jusqu'à Foligno où elle visita l'église de Saint-Félicien, patron de la ville. Après avoir imploré
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ferveur sa protection et son aide pour l'œuvre qu'elle devait entreprendre, elle se rendit chez l'évêque de la ville et obtint de lui la concession d'un grand espace de terre pour y bâtir un couvent en l'honneur de sainte Anne, qui était la patronne de sa mère, et, en 1397, elle prononça ses vœux entre les mains du prélat avec sept de ses compagnes. À partir de ce moment le nombre des religieuses augmenta rapidement, et sur la fin de l'année on n'en comptait pas moins de trente, de Foligno ou des villes voisines. Étonnés de la prospérité chaque jour croissante de cette institution, les autorités de la ville purent bientôt craindre que la place ne vînt à manquer pour les nouvelles adeptes; aussi elles firent bâtir un autre couvent sous la protection de sainte Agnès, non loin du premier, qui eut pour supérieure la bienheureuse Marguerite de Foligno. Ce pieux exemple porta ses fruits; en peu d'années on vit des couvents semblables s'élever à Viterbe, à Assise, à Todi, à Ascoli, à Rieti et à Florence; ce dernier ne contenait pas moins de cent religieuses. En 1405, Angeline alla fonder un monastère du Tiers Ordre à Naples, où une foule de jeunes filles prirent bientôt l'habit. Elle revint à Foligno en 1423 et envoya deux de ses sœurs à Rome, pour y créer un nouveau couvent sur le mont Citorio. Deux autres couvents y furent encore établis, quelques années après, par les soins d'Angeline. Sur ses instances, le pape Boniface IX avait décidé que son consistoire nommerait tous les trois ans une abbesse générale qui irait visiter tous les couvents et donner l'habit aux professes. Ce fut Angeline elle-même qui occupa la première ce poste, où ses occupations étaient si nombreuses et si diverses qu'elle dut se faire aider, avec l'assentiment du pape Martin V. Par suite d'autres dispositions, la dignité d'abbesse générale fut supprimée plus tard par le pape Paul II.
Ainsi, tous ces couvents avaient été fondés par Angeline elle-même ou par des compagnes qu'elle avait déléguées à cet effet. Grâce à son zèle, ils avaient prospéré et grandi. Quoique issue d'un sang illustre et l'une des plus puissantes comtesses du royaume, elle ne voulait jamais entendre parler de sa noblesse, travaillait comme la plus humble de ses sœurs et partageait avec elles les plus humbles offices. Souvent elle les servait elle-même; dans le jeûne et dans la pénitence, elle les surpassait toutes par ses austérités. Constamment en butte aux attaques du démon, elle les repoussait toujours victorieusement, quoique Dieu, pour l'éprouver et la rendre plus forte, permit que Satan la tourmentât de la façon la plus horrible.
Cependant la mort approchait pour elle; une maladie grave vint la surprendre: elle rassembla toutes ses sœurs autour d'elle, leur recommanda avec instance la stricte observance de la Règle et leur donna sa bénédiction, qu'elle étendit à toutes ses sœurs absentes. Après avoir reçu les sacrements, elle tomba dans une douce extase, au milieu de laquelle les anges vinrent la prendre pour l'emmener devant le trône de Dieu. Ce fut le 25 décembre 1435, dans la cinquante-neuvième année de son âge. Son visage resta calme et pur comme si elle priait encore, et les plus doux parfums se répandirent dans toute sa cellule. Une foule innombrable vint contempler une dernière fois ses restes et se disputer les lambeaux de ses vêtements, si bien qu'il fallut défendre ses dépouilles mortelles contre les importunités de l'assistance. L'évêque lui-même, à la tête de la communauté, voulut conduire la vénérable défunte au lieu de sa sépulture. Sur la prière de la supérieure Marguerite, elle fut d'abord transportée en procession solennelle dans la chapelle du couvent, où toutes les sœurs furent admises à lui baiser la main. Un cercueil en bois de cyprès reçut alors sa dépouille, qui
LE BIENHEUREUX BERNARD DE BADE, CONFESSEUR.
fut confiée à la terre, après un dernier adieu et la bénédiction de l'évêque.
Le 29 mai de l'année 1453, dix-huit ans après sa mort, les murs de la chapelle du couvent de Saint-François, à Foligno, où elle reposait, parurent à tous les yeux dégouttants de sang ; les assistants, effrayés, supplièrent le Seigneur de leur épargner les malheurs que semblaient présager un événement aussi funeste. Mais l'année suivante Angeline apparut à plusieurs âmes pieuses, et leur dévoila que l'Europe courait un immense danger, car Constantinople, ce boulevard de l'Orient, allait tomber au pouvoir des Turcs, pour le plus grand malheur de la chrétienté, qui serait impuissante à conjurer le péril. Telle était la signification du suintement de sang sur les murs. L'évêque ordonna aussitôt des prières publiques ; mais quelques jours après on connut qu'au moment même indiqué par Angeline, les Turcs s'étaient emparés de Constantinople.
## CULTE ET RELIQUES.
En 1492, le jour anniversaire de sa mort, elle apparut à un frère Mineur et lui ordonna de prévenir son supérieur ainsi que ses autres frères, qu'ils eussent à exhumer son corps et à le placer devant l'autel de leur chapelle ; et pour donner plus de poids à cette révélation, elle le guérit de douleurs intolérables qui le clouaient sur son lit depuis trois mois. L'exhumation eut lieu avec une grande pompe, en présence de toutes les communautés de Foligno ; le corps fut placé devant l'autel supporté par un socle magnifique. La chapelle était ornée de draperies précieuses et tout enguirlandée de fleurs. Un riche habitant de la ville avait fait faire une chasse en cristal, qui reçut définitivement le corps. Cette chasse fut placée dans un cercueil en bois odorant et exposée à la vénération des fidèles. Le pape Léon XII approuva son culte le 5 mars 1825 et fixa sa fête au 15 juillet, jour où elle est honorée par tout l'Ordre des Frères Mineurs et par toutes les âmes pieuses de Foligno, de Florence et de Civitella.
Acta Sanctorum. — Cf. Wadding ; Godescard et Histoire des ordres monastiques, par le P. Hélyot.
## LE B. BERNARD DE BADE, CONFESSEUR,
## PATRON DE VIC, AU DIOCÈSE DE NANCY
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Cet empereur le combla de biens, mais Bernard n'en usa que selon les maximes de la perfection évangélique. Il partagea sa fortune en trois portions égales dont la première fut pour les pauvres, la seconde pour les églises, et la troisième pour son entretien et celui de sa maison.
Outre les vertus morales qu'il possédait dans le plus éminent degré, comme la douceur, la modestie, l'humilité, la chasteté, la miséricorde et la justice, il avait un excellent esprit.
L'empereur ayant formé le projet de pacifier tous les princes et de réunir leurs forces contre les infidèles qui, peu de temps auparavant, s'étaient rendus maîtres de Constantinople, jeta les yeux sur Bernard de Bade pour cette importante mission et le fit son ambassadeur près des princes chrétiens.
Bernard commença ses voyages par la France, alla en Savoie, puis se dirigea vers Rome. Mais la mort le surprit à Montcallier, le 15 juillet 1458, plus chargé de mérites que de jours, n'ayant alors que dix-neuf ans. Il fut enterré au pied du grand autel de l'église collégiale de cette ville.
Le pape Sixte IV, informé des miracles qui s'opéraient à son tombeau, fit procéder, dix ans après sa mort, à l'information de sa vie, et le béatifia l'année suivante 1469.
Georges de Bade, son frère, lui fit élever un autel dans l'église collégiale de Vic, où l'on voit encore sa statue, en habit de guerrier. On y célébra longtemps sa fête comme d'un Saint ; mais M. de Coislin (1697-1732), l'un des successeurs de Georges de Bade sur le siège de Metz, ordonna que l'on en userait désormais à Vic comme à Montcallier, c'est-à-dire que l'on se contenterait d'une invocation publique dans l'église, au jour de la fête du Bienheureux, qui se célèbre le 15 juillet. D'après Dom Calmet, on conservait, à Vic, l'épée du bon Bernard, un os de son corps et le voile dans lequel ses reliques avaient été longtemps enveloppées.
Les nombreux miracles opérés par son intercession attiraient autrefois à Vic, au pied de son image, une grande foule de pèlerins. Maintenant encore, les habitants de la Lorraine viennent s'agenouiller devant elle, dans l'église paroissiale de Vic, et faire célébrer le saint sacrifice en l'honneur du Bienheureux qu'elle représente.
« Par une sorte d'hommage rendu à l'humilité dont le bienheureux Bernard donna l'exemple pendant sa vie », ajoute M. Henri Lepage, archiviste de la Meurthe, « ceux qui vont l'invoquer à Vic sont persuadés que leurs vœux ne seront exaucés qu'à la condition de ne point parler de leur pèlerinage ni de la confiance qu'ils ont dans l'intercession de celui qu'ils vont invoquer ».
On le représente : 1° revêtu d'une armure, pour indiquer qu'il appartenait à la maison des margraves de Bade ; cette cotte d'armes est souvent marquée de la croix pour rappeler qu'il s'occupait de former une ligue contre les Turcs quand la mort le surprit à Montcallier ; 2° tenant dans sa main un lis, symbole de la virginité.
Tiré de l'Histoire des diocèses de Toul et de Nancy, par M. l'abbé Guillaume, chanoine de Nancy.
LE BIENHEUREUX IGNACE D'AZEVEDO ET SES COMPAGNONS, MARTYRS. 345
Événements marquants
- Naissance à Monte-Giove en 1377
- Vœu de chasteté à l'âge de douze ans
- Mariage virginal avec Jean de Terni à quinze ans
- Veuvage après deux ans de mariage et prise de l'habit du Tiers Ordre
- Accusation d'hérésie devant le roi Ladislas de Naples
- Exil de Civitella et départ pour Assise en 1395
- Fondation du couvent de Sainte-Anne à Foligno en 1397
- Nomination comme première abbesse générale des couvents du Tiers Ordre
Miracles
- Multiplication invisible des provisions pour les pauvres
- Apparition d'un ange pour la rassurer sur son vœu de chasteté
- Révélation miraculeuse des noms de ses ennemis
- Résurrection d'un jeune homme à Naples
- Suintement de sang sur les murs de la chapelle annonçant la chute de Constantinople
- Guérison posthume d'un frère Mineur
Citations
Vous voyez qu'on peut, à peu de frais, soulager bien des besoins, puisque j'ai nourri aujourd'hui plusieurs pauvres sans que nos provisions en paraissent amoindries
Devant le Roi des rois, tout autre fiancé doit s'humilier et disparaître