Saint Germain

Saint Évêque, Martyr et Apôtre

Fête : 2 mai • saint

Résumé

Missionnaire écossais et évêque, saint Germain fut martyrisé dans les Gaules. Ses reliques, d'abord conservées à Saint-Germain-sur-Bresle, furent transférées à Ribemont en 850 pour échapper aux Danois, puis partiellement à Amiens au XVIIe siècle. Il est célèbre pour avoir dompté une hydre à sept têtes et est invoqué contre la fièvre.

Biographie

RELIGUES ET CULTE DE SAINT GERMAIN.

Le corps de saint Germain resta jusqu'au XXe siècle dans son tombeau de Saint-Germain-sur-Bresle, sous la garde des Bénédictins qui avaient établi là un prieuré. Les ravages des Danois les déterminèrent à mettre ce précieux trésor en lieu de sûreté. En 850, deux religieux, chargés de ces reliques, se dirigèrent vers le Vermandois et arrivèrent le soir du 13 novembre à Ribemont, où ils virent s'ouvrir subitement devant eux les portes de la chapelle de Sainte-Anne, située dans le faubourg de Sucencourt, et qui devait plus tard prendre le vocable de notre Saint. Ils y passèrent la nuit; le lendemain, faisant de vains efforts pour lever le corps du Saint, ils comprirent qu'il était fixé à tout jamais dans cet asile par la volonté de Dieu.

Peu de temps après, un comte de Ribemont fit ériger une église collégiale dans son château-fort, en l'honneur du Saint dont les reliques y furent bientôt transférées.

En 1650, au moment du siège de cette ville par l'armée de Turenne, la chasse d'argent fut brisée par des soldats maraudeurs qui, frappés d'une soudaine épouvante, n'osèrent rien emporter. Un marguillier transporta les reliques à La Fère, d'où elles furent, quelques années plus tard, ramenées à Ribemont.

C'est en 1659 que Jean Cauchie, curé de Saint-Germain d'Amiens, qui était parvenu à savoir où étaient conservées les reliques du Patron de son église, obtint du curé de Ribemont le don de quelques-unes des reliques qui étaient alors en dépôt à La Fère. Ces restes précieux, qui sont encore aujourd'hui à Saint-Germain d'Amiens, furent vérifiés par l'évêque François Faure, le 3 avril 1660.

Outre les reliques importantes du saint Martyr qu'on vénère aujourd'hui à Ribemont et à Saint-Germain d'Amiens, on en conserve quelques fragments à Senarpont, et, dans deux reliquaires, à Saint-Germain-sur-Bresle.

Le culte de saint Germain n'est célébré aujourd'hui qu'à Amiens, à Ribemont (Aisne), à Saint-Germain-sur-Bresle, à Senarpont et dans les quelques églises de Normandie et de Picardie qui lui sont consacrées.

La chapelle qu'avait bâtie Senard, sur le tombeau de saint Germain, devint au moyen âge un pèlerinage très-fréquenté des riverains de la Bresle. Ce sanctuaire fut desservi par des religieux bénédictins de l'abbaye de Saint-Fuscien-au-Bois, peu de temps après la fondation de ce monastère. Lorsque Enguerrand de Boves, comte d'Amiens, releva de ses ruines l'abbaye de Saint-Fuscien, il y réunit le prieuré de Saint-Germain-sur-Bresle.

En mémoire de Senard qui rendit à Germain les devoirs de la sépulture, le clergé de Saint-Germain-sur-Bresle va processionnellement, avec les reliques du Patron, le dimanche qui suit le 2 mai, en face des habitants de Senarpont qu'il ramène dans son église. C'est pour le même motif que l'officiant, au moment de l'offrande, prononce ces paroles : « S'il y a ici quelque habitant de Senarpont, quels que soient son âge, son sexe et sa condition, qu'il approche le premier, quand même le seigneur du lieu serait présent ».

A Ribemont, où l'on invoque saint Germain contre la fièvre, on fait chaque année une procession solennelle le dimanche qui suit la fête du saint Martyr.

Guy, comte d'Amiens, et sa femme Mathilde avaient d'autant plus en vénération le culte de saint Germain, qu'ils possédaient en domaine la terre où le missionnaire écossais avait versé son sang. Ils voulurent propager leur dévotion au Saint dans la ville d'Amiens et lui érigèrent une église non loin de l'emplacement de l'ancien château. Ce ne fut d'abord qu'une simple chapelle.

Il est le Patron titulaire des églises de Saint-Germain d'Amiens, de Saint-Germain-sur-Bresle, d'Argoules (Somme), d'une chapelle de Ribemont (Aisne), de Flamanville et de Carteret (diocèse de Coutances) et de Mesnil-David (canton d'Annule).

Les Bréviaires d'Amiens, de 1746 et de 1840, font une simple mémoire de saint Germain, laquelle a été supprimée dans le Propre actuel.

A Ribemont, on fête non-seulement la glorieuse mort du Martyr, mais aussi la translation de ses reliques dans cette localité, le 13 novembre.

Près du cap de la Hogue, se trouvent la pointe et l'anse de Saint-Germain. Il est probable que c'est là que le saint Évêque débarqua pour la seconde fois dans les Gaules.

2 MAI.

On sait que trois rues d'Amiens et un de ses îlots portent le nom de Saint-Germain.

Le cercueil antique de saint Germain subsiste encore sous l'autel de l'église de Saint-Germain-sur-Bresle. Le couvercle en dos d'âne est percé latéralement de deux trous circulaires, par où les pèlerins passent leurs bras et prennent de la terre qu'ils appliquent sur le corps des malades atteints de la Sèvre. Au-dessus, une large pierre, exhaussée sur six piliers, offre l'effigie du saint Pontife : c'est une œuvre du XIIIe siècle. Germain est couché sur le dos, revêtu de ses insignes épiscopaux, foulant aux pieds un dragon. Ce tombeau, classé au nombre des monuments historiques, a été lithographié dans le Voyage pittoresque du baron Taylor.

Cette tombe, d'après l'inspection du savant abbé Cochet, inspecteur des monuments historiques du département de la Seine-Inférieure, mériterait, vu l'excellence de sa sculpture, d'être renfermée sous verre ; pour la préserver de toute mutilation à l'avenir, on a pris le parti de l'isoler de l'autel et de l'abriter sous une chapelle voûtée et fermée, formant crypte ou confession. On a eu l'idée heureuse de placer sur le haut de cette crypte un riche autel en pierre, fait aux dépens de la fabrique. Le rétable et le tabernacle, en forme de forteresse, rappellent le château Hubault. Ce repaire du brigandage et de la tyrannie est censé avoir été conquis par le Christianisme civilisateur qui a élevé sur son donjon le trône du vrai Dieu. L'exposition, au-dessous du tabernacle, a été taillée dans un seul morceau de pierre, avec ses colonnes et sa voûte.

Saint Germain est ordinairement représenté revêtu des insignes épiscopaux, tenant en laisse, avec son étole, l'hydre aux sept têtes.

Sa statue se trouve au portail de Saint-Vulfran d'Abbeville et de Saint-Germain d'Amiens ; dans l'intérieur des églises de Saint-Germain d'Amiens (œuvre de M. Duthoit) et de Saint-Germain-sur-Bresle (XVe siècle).

Une verrière de Saint-Germain d'Amiens figurait la légende du Patron. Simon Martin écrivait en 1649 (Nouvelles vies des Saints) qu'on l'estimait mille écus. Il n'en existe plus qu'un panneau qu'on conserve au musée, et qui représente le saint Apôtre domptant la chimère aux sept têtes. — Une autre verrière, représentant le même personnage, se voit à une chapelle du couvent de Saint-Germain.

Voir l'Hagiographie d'Amiens, par M. Corblet.

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Événements marquants

  • Débarquement au cap de la Hogue
  • Mission d'évangélisation dans les Gaules
  • Martyre (sang versé sur une terre appartenant plus tard à Guy d'Amiens)
  • Sépulture par Senard
  • Translation des reliques à Ribemont le 13 novembre 850
  • Translation de reliques à Amiens en 1659

Miracles

  • Ouverture subite des portes de la chapelle Sainte-Anne à Ribemont
  • Corps devenu impossible à lever, signifiant la volonté divine de rester à Ribemont
  • Épouvante soudaine des soldats maraudeurs en 1650
  • Guérisons par la terre prélevée près du cercueil

Citations

S'il y a ici quelque habitant de Senarpont, quels que soient son âge, son sexe et sa condition, qu'il approche le premier, quand même le seigneur du lieu serait présent

— Liturgie de l'offrande à Saint-Germain-sur-Bresle