Saint Élinand (Hélinand) de Froidmont

Moine de Froidmont

Fête : 3 fevrier 13ᵉ siècle • saint

Résumé

Poète mondain à la cour de Philippe-Auguste, Élinand se convertit suite aux prédications de son temps et devient moine cistercien à Froidmont. Prêtre et écrivain prolifique, il est l'auteur d'annales et d'homélies renommées. Il mourut en 1237, laissant l'image d'un modèle de perfection monastique et d'humilité.

Biographie

S. ÉLINAND OU HÉLINAND, MOINE DE FROIDMOND (1237).

Élinand, né à Pronleroy, diocèse de Beauvais, eut pour père Hermann, que des troubles civils avaient obligé de s'exiler de la Flandre, sa patrie ; et pour maître, à l'école de Beauvais, un homme pieux nommé Radulphe.

D'une nature ardente, quand il eut cultivé son esprit par l'étude des sciences et des arts, il parut oublier les avis de cet excellent maître et s'attacher misérablement à la vanité et aux voluptés. Poète, et en cette qualité agréable au roi Philippe-Auguste et aux grands seigneurs, il éprouvait un grand plaisir à partager leurs divertissements, qu'il égayait pour sa part en composant sur chacun des éloges ou des satires.

Mais c'était le temps où saint Eustache, Fulcon et d'autres prêchaient en France, et, par leurs prédications, ramenaient à Dieu un grand nombre de pécheurs. Élinand rentra aussi en lui-même, et fut bientôt changé en un autre homme ; quittant les dangereuses caresses du monde, il s'en alla se cacher au monastère de Froidmond, parmi les Cisterciens, qui, sous la conduite de Guillaume, leur second abbé, servaient avec fidélité sous les drapeaux du Christ.

Observateur fidèle de la règle monastique, il s'adonna tout entier à l'oraison, aux veilles, à l'abstinence et aux autres austérités, et, devenu bientôt un modèle de perfection, il fut jugé digne d'être élevé au sacerdoce. Il se montra prêtre dans toute la force du terme, lui qui chaque jour immolait par le glaive de la macération son corps et son âme avec Jésus-Christ.

Brûlant d'une dévotion singulière envers Jésus crucifié et la Vierge, Mère de Dieu ; remarquable par ses bonnes œuvres comme par sa doctrine, il prenait souvent la parole en présence de ses frères, pour les élever jusqu'aux plus grandes hauteurs de la religion. Il attira maintes personnes à la vie monastique, et sitôt que quelqu'un, oubliant ce qu'il avait promis à Dieu, s'en allait à la dérive, il faisait tout pour le faire triompher de l'entraînement du monde et de la nature. Il persuada à son frère Guillaume de renoncer au siècle pour venir se joindre à lui dans son monastère ; et il y eut un certain Radulphe, déserteur de la discipline religieuse, qu'il rappela par ses lettres.

Il eut constamment des relations familières avec les évêques de Beauvais, de Senlis, d'Orléans, et avec les plus grands seigneurs. Il dut quelquefois quitter son monastère pour prêcher ; ainsi il prononça un sermon devant les Pères du concile de Toulouse. Il avait une telle autorité, qu'il n'hésitait pas à rappeler à ses supérieurs leurs devoirs ; mais son humilité lui fit refuser des dignités splendides.

Toujours joyeux au dernier rang, qu'il affectionnait, content au milieu des macérations qu'il infligeait à sa chair, et ne vivant que pour Dieu seul, il se consuma peu à peu dans les travaux de la vie monastique, et enfin échangea l'exil pour la patrie, l'an 1237, le 3 février. Il composa des annales, et écrivit sur les vies des saints, les saintes Écritures, les mœurs des moines et des rois, et même des homélies toutes pleines d'un parfum de piété qui rappelle saint Bernard. Ces divers écrits ne lui valurent pas une médiocre renommée parmi ses contemporains.

Il ne fut pas moins célèbre pour sa sainteté, qui fut manifestée par beaucoup de miracles ; l'Ordre de Cîteaux le compte parmi ses Saints ; il fut surtout honoré au monastère de Froidmont. Cette abbaye fut fondée à deux lieues de Beauvais en 1134. Elle eut pour dernier abbé régulier Claude de Bèze, oncle de l'hérésiarque.

4 FÉVRIER.

Événements marquants

  • Études à l'école de Beauvais sous Radulphe
  • Vie de poète à la cour de Philippe-Auguste
  • Conversion suite aux prédications de saint Eustache et Fulcon
  • Entrée au monastère cistercien de Froidmont
  • Élévation au sacerdoce
  • Prédication au concile de Toulouse
  • Rédaction d'annales et d'ouvrages de piété

Miracles

  • Sa sainteté fut manifestée par beaucoup de miracles (non détaillés)