Jeanne d'Arc (La Pucelle d'Orléans)
La Pucelle d'Orléans
Résumé
Née à Domremy en 1411, Jeanne d'Arc, dite la Pucelle d'Orléans, reçut des inspirations divines à Notre-Dame de Bermont pour délivrer la France. Après avoir conduit Charles VII au sacre et libéré Orléans, elle fut capturée, emprisonnée à Rouen et mourut martyre sur le bûcher. Elle est honorée comme l'héroïne nationale et patronne de son village natal.
Biographie
† VIVE † LABEUR †
C. XX
† MIL † IIII † IIII † I †'
Le tout est surmonté d'une statue de Jeanne d'Arc la représentant dans l'attitude de la prière, à genoux, les mains jointes, revêtue de son armure, les cheveux flottants; cette statue est placée dans une niche d'un mètre et demi de hauteur; elle est la copie, en fonte, de celle qui a été donnée par le roi Louis XI, et qui se trouve dans un angle de la cuisine, à gauche, en entrant.
Au milieu de la cuisine, repose, sur un piédestal en marbre, une autre statue de Jeanne d'Arc, mais en bronze.
Elle est représentée sur le balcon de l'Hôtel de Ville, après la délivrance d'Orléans, saluant le peuple et semblant dans son attitude rendre gloire à Dieu en embrassant son épée qu'elle tient sur son cœur en forme de croix. C'est un chef-d'œuvre sorti du ciseau de la princesse Marie d'Orléans, fille de Louis-Philippe. Cette princesse l'a donnée à la maison de Jeanne d'Arc, où elle a été inaugurée en 1843.
La fenêtre de la cuisine est en vitraux peints; elle a été réparée en 1919.
On remarque, sous la cheminée, une vieille taque ayant appartenu aux parents de l'héroïne; au plancher, une vieille poutre, qu'on y a laissée lorsqu'on a réparé la maison, et sur laquelle on aperçoit la trace des coups de sabres des alliés qui voulaient emporter, comme de précieuses reliques, des morceaux de bois de la maison de Jeanne d'Arc.
Au fond de la cuisine, on voit une plaque de marbre blanc sur laquelle est gravée l'inscription suivante :
JEANNE D'ARC, LA PUCELLE D'ORLÉANS. 417
L'an mil quatre cent onze naquit en ce lieu Jeanne d'Arc surnommée la Pucelle d'Orléans fille de Jacques d'Arc et d'Isabelle Romée Pour honorer sa mémoire le Conseil général du département des Vosges a acquis cette maison l'an 1818 Le Roi en a ordonné la restauration et a fondé une école d'instruction gratuite en faveur des jeunes filles de Domremy, de Greux et autres communes.
## LA CHAMBRE DE JEANNE D'ARC.
Vis-à-vis l'entrée de la cuisine est la porte de la chambre de Jeanne. Cette pièce est presque dans l'obscurité, car le jour n'y entre que par une fenêtre de quarante centimètres de hauteur, sur trente de largeur. À côté de la fenêtre, à gauche, on voit encore le châssis de l'armoire de Jeanne d'Arc. Ce châssis est en bois de chêne, parfaitement conservé.
## LE CELLIER.
La porte du cellier est au milieu du mur, en face de la petite fenêtre de la chambre de Jeanne. Un petit soupirail, donnant sur le jardin, y amène un jour obscur.
## LA CHAMBRE DES FRÈRES DE JEANNE D'ARC.
Au fond de la cuisine, à droite, on voit l'emplacement d'une porte qui servait d'entrée à la chambre des fils de Jacques d'Arc. Cette pièce a maintenant son entrée du côté de l'église, et sert de chambre à four aux sœurs, qui tiennent une école et un pensionnat fondés en l'honneur de Jeanne d'Arc pour les jeunes filles de Domremy, de Greux et d'autres communes.
La maison de Jeanne d'Arc est placée au milieu d'un jardin rempli d'arbres et de fleurs de toutes espèces, cultivés avec le plus grand soin. Une vigne sauvage et d'autres arbustes entrela- çant leurs rameaux viennent la tapisser de verdure. De jeunes pins élèvent leurs cimes au-dessus de ses murs. Elle est entourée de pelouses couvertes d'un gazon toujours frais. Des allées sans nombre, bordées de rosiers et de fleurs, permettent de parcourir le jardin dans tous les sens ; un ruisseau, coulant par cascades, le traverse en entier.
A droite de la grille, qui ferme l'enceinte où sont la chaumière de Jeanne d'Arc, le jardin et toutes les constructions que l'on a faites depuis 1818, se trouve un bâtiment dont les deux princi- pales pièces sont ce qu'on appelle les salles de réception.
Dans la plus grande de ces deux salles, on aperçoit un magnifique tableau représentant le martyre de Jeanne d'Arc ; l'héroïne, attachée au poteau sur le bûcher fatal, paraît tout à fait déta- chée de la terre ; elle semble attendre le moment où son âme, s'échappant de son corps, pourra s'envoler au séjour de bonheur que lui ont mérité ses actions et ses vertus. — Un autre tableau, peint à l'huile, qui ne le cède en rien au premier, représente l'héroïne avec son étendard et pansant un Anglais. Jeanne, le regard élevé vers le ciel, semble demander avec ferveur le salut de l'âme de ce pauvre mourant. — Sur un autre tableau, à côté, Jeanne est représentée dans l'église de Tours offrant son épée à la sainte Vierge. — Sur un quatrième tableau, on voit Jeanne d'Arc agenouillée au pied d'un autel, dédié à l'archange saint Michel. Elle va quitter ses habits de paysanne et se préparer à son départ par une fervente prière. — Un cinquième tableau représente la guerrière dans la grosse tour de Rouen, au moment où ses cruels geôliers lui ayant enlevé ses habits de femme, elle se voit obligée de revêtir des habits d'homme qu'on lui a jetés exprès. La porte de la prison entr'ouverte laisse apercevoir les sinistres figures de ses gardiens et de ses juges. — À droite, en entrant dans la salle, on voit aussi un magnifique étendard, copie exacte de l'éten- dard de Jeanne, artistement travaillé et envoyé par les dames d'Orléans à la maison de Jeanne d'Arc, le 8 mai 1863, quatre cent trente-quatrième anniversaire de la délivrance d'Orléans. — On remarque encore sur un tableau Jeanne d'Arc à genoux devant le curé de Vaucouleurs et le sire de Bandricourt, pour être exercée. — Dans la seconde salle, on voit une statue représentant Jeanne d'Arc à sa première vision. Sa quenouille et son fuseau sont à ses côtés. — Une autre petite statuette bronzée représente Jeanne d'Arc sous la figure d'une personne sortant à peine de l'enfance. Elle est armée et tient en ses mains son étendard. — Un tableau, peint à l'huile, représente Jeanne d'Arc enchaînée et lorsqu'on lui lit l'arrêt de mort.
VIES DES SAINTS. — TOME XV. 27
30 MAI.
Devant la maison se trouve un monument élevé par le gouvernement, en 1820, à la gloire de Jeanne d'Arc.
L'église de Domremy, d'une remarquable simplicité, date du XIIIe siècle et a été réparée en 1585. À côté du modeste autel qui se trouve dans le chœur, sont deux vitraux peints, représentant, l'un, l'Apparition de l'archange saint Michel à Jeanne d'Arc ; et l'autre, l'héroïne agenouillée au pied d'une statue de la Vierge. Depuis plusieurs années, on a changé de place les autels et le clocher de l'église : l'entrée, qui était où est maintenant le maître-autel, se trouve en face du pont construit sur la Meuse. À droite, est la chapelle de Notre-Dame de la Pucelle. L'autel est dédié à la sainte Vierge, et la statue qui est placée sur cet autel est, à ce qu'ont dit les anciens, celle de l'Ermitage Sainte-Marie. Sur le haut de l'autel, on voit des anges qui tiennent chacun un écusson aux armes des du Lis.
La principale fête de l'année est la Fête de la Pucelle, qui se célèbre le jour de la Nativité de la Vierge, c'est-à-dire le dimanche qui suit immédiatement le 7 septembre. Jeanne d'Arc est considérée comme la patronne du village, après saint Remi ; le jour de sa fête, l'église est remplie d'une foule de personnes du village et d'étrangers, et retentit de chants en l'honneur de la Mère de Dieu et de la vierge qui sauva la France.
On a élevé à Domremy, en l'honneur de Jeanne d'Arc, un monument où tous les peuples sont conviés à venir déposer leurs hommages. On voit réunies, dans le Musée artistique et littéraire de Jeanne d'Arc, toutes les compositions inspirées par la Libératrice de la France, et chacun s'empresse de mettre une pierre à l'édifice élevé à la gloire de la Vierge de Domremy.
Notre-Dame de Bermont en Belmont, à une demi-lieue de Domremy, est un pèlerinage antique et célèbre, dont la principale gloire est d'avoir reçu la visite fréquente de Jeanne d'Arc. C'était là, ainsi que nous l'avons déjà dit, que la Vierge de Domremy, accompagnée de sa sœur, venait, souvent dans la semaine et très-exactement tous les samedis, gémir sur les maux du royaume, en demander la fin et faire brûler des cierges devant l'image de Notre-Dame. Ce fut là surtout qu'elle reçut de Marie, la patronne de la France, les sublimes inspirations qui la firent voler au secours d'Orléans, et l'assurance, qu'après en avoir chassé les Anglais, elle placerait à Reims la couronne sur la tête de Charles VII. Bermont, appelé aussi Belmont ou Beaumont, était autrefois une léproserie, qui fut fondée sur la fin du XIIIe siècle par Pierre de Bourlémont, seigneur de Domremy, au moment où la lèpre, rapportée d'Orient, était répandue dans toute l'Europe. Au XIVe siècle, Bermont dépendit de l'hôpital de Neufchâteau, et, à cette époque, la chapelle de Bermont était desservie par un prêtre de l'Ordre du Saint-Esprit, qui demeurait à Caussey, village situé entre Domremy et Neufchâteau. Du temps de Jeanne d'Arc, il est probable que Bermont appartenait encore à l'hôpital de Neufchâteau ; mais au XVIe siècle, il passa aux comtes de Salm ; alors il n'y avait plus de lépreux : une sorte de communauté religieuse l'habitait. Là étaient reçus les voyageurs que le besoin ou la fatigue forçaient de s'arrêter. Une petite cloche, qui servait à appeler à la prière les habitants de l'hôpital, existe encore aujourd'hui. Elle porte l'inscription suivante, écrite en lettres initiales :
A.V.E.M.P.E.I.A. † D.E.A.A.P.M. † A.N.G.T. †
qui signifie :
Ad virginem e manibus populi extrahentem imperium anglicani † dedicatum est apud agrum post mortem † ad nominis gloriam tintinnabulum.
A la fin du XVIe siècle, Bermont n'avait plus une grande importance ; il était habité par des ermites, qui y restèrent jusqu'en 1793. À cette époque, Bermont fut vendu comme domaine de l'État. Il n'y avait plus alors que la chapelle et le logement de l'ermite ; le reste avait été détruit en ne sait à quelle époque. La chapelle de Bermont fut, jusqu'en 1806, un pèlerinage célèbre. On y venait de tous côtés en procession recourir à la protection de saint Thiébaut, patron de cette chapelle, lorsqu'une grande sécheresse ou des pluies continuelles venaient empêcher les fruits de la terre de croître et de mûrir. La dernière procession qui se fit à Bermont eut lieu en 1806. À côté de Bermont, dans un vallon étroit, il existe une source appelée fontaine de Saint-Thiébaut, dont les eaux, dit-on, sont souveraines pour la guérison de toutes sortes de fièvres. Chaque pèlerin, en allant visiter Notre-Dame de Bermont, ne manquait pas de se munir d'un vase et de le remplir d'eau, dont il se servait chez lui au besoin.
En 1834, la chapelle, qui tombait en ruines, fut achetée par M. Sainière, de Vaucouleurs : il la fit aussitôt restaurer. Le haut de la porte d'entrée de la chapelle est formé par deux arcs, en ogive, très-allongés. On voit dans le chœur de cette chapelle la statue de la sainte Vierge, au pied de laquelle Jeanne allait prier tous les samedis. Cette statue est en chêne extrêmement dur, et si lourd, qu'elle pèse soixante kilogrammes, bien qu'elle ait tout au plus un mètre de hauteur.
Le touriste qui parcourt les lieux illustrés par Jeanne d'Arc, n'attache pas moins de prix au
pays qui l'a vue naître qu'à ceux où elle a déployé sa valeur surhumaine dans les combats. Après Domremy, c'est Vaucouleurs, son château et la chapelle où Jeanne pria, affligée des premiers refus du sire de Bandricourt, de la faire conduire au « gentil Dauphin ».
Le château n'est plus qu'un souvenir, il est vrai, et la chapelle, à peine une ruine. Il en reste assez cependant pour y recueillir une sainte émotion au souvenir de l'héroïne qui sauva la France. De pauvres maisons, humbles comme celle de la famille d'Arc, ont été construites sur le sol même de la chapelle castrale, et, en y venant chercher un espace béni, ont apporté l'appui de leurs modestes murs aux fragments précieux de l'édifice. Sans cette disposition providentielle, on n'en verrait sans doute aucun reste.
Des portions de fenêtres, de murs extérieurs, de piliers avec naissances de voûtes, du style XIVe siècle, se retrouvent à travers le groupe des constructions rustiques, ainsi qu'une chapelle basse, ou crypte, partiellement conservée. C'est assez pour réussir, en imagination, l'aspect du monument qui, du haut de la côte, dominait la plaine et « les champs de Vaucouleurs ».
Ces débris, respectés par le temps, attendent-ils une heure glorieuse pour sortir de la poussière et se relever de la ruine ? Sera-t-il donné un jour à la France de prier dans ce sanctuaire renouvelé, à la place même où versa tant de larmes la sainte bergère de Domremy ? Osons l'espérer ; car ce sera le signe d'un temps meilleur et un gage précieux de notre régénération.
La ville d'Orléans possède une statue en bronze de Jeanne d'Arc, d'après celle du musée de Versailles, par la princesse Marie d'Orléans. À l'intérieur de l'Hôtel-de-Ville on voit un portrait de Jeanne d'Arc, de 1581, restauré ; et une copie de la Jeanne d'Arc d'Ingres, statuette équestre par la princesse Marie. La Tour Blanche, rue des Africains, est un débris des tours qu'a illustrées le siège de 1429. La maison de Jeanne d'Arc, située rue du Tabourg, 35, est un monument historique. Sur la place du Martroy est la statue de la Pucelle d'Orléans, par Foyatier. Parmi les tableaux principaux du Musée, on distingue celui de Jeanne d'Arc faisant son entrée à Orléans.
Le monument le plus remarquable que possède la ville de Rouen, concernant l'illustre Vierge de Domremy, est le donjon du château de Philippe-Auguste, construit au commencement du XIIIe siècle (après 1203). C'est dans ce château que Jeanne d'Arc fut mise en prison. Elle occupa une des tours placée vers les champs, tour qui a disparu en 1888. Le donjon lui-même fut menacé de destruction en 1841 ; mais il fut restauré et consolidé vers 1842. En 1866, par un mouvement sublime, on le racheta 60 000 fr. par une souscription nationale : on achève sa restauration en ce moment (1874). Le donjon représente aujourd'hui la prison de Jeanne, car c'est le seul débris qui reste du château. Sur la place du bûcher où elle fut brûlée, il existe une fontaine en pierre avec une inscription sur marbre noir. Cette fontaine est surmontée d'une statue de l'héroïne, en style du XVIIIe siècle : la fontaine et la statue ont été exécutées en 1775. Auparavant il y avait une fontaine gothique du XVe siècle. En 1870, on donna le nom de Jeanne d'Arc à la rue de l'Impératrice, la plus belle de Rouen, construite depuis 1860 ; déjà, en 1868, on avait donné le nom de Boulevard Jeanne d'Arc, au Boulevard Beauvoisine.
Paris, après avoir laissé élever une statue à celui qui avait cherché à ternir la gloire la plus pure de la France, à l'ami de Frédéric II, roi de Prusse, à l'auteur de la Pucelle, à Voltaire enfin, Paris, disons-nous, éclairé par les malheurs de la France, vient de réparer cet outrage par l'érection d'une statue à Jeanne d'Arc, au milieu de la petite place des Pyramides, faisant face à la rue de Rivoli et au jardin réservé des Tuileries. L'inauguration eut lieu le 19 février 1874, en présence d'une foule considérable. La statue est en bronze. Jeanne d'Arc est représentée à cheval. Sa physionomie, quoique modeste, révèle le courage et l'énergie. Le socle, qui est en marbre rouge, porte cette simple inscription gravée sur la face orientale du piédestal, en caractères de 10 centimètres de haut : À Jeanne d'Arc. Un trottoir ovale, de 8 mètres sur 5, a été tracé autour du socle et formera comme un refuge au milieu de la place des Pyramides.
Nous nous sommes servi, pour composer cette biographie : de l'Histoire de Jeanne d'Arc, par Quicherat ; de l'Histoire populaire de Jeanne d'Arc, par M. Huin, conservateur du Musée de Jeanne d'Arc, à Domremy ; de l'Histoire de l'Église, par Rohrbacher ; de l'Histoire de Jeanne d'Arc, par Wallon ; du Panégyrique de Jeanne d'Arc, prononcé dans la cathédrale d'Orléans le 8 mai 1867, par Mgr Freppel ; de l'Histoire de Jeanne d'Arc, par Lebrun des Charmettes ; de l'Histoire de l'Église catholique en France, par Mgr Jager ; de l'Histoire des ducs de Bourgogne de la Maison de Valois, par M. de Barante, membre de l'Académie française ; de l'Histoire du culte de la sainte Vierge en Lorraine, par M. l'abbé Guillaume, aumônier de la chapelle ducale de Nancy ; de Notre-Dame de France, par M. l'abbé Hamon, curé de Saint-Sulpice ; de Notes locales dues à l'obligeance de M. l'abbé Cochet, de Rouen ; de M. E. Birglin, architecte et conservateur du Musée de Bar-le-Duc, et de M. l'abbé Bourgaut, curé de Domremy-la-Pucelle.
1ER JUIN.
Événements marquants
- Naissance à Domremy en 1411
- Visites fréquentes à Notre-Dame de Bermont
- Délivrance d'Orléans
- Sacre de Charles VII à Reims
- Captivité dans la grosse tour de Rouen
- Martyre sur le bûcher à Rouen
Miracles
- Inspirations sublimes de la Vierge Marie pour sauver le royaume
- Vision de l'archange saint Michel
Citations
Ad virginem e manibus populi extrahentem imperium anglicani